Alors, Astérix chez les Pictes ?

28 octobre 2013 36 commentaires
  • C'est la question de saison : que vaut le nouvel Astérix?, alors qu'Albert Uderzo a passé la main à deux auteurs reconnus, Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, et que toute la campagne de presse de l'ouvrage a été marquée par un embargo interdisant aux journalistes de lire l'ouvrage avant publication.

La période qui précède la publication de cet album ridiculise même la presse : six articles dans Le Monde et une Une de Casemate cet été, un numéro spécial de Géo-Histoire, un autre du Point qui sortent un peu avant l’album... Tout cela sans qu’aucun journaliste n’ait lu le livre ; seules quelques images sont délivrées au compte-goutte.

Les conférences de presse de lancement tournent autour des conditions de la reprise : le renoncement de Frédéric Mebarki, précédemment pressenti pour succéder à Albert Uderzo, une sélection à l’aveugle des scénarios, trois candidatures seulement pour le dessin, les délais de production de Didier Conrad (six mois pour dessiner l’album...), etc. "Beaucoup d’annonces, donc, de longues explications, des commentaires,... et pourtant, du nouvel album, on ne sait rien", écrivions-nous le 3 octobre dernier dans une série de trois articles qui arpentaient la promotion orchestrée autour de ce lancement.

Personne ne s’en offusque : la presse, vendue depuis si longtemps à la publicité, a tellement l’habitude de faire de la promo sur les produits culturels. Il n’est que François Chrétien, dans Ouest France, pour se rebeller contre cet état de fait le 17 octobre dernier dans un article intitulé : "Parlez d’Astérix, mais ne le lisez pas !" : "On nous explique, sans rire, que les autres médias n’ont pas besoin de connaître l’œuvre pour interroger les auteurs. Ah bon ? Ne serait-ce pas plutôt pour s’assurer une bonne couverture en s’épargnant tout risque de critique ?" et d’expliquer que : "Les deux précédents Astérix étaient franchement mauvais… Fans de la série, et de Conrad et Ferri, on espère de tout cœur que ce 35e album redressera la barre. Mais par Belenos, on n’en fera pas l’éloge sans l’avoir vérifié."

Outre qu’il y a une confusion entre l’information et la critique, qui sont deux objets très différents de l’action journalistique, l’analyse succédant naturellement à l’établissement des faits, de même qu’un jugement vient après une plaidoirie, Astérix a ceci de particulier qu’il est, depuis 1966, "un phénomène". Il est possible de parler d’un phénomène sans même le lire. De nos jours, les "communicants" jouent sur cette ambigüité.

Alors, Astérix chez les Pictes ?
Que vaut le nouvel Astérix ? Nous l’avons lu pour vous.

Instant critique

"Bon, venons-en à la critique", commencent à marmonner certains de nos lecteurs impatients qui attendent une crucifixion -pratique romaine, paradoxalement barbare, une exécution en règle attendue sinon souhaitée, chacun se sentant prêt, comme César, à donner du pouce...

Alors voici. Ce n’est pas un album exceptionnel. Ferri et Conrad font un travail honnête sans pour autant trouver leurs marques. La trame scénaristique est dans la lignée des albums d’Astérix qui utilisent la ficelle du voyage : une rencontre, puis une escapade dans un pays lointain, de la Belgique à l’Égypte, de la Suisse aux Amériques...

La recette goscinnienne est appliquée à la lettre dans les patronymes et dans l’élaboration des jeux de mots, avec un ancrage plus prononcé que chez Uderzo dans la parodie contemporaine (par exemple dans les patronymes romain Zaplesactus ou picte Mac Oloch) ou quand le scénariste suggère que les pictogrammes sont les ancêtres des tags.

Mais les situations n’arrivent pas au niveau de la mécanique canonique, alors qu’Uderzo y arrivait souvent. Les disputes entre Astérix et Obélix, par exemple, nous apparaissent comme une caricature de celles délicieusement décrites par les auteurs d’origine. Les personnages centraux de l’aventure, Mac Oloch et le célèbre monstre du Loch Ness, nous semblent insuffisamment exploités, ce qui est dommage, et c’est probablement là que gît le principal problème de cet album.

