Alec Séverin : "Je ne veux pas faire de la BD comme on la conçoit aujourd’hui."

9 août 2008 21 commentaires
  • Habile héritier des illustrateurs du début de siècle, {{Alec Séverin}} est devenu un artisan-orfèvre du monde de l’édition, éditant, à tirage très limité, son propre label. Son talent est reconnu par un bon nombre d'amateurs. Pourtant, Alec Séverin a décidé d’arrêter la BD. Il s’en explique.

Vous avez publié en 2002, un fascicule reprenant la première partie d’une nouvelle aventure d’Harry, La Force de l’éclair. Depuis lors, plus aucune nouveauté : mis à part des rééditions d’œuvres anciennes et la publication de porte-folios édités par Several Pictures, votre label.

J’ai promis à mes lecteurs que je terminerais cette histoire. Il me restait une trentaine de pages à dessiner. En 2007, j’ai pris conscience que je ne clôturerais jamais cette aventure de Harry. J’en ai été assez malheureux. J’avais, par le passé, tenté de m’y atteler plusieurs fois, mais ce n’était pas viable ! J’ai donc opté pour une solution alternative : la publication d’une plaquette qui reprend les travaux que j’avais déjà réalisés. C’est à dire les crayonnés et le synopsis où je développe l’intrigue jusqu’à son terme.
Je voulais publier ce livret par honnêteté pour mes lecteurs. Le tirage n’est pas limité. J’ai conservé la maquette, et je peux le retirer s’il le faut. La visibilité de ce livret a été minimale. On peut l’obtenir via le site Internet qui est consacré à mon travail ou en écrivant chez Several Pictures…

Alec Séverin : "Je ne veux pas faire de la BD comme on la conçoit aujourd'hui."

Regrettez-vous d’abandonner votre personnage ?

Oui. Mais financièrement parlant, cette expérience n’était plus viable. Je devais consacrer l’équivalent de trois à cinq jours pour terminer une planche. Comme cela n’était pas mon gagne-pain, je travaillais sur cette histoire … la nuit.

Vous êtes reconnu pour une certaine méticulosité et un style plutôt académique. Avez-vous pensé à utiliser un graphisme plus relâché ?

Il m’était impossible de faire marche arrière après avoir réalisé la première partie de la Force de l’éclair. Dessiner cette série d’une manière plus spontanée ne correspond pas vraiment à ma perception de mon travail. Il fallait qu’une éventuelle suite reste convenable au point de vue du dessin. Et que je n’aie pas à en rougir. Le livret que j’ai édité contient des illustrations inédites qui permettent aux lecteurs de plonger plus facilement dans l’ambiance du récit…

Vous avez travaillé longtemps comme illustrateur pour un magazine anglais, Fortean Times.

Effectivement. Mais j’ai arrêté cette collaboration pour des raisons personnelles. À un moment, ils publiaient des publicités vantant l’utilisation de plans de cannabis. Cela me dérangeait. Heureusement, ils ont laissé tomber ces annonceurs au profit de publicités pour des jeux de rôle et des jeux électroniques. Tout cela était d’un mauvais goût absolu, et j’ai donc mis un terme à cette collaboration. Cela ne correspondait pas à mon éthique, à ma spiritualité et à mes goûts.
J’ai publié vingt-deux livres sous le label Several Pictures, dont deux qui reprenaient les illustrations réalisées pour Fortean Times.

Extrait de "La Force de l’Eclair"

Vingt-deux livres ! C’est conséquent.

Oui. Several Pictures a notamment réédité l’intégralité des aventures de Harry, ainsi que des porte-folios ou des albums reprenant des illustrations sous différentes formes. Le tirage dépendait du livre, mais oscillait entre 3 et 100 exemplaires, tous reliés à la main ! Mon dernier livre a le format d’un timbre-poste. Peut-être même plus petit... Je l’ai édité à 26 exemplaires. Il est signé et doté d’un ex-libris. On peut lire l’album à la loupe : les phylactères sont lisibles ! C’était un challenge. J’ai déposé tous mes livres à la Bibliothèque Royale de Belgique. Ils possèdent donc tous un dépôt légal.

