Ambiance glaciale chez Fluide

21 février 2012 29 commentaires
  • Crise ouverte chez Fluide Glacial : Christophe Goffette serait écarté de son poste de rédacteur en chef près de sept mois après avoir pris la succession de Thierry Tinlot à ce poste.

Dans un dessin d’humour récent, publié dans Le Canard, je crois, on voyait un conseiller d’image d’Eva Joly lui dire : "Ce n’est pas le moment de parler de réchauffement de la planète" alors que le France venait d’essuyer les plus grands froids du siècle. L’argument vaut pour l’ambiance au sein de la rédaction du mensuel Fluide Glacial ces temps-ci.

La revue d’’Umour et de Bandessinée" créée par Gotlib & Diament en 1975 est un des derniers joyaux de la presse de bande dessinée française. Elle avait été à l’origine de la création des éditions Audie, devenues Fluide Glacial, avant que le tout ne soit revendu à Flammarion par ses créateurs en 1999.

L’effacement de Gotlib qui fédérait les grandes signatures de l’humour autour de son nom (Binet, Daniel Goossens, Edika, Jean Solé, Franquin, Alexis...) et le départ pour Dargaud de Jean-Christophe Delpierre, bon gestionnaire qui est resté aux manettes pendant près de 10 ans, a été un premier choc culturel pour Fluide qui entama une valse des rédacteurs en chef confrontés à un noyau d’auteurs difficiles : Ronan Lancelot, Albert Algoud tinrent quelques saisons avant de laisser la place au Belge Thierry Tinlot venu de chez Spirou.

Animateur sur-actif, Tinlot sut, après une période de "bizutage" assez rude de la part des auteurs-maison, impulser un certain dynamisme, développant des hors-séries, souvent dirigés par Léandri, apportant des auteurs anciens (Margerin, Dupuy & Berberian...) et nouveaux(Sattouf, Arthur de Pins, Pedrosa...) à une équipe qui fonctionnait plutôt jusqu’ici à la cooptation. Il tint six ans avant d’aller rejoindre la direction de la rubrique culture du quotidien Le Soir dans sa Belgique natale. Les ventes, en baisse en raison de la crise des kiosques, sont aujourd’hui de l’ordre de 60.000 exemplaires mensuels, répartis à peu près équitablement entre le kiosque et les abonnements.

À partir de juillet 2011, Christophe Goffette lui succède. Venu de la presse musicale (Best, Music Up, Compact, Crossroads...) et cinématographique (Brazil), Goffette rate son entrée et passe mal la période de "bizutage" qui attend tout nouveau rédacteur-en-chef fluidien.

Ambiance glaciale chez Fluide
Christophe Goffette et Jean Solé
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Ses éditos sont maladroits et ses méthodes de management mal ressenties par l’équipe comme en témoignent les articles de plus en plus critiques d’Éric Deup à l’égard de sa rédaction qu’il accuse de "manquer de floÿde". Arrêtant la publication d’articles qu’il juge litigieux et, après une première tentative de convocation préalable au licenciement qui provoqué un tollé auprès des dessinateurs, le patron de Fluide Glacial-Casterman, Louis Delas, adresse à Eric Deup en date du 31 janvier 2012 une lettre de licenciement en bonne et due forme au motif que celui-ci refuse de suivre la nouvelle ligne éditoriale imposée par Goffette et qu’il aurait par la suite fourni des articles "décevants", son travail "ne répondant pas aux exigences de qualité, d’inventivité, d’ouverture et de dynamisme qu’attend le journal."

Depuis, il semblerait que Christophe Goffette soit sur le départ (il aurait, selon nos sources, quelques ennuis de santé qui tombent mal en ces périodes de trouble) et que la direction de Fluide mène une intense réflexion pour redonner une impulsion positive à cette affaire.

Les mêmes vus par Gaudelette.
(C) Fluide Glacial

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

En médaillon. Le personnage de Bidochon par Binet, l’un des piliers de Fluide Glacial. (C) Fluide Glacial.

 
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29 Messages :
  • Ambiance glaciale chez Fluide
    21 février 2012 14:56, par mmarvinbear

    Cela commence malheureusement à sentir le sapin chez Fluide... La qualité est en baisse constante, et pire encore, le journal devient une simple pub pour les albums dont ils ne passent qu’une partie du contenu, qu’il s’agisse de gags ou d’une histoire complète.