En ce qui concerne le dessin, Conrad caractérise extrêmement bien le personnage de Mac Oloch, mais celle du méchant Mac Abbeh, de même des différentes tribus pictes ne sont pas très évidentes. Conrad n’a pas non plus la clarté d’un Uderzo dans la succession des avant-plans des arrière-plans. Enfin, les ratés sont patents quand il s’agit de dessiner des femmes. La ravissante Madame Agécanonix est parfois quelconque, même si cela s’améliore à la fin.

Ce qui nous amène à constater la principale qualité des albums de Goscinny et d’Uderzo vers laquelle les auteurs doivent tendre s’ils veulent un jour leur arriver à la cheville : leur capacité d’offrir au lecteur une lecture dense et riche en détails, tout en gardant une parfaite limpidité dans la lecture. Nous n’y sommes pas encore.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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36 Messages :
  • Alors, Astérix chez les Pictes ?
    28 octobre 2013 11:58, par lebon

    J’ai été très agréablement surpris par ce nouvel Astérix, sa lecture m’a fait passer un excellent moment, et lorsqu’on s’attarde sur le dessin, on doit constater le grand talent de Didier Conrad voire son très grand professionalisme. Bravo uderzo, bravo Ferri, bravo Conrad.

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  • Alors, Astérix chez les Pictes ?
    28 octobre 2013 13:02, par Langlois

    Oui, d’accord avec Didier, honnête sans plus tant pour le scénario que pour le dessin. On est loin des sommets (qui commencent à dater, il est vrai) comme des ratés (plus récents...) de la série.

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    • Répondu par Jerome le 28 octobre 2013 à  14:09 :

      Difficile de reprendre cette série. Surtout en si peu de temps. Conrad s’en sort à merveille. Il a su trouver un style qui se rapproche le plus possible d’Uderzo (mais de quelle période ? la dernière ?) pour ne pas dépayser le lecteur. Il est inévitable qu’on n’y retrouve pas la "patte" du créateur, puisque de toutes façons elle n’était pas unique. Marcel Uderzo, le frère d’Uderzo, dont peu de gens parlent, a longtemps encré (voire dessiné) les cases d’Astérix. Mébarki, ensuite... mais combien de petites mains se sont succédées sur les albums aujourd’hui tant révérés ? Surtout dans la période "Albert-René" ? Il reste à écrire une Histoire du "Studio Albert Uderzo", au-delà de l’imagerie d’Epinal qu’on a bien voulu nous vendre, via les media évoqués interposés.
      Le scénario de Ferri est très amusant, dans la lignée des "Voyages" d’Astérix, une recette pour reprendre une série en douceur, sans dépayser le lecteur. Finies l’Atlantide et les entités biologies extraterrestres des albums précédents. Doit-on s’en plaindre ? La version de luxe permet d’ailleurs de constater que Ferri est en grande forme. Ses esquisses sont parfaitement publiables, en l’état et pourraient donner lieu à un intéressant album d’hommage, amusant. Ses études de personnages (notamment le personnage principal picte) sont édifiantes. Quant aux crayonnés de Conrad, ils sont époustouflants de fidélité graphique. L’encrage les a un peu figés, amoindris. L’encreur précédent d’Uderzo aurait-il peu encrer ces planches pour plus d’homogénéité ? (Comme Etienne Schréder le fait, actuellement, pour les "Blake et Mortimer" dessinés par Antoine Aubin ?) C’est la question que je me suis posé en lisant cet album qui suit, à mon sens, le dernier album qui garde toute mon estime, "Astérix chez les Belges". Entre les deux, je ne conserverai que "Le fils d’Astérix", dont le propos et le dessin étaient dans la lignée des aventures canoniques. Le reste est hélas trop bancal, trop maladroit (d’un point de vue dramatique) pour tenir la route.
      L’album que nous avons tant attendu est donc une réussite, selon moi. Un bel exploit, pour continuer à faire rêver ou amuser les amateurs de cette bande dessinée, déjà ancienne, mais qui n’a pas pris une ride. J’ai déjà hâte de découvrir le prochain opus, car Conrad aura certainement pris un "pli" pendant la réalisation de ce premier volume et sera encore plus à l’aise, graphiquement... Quant à Ferri, on peut compter sur lui pour une histoire amusante, riche en événements et en retournements de situation. Quelqu’un qui a su et pu faire rire avec une précédente icône (De Gaulle à la plage) ne peut que réussir le défi de faire revivre cette autre icône des années 60.

