Angoulême 2009 : Un 36ème Festival voué au « réel » et à « l’intime »

23 octobre 2008 19 commentaires
  • Comment en serait-il autrement ? Les bourses s’écroulent, des banques sont en faillite, la récession s’annonce et les mesures qui sont prises par les gouvernements promettent des lendemains difficiles. Le Festival d’Angoulême a beau s’annoncer comme une fête, tous en sont à imaginer quel sera l’impact de la crise sur la manifestation angoumoisine.

Cette impression de chaos est déjà rendue par l’affiche que nous a concoctée la présidence bicéphale de Dupuy & Berberian : on y voit un Angoulême satellisé, quasi « explosé », tandis que nos auteurs s’en échappent enfermés (protégés) dans leur soucoupe volante. Nous sommes « ailleurs », loin la vulgarité du monde, Internet est d’ailleurs déconnecté. Franck Bondoux , le délégué général du Festival revient au contexte du « réel », à savoir « l’actualité du monde » en ces temps « compliqués et difficiles ». Le discours de notre taiseux délégué général, gestionnaire froid et adepte de la langue de bois, demande à être décodé par un quasi kremlinologue. Dans son discours d’ouverture de la conférence de presse, il évoque la nécessité pour le Festival « de s’adapter à l’économie réelle ».

Angoulême 2009 : Un 36ème Festival voué au « réel » et à « l'intime »
Philippe Dupuy et Charles Berberian en concert de dessin. A gauche, leur affiche officielle.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Le message n’est pas pour le public, mais pour les sponsors dont le soutien financier, essentiel pour le festival, suscite de l’inquiétude. Des signes avant-coureurs se manifestent.
-  On annonce une baisse de fréquentation notable dans les festivals français de ces derniers jours.
-  Franck Bondoux déplore publiquement l’arrêt de la subvention du ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative et appelle directement la ministre Roselyne Bachelot à revenir sur la décision de son administration. Or, la tendance globale de la réforme de l’état va dans le sens d’un désengagement de l’état en faveur des régions, lesquelles pour certaines d’entre elles n’ont plus les moyens. De grands évènements culturels français sont menacés pour cette raison. Le maire d’Angoulême et le Président de la Région ont beau afficher leur soutien en se manifestant par leur présence, la conjoncture politique n’est pas rassurante.
-  Enfin, le soutien de la Caisse d’Épargne, sponsor traditionnel du Festival depuis 25 ans, est potentiellement remis en cause par sa fusion annoncée avec la Banque populaire. Les cartes pourraient être rebattues et ceci est un sujet de préoccupation pour le délégué général.

Économie réelle

Si l’on sent bien que le partenariat de la SNCF restera sur les rails, qu’en sera-t-il de la FNAC si le marché du livre devait se retourner brusquement, subissant une baisse brutale de son activité ? Et des éditeurs qui, anticipant le repli des ventes, amenuiseraient la surface de leur stand et les invitations des auteurs afin de réduire les frais ? La réponse du délégué général est sans ambage : « Nous saurons adapter nos structures à l’économie réelle ». En clair : messieurs les sponsors, si vous réduisez votre participation, nous saurons réduire votre visibilité et les évènements qui y sont attachés ; ou bien, Messieurs les éditeurs, si vous réduisez votre surface, nous renoncerons à l’exposition qui met en avant votre personnage fétiche. Donnant, donnant, et même moins si les sponsors institutionnels sont aux abonnés absents.

« Le réel contemporain »

Dans ses commentaires, le directeur artistique du Festival, Benoit Mouchart, égrène des truismes du genre « la bande dessinée est une fenêtre ouverte sur le monde  » ou « tout un chacun est déjà tombé amoureux »… pour justifier une programmation centrée sur une «  bande dessinée de l’intime » dont, bien entendu, « la résonance est universelle », parce que « l’intime est toujours […] une tentative de déchiffrer le monde  » Et d’aligner la liste des invités : Dan Clowes, Chris Ware, Adrian Tomine, Marjane Satrapi… qui ne sont « évidemment pas là par hasard » : «  Tous, dans leurs œuvres questionnent, le réel et le présent » [1].

Nous on veut bien mais est-ce que la bande dessinée n’est pas aussi la grande aventure au bout du monde ou sur d’autres planètes soutenue par un souffle épique, ou une suite de gags sans grande conséquence ni autre message que celui de nous faire rire, tout simplement ? Flash Gordon, Michel Vaillant, Corto Maltese, Spirou, Les Passagers du vent, Largo Winch, Les Tuniques bleues, Le troisième testament, XIII, le Décalogue, RG ou Mickey ne nous semblent pas être exactement des « bandes dessinées de l’intime ». Sortiraient-elles alors du champ des oeuvres qu’Angoulême veut promouvoir ? Que Benoit Mouchart nous pardonne mais il semble qu’il y a là une équation qui n’est pas résolue.

