Dexter London - T3 : Les Sources du Rouandiz - par Leo & Garcia - Dargaud

27 octobre 2005 0
  • Cet album signe la fin du triptyque des (premières) aventures de Dexter London. Le scénario des {Sources du Rouandiz} est un peu décevant et le graphisme mieux maîtrisé, c'est-à-dire tout l'inverse des deux précédents tomes.

L’expédition de la paléontologue Sydney Mc Coy est prête à partir à la recherche du peuple des hommes bleus. Dexter London confie ses doutes à la jeune femme sur l’honnêteté de Douglas Wayne. Mais Mc Coy ne veut pas l’écouter, persuadée que les propos de London ne sont que pure jalousie. Débarque alors un gamin débrouillard, Mox, qui rêve de marcher sur les traces de "l’aventurier". D’abord hésitant, Dexter London finit par l’embaucher pour profiter de ses innombrables "tuyaux" et de sa connaissance du territoire. Bien décidé à démasquer Wayne, le nouveau duo décide de suivre l’expédition à distance...

Le lecteur retrouve dans l’univers de Dexter London des thématiques chères à Leo : la dénonciation des régimes dictatoriaux, la découverte de soi ou les prises de conscience. Comme à son habitude, le scénariste brésilien ne tient pas un discours militant, il distille ses messages humanistes et écologistes à travers la personnalité de ses personnages, c’est-à-dire tout en finesse. Les hommes bleus font penser aux peuples chassés de la forêt amazonienne. Leo cherche à les préserver de la civilisation représentée comme parfois destructrice.
Ce troisième tome laisse pourtant le lecteur un peu sur sa faim. Conclusion d’un cycle, il apporte, en fait, assez peu de "révélations" et a tendance à trainer en longueur.

Le graphisme de Sergio Garcia s’améliore. Le trait est plus tenu et donne forme aux mondes imaginaires dont Leo a le secret. Le découpage du dessinateur offre quelques originalités : au sein d’une même case (pouvant aller jusqu’à la taille de la planche) et donc d’un seul décor, les personnages bougent et évoluent dans leurs actions (cf. planche 5). Autre principe intéressant : les visages des protagonistes dialoguants sont incrustés dans les tables d’une terrasse de café vue à la verticale. L’album fourmille ainsi de trouvailles graphiques prouvant ainsi la créativité du dessinateur. De nouveau, la coloriste espagnole Lola Moral complète harmonieusement le travail personnel de Garcia.

Dexter London devrait se poursuivre avec un autre cycle. L’imagination fertile de Leo conduira sûrement l’aventurier et son jeune associé vers d’autres aventures ethno-fantastiques.

(par Laurent Boileau)

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