    C’est dommage, mais tant que ce canard ne sera pas plus qu’un prospectus, il me faudra en rester loin...

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    • Répondu par lebon le 21 février 2012 à  17:55 :

      Non Monsieur ! ce journal ne va pas s’arrêter avec 60 000 ventes par numéro, pour la qualité du "contenu" revenir à l’esprit de Gotlib est salutaire, récupérer Maester ce serait bien aussi.

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      • Répondu par mmarvinbear le 22 février 2012 à  03:58 :

        Je n’ai pas non plus envie que FG s’arrête, mais le fait est là : le journal coule lentement mais sûrement. Une vraie croisière Costa !

        Les historiques s’en vont non pas parce que ils veulent voir du pays, mais parce que les conditions de travail et de publication ont radicalement changé, et pas en bien.

        Quelle idée que de ne proposer que des morceaux d’une aventure complète ( 30 %, à vue de nez ), avec obligation d’acheter l’album pour l’avoir en entier ? Ils pensent vraiment arriver à nous faire payer une histoire 30 % plus cher ?

        Le problème de FG, c’est que les dessinateurs ne sont plus aux commandes. C’est le service compta de l’actionnaire qui décide en fin de compte. Mais ils auront beau faire, ils ne parviendront pas à éviter le naufrage si rien ne change de façon drastique.

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    • Répondu par lexo le 24 février 2012 à  11:40 :

      La qualité baisse depuis des années. J’ai lu fluide de 1975 a 2007, sans interruption... et j’ai fini par lâcher.

      Contrairement à ce qu’on peut entendre ici et là, je ne pense pas que l’arrivée de Satouf, Lindingre, etc. ait été un plus pour "l’esprit" du journal. Quant à Deup, il ,’a pas toujours été exempt de repoche, ses productions flirtant souvent avec la facilité.

      Et puis il y avait eu également, il y a quatre ans ou cinq ans, une série de plusieurs planches anti-catholiques sur le thème "curé=pédophile" : elles m’ont semblé très, très lourdingues avec leur mode répétitif. Tout à fait contraires à la dérision distanciée, tout en finesse, à laquelle Fluide nous avait habitués. Voir FG hurler avec les loups des médias pro-système, sombrer dans une démagogie à la TF1,c’était d’autant plus décevant que cette satire inopinée d’une religion ne s’est *jamais* étendue à l’Islam ou au Judaïsme. Un débat avait tenté de s’amorcer à ce sujet sur leur forum : résultat des courses, le forum FG a été immédiatement fermé pour "raisons techniques" (sic !). Et il est demeuré fermé pendant plusieurs années !

      J’ai compris dès lors que Fluide était condamné. Et j’ai fait ce constat sans m’en réjouir, car avec Fluide, c’est un peu de ma jeunesse qui s’évanouit dans le brouillard.

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  • Ambiance glaciale chez Fluide
    21 février 2012 15:18, par Maah

    Vous pourriez expliquer pourquoi ils ont aussi arrêté le Blog de Fluide glacial ?

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  • Ambiance glaciale chez Fluide
    21 février 2012 18:25

    Le journal a de toutes façons perdu de son âme,pourquoi virer Coyotte, Maester, Clarke pour mettre Ptiluc, Margerin et des auteurs très mauvais qui sortent dont ne sait où ? Bizarre comme idée.

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    • Répondu par Alain le 21 février 2012 à  19:13 :

      Perso je n’ai jamais compris qu’un auteur aussi médiocre que Bourrard soit publié dans Fluide. Les derniers gags étaient totalement incompréhensibles : d’accord de rigoler sur tout, mais pourquoi faire intervenir des zombies dans un sujet sur le vatican ?

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      • Répondu par J-Jacques le 21 février 2012 à  19:34 :

        Bourrard ? Vous voulez dire Bouzard non ? Mais Bouzard n’est vraiment pas un médiocre, au contraire, c’est un génie de l’humour et un très bon dessinateur.

        mais pourquoi faire intervenir des zombies dans un sujet sur le vatican ?