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      • Répondu par Mac Cata le 1er novembre 2013 à  21:37 :

        Après les derniers naufrages des aventures de nos chers gaulois, je m’attendais, un peu naïvement et plein d’espoir( puisqu’un nouveau "génie" de scénario avait été découvert), à un opus dans la vraie tradition et force est de constater que c’est une mouture pour un public enfantin. L’article qui nous réunit en commentaires est bien fichu et donne une critique intelligente et comprend bien ce qu’est l’esprit de Goscinny avec les qualités d’Uderzo .../...

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      • Répondu par Mac Cata le 2 novembre 2013 à  11:44 :

        .../... (j’avais dû interrompre)
        Pour répondre à "Conrad s’en sort à merveille" : je sais bien qu’il a eu peu de temps, et nous sommes d’accord qu’il faut pour ce fait seul lui tirer un coup de chapeau. Cependant...
        C’est vrai que c’est un peu proche de la dernière période, mais celle-ci n’était pas encrée par Uderzo que je sache, comme tu le sais probablement mieux que moi. Ce que j’approuve, c’est le retour d’un Obélix moins "poire" (je parle de la forme). En revanche, côté expression, celles d’Obélix notamment, c’est pas ça. C’est là que l’on voit tout le talent , l’immense talent d’Uderzo aux pinceaux. C’est du travail certes, mais c’est son génie propre, et cela ne se transmet pas d’un coup de baguette... euh de potion magique. Mais cela certes cela se laisse regarder avec plaisir, principalement pour les personnages que nous connaissons bien. Et cela passerait même très bien si le scénario était à la hauteur.
        Pour répondre à : "le scénario de Ferri est très amusant"
        Désolé mais non. Il aurait fallu trouver une personne capable de rédiger une bande-dessinée dans l’esprit de Goscinny, évidemment, mais aussi dans l’esprit des années Goscinny-Uderzo, les sixties-seventies. Je pense que c’est une des façons de retrouver le côté bon-enfant qui est une des marques de fabrique des deux créateurs. C’est cette fraîcheur qu’il manque et qui selon moi est une des recettes qui faisaient apprécier la BD de 6 à 106 ans, avec ces différents niveaux de lecture certes, mais cette fraîcheur toute goscinnyenne et uderzienne. J’ai parcouru hier le fils d’Astérix, il y a notamment une planche qui comporte deux cases de pur esprit Goscinny, pure petite merveille que l’ami de "Bébert" aurait adoubée sans doute aucun. Et cela est advenu plusieurs fois dans le travail d’Uderzo en solo. Si seulement, Uderzo s’était entouré très tôt d’un aide au scénario, il nous aurait sans doute encore bien émerveillé, car pour avoir des années fait des séances de travail avec son ami Goscinny, il aurait certainement pu être à même d’essayer de recréer les conditions sinon idéales du moins souhaitables.
        Moi qui m’attendais à un scénario, sinon "parfait" du moins digne d’une succession pleine de perspectives, ma descente de mine fut terrible, le ciel m’est tombé un peu sur la tête je dois dire. Il y a vraiment des preuves de la non compréhension de l’esprit de la belle époque. Ne serait-ce que laisser Idéfix à ronger ses deux os quotidiens au village. Tous les gags perdus de connivence Obélix-Idéfix.(je crois que nous sommes nombreux sur terre, probablement bien plus que d’exemplaires tirés, à ne pas comprendre cette décision impensable d’Obélix vis à vis d’Idéfix. Cette simple attitude nous montre , s’il y avait besoin d’une preuve que cet héritage scénaristique est "usurpé" et n’a aucune véritable légitimité). On a l’impression que Ferri a pris le cahier des charges comme scénario et en a fait "Astérix au Pays du Minimum Syndical", et on a l’impression qu’il a coché à chaque fois.
        — "Alors Panoramix c’est fait, Idéfix c’est fait, les pirates c’est fait, le latin c’est fait, ne pas oublier le banquet en dernière case...."
        Le problème c’est qu’entre la première case et celle du Banquet, il faudrait une histoire un peu plus consistante avec des baffes plus consistantes(je veux parler d’au moins une scène de "bataille" digne de ce non), et un peu de trouvailles tout de même.
        L’Ecosse, la Calédonie n’offre-t-elle pas à priori un cadre pour une aventure passionnante ?
        Je ne parviens pas à comprendre comment on peut parvenir à remettre une telle copie en étant content de soi ? Cela me dépasse.
        Conrad n’y est pour rien pour ce qui est de cette pâle copie.