Benoit Mouchart. Le directeur artistique du festival mise beaucoup sur les spectacles vivants pour animer le petit monde de la BD
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Par conséquent, le programme de cette année ne fait pas dans la foudroyante innovation. On est comme dans un copier-coller de l’année précédente :

-  Des expositions, notamment autour des présidents Dupuy & Berberian : sur Lucien, le personnage de Frank Margerin, Shigeru Mizuki, le mangaka qui avait remporté le Prix du meilleur album à Angoulême il y a deux ans, une expo Winshluss, le créateur de Monsieur Ferraille, Ceci n’est pas de la BD flamande une exposition de la jeune création belge flamande, et une exposition sur L’Afrique du Sud dont les auteurs constituent, selon les organisateurs, « une révélation », une expo sur la bande dessinée coréenne indépendante Sai Comics et enfin, une autre sur la Fantasy (que nos organisateurs tiennent à distinguer nettement de l’Heroic Fantasy) intitulée Le théâtre des merveilles.

La jeunesse aura droit à une exposition « Boule & Bill face à l’Hôtel de Ville, à l’extérieur, sur un mode opératoire semblable à l’exposition Schtroumpfs de janvier, sans oublier l’exposition Jeunes Talents de la Caisse d’Épargne qui révèle chaque année de nouveaux auteurs.

-  Près de 80 rencontres sont prévues dont sur les thèmes de « l’autobiographie », sur le « traitement de l’intime » où l’on retrouvera Daniel Clowes, Adrian Tomine, James Kochalka, Posy Simmonds, Melinda Gebbie, ou Chris Ware. On notera la présence des auteurs sud-africains Karlien de Villiers, Joe Daly, Joe Dog et Conrad Botes, celle de Marjane Satrapi et, presque en contre-programmation, celle de Laurent Verron, actuel dessinateur de Boule & Bil .

-  Outre l’expo Mizuki précitée, le Manga Building sera animé par un accrochage de Hiroshi Hirata, un classique de la BD japonaise (L’âme du Kyudo chez Delcourt) lequel sera présent à Angoulême en costume traditionnel, par la présence de Murata Range initiateur de l’anthologie Robot chez Glénat qui animera une master-class, celle de la dessinatrice française Raf-Chan auteure de Debazer chez Ankama et enfin Junko Kawakami (It’s Your World chez Kana) qui nous gratifiera d’une performance publique.

-  La projection en avant-première du nouveau film de Hayao Miyazaki, Ponyo sur une falaise qui sera accompagnée par une petite exposition de croquis préparatoires du film, ainsi que d’autres projections.

-  Le Pavillon Jeunes Talents avec ses espaces formations, rencontres et ateliers animés par le concours révélations blogs, l’atelier ludique Wall Strip, l’exposition Nage libre de Sébastien Crisostome, le concours de strips franco-québecois, et un concert de jazz illustré à la palette graphique.

-  Des rencontres « juniors » et des ateliers dans le pôle jeunesse, notamment avec les auteurs de la sélection jeunesse.

-  La Caisse d’épargne sera encore présente avec son Prix Jeunes Talents et son concours de la BD scolaire qui a révélé tant de dessinateurs en herbe, son « gang des talents » qui met en avant six albums publiés dans l’année, et enfin des rencontres, notamment avec Jean Solé (Superdupont) qui préside le concours de la BD scolaire depuis tant d’années et qui est parrainé en 2009 par l’auteure Colonel Moutarde.

-  Les spectacles où l’on retrouve Les concerts de dessins qui continuent d’autant mieux qu’ils sont payants et que le Pass du Festival n’y donne pas droit, c’est « en plus ». Comme ils font, paraît-il, salle comble, c’est toujours ça en plus dans les recettes du Festival. On nous annonce Arthur H illustré par Christophe Blain, Rodolphe Burger illustré par Dupuy & Berberian, Arno illustré par Nix & Johan De Moor. Enfin les Impro BD sont de retour avec un match « France-Belgique ».

Concert de dessin de Rodolphe Burger lors de la conférence de presse. Il sera présent à Angoulême.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

La sélection touchée par la surproduction

Dix Essentiels seront remis cette année choisis parmi les 56 (et non plus 50) ouvrages choisis par le jury de présélection.

Ils seront distingués par un Grand jury (Meilleur album, 5 essentiels et l’Essentiel révélation, l’Essentiel patrimoine), par le public (Prix Fnac-SNCF) et par un jury d’enfants de 9 à 14 ans (Essentiel Jeunesse).

Qu’en dire, sinon que notre opinion n’a pas changé depuis l’année dernière : «  Il y a de fortes chances que la médiatisation de la sélection […] par l’intermédiaire de la FNAC et de la SNCF ne fasse qu’augmenter l’incompréhension et le malentendu. Des petits éditeurs vont être confrontés à des obligations de mise en place qui ne correspondront pas à la réalité de leurs ventes. Cette sélection –trop éclectique, trop longue- est une usine à retours. Outre qu’elle semble céder à une mode, elle est inadaptée aux réalités du marché… »

La sélection 2009, ceux qui l’aiment prendront le train et iront l’acheter à la FNAC. Quant aux autres…

Les présidents Philippe Dupuy et Charles Berberian auront la haute main sur les Essentiels d’Angoulême 2009
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

1. Sélection officielle

- 3 déclinaisons, de Pierre Maurel (L’Employé du moi)

- American elf, de James Kochalka (Ego comme X)

- Les amis, de François Ayroles (l’Association)

- The Autobiography Of A Mitroll, « Mum Is Dead », tome 1, de Bouzard (Dargaud)

- Les Bidochon, tome 19, de Binet (Fluide Glacial)

- Bigfoot, tome 3, de Nicolas Dumontheuil, adapté de Richard Brautigan (Futuropolis)