        Mais pourquoi pas ? C’est très rigolo, c’est décalé, non-sens, complètement Fluide Glacial, relisez Gotlib et Alexis, vous verrez.

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        • Répondu par Alain le 23 février 2012 à  11:48 :

          "Mais pourquoi pas ? C’est très rigolo, c’est décalé, non-sens, complètement Fluide Glacial, relisez Gotlib et Alexis, vous verrez."

          Ha ! Ha ! Et vous, relisez Fluide Glacial ! Bourrard n’existe pas et les zombies au Vatican non plus... C’était de l’Umour, très rigolo et décalé, non-sens. Je vous avais tendu un piège et vous êtes tombé dedans.

          Relisez Gotlib et Alexis et vous comprendrez.

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          • Répondu le 26 février 2012 à  23:59 :

            Et vous, relisez Fluide Glacial ! Bourrard n’existe pas

            C’est ce que je vous dis, vous confondez avec Bouzard qui est un excellent auteur !

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    • Répondu le 22 février 2012 à  02:25 :

      Coyote & Maëster n’ont pas été viré, ils sont partis de leur propre chef suite à des mésententes éditoriales sous l’ère Algoud - départs qui ont d’ailleurs contribués à faire perdre son poste à l’intéressé. Margerin est arrivé sous Tinlot, Ptiluc c’est encore plus récent. Faut pas tout mélanger, d’autant que Gofette voulait faire revenir Coyote (il lui a directement posé la question dans un entretien).

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      • Répondu par Julien le 22 février 2012 à  18:11 :

        Maëster est parti de lui-même, sans l’aide de personne, 18 ans à Fluide Glacial, il est allé tenté un autre journal co-fondé par Gotlib : l’Echo des Savanes ...

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    • Répondu par Maester le 23 février 2012 à  12:23 :

      Comme il a été justement précisé par d’attentifs lecteurs, je n’ai pas été viré (en tout cas, pas directement, ce qui aurait coûté des sous), je suis parti suite à une vision quelque peu divergente avec la Direction ; j’ai essayé de leur expliquer (de lui expliquer, en l’occurrence, la Direction étant un seul directeur) qu’il fallait miser sur les jeunes talents (Mo/cdm, Julien/cdm, Relom, etc) et les mettre en valeur, notamment en éditant leurs albums à plus de 2000 exemplaires. La réponse fut une proposition d’avances sur droits (juste pour moi) sans contrepartie. Je crois que nous n’avions pas (et n’avons pas) les mêmes conceptions des choses.

      La vision "managériale" était plutôt de s’appuyer uniquement sur les gros vendeurs, comme on gère le fond Tintin ou Corto Maltese chez d’autres éditeurs, sans se préoccuper de trouver du sang neuf (et de le fortifier).

      Je me suis même demandé à l’époque si le choix surprenant de certains rédacteurs en chef sans expérience (et totalement préoccupés de leur carrière télévisuelle passée et à retrouver au plus vite) ne participait pas d’une volonté de laisser couler le journal, ce qui aurait évité de devoir licencier à grands frais tous ces collaborateurs de longue date et aurait résolu nombre de problèmes (faire un mensuel ’humour, c’est compliqué pour un comptable).

      Mais sans doute cette vision paranoïaque était-elle due à mon appartenance secrète à ce "noyau d’auteurs difficiles" qui tentaient de maintenir le navire à flots (et avaient obtenu à l’époque une réévaluation des salaires des collaborateurs, dont certains n’avaient jamais connu ça depuis 25 ans).

      Mais chacun réécrit l’Histoire à la lueur de sa propre compréhension, moi comme les autres (mais moi, j’y étais, comme disaient les poilus) (et d’ailleurs, je suis poilu).

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  • Mauvais, ces problèmes sociaux,
    21 février 2012 19:21, par Oncle Francois

    au moment où Gallimard semble étudier le dossier. Je viens de feuilleter le Fluide de Mars à l’hyper-marché, il me semble excellent (je dois reconnaitre que je ne l’ai pas lu depuis longtemps. Lassitude ?). Christophe Goffette est toujours rédacteur en chef dans l’ours, mais son édito a été reléguè à la dernière page ! Amusant ! Notez que vendre 60 000 exemplaires par numéro n’est pas donné à tout le monde, je ne vois que Mickey et Spirou y parvenir. Charlie-Hebdo se vend actuellement à 30 000 exemplaires seulement.

