Visite royale au Musée Marc Sleen et au Centre Belge de la BD

18 juin 2009 8 commentaires
  • Jour faste pour la rue des Sables, à Bruxelles, qui bénéficiait de la présence du roi des Belges inaugurant le musée dédié au dessinateur flamand Marc Sleen, et prolongeant sa visite au Centre Belge de la Bande Dessinée, presque 20 ans après son inauguration par son frère aîné, Baudouin 1er.

A mi-parcours de Bruxelles BD 2009, cette matinée a fait baisser d’un ton les griefs entendus récemment à propos du Centre Belge de la Bande Dessinée ! C’est en grandes pompes, qu’Albert II, roi des Belges, a visité le nouveau Musée Marc Sleen en présence, fait exceptionnel, de Marc Sleen himself, avant de se rendre au Centre, et d’en faire le tour afin de se faire expliquer les futurs projets de rénovation.

Créé par la Fondation Marc Sleen, elle-même vigoureusement soutenue par M Vanhengel, ministre du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargé des finances, du budget, des relations extérieures et de l’informatique, le Musée Marc Sleen ouvre ses portes rue des Sables, en face du Centre Belge, dans un bâtiment classé à quelques mètres d’où l’auteur lui-même a travaillé lors qu’il œuvrait au quotidien flamand De Nieuwe Gids.

Visite royale au Musée Marc Sleen et au Centre Belge de la BD
(De g. à dr.) : accompagné par le ministre Vanhengel, le roi profite des savoureux commentaires de Marc Sleen

C’est à cet endroit en effet que naquit en 1947 Néron, le héros principal de Sleen, auteur de plus de 200 albums, et de toute une galerie de personnages hauts en couleurs.

Ce musée est d’ailleurs à l’image de l’œuvre de Sleen : petit par la taille, mais surprenant dans son contenu, offrant de quoi contenter aussi bien les fans de la première heure avec des originaux rares que les novices qui peuvent y découvrir les bandes de cet auteur pas comme les autres.

À travers une biographie exhaustive, mais surtout une galerie de personnages au caractère racé, Sleen y dévoile toute la palette de son talent, d’un humour profondément absurde mais en même temps pétri d’observation, avec le sens du trait piquant qui caractérise le dessinateur de presse, l’égal en Flandre d’un Cabu, par exemple.

Sur planche de timbres, Marc Sleen figure parmi ses personnages.

Le sous-sol sera consacré à de futurs ateliers créatifs, mais 70 m² seront aussi spécialement utilisés à l’entreposage des quinze mille planches et dessins originaux de Marc Sleen dans une chambre forte conçue à ce effet. Ce sera donc le haut lieu de la préservation des documents de la Fondation Marc Sleen.

Si le rez-de-chaussée accueille l’exposition permanente, retraçant la carrière de l’auteur, ses bandes principales et ses personnages les plus caractéristiques dans une scénographie simple, mais ludique, le premier étage, en revanche, se compose d’un corridor suspendu où des documents originaux sont présentés selon une logique thématique.

Des mains du ministre Vanhengel (à dr.), le roi reçoit deux albums et une planche de Marc Sleen (à g.).

Encore deux points important à souligner : la superbe fresque ’extérieure’ qui utilise les châssis des fenêtres pour représenter les cases de BD, et surtout le prix démocratique, car il n’en coûtera que 2,50 € au visiteur adulte, et un euro symbolique pour un billet groupé avec la visite du CBBD.

À la fin de cette inauguration, Sa Majesté reçut, des mains même de son auteur et du ministre Vanhengel, une planche originale de Néron, mais également les albums français et flamands d’une de ses dernières aventures, se déroulant bien entendu dans la rue des Sables. Lorsque le ministre lui indiqua que cela ferait de la lecture pour ses petits-enfants, Albert II lui répliqua : « Pour mes petits-enfants ... ? Ah non, je les conserve pour moi ! », ce qui eut le don de faire rire l’assemblée.

Le roi accueilli sur les marches du CBBD par (de g. à dr.) Ferry, Guy Dessicy et Jean Auquier

Soutenant Marc Sleen (bien que vaillant, le dessinateur accuse quand même 87 ans), le roi n’eut qu’à traverser la rue pour entrer au CBBD, se faisant accueillir par son directeur, Jean Auquier. Entouré de Ferry et de Guy Dessicy, respectivement vice-président et président du Centre, l’équipage fit un arrêt devant la photo de SM le roi Baudouin, qui avait naguère inauguré le CBBD il y a presque 20 ans.

