Bad Ass, T.1 : Dead End - Par Herik Hanna et Bruno Bessadi - Delcourt

24 février 2013 0 commentaire
  • Les aventures de Dead End, un Super-Vilain masqué provocateur à la répartie imparable, un héros qui s'attire les foudres des forces de l'ordre et de la ligue des Super-Héros américains, rien que ça ! Attention, ça va faire méchamment mal !

Bad-Ass est le premier de quatre tomes d’un nouveau comic “made in France” mettant en scène Dead End, un anti-héros dont le super-pouvoir serait peut-être tout simplement d’avoir de la chance, beaucoup de chance... Mais ça n’a pas toujours été le cas...

Adolescent, Jack Parks, élève puceau binoclard à la face clairsemée de furoncles à tendance explosive, est une véritable plaie humaine dans tout ce qu’il entreprend ainsi que le souffre-douleur de ses "camarades" de classe. Ceux-ci décident même un jour de lui rouler dessus avec leur décapotable, tout en finesse...

Vengeance !

Après un long séjour à l’hôpital, par un phénomène inexpliqué, notre représentant de Biactol devient le tombeur de ces dames et le cogneur de ces messieurs. Le soir de la finale de basket universitaire, il lance même un ultime doigt d’honneur pyrotechnique avec un ballon enflammé qui embrase son lycée et réduit en fumée tous ceux qui l’avaient écrasé jadis. Commence alors l’odyssée sanglante du cynique et irrévérencieux Dead End...

Bad Ass, T.1 : Dead End - Par Herik Hanna et Bruno Bessadi - Delcourt

"Totalement décomplexés", c’est ce qui pourrait définir les protagonistes et la bande dessinée de nos Frenchies Herik Hanna et Bruno Bessadi. Véritable hommage aux comics américains, l’ouvrage multiplie les références et les clins d’œil assumés, offrant sa galerie de clones de super-héros DC Comics et Marvel tel le duo Black Snake et la Couleuvre, ersatz du couple Batman et Robin, aidés par leur majordome prénommé pour le coup Fred...

Mais les auteurs ne se contentent pas de parodier et installent progressivement en parallèle de ces citations jouissives leur propre univers et leurs personnages charismatiques, comme la délicieuse Amadeus Kitty dont le solo de violon est aussi dévastateur que son look rétro. Utilisant une narration alternant l’intrigue principale et des flashbacks sur l’enfance de notre "héros", l’histoire est à la fois riche, musclée et fluide. Toutes les trois cases, le
scénariste nous gratifie de répliques acides et débridées, revendiquant à la perfection l’état d’esprit de ses créateurs : "Il a bossé pour Master of Pain, Blood Master, Master of Curse...Master of Monsters...." "Seigneurs, leurs super-vilains ont autant d’inspiration que leurs scénaristes."

Côté visuel, l’action, quasi-permanente, reste parfaitement lisible sans jamais céder à la surenchère de certains comics à la composition surchargée, et la violence est plutôt bien dosée et justifiée. En revanche, il arrive parfois que le trait et quelques colorisations manquent de finesse. Pas assez toutefois pour empêcher l’alchimie entre l’hommage et l’originalité d’opérer. Et notre plaisir est au sommet lors d’un final grand-guignolesque au cours duquel une armada de super-héros aussi colorés que potentiellement puissants débarquent face à notre homme masqué.

Comment Dead End va bien pouvoir s’en sortir ? Et surtout, quel est son réel super-pouvoir ? Si jamais il en possède un...

En attendant le Tome 2 consacré à The Voice, personnage capable de faire exploser les tympans de Garou grâce à ses vocalises, ne boudez pas votre plaisir et laissez vous tenter par ce comics frais version French Touch.

(par Stéphane Cassou)

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Bad Ass, T1/4 : Dead End – Par Hanna & Bessadi – Delcourt

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Concernant Bad Ass et les autres scénarios d’Herik Hanna, lire notre interview : "J’ai le flash de la première page, puis je laisse les personnages bosser jusqu’à la fin"

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