"Bill Rocket", le livre au format timbre poste
Photo (c) DR.

Qu’est ce que cela vous apporte de publier des livres en si peu d’exemplaires ?

L’amusement ! Je vis aujourd’hui, grâce aux illustrations que me commandent des marchands. Mais bon, c’est de l’histoire ancienne maintenant. Depuis que je n’ai plus constamment des scénarios en tête, j’ai la tête plus tranquille pour aller prêcher [1]. J’essaie de consacrer un maximum de mon temps aux autres. C’était devenu un crève-cœur d’aller chez des personnes intéressées par mes paroles, tout en sachant que je n’aurais pas le temps de les suivre convenablement. Ce n’était pas honnête…

Extrait de "La Force de l’Eclair"

Vous n’avez pas de regret de vous couper de votre passion première ? La BD est devenue tellement riche qu’il y a forcément une place pour vous quelque part. Même si vous êtes contre la violence ou la représentation de scènes sexuelles.

C’est exact ! Mais je ne suis pas opposé à dessiner une jolie fille si le scénario le demande. Ceci dit, je pensais avoir plus de regret que cela. Mais, non ! Ce n’est pas par dégoût que j’ai quitté le métier. Ce n’était fondamentalement plus viable. J’ai vécu pendant huit ans en publiant mes propres livres. Je n’avais pas un salaire mirobolant, mais c’était convenable. À cela, s’ajoutait la réalisation d’illustrations inédites pour des particuliers ou la revente de planches…
Aujourd’hui, les libraires me demandent 60% de remise. C’est aberrant ! C’est autant que si je laissais une remise à un distributeur. Cela n’avait donc plus de sens de continuer. Mais je comprends les libraires. Leur métier est devenu difficile. Les grands éditeurs ne leur font aucun cadeau.
Comme je vous le disais précédemment, j’estime qu’il est préférable d’aller voir les gens. Notre monde va changer, et nous sommes à la fin du système dans lequel on vit. J’en suis persuadé. Quand la maison brûle, est-il bon de continuer à faire de la BD ? On peut se poser la question.

La source des idées s’est-elle tarie ?

De temps en temps, les idées me viennent encore. Je les note ou je crayonne parfois un petit synopsis vaguement découpé. Je prends encore toujours autant de plaisir à dessiner, à faire des croquis par milliers. Je ne peux pas m’en empêcher. Après m’être levé, chaque matin, je vais à ma table et je dessine pour le plaisir pendant une demi-heure.
Comme ce que je faisais ne s’insérait dans rien d’existant, que je sois publié ou non, cela n’a aucune importance ! Je ne me suis jamais fait d’illusion à ce sujet là…

Une des nombreuses pages de recherche d’Alec Séverin

Pourtant beaucoup d’amateurs apprécient votre travail…

Cela me touche profondément ! Mais la BD ne vaut pas le sacrifice que je ferais en lâchant le reste. J’ai l’impression, aujourd’hui d’être plus libre qu’auparavant ! J’ai plus de temps pour ma famille, pour aller prêcher, et je survis grâce aux illustrations que je réalise pour des privés. Un plaisir en remplace un autre…

Même plus d’illustrations ?

Ah ! Si je trouvais un éditeur de roman qui me proposait d’illustrer les couvertures et les dessins intérieurs de ses livres, je serais preneur ! Surtout si j’obtiens la garantie d’un travail constant. Mais on ne me le propose pas. Ou alors, ceux qui me le demandent sont des gens malhonnêtes. Beaucoup triturent les œuvres à l’ordinateur pour en sortir un résultat différent du souhait de l’auteur. Je remarque qu’aujourd’hui, il y a moins de respect pour le beau dessin. C’est terrible ! Avec la technologie, on devrait pouvoir reproduire une illustration à une qualité quasiment équivalente à l’original. Mais, non, la plupart des éditeurs, des imprimeurs et des graphistes n’y font pas attention. Et puis, de nos jours, le monde de l’édition manque d’âme. Tout le monde utilise les mêmes lettrages, la même mise en page, les mêmes tics et trucs…
On m’a proposé d’éditer mes livres en intégrales. Mais lorsque j’ai vu les pré-maquettes, j’ai décliné cette offre. J’ai peut être une vision surannée des choses. Mais je sais ce que je veux. Rien de tel que le travail à la main. L’ordinateur n’a rien apporté pour la création, pour le graphisme… Il me semble être plus une béquille qu’autre chose.

