Tosca des Bois : Dargaud décoche une nouvelle flèche dans la cible jeunesse

18 septembre 2017 0 commentaire
  • Après les réussites de "Violette autour du monde" et "Le Port des marins perdus", le tandem Radice - Turconi revisite les récits médiévaux avec fantaisie et originalité !

Si vous n’avez pas encore lu un album de Teresa Radice & Stephano Turconi, il devient urgent de vous mettre à la page !

Tosca des Bois : Dargaud décoche une nouvelle flèche dans la cible jeunesseEt pourquoi pas avec Le Port des marins perdus ? Un épais roman graphique destiné aux ado-adultes paru l’été dernier chez Treize Etrange (Glénat). Ce magnifique récit de plus 320 pages se concentre sur des héros du XVIIIe siècle qui sillonnent les mers du globe, mais aussi sur les états d’âme d’un trio d’orphelines anglaises, décidées à maintenir sur pied l’auberge de leur père. Un superbe voyage, aussi maîtrisé graphiquement que scénaristiquement.

Tout aussi réussi, mais plutôt destiné à un public jeunesse, Violette autour du monde relate les pérégrinations de cet enfant de la balle qui change aussi souvent de ville que d’école, se faisant de nouveaux amis et vivant de nouvelles aventures. Cette citoyenne du monde envoie valser les discriminations et les préjugés, dans cette série aussi attendrissante que passionnante.

À la suite de ces univers aussi diversifiés que contrastés, nous guettions d’autres nouveautés du tandem. Après Violette autour du Monde, Dargaud ne s’est pas trompé en signant avec eux deux nouvelles séries : Orlando, ainsi que cette sympathique parodie qu’est Tosca des Bois, dont nous allons vous parler aujourd’hui.

Le récit prend racine en plein cœur de la Toscane, dans la ville imaginaire de Castelguelfo, et surtout dans son château ! C’est en effet là que réside Lucilla, la fille du seigneur local, qui est promise au fils d’un baron voisin. Mais qu’il est bien difficile de tirer un sourire à la pauvre Lucilla, cloîtrée depuis ses plus jeunes années, et vouée au seul destin d’agrandir les terres de son père.

Dans la forêt toute proche vivent Rinalto et sa petite sœur de 12 ans, Tosca, véritable garçon manqué, rebelle, casse-cou, agile et débrouillarde. Depuis la mort de leurs parents ménestrels, ils subsistent grâce à des travaux occasionnels et à des petits larcins perpétrés par Tosca, au grand dam de son frère qui espère, un jour, vivre de sa poésie et de sa musique. Mais avec sa fronde, son arc, ses flèches et son faucon, Tosca est une espèce de petit Robin des bois au cœur d’or, qui n’hésite pas à prendre le parti du plus faible quitte à se fourrer dans des situations plus invraisemblables les unes que les autres !

Savamment écrit par Teresa Radice, ce premier tome se focalise sur Lucilla, et la vie des prétendus seigneurs de l’époque. Si l’influence et l’héritage Disney se révèle dans la mise-en-scène et la composition des personnages, Lucilla ne se contente pas à parler aux pigeons ! Elle s’affirme rapidement comme une héroïne à laquelle on s’attache, notamment grâce à l’évocation historique des chansons et des mœurs de la vie « courtoise ».

Même ravissement pour le graphisme de Stefano Turconi, dont le trait au crayon, tantôt léger, tantôt appuyé, mais toujours aussi précis et évocateur continue de nous séduire. Les couleurs fines et vives du récit entraînent le lecteur dans un conte qui triomphe des barrières sociales de leur époque par le besoin de liberté ressenti par ces adolescents aussi surprenants que différents.

Sans atteindre à l’universalité de Violette autour du monde, Tosca des bois aborde des sujets aussi variés que porteurs. Une belle réussite à glisser dans les mains des jeunes lecteurs.

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Commander cet album:
BDfugue FNAC Amazon

Commander Tosca des Bois T1 par Radice & Turconi (Dargaud) chez Amazon ou à la FNAC

  Un commentaire ?