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    • Répondu le 21 février 2012 à  19:33 :

      Son édito est toujours à la dernière page, depuis qu’il l’a débuté au numéro 425 !

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    • Répondu par LO le 21 février 2012 à  21:41 :

      Spirou à 60 000 ex, j’en doute un peu,....

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    • Répondu le 21 février 2012 à  21:58 :

      Vous en dites, des bétises... Le papier de Goffette a toujours été à la fin du numéro.

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      • Répondu par Oncle Francois le 21 février 2012 à  22:44 :

        Oui, peut-être ! Je n’achète pas Fluide Glacial au numéro, je me suis arrété en même temps que l’excellent Monsieur Marcel Gotlib ! En tout cas, je n’ai pas vu dans ce numéro de mars de mauvais rédactionnel (ici il est surtout fourni par les signatures traditionnelles de Léandri et Frémion !), ou de mauvaises BD fournies par les amis du rédac-chef contesté (en un ou deux mots puisqu’il a été bizuté). Sacrebleu, si cela continue, je vais me remettre à acheter Fluide Glacial (pas le sinistre Glamour !)

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        • Répondu le 22 février 2012 à  02:21 :

          Pour ma part quand je n’ai pas lu un magazine depuis 20 ans, j’évite de faire des commentaires là-dessus. Mais je conçois très bien que vous ayiez des quotas de commentaires à atteindre ici...

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          • Répondu par Oncle Francois le 22 février 2012 à  20:17 :

            Je ne vois pas pourquoi vous parlez de quotas. Et si je ne lis plus Fluide de façon régulière, c’est simplement que je préfère une oeuvre intégrale d’un seul auteur (un album !) à une compilation de récits complets. Si j’en crois d’autres messages, Fluide ne publie plus qu’une partie du matériel édité ensuite en album. Et si j’ai vérifié de moi-même le Fluide de mars, c’était pour vérifier ce que l’on dit sur le net (réaction du journaliste remercié ou de ses amis, lettre de solidarité des auteurs envoyé à l’éditeur, appel au boycott des abonnements, remplissage des copains du rédac-chef ou de lui-même sous pseudo). Dans le Fluide de mars, des signatures connues dans le rédactionnel, notamment Léandri et Frémion qui doivent avoir à peu prés mon age, et sont des anciens du journal. Cordialement

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  • Ambiance glaciale chez Fluide
    22 février 2012 13:12

    "...à une équipe qui fonctionnait plutôt jusqu’ici à la cooptation."

    Rien n’est plus faux ! Quitte à assèner des bêtises, ayez au moins l’obligeance de donner quelques arguments !

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    • Répondu le 22 février 2012 à  17:23 :

      Rien n’est plus vrai au contraire.

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      • Répondu par Maester le 23 février 2012 à  12:05 :

        Je me souviens qu’à l’époque (glorieuse), nous avions même des réunions secrètes dans les caves de la Tour Montparnasse, en grande tenue (cagoules à deux pointes, robes de bure, strings léopard et coussins péteurs) pour introniser les apprentis nouveaux auteurs qui avaient l’audace de briguer quelques pages dans le journal et subissaient donc là moult sévices et humiliations ; être recouvert de fluide glacial sur le corps nu, dessiner des marges sur un format 4x3 m à la plume atome, battre Gaudelette au ping-pong, discuter érotisme dans la littérature avec Moerell en le regardant manger un steack tartare (sans les mains), écouter les cassettes de souvenirs de Jacques Diament (qu’ils devaient acheter)...

        Zep a été recalé faute de pouvoir dire autre chose que "zizi sexuel" pour évoquer le braquemard géant de Marcel Gotlib sculpté dans le marbre qu’il devait adorer.

        Je ne sais pas si cela se pratique encore, mais j’ai ouï dire que certains impétrants sont obligés aujourd’hui de lire les articles de Didier Pasamonik. A côté, nous étions donc des enfants de choeur et nos jeux étaient bien innocents...