        Heureusement, il reste l’eau de malt ou la cervoise pour oublier. Evidemment le réveil est difficile sans potion magique, mais COURAGE.

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      • Répondu par Mac Cata le 2 novembre 2013 à  17:45 :

        J’aimerais rappeler quelque chose . N’oublions pas que c’est l’idée d’Uderzo le personnage d’Obélix, on ne peut pas imaginer ce qu’aurait été les aventures d’Astérix sans son gros ami si attachant. Leur réunion de travail était fusionnelle, Uderzo connaissait pârfaitement le génie de Goscinny à l’écriture, et Goscinny celui d’Uderzo aux pinceaux. Ils étaient vraiment une fine équipe.
        Idéfix, non encore nommé, presque tout le monde connait l’anecdote pour l’attribution du nom, mais l’idée de continuer à faire évoluer le petit chien, décrit dans le tapuscrit comme se tenant à l’extérieur d’un commerce à Lutèce, toute une partie du tour de Gaule, avec à chaque fois le petit chien qui s’arrange pour les suivre, course derrière certes , mais aussi embarquement etc, cela tient d’un mini scénario pour le dessin de ce cher talentueux Uderzo.

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    • Répondu par Zombi le 28 octobre 2013 à  19:36 :

      Une fois n’est pas coutume, j’approuve D. Pasamonik : cette promo. d’Astérix ridiculise la presse ; je dirais même plus, c’est un flagrant délit de désinformation.

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      • Répondu le 29 octobre 2013 à  16:49 :

        La presse se ridiculise bien toute seule.

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      • Répondu par Bob le 30 octobre 2013 à  10:11 :

        On pourrait citer, dans les nombreux articles de presse sortis avant de connaître quoi que ce soit de l’album, trois articles parus sur Actuabd ! Ah, la paille dans l’oeil du voisin...

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    • Répondu par Jean-Michel le 28 octobre 2013 à  20:04 :

      Un très bon moment de lecture et un album-hommage tout à fait honnête ! On peut même être bluffé par la performance de Conrad qui, en seulement six mois, parvient à se hausser pratiquement au niveau du virtuose Uderzo ! Quant à Ferri, il se tire honorablement de sa confrontation avec le génie Goscinny ! Bravo donc les gars et à quand le tome 2 de cette belle reprise ?

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      • Répondu par Oncle Francois le 29 octobre 2013 à  10:18 :

        Moi, j’ai commencé à le lire hier soir (la première moitié seulement, car j’ai failli m’endormir dessus...e que c’est que lâge...).

        Cette lecture n’est ni honteuse, ni affligeante. Mais je n’ai pas éclaté de rire une fois, à peine quelques sourires...Ferri a beau se donner du mal, il ne pourra jamais atteindre le niveau de l’unique René Goscinny (dont il faut bien reconnaitre que les albums écrits par d’autres après sa disparition sont loin d’egaler ceux du Maître, que ce soit sur Astérix, Lucky Luke ou Iznogoud). Conrad s’en sort plutôt bien, mais pourquoi n’a t’il eu que six mois pour réaliser en Californie cet album tiré à 2 millions d’exemplaires ? Messieurs d’Hachette, quand on veut sortir un album mémorable, il faut en donner les moyens notamment aux repreneurs, que l’on va toujours comparer aux créateurs originaux. N’oubliez jamais ce conseil avisé !

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  • Alors, Astérix chez les Pictes ?
    28 octobre 2013 20:18, par Rocco Pindavent

    Des réactions très variées en fait avec cet album. De passage à Paris la semaine dernière j’étais horrifié par les affiches géantes dans le métro qui représentaient des dessins assez sobres, sans trop de décors (mais sans doute pour des raisons de lisibilité publicitaire etc..) ce qui me faisait craindre de retomber dans les derniers albums signés Uderzo.

    Quelle ne fut pas ma surprise en le feuilletant chez mon libraire breton préféré. Cette étape de découverte me ravissait, le dessin me semblait en fait parfait, les cases bien denses et riches de détails. Donc cela effaçait l’impression des affiches du métro.

    Après vint le moment de la lecture. L’impression sur le dessin se confirmait dans la qualité. Impressionnant de voir ce que Conrad arrive à faire. Il fait du Uderzo comme un autre dessinateur fait du Morris. Incroyable. Très beau.

