Altaïr T1 - Par Kotono Kato (Trad. Fédoua Lamodière) - Glénat Manga

8 octobre 2014 0
  • Voici que Glénat nous propose un shonen prenant pour cadre un Moyen-Orient fictif, entre période médiévale et moderne, et faisant la part belle à la stratégie militaire. Rafraîchissant.

L’État de Türkiye, ses coupoles, ses palais et ses minarets, ses pachas et ses danseuses. Un pays stable, organisé autour d’une scrupuleuse hiérarchie militaire, qui tire ses ressources de sa position privilégiée, au carrefour de plusieurs grandes routes de commerce.

Et qui attise de ce fait la convoitise de son puissant voisin : l’Empire Baltrhain - dont le nom semble faire entendre qu’il s’étend sur les territoires de la Baltique et du Rhin-, ses remparts, ses châteaux et ses clochers, ses paysans et ses chevaliers.

Le cadre d’Altaïr se voit ainsi posé, opposant Orient et Occident, dans un rapport de force en apparence simple. Mais tout cela se révèle plus subtil et retors qu’on ne le pense au premier abord.

C’est en suivant le parcours du jeune pacha Mahmud, général-fauconnier à peine nommé, que le lecteur pénètre cet entrelacs d’intrigues et de manœuvres, grandes et petites, menaçant la sûreté du pays, la structure du pouvoir.

Altaïr T1 - Par Kotono Kato (Trad. Fédoua Lamodière) - Glénat Manga
Un crime, devenu incident diplomatique, ouvre le manga
Altaïr T1 © Kotono Kato

Ce manga n’est donc pas un "simple" shonen. L’action y occupe une place importante, certes, mais elle s’envisage rapidement dans une perspective plus vaste que celle du combat individuel. Altaïr s’adresse en particulier à l’amateur de stratégie militaire.

Il aiguillonne notre curiosité également par le cadre choisi par Kotono Kato pour situer son action. Placer ses héros et les aventures que l’on souhaite narrer, dans un manga, au sein d’une Turquie imaginaire n’est pas banal. Si Magi, shonen publié chez Kurokawa et s’inspirant des Mille et Une Nuits, nous rappelle que l’orientalisme existe bien dans la production manga, il s’avère quand même assez rare.

De ce point de vue Altaïr fait donc preuve d’originalité et aborde son sujet de manière renseignée et intéressante. L’immersion est d’autant plus réussie que la traduction de Fédoua Lamodière s’accompagne de nombreuses notes particulièrement précieuses pour éclairer la lecture.

L’orientalisme traduit à travers la fête
Altaïr T1 © Kotono Kato

(par Aurélien Pigeat)

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Altaïr T1. Par Kotono Kato. Traduction Fédoua Lamodière. Glénat Manga, collection "shonen". Sortie le 17 septembre 2014. 224 pages. 7,60 euros.

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