Les auteurs qui s’aident de l’outil informatique parlent souvent d’un gain de temps.

Mais cela n’a aucun sens ! Pourquoi aller vite quand on doit réaliser un travail artistique ? Cela me rend malade de savoir que des auteurs sont obligés de réaliser des albums en trois ou quatre mois. Ceux-là me disent : « On n’a pas le choix. On doit bien gagner notre vie. Il faut donc que l’on trouve des moyens pour aller plus vite ! ». Je sais que certains auteurs, au Japon notamment, utilisent des décors virtuels pour y faire balader leurs personnages. C’est aberrant, que nous, Européens, nous nous y mettions aussi…
La BD doit être d’une qualité nettement supérieure à ce qu’il se fait actuellement. Très peu de bandes dessinées sont réalisées par des auteurs qui ont une capacité, ou qui utilisent leur talent en se donnant totalement à leur œuvre. En plus, la plupart des BD des auteurs, qui sont obligés d’aligner les planches et de réaliser trois ou quatre albums par an, ne se vendent même pas !

On vous sent pessimiste.

Je ne veux pas faire ce métier dans ces conditions. J’ai été heureux d’avoir consacré de nombreuses années à la BD, même si cela m’a coûté très cher ! Mais non, je ne voudrais plus l’exercer, même avec un contrat extraordinaire. Je ne veux pas faire de la bande dessinée comme on la conçoit aujourd’hui. Jamais !
Je suis assez malheureux car je constate qu’il y a beaucoup d’albums qui sont dessinés de manière relâchée. Le graphisme ne tient pas dans de nombreux livres. Je suis triste que les lecteurs soient obligés de lire ce genre de chose. J’espère qu’ils vont se reprendre…

Pour retrouver l’académisme ?

Oui. Il faut absolument que les auteurs de bande dessinée de type réaliste recommencent à dessiner correctement, en respectant des codes précis et rigoureux. Beaucoup optent pour la facilité, au lieu de respecter les anatomies, les perspectives, etc. Ces dessinateurs ne prennent pas le temps d’exploiter leur capacité, et donc leur style devient de plus en plus relâché. J’ai remarqué cette dérive chez d’excellents dessinateurs qui ont pignon sur rue. Ils se disent sans doute : « Si cela marche, pourquoi continuer à travailler durement ? ». Je ne vous donnerai pas de noms, je n’ai pas envie de les froisser…

Des jeunes auteurs viennent-ilsvous voir pour bénéficier de vos conseils ?

Cela devient de plus en plus rare ! Lorsque je rencontre des dessinateurs, nous parlons du métier. Je considère que mon dessin a fait son temps et n’intéresse plus que certains auteurs qui ont de la nostalgie pour cette forme d’académisme. J’ai dû faire beaucoup de sacrifices pour arriver à avoir mon propre style graphique. Et cela n’a pas fonctionné ! La bande dessinée doit toucher une certaine masse, et pas cent personnes comme mon travail … Cela n’a aucun sens !

Il y a-t-il des auteurs que vous appréciez encore ?

Évidemment ! Cabanes ou Rossi font un travail remarquable. J’ai même été touché par le XIII de Jean Giraud. Cet homme reste intéressant et j’ai été épaté par la spontanéité de son trait Je me suis beaucoup amusé en regardant ses voitures (Rires). J’ai découvert Cuervos de Michel Durand (avec Richard Marazano, au scénario, éditions Glénat). Ce dessinateur m’a toujours bluffé ! Je ne comprends pas pourquoi un auteur tel que lui ne soit pas mieux récompensé à Angoulême. Son talent est éclatant et phénoménal.
Ce sont des auteurs qui ont un vrai respect pour le dessin. Je suis entouré, chez moi, de planches d’Alex Raymond (Flash Gordon), Raeburn Van Buren (Abbie an’ Slats), Frank Godwin (Connie) ou Paul Cuvelier (Corentin). C’est, pour moi, ce vers quoi la bande dessinée réaliste devrait toujours tendre !