    Coté histoire c’est bien mais pas génial. Mais c’est bien tout de même. Manque un peu quelques caméos comme au bon vieux temps (quelle expression ringarde je vous l’accorde...), il eut été amusant de revoir Sean connery débarquer. Pour les jeux de mots sur les noms c’est en effet cette contemporainéité qui m’a fait ne pas les comprendre tout de suite. A un peu plus de 40 ans j’ai eu l’impression que l’on ciblait le jeunot mais je comprends que l’on fasse ce ciblage.

    Bref cet album me semble de bon cru et, surtout, donne envie d’attendre le moment où le duo Ferri Conrad aura vraiment pris ses marques et sera plus décontracté du gland pour oser plus.

    Ca c’est pour l’album.

    Il serait intéressant que vous penchiez votre plume acerbe sur un sujet moins sympathique. Mon libraire m’a dit que 400 libraires en France n’ont pas reçu leurs commandes. Le mien avait commandé 120 ex (pas gigantesque mais 120 tout de même) et n’en a reçu que 20 ! Quand il appelle on lui dit que c’était une stagiaire qui s’est trompée... Il a pu se dépanner avec un généreux collègue local. Mais 400 libraires non livrés ou sous livrés c’est assez lamentable. Parce que les rayons de Carrefour, Fnac et compagnie ne manquaient pas de ses albums. Évidement les 400 ne devaient pas porter ces belles enseignes juteuses mais être plutôt des libraires indépendants locaux.

    Cher Didier, cela demande une enquête de votre part !

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    • Répondu par Pirlouit le 28 octobre 2013 à  22:21 :

      Oui, c’est vrai, c’est assez bizarre...dans certains cas, Hachette n’a même pas proposé le tirage luxe à des petits libraires BD qui avaient commandé 100 exemplaires de l’édition normale. Et quand ils ont pris le téléphone pour raler, on leur a dit que c’était épuisé !

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      • Répondu par Rocco Pindavent le 29 octobre 2013 à  20:38 :

        Pire encore, certains libraires se font répondre que le tirage luxe n’est pas encore sorti !

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    • Répondu par leorem le 1er novembre 2013 à  16:04 :

      Oui , mon libraire Bd à Vannes a eu le même problème. En fait, il a du partir au dépot à Nantes pour embarquer de force deux cartons faute de quoi il n’aurait pas eu un seul exemplaire. Pendant ce temps là la FNAC aligne des rayons entiers d’Astérix sous les 2 formats. Un constat supplémentaire du mépris pour les libraires spécialisés ?
      Une chose est certaine, c’est par ces méthodes qu’on a tué d’abord les disquaires puis ensuite les grandes enseignes culturelles puis le disque tout court. Bis repetita !

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  • Alors, Astérix chez les Pictes ?
    29 octobre 2013 07:54, par phil