- Bons mauvais grands et petits joueurs, de Anne Rouquette (Editions Lito)

- Bottomless Belly Button, de Dash Shaw (Editions ça et là)

- Cité 14, saison 1, de Gabus & Reutimann (Paquet)

- De Gaulle à la plage, de Ferri (Poisson Pilote/Dargaud)

- Esthétique et filatures, de Tanxxx & Lisa Mandel (Casterman)

- Ferme 54, de Galit & Gilad Seliktar (Editions ça et là)

- Filles perdues, de Moore & Gebbie (Delcourt)

- La force des humbles, d’Irata (Delcourt)

- Le goût du chlore, de Bastien Vivès (Casterman)

- Le goût du paradis, de Nine Antico (Ego comme X)

- Les gouttes de Dieu, tome 1, de Tadashi Agi & Shu Okimoto (Glénat)

- La guerre d’Alan, tome 3, d’Emmanuel Guibert (l’Association)

- Gus, tome 3, de Christophe Blain (Dargaud)

- Harding was here, tome 1, de Midam & Adam (Soleil)

- L’héritage du colonel, de Varela & Trillo (Delcourt)

- La jeune fille et le nègre, de Judith Vanistendael (Acte Sud l’an 2)

- Jonathan, « Elle », tome 14 de Cosey (Le Lombard)

- Le livre des destins, « La Métamorphose », tome 2 de Le Tendre & Biancarelli (Soleil)

- Lock Groove Comix n°1 de Jean-Christophe Menu (L’Association)

- Loin d’être parfait, de Adrian Tomine (Delcourt)

- Long John Silver, « Neptune », tome 2, de Dorison & Lauffray (Dargaud)

- Lucien, « Toujours la banane », tome 9, de Frank Margerin (Fluide Glacial)

- Lulu femme nue, premier livre, d’Étienne Davodeau (Futuropolis)

- Le Marquis d’Anaon, « La chambre de Kheops », tome 5, de Bonhomme & Vehlmann (Dargaud)

- Martha Jane Cannary, tome 1, de Blanchin & Perrissin (Futuropolis)

- Marzi (1984-1987) : la Pologne vue par les yeux d’une enfant, de Savoia & Sowa (Dupuis)

- Mattéo, de Jean-Pierre Gibrat (Futuropolis)

- Max Fridman, tome 5 de Vittorio Giardino (Glénat)

- Mon Frère nocturne, de Joanna Hellgren (Cambourakis)

- Mon gras et moi, de Gally (Diantre)

- Nage libre, de Sébastien Chrisostome (Sarbacane)

- No comment, de Yvan Brun (Drugstore)

- Oncle Gabby, de Tony Millionaire (Rackham)

- Pauvres zhéros, de Baru, Pierre Pelot (Rivages/Casterman/Noir)

- Le petit Christian, tome 2 de Blutch (L’Association)

- Pinocchio, de Winshluss (Les requins marteaux)

- Pluie du paradis, de Yu Lu (Casterman)

- Le Roi des mouches, « L’Origine du monde », tome 2, de Mezzo & Pirus (Drugstore)

- Salade de fluits, tome 2, de Mathieu Sapin (Les requins marteaux)

- Séquelles, de Hugues Micol (Cornélius)

-  Shutter Island, de Christian De Metter & Dennis Lehane (Rivages/Casterman/Noir)

-  Spirou et Fantasio, « Le Journal d’un ingénu » , d’ ÉmilBravo (Dupuis)

-  Tamara Drewe, de Posy Simmonds (Denoël Graphic)

-  Tout seul, de Christophe Chabouté (Vents d’Ouest)

-  Trésor, de Lucie Durbiano (Gallimard)

-  Le tricheur, de Ruppert & Mulot (L’Association)

-  Undercurrent, de Toyoda (Kana)

-  Ushijima, tome 3, de Manabe (Kana)

-  Le voleur de visages, de Junji Ito (Tonkam)

-  Wanted, de Millar, Jones & Mounts (Delcourt)

Essentiel Jeunesse

Vingt albums jeunesse proposés à un jury d’enfants et d’adolescents âgés de 9 à 14 ans.

- Anna et Froga T2, de Anouk Ricard (Sarbacane)

- Le Château de l’aurore, de Osamu Tezuka (Cornélius)

- Chronokids T2, de Zep, Stan & Vince (Glénat)

- Doraemon, Le Chat venu du futur T8, de Fujiko.F.Fujio (Kana)

- Les Enfants d’ailleurs T3, de Bannister & Nykko (Dupuis)

- Ernest & Rebecca T1, de Bianco & Dalena (Le Lombard)

- L’Envolée sauvage T2, de Arno Monin & Laurent Galandon (Bamboo)

- La Fille du savant fou T3, de Mathieu Sapin (Delcourt)

- Gully T1, de Dodier & Makyo (Dupuis)

- Jacques le petit lézard géant, de Libon (Dupuis)

- Ludo T7, de Pierre Bailly, Vincent Mathy & Denis Lapière (Dupuis)

- Nana T18, de Ai Yazawa (Delcourt)

- Le Petit Prince, de Joann Sfar (Gallimard)

- La Rose écarlate T4, de Patricia Lyfoung (Delcourt)

- Sardine de l’espace T7, de Emmanuel Guibert (Dargaud)

- Seuls T3 de Bruno Gazzotti & Fabien Vehlmann (Dupuis)

- Sillage T11, de Philippe Buchet & Jean David Morvan (Delcourt)

- Titeuf T12, de Zep (Glénat)

- Trolls de Troy T11, de Jean-Louis Mourier & Chistophe Arleston (Soleil)

- Zblucops T5, de Bill & Gobi (Glénat)

Essentiel Patrimoine

Ce prix récompense le travail d’un éditeur qui fait vivre la mémoire de la bande dessinée.

