Criminal T1 : Lâche ! – Par Brubaker & Phillips - Delcourt

17 août 2007 0 commentaire
  • En juillet dernier à la convention des comics de San Diego, Ed Brubaker avait été récompensé par un Eisner Awards pour cette série. Une distinction totalement méritée.

Leo est un professionnel. Il n’est pas du genre à tirer d’abord et à réfléchir ensuite. Lorsqu’il se lance sur une affaire, il calcule tous les risques et met au point un plan minutieux. Il a un principe : ne jamais faire un coup avec seulement une seule voie de dégagement. Et pour ce casse proposé par des flics véreux, ce principe lui sauve une fois de plus la vie, mais pas celle des amis qu’il a embarqués avec lui. Ne serait-ce pas le coup de trop ?
« Un flic ripou, c’est déjà pas bon, mais trois c’est un cauchemar. » se dit Leo. Il savait que quelque chose n’allait pas dans cette affaire et il y est allé quand même. Il n’a pas assez réfléchi et croyait que les ripoux allaient le planter après le boulot, pas pendant.

Évidemment, le scénario concocté par Ed Brubaker (Daredevil, Captain America, Uncanny X-Men…) tourne mal pour Leo. Dans ce genre de polar noir, il reste beaucoup de cadavres sur le carreau. Le scénariste joue sur le sentiment de "lâcheté" qui habite son personnage central. En fait, Leo a peur de mourir à cet endroit où est sa place, en prison. En l’absence de super-héros, Brubaker incite le lecteur à s’attacher à un homme qui cherche tout simplement à rester en vie. Malgré les poncifs du genre (braquage de trop, femme fatale, policier véreux, etc.), Criminal est une intrigue très bien ficelée. Le scénariste donne à ses personnages une psychologie réaliste et des situations solides qui rythment son récit. Les excellents textes "off" de Leo se complètent de pertinents dialogues (traduits par Alex Nikolavitch).

L’encrage et le jeu de lumière de Sean Phillips (7 Psychopathes, Sleeper, ...) collent parfaitement à l’histoire et rajoutent une atmosphère pesante à la plus anodine des scènes. Ajoutez à cela, les ambiances sombres de Val Staples et vous obtenez un polar de référence qui mérite le Eisner Award reçu en juillet dernier.

(par Laurent Boileau)

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