    Autant l’avouer tout de suite, je n’ai pas acheté ce livre mais l’ai lu à la fnouc pour me faire une idée. Ca fait longtemps que je n’achète plus Astérix (mais j’ai pratiquement tout ceux créés par le duo génial), mort après Goscinny, tout comme Blueberry, Buck Danny, Barbe Rouge, Tanguy et Laverdure, mort après Charlier. Et c’est un dessinateur qui vous dit cela. J’adore Conrad, surtout son Donito, inconnu pour beaucoup (les trois premiers albums sont des merveilles graphiques et des beautés côté couleur), mais quand j’entends des gens dirent qu’il est à la hauteur d’Uderzo, je rigole, voire je suis même effrayé. Les personnages du village sont stupéfiants, avouons-le, mais dès qu’on arrive en Ecosse, il n’y a plus rien. Pas un des personnages dessinés par lui ne restera dans la mémoire des lecteurs. Ils sont tous insignifiants. Même les décors ne sont pas à la hauteur. Pauvre Ecosse ! elle si belle, si grandiose. Il y aurait eu de quoi faire des panoramiques incroyables... S’il en avait eu le temps. Ce n’est surement pas de sa faute mais celle de l’editeur incapable de lui laisser le temps de peaufiner, de créer, de penser à cet univers, à faire sien ce monde qu’est Astérix. Lui laisser seulement six mois ! monstrueux !!!! J’ai sans cesse à faire avec des éditeurs. Bien peu m’ont montré un visage artistique. Tous m’ont surtout donné à voir le côté mercantile, indispensable mais pas suffisant pour créer une oeuvre. Et si il y a bien une maison qui pouvait laisser le temps à un dessinateur, c’était Hachette avec ses millions. Il suffisait sûrement d’attendre quelques mois pour avoir un meilleur travail graphique. Même la couverture est laide, bien peu artistique. Le staff du marketing a dû vouloir y mettre son nez et c’est bien connu, plus il y a de monde à prendre une décision, plus le résultat décevra. Ca se vendra, certes, mais ce sera nul. C’est le principe. Je sais que mon avis, tout le monde s’en fout, et surtout que bien peu le partage. Heureusement que deux ou trois critiques de-ci de-là m’ont montré que je n’étais pas seul à penser ce que je pense. On dirait que la machine marketing a décérébré la plupart des lecteurs. Car enfin, parlons maintenant de l’histoire, on peut dire ce qu’on veut sur le talent de Monsieur Ferri sur ses propres livres, en revanche j’ai du mal à comprendre où et quand les gens on pu sourire, et même rire (!!!!!!) à ce salmigondis de mots. Il faut le dire : cette histoire n’est pas drôle. Or Astérix se doit d’être drôle. C’est la base même de sa création. En revenant chez moi après avoir lu ce "truc", j’ai repris "le domaine des Dieux" et " le tour de Gaule" et je me suis éclaté pour la millième fois. Oui, Monsieur Ferri fait des jeux de mots, mais ne sait pas les amener, les mettre en situation, du moins pas dans cette histoire. Tout tombe à plat. Certaines personnes savent raconter des blagues nulles et les rendre drôles, hilarantes, et d’autres, comme moi, rendraient la meilleure des blagues insipides.
    Voilà le mot. Cet album de BD est insipide, et c’est sans doute pour cela qu’il va se vendre à tire larigot. Je suis heureux pour ceux qui ont ri avec ça, ils ne pleurent pas leur argent. Pour les autres, les plus lucides, ils peuvent dire adieu à leurs euros envolés inutilement. Bonjour tristesse !

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    • Répondu par Nono B le 4 novembre 2013 à  19:48 :

      Farpaitement d’accord avec Phil !!! (excusez ... surement l’eau de malt ...)

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    • Répondu par Mac Cata (alias FPW) le 22 novembre 2013 à  10:03 :

      Bravo Phil pour ton petit commentaire que je viens seulement de lire, si tardivement, tout en étant intervenu moi-même précédemment.

      Un peu de lucidité fait du bien. Les critiques officiels, à de rarissimes exceptions près, ont manqué de courage ou d’honnêteté, ou les deux mon capitaine. Peur de quoi ?
      C’est plus c’que c’était ma bonne dame, que voulez-vous....
      Ils sont fous ces critiques !

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  • Alors, Astérix chez les Pictes ?
    29 octobre 2013 09:16, par Richard

    A propos de l’encrage des dessins de Conrad, il n’était pas possible de faire appel au précédent (en l’occurrence Frédéric Mébarki) qui a "disparu" au Maroc, après son "éviction", en tant que successeur d’Uderzo, par Hachette. Remarquez que son frère Thierry, contrairement aux derniers albums, a seulement "participé" à la mis en couleurs.

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    • Répondu par Yaneck Chareyre le 30 octobre 2013 à  10:00 :

      Officiellement, Mebarki n’a pas été débarqué, il a renoncé de lui-même devant la tâche, ne se sentant pas en capacité de réaliser de la bande dessinée.
      C’est en tous cas la version officielle d’Albert René Editions, Mebarki ayant choisi le silence total sur cette question.

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  • Alors, Astérix chez les Pictes ?
    29 octobre 2013 10:11, par L Lépine

    Album honnête en effetmais avec des séquences plus ou moins réussies. L’histoire commence plutôt bien tant au niveau du dessin (mais non, Conrad n’est pas dans cette reprise au niveau d’Uderzo)que du scénario mais elle s’enlise dans la tourbe écossaise. Elle manque d’unité : le monstre du loch ness sonne faux (aurait-il fallu seulement l’évoquer sans le montrer), le méchant est graphiquement en décalage par rapport aux autres personnages (fallait-il lui donner cette couleur). D’ailleurs je trouve que les personnages créés et non repris ne rentrent pas dans le cahier des charges d’Astérix.
    Je me demande si c’est une bonne idée d’obliger le repreneur à vouloir à tout prix copier le trait d’Uderzo. Conrad a un style qui lui est propre, pas si éloigné d’ailleurs, en tout cas très professionnel et astérico-compatible. Les lecteurs auraient-ils été perdus pour autant ou auraient-ils déserté la série ? Les reprises de Spirou se sont faites avec le dessin personnel du repreneur même si chacun garde en tête lé référence Franquin. C’est un peu comme la différence entre l’orthographe et la grammaire... Ce qui caractérise plus une langue c’est sa grammaire, là est sa vraie structure (une romaine galère n’est-i pas ?), l’orthographe peut varier selon les époques... Là, on voit bien qu’un certain nombre de règles ont été respectées qui tiennent à la grammaire d’Astérix. Bref, je m’interroge sur le plaisir pour un dessinateur reconnu de dessiner "à la façon de" au-delà d’un simple album hommage ou parodique.