(par Nicolas Anspach)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Alec Séverin sur actuabd.com, c’est aussi :
“A Little Book in a Box” for Al Séverin (Mars 2005)

Voir un site consacré à l’auteur

Images (c) Alec Séverin - Several Pictures

Photo (c) Nicolas Anspach

[1ndlr : Alec Severin est témoin de Jéhovah

 
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21 Messages :
  • Je garde un excellent souvenir de son Lisette paru chez Delcourt, sans doute son plus gros tirage (pour l’auteur, pas pour l’éditeur). Les illustrations de cet article montrent l’étonnante facilité de sont trait !

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    • Répondu le 11 août 2008 à  11:23 :

      est bien passée, ils feraient mieux d’y recruter les quelques talents disponibles sur le marché.

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  • C’est effroyable les ravages de la religion. Voilà comment la religion gâche un immense artiste, comme elle l’a fait dans la chanson avec Cat Stevens.

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    • Répondu par Gill le 9 août 2008 à  21:07 :

      Est-ce la religion qui le rend si perfectionniste et si intègre envers son Art ? Ou est-ce son besoin de perfection qui le pousse à aller vers ceux qui la lui proposent : rigueur, exigence, travail, opiniâtreté... Ne confondons pas causes et conséquences !

      Cette même exigence qui a compliqué sa relation au monde : au système éditorial, médiatique... Par contre, c’est certainement sa religion qui a trop fortement limité les thèmes qu’il pouvait exploiter.

      Il est simplement fait pour une vie communautaire, et pas pour une vie de combats, de compromis et de performances permanentes. Et c’est bien dommage...

      Mais je suis bien d’accord avec lui : les écoles d’Art poussent trop les auteurs à être de purs artistes non-académiques au détriment des besoins de la majorité des lecteurs (qui ne demandent pas la BD-marketing non plus) : le simple plaisir de faire plaisir à l’âme humaine dans son ensemble.

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  • Alec Séverin est une véritable contradiction ambulante. Je lui conseille d’aller prêcher dans les librairies tels qu’au Brüsel. Il verrait que l’état de la bande dessinée à l’heure actuelle n’est pas si catastrophique que ça.

    Quand à son œuvre, il y a toujours une place pour lui, mais étant témoin de Jéhovah, il y a des choses au sein des structures éditoriales que ne son pas conforme à sa philosophie de vie.

    J’ai une pensée pour Norman Rockwell qui mettait son dessin au service de ses croyances et de ses convictions. Regardez le patrimoine formidable que cet artiste a laissé derrière lui. En Belgique nous sommes les spécialistes des artistes maudits : Paul Cuvelier, Jacques Van Melkebeke, René Follet et maintenant Alec Séverin

    Il me reste une chose à dire au dieu d’Alec Séverin : « c’est un véritable gâchis d’avoir doté ce garçon d’un talent pareil ».

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  • Ce n’est pas tant la religion qu’il faut incriminer, mais plutôt le manque d’esprit critique vis à vis d’elle. Et c’est d’autant plus étonnant venant d’un gars aussi intelligent et doué que Severin.

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    • Répondu par Jerome le 10 août 2008 à  09:30 :

      Pourquoi incriminer ainsi la spiritualité d’Alec Severin ? Ses considérations sont pessimistes, mais , pour travailler en librairie, je puis vous dire que le gâchis consiste à voir autant de bande dessinée publiée à l’emporte-pièce, les mêmes auteurs se partager les mètres linéaires, et les livres être retirés des tables au bout de trois mois pour respecter des dates de péremption économique. Effectivement, l’art de Severin n’a rien à faire dans ce monde là. D’autres artistes se sont posés la question de leur rapport au monde. Pour ma part, je rapprocherai la décision de Severin du silence de Duchamp ou du silence de Rimbaud. Parfois, un auteur se tait. Il a ses raisons, qui lui sont propres. En tout cas, je suis un grand admirateur de ses dessins et de ses histoires.