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  • Ambiance glaciale chez Fluide
    6 mars 2012 13:49, par Éric Deup

    Bonjour

    Je me sens obligé d’apporter quelques précisions au communiqué de presse publié ci-dessus, d’autant plus que quelques points inexacts me concernent directement (je dis « inexacts » car m’astreignant à la pondération qui me semble ici idoine).

    « comme en témoignent les articles de plus en plus critiques d’Éric Deup à l’égard de sa rédaction qu’il accuse de "manquer de floÿde". », y est-il écrit.
    À moins que quelqu’un ait profité d’un instant d’inattention de ma part pour publier des articles dans Fluide en les signant de mon nom puis distribuer dans ma boîte-aux-lettres des exemplaires personnalisés comportant mes véritables chroniques, je crois pouvoir dire que cette assertion est quelque peu… euh… fantaisiste (pondération, Éric, pondération…).
    Je n’ai jamais publié « d’articles de plus en plus critiques à l’égard de ma rédaction » depuis l’arrivée de Christophe Goffette, l’aurais-je voulu que l’on ne m’en a pas laissé le temps ! Ni ne me souviens d’avoir « accusé (ma) rédaction de manquer de Floÿde ». Je me demande où l’on a bien pu aller chercher ça. La seule chronique de l’ère C. Goffette où l’on aurait pu voir une allusion critique à la direction éditoriale de Fluide est un numéro de The Floÿde Economique (TFE) conforme à la ligne de fond et de forme de TFE depuis sa création (pastiche outrancier et caricatural)… mais qui n’est jamais paru ! Christophe Goffette, qui n’a pas aimé du tout – mais alors pas du tout - ce papier, a refusé qu’il soit publié, ce qui est son droit et faisait partie de ses prérogatives, a refusé qu’il soit corrigé ou remplacé, et a demandé à ce que son auteur (bibi) soit licencié ce qui est moins courant, pour un article jamais publié de surcroît.
    J’ai par la suite eu deux articles publiés, l’un à remettre la veille de mon entretien préalable à licenciement, le suivant alors que j’attendais le verdict de mon licenciement, articles dont je ne pense pas que l’on puisse les définir comme « critiques à l’égard de ma rédaction ».

    « après une première tentative de convocation préalable au licenciement qui a provoqué un tollé auprès des dessinateurs »
    Il ne s’agit pas seulement d’une tentative mais d’une vraie convocation à un vrai entretien préalable à vrai licenciement, suivie d’un vrai entretien lors duquel la vraie présidence-direction-générale m’a expliqué que les auteurs – fussent-ils humoristes, chroniqueurs, scénaristes, dessinateurs - devaient veiller quand ils écrivent à ne pas franchir les limites que sont « les intérêts du groupe », que ces limites n’étaient pas posées à posteriori par le rédacteur en chef mais devaient être intégrées dès le travail de création.
    Le « tollé auprès dessinateurs », ces gamins irresponsables bizuteurs qui s’énervent pour un rien, n’a pas été provoqué par une « tentative de convocation préalable » mais par l’attitude d’un rédacteur un chef qui réclamait le licenciement sur le champ (interdiction de bouclage, interdiction de publication immédiate) d’un auteur pour un article non publié, et avait précédemment également décidé de se séparer du maquettiste et du webmaster d’une façon jugée cavalière par lesdits grands enfants d’auteurs susceptibles et soupe au lait. Je connais bien d’autres entreprises – sans parler forcément de journaux – ou de tels faits provoquent de plus amples « tollés ».
    Pour en finir avec mon très petit cas tout personnel, 3 semaines après mon entretien j’ai reçu un avertissement. Puis mes articles ont été refusés, j’ai subi une période que je qualifierais de difficile – ma maman serait fière de voir à quel point je pondère, difficultés auxquelles je n’ai pas vu d’autres solution pour y mettre un terme que d’assigner la direction de Fluide Glacial aux Prud’hommes pour harcèlement moral (procédure en cours). La direction de Fluide, elle, a vu un autre moyen pour y mettre un terme : me licencier.

    Par ailleurs et pour info, Léandri n’a pas attendu T. Tinlot pour s’occuper - avec brio - des Hors série de Fluide Glacial, il le fait depuis les premiers HS. Époque JC Delpierre, c’était il y a longtemps.