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  • Alors, Astérix chez les Pictes ?
    30 octobre 2013 17:25, par Gilx

    Merci Mr Uderzo pour avoir autorisé la poursuite d’Astérix par d’autres auteurs.
    Les fans de Tintin (J’en suis un également) doivent attendre 2052 pour un autre album : GAG !!!.
    Pour en revenir à cet album je le trouve excellent pour une première et avec si peu de temps.
    Astérix c’est du lourd et il me semble assez normal que l’on fasse une grosse pub lors de la sortie d’un nouvel album.
    Alors vivement la suite avec CONRAD et FERRY !

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    • Répondu le 31 octobre 2013 à  15:38 :

      C’est "Ferri".

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      • Répondu par Gilx le 31 octobre 2013 à  22:55 :

        Effectivement avec un i , pas comme Jules...

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        • Répondu le 2 novembre 2013 à  18:40 :

          Non, Jul c’est JUL, il devrait scénariser le prochain, c’est la fille de Goscinny qui l’a dit.

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  • Alors, Astérix chez les Pictes ?
    1er novembre 2013 23:58, par Alex

    Quelques réflexions... Il me semble impossible de juger du travail des repreneurs en termes de qualité vis-à-vis d’une oeuvre appartenant au passé. Je pourrais écrire patrimoine plutôt, mais je vais expliquer mon choix de vocabulaire. Il me semble que l’Astérix d’Uderzo et Goscinny est une oeuvre marquée par son époque : la France de l’après-guerre. Ce petit village résistant à l’envahisseur, et au gré de leurs voyages tous ces peuples aux us un peu étranges mais finalement unis dans leur lutte contre l’oppresseur. Je constate pour ma part que, déjà du temps de Goscinny, la série avait perdu de son piquant et de son actualité dans les 3 derniers albums- tout comme les Lucky Luke par ailleurs (dans ce cas le mythe de la découverte, de la construction d’un Nouveau Monde). L’Histoire avait rattrapé Mr Goscinny, et les milieux et les us qu’il décrivait n’étaient plus en valeur déjà. Le monde avait changé. Symptomatiquement il s’en tirait beaucoup mieux lors avec Iznogoud, cette série politico-satirique placée dans un pays de contes et une époque indéfinie. Là il pouvait encore observer avec acuité ses contemporains.

    C’est placer une attente hors-mesure sur les repreneurs de la série que de croire qu’ils parviendront à nous faire vibrer et rire comme Uderzo et Goscinny ont su le faire. Ça me fait penser à des strips américains comme "Blondie". Ils continuent à être produits, mais ce qui faisait leur incroyable popularité dans les années 30-40 c’était leur totale synchronisation avec les moeurs et la pensée de leur époque. Aujourd’hui Dagwood continue en boucle de s’endormir sur son sofa et à s’empiffrer de sandwichs. Astérix s’enfile toujours des rasades de potion magique. Astérix, maintenant, c’est la nostalgie qui le fait vendre. Nostalgie d’une époque toute proche où les ingrédients régionaux ou nationaux n’avaient pas encore étaient ajoutées dans le formidable "mixer" des échanges en temps réel. Je trouve ça un peu touchant finalement.

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    • Répondu par Michel Dartay le 4 novembre 2013 à  21:29 :

      C’est vrai que vous avez raison, Alex. Je sais qu’il n’est pas bon de toucher à un mythe, mais je dois reconnaitre avoir été plutôt déçu par les dernier Astèrix et Lucky Luke(sur les 2 à 4 dernières années de sa vie, donc, où il était pourtant libéré de la responsabilité de rédacteur en chef de Pilote, qu’il avait pourtant accompli avec merveille par le passé). Un peu moins d’esprit et de surprises, c’était un peu comme s’il était en mode automatique. Les différents mécanismes et récurrences de ses séries étaient en place, il ne restait plus qu’à les décliner, le public suivait. Sauf pour Iznogoud qui fut un véritable feu d’artifice à sa fin !