- Au bord de l’eau, de Mitsuteru Yokoyama (Delcourt)

- Breakdowns, de Art Spiegelman (Casterman)

- L’Enfer, de Yoshiro Tatsumi (Cornélius)

- Johan et Pirlouit Intégrale tome 2, de Peyo (Dupuis)

- Les Naufragés du temps, de Paul Gillon & Jean-Claude Forest (Glénat)

- Opération Mort, de Shigeru Mizuki (Cornélius)

- La Rivière empoisonnée, de Gilbert Hernandez (Delcourt)

- Taxista, de Marti (Cornélius)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Plus d’infos sur le site du Festival d’Angoulême

[1« La bande dessinée, un art de son siècle, un art dans son siècle ». Entretien avec Benoît Mouchart. Dossier de presse du 36ème Festival, oct. 2008.

 
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19 Messages :
  • J’aime beaucoup votre "opinion qui n’a pas changé depuis l’année dernière", et je la partage.
    On peut aussi signaler qu’il y a là un paquet de bouquins qui ne sont même pas sortis, on est dans le copinage à plein nez.

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    • Répondu par François Pincemi le 23 octobre 2008 à  22:28 :

      Sans doute le jury. Combien y a t’il de membres journalistes (ou lecteurs ou sympathisants) de la presse bobo branchée (Inrockuptibles, Télérama et le Monde, voila déjà le tiercé gagnant, mais il y a de nombreux suiveurs) dans cette auguste (ironie) assemblée ? Ont-ils seulement conscience de ce qui se lit ? Un rappel des meilleures ventes de l’année montrerait aisément le décalage entre cette "sélection" et les gouts réels du public qui achète des BD pour les lire.

      Si Monsieur Bondoux espère ainsi attirer plus de 150 000 visiteurs dans le premier festival de France (entrés payante et chère, je le rappelle !), il se met le doigt dans l’oeil. Ce sont les visiteurs payants qui financent l’évènement, ainsi que les grands éditeurs classiques par la location de leur stand. Et cette sélection pointue risque de faire fuir bien des sponsors !!

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      • Répondu par LC le 23 octobre 2008 à  23:51 :

        N’importe quoi encore Pincemi avec son discours réactionnaire à deux balles.
        Titeuf, Sillage, Lucien, les Bidochons, Midam, Jonathan, Spirou et Fantasio, Gully, Johan et Pirlouit, Trolls de Troy...
        C’est pas le goût du public ça ? Il n’y a pas là les meilleures ventes de l’année et des séries aimées du public ?

        Le festival n’a pas pour vocation de récompenser ceux qui vendent le plus (ils sont déja récompensé par leur compte en banque), mais de mettre en avant ce qui se fait de bien, de nouveau ou de remarquable. Et c’est ce qu’ils font.

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        • Répondu par erwan le 24 octobre 2008 à  12:28 :

          et du coup le festival crée des signes distinctifs de classes ou de catégories culturelles...dévalorisant ainsi toute une partie de la culture bd pourtant aussi riche et audacieuse que celle valorisée par le festival.

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          • Répondu le 24 octobre 2008 à  14:28 :

            Quelle partie de la bd le festival dévalorise-t-il Erwann ? Ce n’est pas clair.

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        • Répondu par François Pincemi le 24 octobre 2008 à  15:53 :

          Et si justement ! Mais ces titres intéressants, aux ventes supérieures à 50 000 exemplaires par titre, représentent environ 10% du total des albums présentés. Alors que certains des livres retenus (pas ceux que vous avez cités, justement !!) ont eu un tirage compris entre 2000 et 5000 exemplaires, et on ne peut donc pas dire qu’ils aient suscité l’enthousiasme du public. Beaucoup des livres retenus, publiés par de grands éditeurs, sont en fait réalisés par des jeunes auteurs à la sensibilité proche du Lapin de l’Association, cela quand ils n’y ont pas fait leurs premières armes, ce qui n’est pas représentatif des goûts du public réel, celui qui achète des albums.

          Il parait que Van Hamme représente à lui seul 10% des ventes de BD, pourquoi n’est-il pas présent sur cette liste qui fait furieusement penser à celle du Festival de Cannes ? Intimisme et réalité, il me semble que c’était aussi la devise de son dernier Président.

          Je ne vois pas ce que vous pouvez trouver de réactionnaire à mes propos, vous semblez avoir une curieuse conception de la liberté d’expression...