L’expo temporaire en cours actuellement au Centre est dédié à l’Arithmétique de Troy [1] issue du monde de Didier Tarquin & Christophe Arleston, un univers pas vraiment en relation avec la quasi Ligne Claire de Marc Sleen. La personne royale ne s’en offusqua pas le moins du monde, écoutant ses guides avec application, découvrant un royaume, l’Heroïc Fantasy, qu’il ne connaissait guère.

Jean Auquier explique les arcanes de Troy au Roi, au Ministre et à Marc Sleen (caché derrière Ferry).

Le roi reçut des responsables du centre, une sculpture d’Aroutcheff, représentant Gil Jourdan, le héros de Maurice Tillieux, bondissant sur sa BMW (photo en médaillon). C’était là l’occasion de saluer le goût d’Albert II pour la moto. Mais, observant mleodèle et l’époque de l’engin, le roi fit cette auguste remarque : « Mon père a eu plus l’occasion de rouler sur ce bolide que moi, mais le plaisir n’en est pas diminué ! »

Le roi bénéficie d’un service de sécurité impressionnant, faisant facilement reculer les journalistes !

Au travers de ses diverses explications, Jean Auquier confia au roi que le Centre venait de battre deux fois de suite son record mensuel, en accueillant successivement 20.000 visiteurs en avril et en mai, et qu’il ne s’était donc jamais aussi bien porté.

Le roi au pied de la photo commémorative du roi Baudouin, de la fusée lunaire de Tintin et du buste d’Hergé.

Il lui confia nourrir de grands projets à venir, concernant les expositions, le service aux auteurs et la conservation patrimoniale des œuvres dont le Centre a la charge.

Nous n’en saurons pas plus pour l’instant, mais tous les détails vous seront dévoilés à l’automne, pour la grande rénovation du CBBD qui fêtera officiellement son vingtième anniversaire. "Nous avons maintenant reconstruit un socle stable, et nous vous promettons de grands changements dans les mois qui vont suivre", nous promet Jean Auquier.

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Les photographies sont © CL Detournay, et ne peuvent être utilisées ou reproduites sans autorisation préalable de l’auteur. Illustration : © Marc Sleen et Standaard Uitgeverij.

[1Nous en reparlerons en détails prochainement.

 
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8 Messages :
  • Quel pays étrange et exotique que la Belgique !
    Un roi totalement anachronique, un dessinateur célébrissime totalement inconnu hors de Flandres (je n’en avais moi-même jamais entendu parler), il n’est pas étonnant que la Syldavie ,le Bretzelburg et la principauté de Pourlavie aient été inventés par des auteurs belges.

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    • Répondu le 19 juin 2009 à  07:37 :

      Un roi totalement anachronique, un dessinateur célébrissime totalement inconnu hors de Flandres (je n’en avais moi-même jamais entendu parler),

      J’ai souvent remarqué que les gens ignorants étaient les plus prétentieux.

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    • Répondu le 19 juin 2009 à  08:19 :

      "un dessinateur célébrissime totalement inconnu hors de Flandres (je n’en avais moi-même jamais entendu parler)"

      Il faut sortir le dimanche... (Et pourtant dâme, je suis français)

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      • Répondu par langlois le 19 juin 2009 à  17:52 :

        Et le 1er juillet Albert II ira jusqu’à Louvain La Neuve pour visiter le Musée Hergé.

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    • Répondu par marcel le 19 juin 2009 à  20:33 :

      un dessinateur celébrissime inconnu hors Flandres et vous avez oublié d’ajouter, créateur d’un héros dont la parution à été arrêtée pour cause de ventes confidentielles.

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      • Répondu par Charles-Louis Detournay le 19 juin 2009 à  21:18 :

        Confidentielles en français, mais pas en flamand.

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        • Répondu par marcel le 19 juin 2009 à  22:01 :

          confidentielles dans toutes les langues ! fin décembre 2002 l’éditeur a décidé de ne plus éditer Néron et depuis lors Il n’y a plus ni nouveauté, ni réédition du fond et ce dans toutes les langues. On raconte que c’est Marc Sleen qui a
          décidé d’arrêter Néron, mais ça c’est pour faire joli, en réalité la série n’était plus vendeuse et était bien sur complètement désuète.
          Quant à Dirk Stallaert qui avait repris la série, il est allé se faire engager comme assistant au studio Bob et Bobette.

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          • Répondu le 23 juin 2009 à  13:28 :

            Les ventes seraient donc le seul critère d’importance pour un auteur ?

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