Emmanuel Proust US, impétrant de la scène comics française.

24 octobre 2011 1 commentaire
  • Nouveau venu dans l'industrie française du Comics, Emmanuel Proust US a choisi d'entrer dans ce marché en proposant trois séries estampillées Stan Lee Presents en fer de lance de sa collection. Rien que ça.
Emmanuel Proust US, impétrant de la scène comics française.
(C) Boom Entertainment, Inc. and Pow ! Entertainment / Emmanuel Proust Editions/Khary Randolph

Papy fait de la résistance ! Du haut de ses 88 ans, Stan Lee continue de créer des super-héros dans sa retraite de Los Angeles. Fruits de son intarissable imagination, les trois nouvelles séries sont sorties en France sous l’égide de la branche comics des éditions Emmanuel Proust. Est-ce pour autant un bon choix ?

Qui n’a jamais rêvé qu’un monde imaginaire comme celui de Star Wars ou encore Star Trek soit réel ? C’est ce qui arrive à Benjamin, le héros de Starborn #1 de Chris Roberson & Khary Randolph, employé de bureau et écrivain de science-fiction en herbe.

Publié le 13 octobre 2011
Boom Entertainment, Inc. and Pow ! Entertainment / Emmanuel Proust Editions

Celui-ci brosse dans ses romans, élaborés depuis l’âge de 10 ans, un monde où l’humanité n’a de cesse de se battre contre les extraterrestres et l’ennemi interne, les Sélénés, premiers colons humain à avoir vécu sur la Lune, transformés en drones par une conscience collective appelée L’Esprit de la Ruche.

Benjamin se rend compte que des Sélénites sont à sa poursuite et qu’il ne doit son salut qu’à son amie d’enfance, qui se révèle être une métamorphe, agent de la garde rapprochée de l’Empereur défunt, la Main Pourpre. Benjamin, de son vrai nom Bin Yamin, est le descendant du dernier Empereur de l’Humanité. Il est également pourchassé par La Troupe, les Sorcières d’Arbor et le Réseau, mais trouve un allié dans le dernier Grand Maréchal des Draconniers, Cur Talon.

En une centaine de pages, Chris Roberson pose son intrigue qui, certes, renvoie à beaucoup de canons de la science-fiction (les Daleks, les combats spatiaux, le déclin de l’Humanité) et de l’Heroïc Fantasy (les Minotaures, Dragons et Sorcières) mais qui a le mérite de poser les bases des prochaines missions de l’héritier de l’Empire.

Le dessin de Khary Randolph, qui n’est pas sans rappeler celui-d’Humberto Ramos (qui signe la couverture de ce premier album), reste dynamique et le côté « cartoony » de sa mise en couleurs se prête à merveille à ce type d’histoire.

(C) Boom Entertainment, Inc. and Pow ! Entertainment / Emmanuel Proust Editions/Khary Randolph

Starborn, par son mélange des genres, s’avère être une série plus que sympathique, même si le déroulement de l’action est assez proche de elle d’un jeu-vidéo : le développement de ses intrigues appelle à en demander la suite.

(C) Boom Entertainment, Inc. and Pow ! Entertainment / Emmanuel Proust Editions/Javier Pina

Soldier Zero, de Paul Cornell, Javier Pina et Sergio Arino est moins convaincante.

Stewart Trautmann est un vétéran de la guerre d’Afghanistan. Privé de l’usage de ses jambes suite à l’explosion d’une mine, il mène une vie paisible comme assistant d’Astrophysique à l’université de Caloon. Malgré cela, Stewart n’aime pas la nouvelle perception qu’ont les autres de son handicap : ils le voient faible, alors qu’il reste un Marine, quelqu’un qui prend sur lui et, dans le jargon américain, « soldier on ».

Lors d’un rendez-vous galant avec une gente dame en haut d’un immeuble de sa fac, un astéroïde les percute. Sous les décombres, Stewart aperçoit un humanoïde dans une exo-armure. Celle-ci quitte son hôte et vient se greffer sur lui, lui permettant de sauver sa compagne et de rentrer chez lui.

L’armure est une conscience propre, une forme de vie parasite qui a besoin d’un hôte pour survivre. Cette forme de vie procède d’une sorte d’armée spatiale chargée de maintenir la paix dans la galaxie. Mais le nouvel attribut de notre héros le désigne comme un traitre, il est pourchassé par ses compatriotes.

Poursuivi par un membre de l’escouade du symbiote, Stewart commence à comprendre le fonctionnement de l’armure, elle draine ses souvenirs en échange d’énergie, sachant que la seule limite est la quantité de souvenirs de l’hôte.

(C) Boom Entertainment, Inc. and Pow ! Entertainment / Emmanuel Proust Editions/Javier Pina

Paul Cornell propose ici une intrigue mi-figue, mi-raisin. L’armure ressemble par trop à celle de Tony Stark, la conscience, la police spatiale et le besoin d’une sorte de volonté rappelant l’univers de Green Lantern, les deux personnalités différentes dans un corps faisant une référence directe à Firestorm... Cet amalgame de différentes références est son défaut, d’autant qu’il sert un récit un peu convenu.

Pina et Arino émaillent l’intrigue de pages d’action explosives, même si les plans statiques ne sont pas au top. Les variations du visages de Stewart, passant du visage de jeune vétéran à celui d’un ado d’une case à l’autre sont nettement moins maîtrisées et nuisent à la lisibilité.

(C) Boom Entertainment, Inc. and Pow ! Entertainment / Emmanuel Proust Editions/Chad Hardin

Passons enfin à la dernière série, The Traveler par Mark Waid et Chad Hardin.

Certains événements anodins peuvent parfois changer une vie, c’est ce qui arrive à Ronald Lessik.

Une femme se fait agresser par un individu sorti d’une faille spatio-temporelle. Elle ne doit la vie sauve qu’à l’intervention d’un autre individu manipulant lui le temps à sa guise. pour le prix de son intervention, il lui prend ses lunettes en cadeau.

Kronus, tel est son nom, se déplace dans le temps pour protéger les personnes attaquées par les Split-Second Men, des agents essayant de faire avorter certains événements majeurs. Nous en dévoilerons pas plus sur ce premier volume tant l’intrigue nous apparaît comme véritablement bien fichue. Mark Waid, que l’on connait pour avoir été le scénariste de l’excellente mini-série Kingdom Come, nous livre ici un récit qui flirte avec le concept de Quantum Leap (Code Quantum par chez nous). Alors certes, on comprend assez vite les tenants et les aboutissants de cette première intrigue, mais le suspens se maintient jusqu’au bout.

Le bon dessin de Chad Hardin, très sketchy, donne une vraie dynamique à l’histoire, que ce soit dans les scènes d’actions ou les scènes de narration.

(C) Boom Entertainment, Inc. and Pow ! Entertainment / Emmanuel Proust Editions/Chad Hardin

Bref, l’impétrant a fait un bon choix avec ces trois premiers titres. Qui plus est, le format comics est respecté : nous avons le droit à 100 pages de lecture sur un très bon papier, le tout relié dans un hardcover très bien fichu et dans une traduction convaincante. Well done !

(par Antoine Boudet)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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1 Message :
  • Ah bon.
    29 octobre 2011 22:30, par Raph38

    Le dessin, les cadrages, les décors, bref tout est très perfectible et les couleurs sentent le photoshop à plein nez.
    Encore un p’tit jeune qui veut monter en faisant intello : encore un proust : Gaspard Proust, les Madeleines de Mady et maintenant Proust US.
    C’est Proust qu’on assassine.
    Quand au ridicule malheureusement il ne tue pas encore

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