dBD n° 133 : voyages en tout genre !

18 mai 2019 0 commentaire
  • De la jungle amazonienne aux souvenirs de la guerre d’Algérie, en passant par la quête intérieur de Jérôme Moucherot, "dBD" propose de parcourir les différents itinéraires offerts par la production du moment.

Pour ce nouveau numéro, dBD a choisi d’aborder un lieu de mémoire qui demeure encore aujourd’hui difficile et délicat. Il n’y a pas si longtemps que les langues se délient et que les « vétérans » de cette guerre, qui a si longtemps hésité à dire son nom, acceptent de parler à visage découvert. Pour sa part, la bande dessinée ne fut pas parmi les derniers médias à regarder la guerre d’Algérie en face.

Il y a à peine un peu plus de vingt ans que Christian Lax et le regretté Franck Giroud osèrent ouvrir la brèche, avec le remarquable diptyque Azhrayen publié dans la collection Aire Libre de Dupuis. Avec cette histoire, ils montrèrent la voie dans laquelle d’autres auteurs ne tardèrent pas à les suivre. Des derniers volumes des Carnets d’Orient de Jacques Ferrandez (Casterman) au Soleil brûlant de Gaëtan Nocq (La Boîte à Bulles), ils sont plus d’une dizaine à s’être emparé, chacun à sa manière, d’un thème que le cinéma et la télévision ont bien peiné à aborder.

En consacrant un court dossier au sujet, le magazine rappelle, s’il en était encore besoin, que la bande dessinée sait s’affranchir de contraintes fortes aussi bien sur le plan graphique que sur celui de la narration ou du choix des sujets. Si la production éditoriale est loin d’égaler celle consacrée à 14-18, elle s’avère tout à fait digne d’intérêt et s’installe progressivement dans les bacs.

L’univers retenu par Régis Loisel et Olivier Pont dans leur nouvel album Un Putain de Salopard (Rue de Sèvres) n’a rien de paradisiaque. Si le cadre de cette histoire n’est pas un terrain de guerre, le voyage du héros n’est pas de tout repos. Les deux auteurs reviennent sur la genèse du périple de leur nouveau personnage et nous gratifient au passage d’une couverture splendide.

Loin des tour-opérateurs et autres voyages organisés, Jérôme Moucherot (opus 6 aux Lombard) préfère s’adonner aux joies de la quête intérieure. Boucq s’en explique avec humour et malice.

Rochette a choisi, lui, de voyager avec ses pinceaux ! L’auteur du Transperceneige a néanmoins conservé un esprit rebelle face aux absurdités de notre monde et n’hésite pas à les dénoncer dans le long entretien qu’il a accordé à Philippe Peter. Le dessinateur jette un regard sans complaisance sur les travers de notre monde.

D’autres auteurs et beaucoup d’autres infos dans un numéro toujours aussi éclectique et passionnant.

(par Patrice Gentilhomme)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

dBD, en vente partout, 8,90€

  Un commentaire ?