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  • Bravo Didier
    2 novembre 2013 10:19, par Elo

    Excellente deuxième partie d’article, j’adhère en tous points.

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  • Alors, Astérix chez les Pictes ?
    23 novembre 2013 14:45, par la plume occulte

    L’immense -et pas que par la taille-François Corteggiani avait lui aussi proposé des scénarios pour Astérix en 2010.Parmi ces projets, un se passait en Ecosse et avait pour titre provisoire" Astérix en Calédonie " .

    A comparer avec amusement avec le dernier Astérix fraîchement dans les bacs.http://www.francois-corteggiani.com/

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    • Répondu par Ovide le 24 novembre 2013 à  01:54 :

      L’immense ??? Pas sur Blueberry en tout cas. Pas génial son scénario, et les Gaulois n’arrivent qu’à la 5 ème page, Jolitorax réapparait et ça donne un remake de Chez les Bretons (avec le Ouiski à la place du thé).

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      • Répondu par la plume occulte le 24 novembre 2013 à  13:23 :

        Immense oui.Le fait que vous posiez la question avec trois points d’interrogations vous donnera trois fois plus d’énergie à chercher pourquoi par vous même.Je dirais même plus:la place légitime d’un tel bonhomme est du côté de l’organisation du festival ,subventionné, d’Angoulême.Histoire que l’argent de tous serve à représenter une vraie parité des points de vues.

        L’intérêt commun,lui,devrait y trouver son compte.

        Pour tomber plus juste sur le sujet Astérix ce lien sera plus efficace :http://www.francois-corteggiani.com/article-l-album-d-asterix-que-vous-ne-lirez-jamais-121253674.html

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        • Répondu le 25 novembre 2013 à  00:05 :

          Il faut reconnaître que le texte de la 1re case est hyper mal fichu. Et le "coup de tronc dans la tronche"de la 2e case, qui passerait chez Pif, fait un rien vulgos chez Astérix.
          J’avoue ne pas avoir pu aller plus loin.

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        • Répondu par Alex le 25 novembre 2013 à  02:06 :

          Corteggiani est en effet un très grand, merci de rappeler ces évidences que l’on croit acquises d’emblée. Tant mieux pour lui toutefois qu’il n’ait pas mis un pied dans la tombe d’Astérix, cimetière des éléphants (sauf respect et compassion pour les repreneurs talentueux)

          Une tirade un peu facile sur Angoulême qui ne vit pas que des deniers du peuple mais aussi de participations privées. Du coup vous n’avez aucune voix- ni moi. On est bien marri ! À l’aube d’une énième édition le système de "L’Académie des Grands Prix" frise le ridicule il est vrai. La réforme a été à peine entamée l’année dernière -une tartufferie sans nom. À ce rythme il faudra au moins une décennie pour déboulonner les derniers vestiges du gérontisme (avec risque de relève sans réforme). Le problème c’est qu’Angoulême se pose comme acteur national et international, une référence. Alors qu’il ne l’est pas et que tout est collusions et petitesses. Willem, pour tout ce qu’il a fait pour la bd, mérite tellement une reconnaissance. Il a lui aussi été victime de ce système absurde qui fait que les antagonismes sont exacerbés et au final ne montrent rien, n’expliquent rien et ne sont pas représentatifs d’une culture vivante (le comble pour quelqu’un comme Willem qui a rescencé avec passion le graphisme pendant 40 ans). Vive la bd libre (copyright "Plume Occulte")

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    • Répondu par totocarolo le 25 novembre 2013 à  16:47 :

      Ayant eu la même idée en 2006, ça prouve que les pictes était dans toutes les têtes. Bravo M. Corteggiani.

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  • Alors, Astérix chez les Pictes ?
    24 novembre 2013 20:18

    Bonjour,

    J’ai la collection complète sauf les 2 derniers..
    Je viens d’acquérir cet album et je suis très décu...pire je ne suis pas allez banquet de fin d’album....ennuie...un homme congelé...l’histoire ne prends pas...
    que du marketing !!!!!

    Je crois avoir tournez la page de nos amis Gaulois..

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