En kiosque chez Panini Comics, la nouvelle vague de comics Marvel

26 septembre 2014 6
  • Une année après le lancement agressif du label Marvel Now!, en réponse aux New52 de DC Comics, la Maison des idées remet le couvert à grand renfort de communication, offrant un second souffle à cette initiative : le All-New Marvel Now! Sous ce slogan peu inspiré, une seconde vague de titres et de talents arrive sur le marché français, parmi lesquels quelques pépites d'originalité...

Et pour une mise en avant de cette nouvelle banderole publicitaire, Panini, comme à son habitude, en passe par ses publications kiosque au travers d’une palette variée d’une dizaine de titres, à commencer par un numéro spécialement dédié à l’événement ce mois-ci : le Marvel Universe Hors-Série #15, petit échantillon programmatique de ce qui nous sera proposé dans les semaines à venir.

En kiosque chez Panini Comics, la nouvelle vague de comics Marvel
Legendary Star-Lord #1 - par Sam Humphries et Paco Medina
© Marvel Comics

Plusieurs lignes éditoriales directrices entrent en ligne de compte dans l’élaboration de cette seconde vague de comics qui rejoint ainsi d’autres titres en cours tels que Avengers de Jonathan Hickman, All-New X-Men de Brian Michael Bendis ou bien encore Thor : God of Thunder de Jason Aaron, la plus évidente ayant été la mise en chantier, tout au long du premier semestre 2014 du pan cosmique qui préparait et espèrait surfer sur le succès attendu du dernier projet cinématographique estival des studios Marvel et Disney : Les Gardiens de la galaxie.

Pour l’occasion, Panini Comics revoit de son côté le sommaire de ses mensuels et lance, dès janvier 2015, un fascicule labellisé au nom du film regroupant la plupart des titres se rapprochant de cette thématique typée "Guerre des étoiles".

Silver Surfer #1 - par Dan Slott et Mike Allred
© Marvel Comics

Ainsi, Les Gardiens de la galaxie de Bendis et Nova de Gerry Duggan quittent le magazine Iron Man pour s’installer comme fers de lance de ce nouveau journal et seront pour l’occasion accompagnés des aventures solo du héros en trench-coat Peter Quill, alias Star-Lord, ainsi qu’un road movie déjanté et très coloré signé par un Skottie Young en charge du scénario et des dessins, mettant l’icône du moment et ses gros flingues sur le devant de la scène : Rocket Raccoon !

Autre personnage cosmique marquant à faire ses débuts sous le label Marvel Now ! : le Silver Surfer qui nous revient ici sous la houlette de Dan Slott et Mike Allred, lesquels empruntent une voie divergente du reste de la production actuelle pour nous pondre une petite pépite d’originalité et de fraîcheur en nous contant une histoire d’amour naissante à la fois amusante, douce et fantaisiste avec un ton old school très prononcé.

Rocket Raccoon #2 - par Skottie Young
© Marvel Comics

Autre impact de cette ligne médiatique et commerciale et nouvel exemple qui met en exergue de façon évidente l’influence de plus en plus prononcée des adaptations cinématographiques sur la direction éditoriale US : le retour sans surprise d’un Peter Parker sous le masque du monte-en-l’air dans Amazing Spider-Man, après une pause d’un an ayant vu l’un de ses ennemis jurés usurper son identité et mettre sa vie entière sans dessus-dessous !

Amazing Spider-Man #1 - par Dan Slott et Humberto Ramos
© Marvel Comics

Pour ce qui est de la publication française, c’est une nouvelle fois à une refonte de magazine à laquelle nous aurons droit dès janvier : le mensuel Spider-Man, en plus de fêter le retour du célèbre Peter Parker, célébre celui du moins connu Miguel O’Hara, Spider-Man d’un univers futuriste, celui de l’année 2099, mis en scène au début des années 1990 par le scénariste Peter David et que l’on trouve ici de retour sur le personnage plus de vingt ans après sa création.

Venu compléter un sommaire déjà intéressant, le plus surprenant reste le lancement des New Warriors, équipe hétéroclite de super-héros brassant large les stéréotypes classiques du genre, avec un groupe composé par le tandem Christopher Yost et Marcus To et comprenant tout ce qui nous est possible de retrouver dans l’univers Marvel : mutants, sorcières, armures high-tech, inhumains, Atlantes,... et un Spider-Man un peu particulier qui, comme son voisin du dessus, nous arrive tout droit d’une des grandes sagas du milieu des années 1990.

On nous l’avait annoncé : chez Marvel, rien ne se perd, tout se recycle !