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          • Répondu par François Boudet le 26 octobre 2008 à  08:32 :

            Je regrette pour ma part que la sélection d’Angoulême n’ait pas retenu dans les essentiels patrimoniaux la série des "Ivan Zourine" de René Follet et Jacques Stoquart, que les éditions Des ronds dans l’O et moi-même bataillons depuis 3 ans à faire connaitre - à noter également la sortie cette année avec le tome 3 de la série d’une monographie sur Jacques Stoquart, le scénariste. - ... Malgré une relative reconnaissance critique avec des articles souvent très élogieux (Gilles Ratier sur BDZoom, Nicolas Anspach ici-même sur ActuaBD, etc.), malgré une grande exposition itinérante de 70 planches originales de la série datant des années 70, malgré un éloge de José Muñoz himself (que nous avons filmé et mis sur Youtube...), malgré un travail de création inédite que nous avons réalisé avec les auteurs - à plus de 70 ans chacun ! - sur le tome 3 ! , tout cela n’a pas suffit à convaincre la sélection d’Angoulême... Je trouve cela dommage et presque décourageant. A quand une reconnaissance officielle du travail de René Follet ?.... D’autres grands oubliés la mériterait aussi (Kline, etc.), je ne sais pas ce qu’on attend...

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  • Mettre Johan et Pirlouit l’Intégrale dans les Essentiels Patrimoine, c’est vraiment se foutre de la gueule du monde.

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    • Répondu par Gill le 23 octobre 2008 à  23:02 :

      Joann et Pirlouit : Pourquoi les essentiels "patrimoine" seraient forcément des bandes dessinées sérieuses pour adultes ?

      Ce qu’aiment les enfants ne mérite pas d’entrer dans le Panthéon des oeuvres qui ont marqué une génération ? C’est faire bien peu cas de l’importance de l’enfance...

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  • Angoulême 2009 : Un 36ème Festival voué au « réel » et à « l’intime »
    23 octobre 2008 22:15, par Serge Ewenczk, éditions çà et là

    Je ne vais pas m’étendre sur le caractère prévisible de cette réaction à la sélection d’Angoulême. Et encore, nous avons échappé cette année à la rengaine habituelle sur la sur-représentation des petits éditeurs indépendants (et pour cause puisque la plus grande partie des titres de la sélection 2009 est le fait de "gros" éditeurs, ce qui vous fait un os en moins à ronger...). Ceci dit, un tout petit effort d’analyse aurait donné un peu plus de poids à cet "article".

    Pour ce qui concerne la soit-disant omniprésence de bandes dessinées intimistes, je ne suis pas convaincu que ce qualificatif s’applique à "Lucien", "Les Bidochons", "De Gaulle à la plage", "Le Livre des Destins", "Harding was there", "Wanted", etc. Mais passons, chacun pourra piocher dans la sélection de quoi défendre sa paroisse.

    En revanche, qualifier la sélection "d’usine à retours" est une contre-vérité. Les libraires sont effectivement attentifs à la sélection du Festival, mais affirmer qu’ils vont commander les livres en masse ou que cela entraine des "obligations de mise en place déconnectées de la réalité des ventes" est tout simplement faux. Les livres "difficiles" vont certes bénéficier de ce coup de projecteur, mais les réassorts des libraires seront (malheureusement) faibles. C’est faire peu de crédit de la santé mentale des "petits éditeurs" que de penser que nous lancerons des retirages faramineux au prétexte que nos livres sont sélectionnés.

    Et en ce qui concerne les grosses machines, je ne pense pas que Casterman ait attendu la sélection des Bidochons au Festival pour caler un nième retirage du volume 19 de la série...

    Soyons honnêtes, "l’usine à retours" ce n’est pas la sélection d’Angoulême, mais le marché de la bande dessinée dans son ensemble, et plus particulièrement les titres à moyens et gros tirages, qui représentent de très loin la plus grande partie des livres mis en place et surtout des retours.

    Enfin, pour répondre au commentaire sur le "paquet de bouquins qui ne sont même pas sortis", c’est tout simplement parce que la sélection a été annoncée cette année en octobre au lieu de novembre. Les livres "sélectionnables" étaient ceux parus entre décembre 2007 et fin novembre 2008 et les titres encore non publiés ont été sélectionnés par le jury sur épreuves.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 24 octobre 2008 à  10:56 :

      Mon cher Serge,

      Je suis capable de faire la distinction entre la programmation du Festival, décidée par Benoit Mouchard, dont les termes -que je reproduis dans cet article entre guillemets- sont repris sous la forme d’une interview dans le dossier de presse distribué mardi et la présélection décidée par le jury emmené par Dupuy & Berberian.

      Merci de ne pas mélanger ces éléments dans votre commentaire.

      Je maintiens qu’une orientation vers "une bande dessinée de l’intime" écarte -et comme le dit Mouchard, "ce n’est pas par hasard", une certaine bande dessinée du Festival.

      Par ailleurs, vous avez beau protester du contraire, cette sélection appelle des commandes de la FNAC (et pas des petits libraires spécialisés qui sont eux capables de discernement effectivement) qui feront une mise en avant dans des tables dédiées sans pour autant trouver un acheteur en face. Par ailleurs, la gestion des stocks de la FNAC fonctionnant sur le scoring, laquelle est très performante, favorise de promptes sorties des rayons. Donc, oui, ce sont des usines à retour difficiles à supporter pour les petits éditeurs, sauf vous, apparemment.

      Le fait que vous ayez plusieurs ouvrages nominés n’y changera rien.

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      • Répondu par Serge Ewenczk, éditions çà et là le 24 octobre 2008 à  14:30 :

        Mon cher Didier,

        La sélection va effectivement déclencher des commandes des magasins Fnac, mais dans des proportions largement moindre que ce que vous semblez (ou feignez de) croire.

