Albatros – Tomes 1 & 2 - par Vincent – Glénat

22 mars 2007 0
  • Inspiré par Loisel et Yslaire, un jeune auteur, Vincent, nous propose un récit sombre, mais néanmoins poétique, qui navigue entre rêve et réalité, que rehaussent des couleurs splendides .

En l’an 1890, une ville portuaire anonyme, placée sous l’autorité d’un régime qui règne par la terreur, est aux prises avec des hordes d’oiseaux marins qui sèment la mort. Ombeline est une adorable adolescente de quinze ans, dotée d’un caractère bien trempé. Refusant de se laisser tripoter par le chef de la police, elle s’échappe du cabaret où elle a été élevée. Elle trouve alors refuge à bord d’un vaisseau volant, l’Albatros, habité par de curieux pirates et commandé par une femme aussi redoutable que torturée. Traqués par le ballon d’observation du gouverneur qui souhaite récupérer sa ’nièce’, le navire et son étrange équipage sont prêts au combat.

Albatros – Tomes 1 & 2 - par Vincent – Glénat Infographiste de formation, Vincent présente sa première série : Albatros. Il revendique l’énergie tenace du trait de Régis Loisel, et l’art de la mise en scène de Bernard Yslaire. Pour prétendre se référer à ces deux grands noms de la bande dessinée actuelle, il faut être certain d’imposer son style ... On le constate en ouvrant un de ses albums : on est d’emblée surpris par sa technique graphique. Sans vraiment atteindre la maturité de Loisel, le dessin de Vincent n’en est pas très éloigné : rondeurs des personnages féminins, rudesse des trognes masculines, intuition innée du mouvement et des décors naturels. Malheureusement, les gros plans sur les personnages et les scènes intérieures ne sont pas vraiment aboutis. Par contre, les poursuites extérieures, et les coursives de l’Albatros rappellent sans détour les meilleurs moments de Peter Pan.

Si le scénario du premier tome promet d’enrichissantes aventures, le déclic ne produit pas vraiment dans le second opus, embourbé dans un bataille retranchée, dont on peine à saisir l’utilité. Le point fort de ce jeune auteur est à coup sûr son exceptionnelle mise en couleur numérique. Plus nuancé qu’Yslaire, dont il se réclame, il utilise une prédominance de rouge pour représenter Ombeline, son héroïne, mais se délecte également de verts vaseux, et de gris citadins dans la représentation des décors.

Comme l’albatros de Baudelaire, cette série plane graphiquement au-dessus de la norme actuelle. Mais son scénario la fait avancer maladroitement dans un milieu où l’on se bouscule pour perdurer. En attendant que le troisième tome de cette série approfondisse un peu plus les personnages, on peut déjà profiter des superbes planches et des couleurs prometteuses des deux premiers albums.

(par Charles-Louis Detournay)

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