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  • Pourquoi l’interview ne mentionne pas, un seul instant, le terme "témoin de Jéhovah" alors que ce monsieur, dont beaucoup de vos lecteurs découvrent l’existence, semble n’avoir en tête que de prêcher
     ? curieux oubli !

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    • Répondu par ActuaBD le 10 août 2008 à  10:01 :

      Contrairement à ce que vous écrivez, nous avons mentionné en note de bas de page l’appartenance de l’auteur aux Témoins de Jéhovah. Nous agissons toujours de cette manière lorsqu’un propos d’un auteur demande un éclaircissement.

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  • Je ne vois pas pourquoi on reproche à Al Severin son engagement religieux ; c’est son droit le plus strict. D’autant plus qu’il ne se sert pas de la BD comme forme de recrutement de nouveaux membres.

    L’auteur ne veut pas faire de peine à ses collègues moins doués, à des éditeurs de livres bâclés aussi laids que vulgaires et à des libraires qui n’hésitent pas à abuser de la gentillesse de certains auteurs. Je confirme que 60% est une marge normale pour le diffuseur et le libraire cumulé. Un très gros libraire BD touche au maximum 42% du prix du livre qu’il vend (ou qu’il laisse ses clients acheter), un trés petit entre 25 et 30%. Une remise de 60% est tout à fait atypique, et j’ose esperer que les libraires qui la pratiquent ne prennent pas les originaux en dépôt, ce serait vraiment le comble...

    Passons maintenant aux éditeurs de volume. Al Séverin a tout de même participé à Spirou-hebdo et au journal des Schtroumpfs (où il signait de superbes illustrations couleurs si ma mémoire est bonne. Personne n’a eu l’idée de les reprendre ?). Compte tenu de la similarité de son style avec celui du Jijé des années quarante (spontanéité, esthétique et nervosité), comment se fait-il que personne ne lui ait proposé de faire une histoire avec le célèbre groom ? Même le prolifique Yann n’y a pas pensé ?

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  • Je crois me souvenir que "Cuervos" a figuré dans la sélection officielle du festival d’Angoulême. Je me demande même si ce n’est pas grâce à ça que j’ai découvert cette série...

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  • Alec Séverin en couverture de Spirou
    11 août 2008 10:50, par Charles-Louis Detournay

    Pour les lecteurs observateurs, le haut de couverture du Spirou de cette semaine (n°3669) est effectivement d’Alec Séverin.

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  • A l’attention de Mr Séverin, si d’aventure il fréquente ce forum...
    Tout d’abord je dois avouer que je ne connaissais pas votre travail. Je suis d’autant plus impressionné par la virtuosité de vos croquis : une telle vivacité, un trait si expressionniste et vibrant. Au jeu des comparaisons cela me fait penser qq peu à Guido Buzzelli. Bouillonnant de vie !

    Une question toutefois : n’envisagez-vous pas de mettre votre talent de dessinateur au service de votre foi ? Je pense par exemple au grand Basil Wolverton -caricaturiste et dessinateur de sf et d’horreur, unique en son genre. Il était prêcheur lui aussi. Il illustra la Bible et produisit une série de dessins sur l’Apocalypse absolument époustouflante.

    Ayant cet été eu en mains de nouveau un exemplaire de "la Tour de Garde" je suis toujours effaré par l’iconographie kitsh des dessins liés à la foi. Ne pensez-vous pas que votre talent pourrait s’exprimer pleinement en ces lieux ?

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  • Je vous remercie de réaliser cette nouvelle interview avec Alec Séverin, votre site est une mine d’information sur cet auteur.

    Concernant le plus gros tirage réalisé par Alec Séverin, il ne s’agit pas de Lisette mais d’A Story of War qui avait bénéficié d’un retirage presque immédiat et d’une diffusion de plus de 20 000 exemplaires.