        Le réseau Fnac compte 76 magasins, et quand bien même chaque magasin commanderait 5 ou 6 exemplaires des livres "indés" de la sélection (en plus des commandes initialement prévues), cela donnerait une commande supplémentaire de moins de 500 exemplaires. On est très loin d’un tsunami...

        En revanche, cette exposition donnera un coup de projecteur à nos livres et nous permettra d’atteindre de nouveaux lecteurs. Et 500 exemplaires, c’est une quantité non négligeable pour la plupart de nos publications. La Fnac jouera donc bien son rôle.

        Si vous tenez absolument à faire le décompte des retours, aller donc plutôt jeter un coup d’oeil aux tirages et aux ventes effectives des Glénat, Delcourt, Soleil et tutti quanti. Inutile d’être un génie en maths pour comprendre que l’écrasante majorité des retours vient de là.

        Il faudrait songer à changer votre fusil d’épaule...

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        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 24 octobre 2008 à  15:21 :

          Le réseau Fnac compte 76 magasins, et quand bien même chaque magasin commanderait 5 ou 6 exemplaires des livres "indés" de la sélection (en plus des commandes initialement prévues)

          Il faudrait arrêter de prendre nos lecteurs pour des billes. Les piles de nouveautés mises en avant dans les FNAC sont rarement de 5 exemplaires.

          cela donnerait une commande supplémentaire de moins de 500 exemplaires. On est très loin d’un tsunami...

          Sauf que vous évoquez une mise en place sur un seul réseau qui n’est peut-être pas le mieux adapté pour vendre des ouvrages où le conseil du libraire est déterminant. J’ai été libraire et je suis un professionnel de l’édition comme vous. Vos arguments ne me convainquent pas.

          En revanche, cette exposition donnera un coup de projecteur à nos livres et nous permettra d’atteindre de nouveaux lecteurs.

          Ceci, je ne le conteste pas. Surtout si vous recevez un prix...

          Et 500 exemplaires, c’est une quantité non négligeable pour la plupart de nos publications. La Fnac jouera donc bien son rôle.

          Certes, mais vous considérez ces 500 ex comme déjà vendus, là est le hic. Nos lecteurs savent bien que 500 exemplaires mis en place ne font pas 500 exemplaires vendus.

          Si vous tenez absolument à faire le décompte des retours, aller donc plutôt jeter un coup d’oeil aux tirages et aux ventes effectives des Glénat, Delcourt, Soleil et tutti quanti. Inutile d’être un génie en maths pour comprendre que l’écrasante majorité des retours vient de là.

          Ah mais,eux, ils n’ont pas de problème de cet ordre. Ils savent faire des mises en place massives et cela fait partie de leur équation. Mais ils n’ont pas vos tirages, ni vos prix de revient. En outre, leurs ouvrages sont à 13 euros et non entre 19 et 30 , ils ont donc davantage de chances de vendre. Je veux bien faire le décompte avec vous sur vos propres titres en juin prochain. On verra qui de nous deux aura raison. Au passage, je note que votre énumération ne comprend ni les labels de Média-Participations : Dargaud, Dupuis, Lombard, ni Casterman. Est-ce un hasard ?

          Il faudrait songer à changer votre fusil d’épaule...

          Vous pouvez aussi écrire les articles à ma place, si vous le voulez, ce sera plus conforme à vos opinions.

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          • Répondu par Serge Ewenczk, éditions çà et là le 24 octobre 2008 à  17:05 :

            Il faudrait arrêter de prendre nos lecteurs pour des billes. Les piles de nouveautés mises en avant dans les FNAC sont rarement de 5 exemplaires.

            Je ne prends pas vos lecteurs pour des billes, au contraire je souhaite que, pour une fois, on communique sur des chiffres précis qui correspondent à la réalité des mises en place et des ventes au lieu de ressortir les sempiternelles théories fumeuses. D’une part j’avais bien précisé "en plus des commandes initialement prévues", d’autre part la désolante réalité est qu’en dehors des Fnac parisiennes et de quelques grosses Fnac de province, les mises en avant sont très souvent de 5 exemplaires, voire moins. J’ai souvenir d’un livre publié par çà et là en 2006, "Pedro & Moi" de Judd Winick, sélectionné en "Attention Talent" par les libraires Fnac (on peut difficilement faire mieux comme mise en avant), résultat : 380 exemplaires commandés par l’ensemble du réseau FNAC...

            Sauf que vous évoquez une mise en place sur un seul réseau qui n’est peut-être pas le mieux adapté pour vendre des ouvrages où le conseil du libraire est déterminant. J’ai été libraire et je suis un professionnel de l’édition comme vous. Vos arguments ne me convainquent pas.

            Les Fnac représentent de l’ordre de 25% des ventes de nos livres, c’est loin d’être négligeable. La réalité des chiffres de la bd indé est que le tirage moyen est de l’ordre de 2000 ex et qu’une mise en place à 1200 ex c’est déjà pas mal. Les Fnac vendent donc "relativement bien" nos livres.
            Et je ne cherche pas à vous convaincre (je n’ai aucune chance) mais à fournir des éléments concrets et précis aux lecteurs de cet article. Chacun pourra se faire une idée.

            Certes, mais vous considérez ces 500 ex comme déjà vendus, là est le hic. Nos lecteurs savent bien que 500 exemplaires mis en place ne font pas 500 exemplaires vendus.