Black Widow T.1 : Raison d’être - par Nathan Edmondson et Phil Noto (disponible le 8 octobre)
© Marvel Comics / Panini Comics

Mis à part ces deux angles d’attaque choisis par la Maison des idées, on compte également deux autres approches de leur univers partagé, moins tonitruantes quant à elles. L’une d’entre elles développe un peu plus la branche Avengers avec de nouveaux on-going tels que Avengers World co-écrit par l’homme en charge de la franchise, Jonathan Hickman, et le scénariste Nick Spencer qui y développent de manière plus prononcée les différences de caractérisations entre les très nombreux membres d’un groupe de plus d’une vingtaine de justiciers.

Au cas où la voix de certains protestataires commençerait à s’élever quant au manque de visibilité de personnages féminins sur le grand écran, il est ici prévu d’offrir un récit centré sur la belle rouquine incarnée par Scarlett Johanson, mêlant action et espionnage aux éléments plus atypiques qui ont fait la renommée du Hawkeye de Matt Fraction et David Aja. Un premier album qui sera d’ailleurs disponible dès début octobre en France et dont nous vous ferons très certainement part dans les semaines à venir...

Dernier point à relever qui contribue grandement à l’intérêt de l’événement : l’apport chez l’éditeur de nombreuses nouveautés, qu’elles soient d’ordre humain avec l’arrivée de créateurs apportant un souffle d’air frais sur une gamme de produits qui, d’ordinaire, peine à se renouveler, ou bien encore d’ordre créatif avec la naissance de nouveaux héros à la caractérisation forte et portant des thématiques peu communes dans ce milieu par trop mainstream.

Parmi ces arrivées les plus remarquées, il y a certainement celle du scénariste James Robinson, associé de longue date à la compagnie de Dan Didio et Jim Lee qui, après un départ mouvementé de chez DC, nous revient avec All-New Invaders, projet quelque part assez similaire au succès rencontré par Earth 2, son dernier travail en date chez la concurrence et dont le concept reposait sur une revitalisation de situations et de personnages poussiéreux et ancrés dans le passé.

She-Hulk #1 - par Charles Soule et Javier Pulido
© Marvel Comics

Également transfuge de chez DC Comics, Charles Soule, avocat de profession, se voit confier l’un des derniers paris éditoriaux de Marvel qui cherche à mettre en évidence un groupe de super-humains de second plan, les Inhumains, aux côtés du dessinateur-vedette Joe Madureira.

Même si l’on retient davantage ses talents d’écriture sur une toute autre série bien plus originale et personnelle : She-Hulk, dans laquelle la cousine du colosse de jade Jennifer Walters laisse de côté les bagarres hyper-testostéronées classiques pour aborder les différences intrigues proposées sous un angle procédural, on remarquera que la fonction civile du personnage est ici similaire à celle de son nouvel auteur. Autant dire que Charles Soule connaît son sujet et nous livre un comic book teinté d’humour, de légèreté et de jargon et autres procédures juridiques appropriées, tout en prenant soin de rester abordable pour les non-initiés que nous sommes.

Ms Marvel #1 - par G. Willow Wilson et Adrian Alphona
© Marvel Comics

Nous nous enthousiasmerons également pour la création de personnages portant quelques idées sociales et culturelles qui leur conférent une signature particulière et un intérêt certain, à l’image de ces deux adolescents, Robbie Reyes et Kamala Khan, qui représentent respectivement le All-New Ghost Rider de Felipe Smith et Tradd Moore et la Ms Marvel de Adrian Alphona et G. Willow Wilson. Cette dernière est une Américaine convertie à l’Islam, ayant vécu plusieurs années en Égypte, dont les aventures marient avec brio les cultures orientales et occidentales, sans l’ombre d’un cliché sinon pour s’amuser d’idées reçues. Un titre par ailleurs emprunt d’un féminisme bienvenu qui fait de ce titre l’une des plus jolies et amusantes surprises de ce All-New Marvel Now !.

Son auteur est d’ailleurs à surveiller de près dans les années à venir, car on l’avait auparavant remarqué à l’écriture sur Cairo en 2007 et Air en 2008, sous le label Vertigo de DC, deux œuvres encore inédites en France, à notre grand regret.

