X-Men : Genèse mortelle – Par Ed Brubaker & Trevor Hairsine – Panini Comics

11 août 2016 0 commentaire
  • 2006 : Ed Brubaker débarque dans le giron des mutants après avoir brillamment relancé Captain America les années précédentes. Avec « Genèse mortelle », le scénariste va ré-écrire un épisode fondateur de l'histoire des X-Men et redistribuer quelques cartes.

Depuis 2005 et House of M de Brian M. Bendis, un vœu né de la démence de la Sorcière Rouge a fait disparaître les pouvoirs de la très grande majorité des mutants sur Terre et aucun nouveau mutant ne s’est manifesté depuis. C’est une communauté qui se pense au bord de l’extinction que guide donc Ed Brubaker à son arrivée en 2006.

Le scénariste plonge donc ses nouveaux personnages dans une bien sombre intrigue : sans crier gare, les X-Men sont assaillis par des visions oppressantes de leur passé ou horrifiques ; ce qui pousse même certains d’entre eux comme le Hurleur à déterrer un inavouable secret qui va tout bouleverser ! Si on ajoute à cela l’apparition d’un nouveau mutant de type Omega qui ne leur veut pas de bien et qui semble connaître particulièrement bien Scott Summers (Cyclope), la situation semble bien mal embarquée alors que les X-Men n’avaient rien demandé dans leur malheur d’alors...

Comme l’évoque la couverture de l’album, ce sont les secrets de famille qui vont intéresser Ed Brubaker ; notamment ceux entourant l’arrivée de la seconde équipe de X-Men dans les années 1970 pour sauver la première. Pour être plus précis, ce sont surtout les noirs secrets du « père » disparu, Charles Xavier, qui vont être au cœur de l’intrigue : l’occasion pour le scénariste de souligner l’atmosphère sombre qu’il apporte avec lui dans cet univers.

X-Men : Genèse mortelle – Par Ed Brubaker & Trevor Hairsine – Panini Comics
Et si Charles Xavier n’avait pas envoyé d’abord Wolverine et ses amis sauver les premiers X-Men de Krakoa dans les années 1970 ?
© Marvel

Genèse mortelle est un de ces albums mitigés où l’on a bien du mal à se positionner. D’un côté, ce récit propose des pics de tension dramatique réussis dans sa première partie, développe des idées intéressantes pour certains personnages et a laissé un héritage scénaristique assez important qui a par ailleurs été repris les années suivantes, mais... D’un autre côté, la grosse révélation familiale de cette histoire sonne creux et semble ne pas avoir d’effet majeur sur les principaux concernés, ce qui bien évidemment tue littéralement l’intérêt de la manœuvre. Si on devait synthétiser la situation, on se retrouverait face à un thriller assez intéressant dans sa construction, mais qui aboutit à une révélation pas très intéressante en soi, ce qui joue assurément sur la réception de l’ensemble de l’oeuvre.

Ce sera donc tièdement que nous recommanderons Genèse mortelle, un album qui s’adressera en priorité aux fans des X-Men car, passée cette sympathie d’origine, la conclusion de l’intrigue n’intéressera en rien les lecteurs occasionnels ou nouveaux. Quant aux planches de Trevor Hairsine, elle nous semblent ici assez quelconques, ce qui ne constituera donc pas un point d’appel supplémentaire pour l’album.

(par Romuald LEFEBVRE)

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X-Men : Genèse mortelle. Par Ed Brubaker (scénario) et Trevor Hairsine (dessins). Traduction de Françoise Effosse-Roche. Panini Comics, collection Marvel Dark. Sortie le 1 juin 2016. 200 pages. 22,00 euros.

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