            Non, il s’agit de livres mis en place, les libraires pourront effectivement les retourner. Mais ces 500 ex supplémentaires permettent à nos livres d’être plus visibles. Aux clients des librairies de faire leur choix, si les livres se vendent peu cela génèrera effectivement des retours, mais dans des quantités forcément limitées, vu le nombre d’exemplaires en question.

            Ah mais,eux, ils n’ont pas de problème de cet ordre.

            Ils n’ont pas de problèmes de retours ? C’est un scoop ? Les gros éditeurs de BD sont donc les seuls éditeurs français à ne pas avoir de problèmes de retours ? Cela m’avait échappé...

            Ils savent faire des mises en place massives et cela fait partie de leur équation. Mais ils n’ont pas vos tirages, ni vos prix de revient. En outre, leurs ouvrages sont à 13 euros et non entre 19 et 30 , ils ont donc davantage de chances de vendre.

            Vous mélangez un peu tout, prix de revient, point mort, "chances de vendre" (un nouveau concept). La triste réalité est que :
            - les 10 plus gros éditeurs publient 60% des titres (+ de 2600 titres en 2007, chiffre ACBD), - ces mêmes éditeurs ont une furieuse tendance à faire de gros tirages et de grosses mises en place quelque soit le titre,
            - ils doivent donc représenter au moins 75% des mises en place (en quantité)
            - le taux de retours moyen étant à la louche de 25% des mises en place...

            Je veux bien faire le décompte avec vous sur vos propres titres en juin prochain. On verra qui de nous deux aura raison.

            Le décompte de nos retours ? Si vous voulez. Pour les comparer à quoi au juste ?

            Au passage, je note que votre énumération ne comprend ni les labels de Média-Participations : Dargaud, Dupuis, Lombard, ni Casterman. Est-ce un hasard ?

            Désolé de vous décevoir, c’est un pur hasard, je ne fais pas trop de distinction entre ces différents groupes (dans le cadre de notre discussion).

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            • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 24 octobre 2008 à  20:26 :

              Je ne prends pas vos lecteurs pour des billes, au contraire je souhaite que, pour une fois, on communique sur des chiffres précis qui correspondent à la réalité des mises en place et des ventes au lieu de ressortir les sempiternelles théories fumeuses.

              Bien sûr que vous les prenez pour des billes. Les chiffres, vous les avez sous la main. Vous avez eu des titres sélectionnés les années précédentes, mis en avant par les FNAC dans ce type d’opération. Je sais d’expérience que ce genre de mise en avant produit des retours supérieurs à la normale, en dépit de la médiatisation attendue.

              J’ai souvenir d’un livre publié par çà et là en 2006, "Pedro & Moi" de Judd Winick, sélectionné en "Attention Talent" par les libraires Fnac (on peut difficilement faire mieux comme mise en avant), résultat : 380 exemplaires commandés par l’ensemble du réseau FNAC...

              Oui, et combien de retours sur 380 ? 25, 30, 40% ?

              Les Fnac représentent de l’ordre de 25% des ventes de nos livres, c’est loin d’être négligeable. La réalité des chiffres de la bd indé est que le tirage moyen est de l’ordre de 2000 ex et qu’une mise en place à 1200 ex c’est déjà pas mal. Les Fnac vendent donc "relativement bien" nos livres.

              Donc, là est l’équation, si vous mettez 380 ex de plus sur le marché, vous additionnez 30% aux 25% que le réseau est capable d’absorber, d’où augmentation des retours.

              Et je ne cherche pas à vous convaincre (je n’ai aucune chance)

              Essayez au moins de convaincre les lecteurs avec des éléments "concrets et précis". Jusqu’ici, je ne les ai pas vus.

              Non, il s’agit de livres mis en place, les libraires pourront effectivement les retourner. Mais ces 500 ex supplémentaires permettent à nos livres d’être plus visibles. Aux clients des librairies de faire leur choix, si les livres se vendent peu cela génèrera effectivement des retours, mais dans des quantités forcément limitées, vu le nombre d’exemplaires en question.

              Mais dans la proportion de votre tirage (2000 maxi, si j’ai bien compris) l’opération vous a bouffé le bénéfice et au-delà.

              Ils n’ont pas de problèmes de retours ? C’est un scoop ? Les gros éditeurs de BD sont donc les seuls éditeurs français à ne pas avoir de problèmes de retours ? Cela m’avait échappé...

              Non, le processus des retours est calculé dans leur modèle économique, de même que les journaux dans le réseau presse. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas l’admettre. Bien sûr que tout éditeur aimerait tendre vers le taux zéro de retour. Mais vous savez bien que cela n’existe pas et qu’il y a une équation à résoudre entre la mise en place, la visibilité et les chances réelles (ah bon, c’est "concept", selon vous ?) de vente.

              Vous mélangez un peu tout, prix de revient, point mort, "chances de vendre" (un nouveau concept).

              Vous avez l’air de prétendre que l’édition est une science exacte, que vous pouvez déterminer à l’exemplaire près ce que vous allez vendre...

              Par ailleurs, vous tentez de nous faire croire que vous ne calculez pas à l’avance votre prix de revient, que ne faites aucune simulation de vente afin de calculer le risque de votre investissement. J’ai beaucoup d’estime pour votre catalogue, mais j’avoue que là, je ne comprends pas ce que vous essayez de prouver, à part faire le malin.