    « Tinlot sut, après une période de "bizutage" assez rude de la part des auteurs » / « Goffette rate son entrée et passe mal la période de "bizutage" qui attend tout nouveau rédacteur-en-chef fluidien ».
    Ce prétendu « bizutage » qui attendrait « tout nouveau rédacteur en chef fluidien » est ce qui est effectivement systématiquement invoqué - par la Direction de Fluide ou sur le présent site - ou plutôt jeté à la tronche de ces caractériels et dangereusement candides auteurs pour expliquer… euh, bien des choses. En 14 ans (et 4 nouveaux rédacteurs en chef) passés à Fluide, ce n’est pas franchement du côté des auteurs souvent inconsidérément amoureux de Fluide que j’ai observé toute la violence symbolique et sociale que comporte cette allusion bizutesque. L’avantage à ma situation de déjà viré, c’est que je peux le dire sans trop de risques, maintenant. Et suis bien placé pour le faire.

    Quant à la « cooptation » Maëster en parle très bien, même si la pudeur qui a toujours caractérisé son œuvre et ses propos l’empêche d’évoquer le plus inavouable.

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    • Répondu par Eric Deup le 6 mars 2012 à  16:16 :

      en fait d’Éric Deup, il faut lire Éric Deup !

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    • Répondu par le mamouth slimfast le 6 mars 2012 à  23:06 :

      En même temps, je ne vous ai jamais trouvé drôle dans Fluide.
      Aussi bien les textes de Frémion, Haudiquet, Fioretto ont une certaine finesse, autant les votres sont pompeux, lourd et comme une tartine qu’on maltraite au maximum pour bien étaler la confiture mais qui reste sans goût (le mot "idoine", vous le caser partout par exemple.).

      j’espère que vous saurai rebondir mais je ne pense pas que votre absence dans Fluide soit une grosse perte.
      Pour le reste, lisant depuis très longtemps fluide, vous ne pouvez nier que depuis le départ de Delpierre, chaque redac chef s’est bien fait tailler une garde-robe pour l’hiver .

      Même si au sein du journal vous trouvez ça très drôle, de l’extérieur, ça donne le goût de gens qui rêvent de prendre le poste de redac chef sans avoir le courage d’enfiler le costard...

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      • Répondu par Maester le 19 mars 2012 à  00:31 :

        Vous qui prétendez lire Fluide depuis longtemps, relisez les marges de l’époque (lointaine) de Diament rédacteur-en-chef ; il n’avait pas à craindre les frimas hivernaux tant sa garde-robe était emplie des plus beaux costards taillés par les plus grandes plumes du journal (oui, les plumes peuvent tailler des costards alors que l’inverse est plus délicat). Vous voyez que la tradition remonte bien loin...

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  • Ambiance glaciale chez Fluide
    6 mars 2012 22:44, par Géraud

    Ah ben merde.
    Ca pétouille chez Fluide.
    Ca fait trente ans que je lis cet excellentissime canard, ça fait mal de voir l’envers du décor, surtout quand il a cette gueule.
    Je craignais quand le grand Marcel a quitté le navire, j’ai apprécié moyen l’ère "Algoud", j’ai jubilé sous l’ère "Tinlot", et je regrette un peu cette période "Gofette", que je ne connaissais pas comme faisant partie du milieu BD. Période transitoire donc, espérons-le.
    Un journal a le droit d’avoir ses périodes creuses, surtout quand on sait qu’il est capable de flamboyance.
    Attendons un peu, le départ de Gofette et le retour de Deup, ça fera deux bonnes nouvelles !
    (Au fait, M’sieur Deup, pour tous ceusses qui apprécient votre prose, on peut vous lire où ?)

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  • Ambiance glaciale chez Fluide
    5 août 2012 16:39, par macfly36

    Pour ma part je fus un inconditionnel fan de fluide pendant des années. Puis à l’arrivée d’algood puis le départ de "pilliers" j’ai vraiment eu l’impression de lire du mauvais psikopat. J’ai laché prise. J’ai relu depuis un ou deux fluide et le hors série groland. Déception totale, fluide est bien devenu une pale copie de psikopat. Je suis donc retourné vers spirou ou j’ai retrouvé une partie de l’humour des fluides que j’ai tant apprécié.

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