    Contrairement à ce que je lis dans les commentaires, ce n’est pas la religion qui a décidé Alec Séverin d’arrêter la bande dessinée. Comme vous pouvez le lire dans l’interview, les seuls moments qu’Alec Séverin pouvait consacrer à la réalisation de planches étaient la nuit.
    En faisant le choix de l’indépendance éditoriale pour publier son œuvre, Alec Séverin a pris une voie nettement plus compliquée pour vivre (et faire vivre sa famille) de son art. Comme il l’explique dans l’interview, s’il avait pu trouver une solution plus stable dans le monde de l’édition, il n’aurait pas hésité. Malheureusement, elle ne s’est jamais présentée.

    Le choix de l’indépendance éditoriale a permis à Alec Séverin de bâtir non seulement un univers de série traditionnelle dans la BD, mais également un univers complémentaire à son œuvre en réalisant de véritables objets d’art comme vous pouvez le voir avec le Bill Pocket ou les Little Book in a box dans un article précédent sur ce site.
    Alec Séverin cumule les dons. Celui d’avoir un dessin quasi unique dans le monde actuel de la BD avec une maîtrise étonnante quand vous le voyez réaliser ses dessins. Et celui de savoir jouer des supports éditoriaux pour bâtir un univers : Albums brochés, cartonnés, reliés à la ficelle, toilés, portfolios, de toutes dimensions, emboitages en bois, en carton, objets uniques dérivés de l’univers. Alec Séverin à peu près tout expérimenté de ce qu’il est possible de faire.

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  • Alec Séverin n’a pas tort à propos du style relâché de certains dessinateurs...d’autant plus que, plusieurs années durant, feu le journal de la culture d’Arte (désolé, j’adore polémiquer) n’a quasiment axé sa rubrique bédé que sur les albums en noir et blanc dus à des auteurs au graphisme tellement schématique et esquissé (sous prétexte de stylisation chébrantudienne) qu’il rappelait Fernand Dineur (le père de Tif et Tondu) et les monnaies des empereurs romains du Ve siècle. Si mes oeuvres littéraires avaient du succès, j’estime qu’Alec Séverin serait (avec Sophie de La Villefromoit et Xavier Fourquemin)l’un des rares dessinateurs et illustrateurs à même de pouvoir mettre en image mon univers littéraire rétromaniaque et dix-neuviémiste. je suis un auteur qui ne vend pas et se complait dans le décadentisme issu de Des Esseintes... (voir mon livre Le Parnasse de la rétromanie).

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    • Répondu par Olav le 9 mai 2012 à  00:13 :

      Pas étonnant que vous ne vendiez pas, on ne comprend pas la moitié de vos références ni de vos mots valises. Le style n’est pas agréable à lire.

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  • que des auteurs sont obligés de réalisés (de réaslisER, svp)

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  • En plus, la plupart des BD des auteurs, qui sont obligés d’aligner les planches et de réaliser trois ou quatre albums par an, ne se vendent même pas !
    correction :
    En plus, la plupart des BD des auteurs, sont obligés d’aligner les planches et de réaliser trois ou quatre albums par an, qui ne se vendent même pas !

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  • J’ai quelques albums de Al’ Severin et même une feuille-dédicace honteusement achetée sur EBAY, n’ayant jamais eu la chance de rencontrer ce grand artiste. A chaque fois, que je vois un nouvel album de lui, c’est un tirage limité, fait de bric et de broc, à un prix hallucinant. De plus, je m’y perds entre tous ces opus et rééditions disparates ( http://www.bedetheque.com/auteur-2669-BD-Severin-Al.html ). Une intégrale de ses oeuvres manque cruellement. Dommage que M. Severin se fasse bouffer pas sa vision trop pointilleuse et probablement faussée et par sa religion qui, comme toute religion, n’amène jamais rien de bon. Il prive ses lecteurs de son travail et c’est bien dommage. Tout ce travail pour n’en faire profiter personne ... Triste !

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    • Répondu le 9 mai 2012 à  19:05 :

      Il y a des artistes qui se complaisent dans la posture de l’artiste maudit.

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  • Bonjour
    Je suis un ancien camarade d’école d’Alec (école d’Izel)
    J’aimerais reprendre contact avec lui
    On peut me trouver via la congrégation d’Athus
    Merci d’avance
    P Fiolas

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