              La triste réalité est que :
              - les 10 plus gros éditeurs publient 60% des titres (+ de 2600 titres en 2007, chiffre ACBD), - ces mêmes éditeurs ont une furieuse tendance à faire de gros tirages et de grosses mises en place quelque soit le titre,
              - ils doivent donc représenter au moins 75% des mises en place (en quantité)
              - le taux de retours moyen étant à la louche de 25% des mises en place...

              So what ? Je n’ai pas l’impression que les "gros" éditeurs aient l’air de se plaindre de leur condition. S’ils ne gagnaient pas d’argent, ils investiraient ailleurs. Cette réalité n’est triste que pour les compétiteurs les plus faibles. Il est aussi vain de la déplorer que de se plaindre qu’il pleut.

              Le décompte de nos retours ? Si vous voulez. Pour les comparer à quoi au juste ?

              C’est pourtant simple à comprendre : je veux bien que l’on compare la mise en place de vos titres nominés dans les réseaux FNAC aux ventes nettes de retour qu’elles génèrent. Là, on aura des chiffres "concrets" et pas du baratin.

              Ma conviction ("usine à retours") est que votre taux de retour sur cette opération sera supérieur à la moyenne. Je n’ai rien voulu dire d’autre.

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              • Répondu par Serge Ewenczk, éditions çà et là le 24 octobre 2008 à  23:43 :

                Mon cher Didier,

                Si lorsque je communique des chiffres précis sur les mises en places et les ventes des livres que j’édite vous me rétorquez que je ne fournis pas d’éléments concrets et que c’est du "baratin", alors je ne vois pas bien l’utilité de continuer cette conversation qui prend une tournure stérile.

                C’est bien dommage car je pense qu’il y avait matière à alimenter le débat, mais je constate que vous préférez vous obstiner dans une "analyse" qui n’en est pas une puisque fondée sur aucun chiffre. Contrairement à vous, j’estime que l’état du marché ne se juge pas au "feeling".

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              • Répondu par sergio Salma le 25 octobre 2008 à  18:04 :

                Moi ce qui me surprend c’est la quantité.
                Puisqu’il s’agit de braquer un peu les feux sur certains titres, une liste aussi longue ne risque-t-elle pas tout simplement d’avoir un effet nul ?

                Sans faire de divination, il me semble qu’avec plus de 60 titres mis en avant, c’est un peu comme si Angoulême n’avait plus sa vocation de "tamis" au sujet des prix à remettre. Si on braque le projecteur dans tous les sens on n’éclaire plus personne et bien malin le lecteur même un peu averti qui se souviendra qu’un titre a été sélectionné ou pas, récompensé ou pas.

                Le débat entre ceux qui soutiennent cette sélection et les autres est tout de même intéressant et soulève un aspect relativement récent. Puisqu’en effet il y a aujourd’hui un nombre autrement plus important de nouveautés , on serait tenté de proposer une liste plus longue d’albums remarquables ( ce qui correspond à la réalité je trouve)

                Mais le public lui, ne comprend que les messages clairs. Il y a le meilleur album, la meilleure série à la rigueur et la meilleure série pour la jeunesse...et pourquoi pas le prix du meilleur album étranger.

                le meilleur scénario d’un certain genre, le meilleur premier album, le meilleur deuxième album, le meilleur scénario jeunesse mais qui est aussi un premier album, le patrimoine etc...ça devient un peu confus. Les récompenses et les médailles c’est rigolo mais si on en fait trop ça devient confus . Qui trop embrasse mal étreint.

                Pensons à l’équivalent cinéma avec le phénomène Cannes ;
                vous irez voir (si vous êtes un peu largué) le film qui a reçu la palme d’or mais rarement celui qui a reçu le prix de la mise en scène( enfin si, vous pouvez aussi mais l’accueil et la distribution auront été envisagés autrement).

                Sinon je trouve que la sélection n’est pas trop déséquilibrée ; il y a pas mal d’auteurs intéressants à découvrir, pas mal de choses nouvelles qui méritent le coup d’oeil et en plus il y a un grand nombre de titres qui sont intéressants et novateurs et qui ,en même temps, touchent le grand public. Ce n’est pas absolument pas contradictoire comme semblent l’affirmer certains.

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      • Répondu par tenrec le 27 octobre 2008 à  16:10 :

        « et la présélection décidée par le jury emmené par Dupuy & Berberian. »

        Dupuy et Berberian ne participent pas à la présélection...
        (lu sur WartMag)
        7 personnes constituent le comité de sélection qui a fait le choix des albums dans les 3 catégories. Directeur artistique du festival et responsable du pôle jeunesse, Benoît Mouchart et Céline Bagot ont été accompagnés dans cet exercice par deux journalistes, Monique Younès et Christian Marmonnier, deux libraires, Nadia Krovnikoff et Marc Szyjowicz, et du conseiller scientifique de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image : Jean-Pierre Mercier.

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        • Répondu par Kamil P le 28 octobre 2008 à  20:11 :

          Monique Younes qui dans le dernier numéro de "Pilote" déclarait qu’elle n’avait pas lu de BD entre Tintin et Sfar ne décrédibilise t-elle pas le sérieux du festival et l’ACBD ?

          la pipolisation du festival est un nouveau problème qui risque par la suite de s’étendre...

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