Elektra #1 - par Haden Blackman et Michael Del Mundo
© Marvel Comics

En marge des nombreux autres comics Marvel, la gamme All-New Marvel Now ! se veut être, de manière générale, le porte-étendard de séries bien moins en vue que les rouleaux compresseurs Avengers, X-Men et autres Spider-Man. Elle se déploie autour d’une bien belle brochette de personnages de second plan, dans une ligne éditoriale qui se veut quelque part bien plus indé que super-héroïque. Faut-il voir dans cette infexion éditoriale une influence positive du multi-récompensé Hawkeye de Fraction et Aja ?

Quoi qu’il en soit, la créativité affichée par la plupart de ces titres constitue assurément ce qui se fait de mieux actuellement chez l’éditeur alors que ses séries principales s’engluent dans une suite ininterrompue de crossovers et autres événements éditoriaux lassants.

Pour vous, nous surveillerons de près dans les mois à venir la façon dont Panini Comics gérera ce catalogue, notamment en ce qui concerne les prochaines sorties en librairie.

Daredevil #1 - par Mark Waid et Chris Samnee
© Marvel Comics

(par Marco ZANINI)

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6 Messages :
  • Bonjour,

    C’est déjà en kiosque ou en passe de l’être ? j’ai peut-être mal lu mais je comprends pas quand Marvel via Panini remet le couvert ? Surtout pour She-Hulk et Daredevil.

    Merci.

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    • Répondu par Oncle Francois le 26 septembre 2014 à  12:45 :

      Il n’y a rien à comprendre. C’est du marketing, les Américains en sont spécialistes. Il s’agit d’appâter les collectionneurs. avec un premier numéro ! Idéal pour démarrer une collection, de plus le début de l’histoire permettra de présenter les différents personnages, et même le lecteur le plus neuneu pourra suivre. Ajoutez à cela les multiples covers variantes que l’éditeur va nous pondre, et vous aurez compris comment l’édition américaine combat l’érosion des lecteurs !

      Vive la BD française, vive la BD wallonne !

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    • Répondu par Marco ZANINI le 27 septembre 2014 à  11:15 :

      Des séries qui ont déjà débuté, vous avez le Amazing X-Men par Jason Aaron, tout du moins pour le premier arc, dans le magasine consacré aux X-Men.
      Ensuite, Panini vend ce All-New Marvel Now ce mois-ci à travers le très dispensable Marvel Universe Hors-série #15, revue qui regroupe plusieurs histoires courtes qui servent à donner une idée du ton général de chaque série.

      Ce numéro spécial donne le véritable signal de départ de cette nouvelle vague de titres qui, de octobre à janvier, devraient être insérés de manière éparse au sein des différents kiosques.

      A titre d’exemple, citons le X-Men Universe #16 à paraître le 3 octobre qui contiendra Magneto de Cullen Bunn, All-New X-Factor toujours écrit par Peter David ou bien encore le Nightcrawler de Chris Claremont.
      Alors que le facebook de Panini nous annonce en début de semaine une refonte totale du magasine Iron Man pour janvier 2015, logique étant donné que deux de ses séries fortes Guardians of the Galaxy et Nova rejoignent un tout nouveau mag dédié au cosmique, avec l’arrivée des énièmes relaunch marketting Fantastic Four, Hulk et Secret Avengers.

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      • Répondu par Oncle Francois le 27 septembre 2014 à  17:03 :

        J’ai pu voir le film que j’ai apprécié : superbe musique des années 80 (Ten CC : I’m not in love, ah que j’ai pu emballer sur ce slow à l’époque, souvenirs souvenirs !, quelques actrices se battant de façon efficace, avec des peaux de couleur bleue ou verte, cela change un peu de nos fréquentations terrestres°)

        Maintenant il y a une chose que je ne comprends pas, et j’espère que vous allez pouvoir me l’expliquer Monsieur Zanini. Quand vous écrivez : "du héros en trench-coat Peter Quil", comment se fait il qu’il soit habillé d’un trench-coat adulte alors qu’il a été enlevé de la Terre quand il était gamin ? Je n’ai pas le temps de lire les séries Zanini, mais peut être pourrez vous me renseigner à ce sujet. Bien cordialement

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        • Répondu par Marco ZANINI le 28 septembre 2014 à  01:39 :

          Tout simplement parce que le sens de la mode et le bon goût ne sauraient se limiter aux simples limites terrestres ? Pensez-vous réellement Oncle François que tous les Badoons et autres Déviants métamorphes ne soient que de simples péquenots moches et violents incapables de créations vestimentaires tendances ?

          Plus sérieusement, et comme vous l’énoncez vous-même dans votre premier message : « il n’y a rien à comprendre. C’est du marketing, les Américains en sont spécialistes. » Disons que le choix d’un long blouson de cuir rouge a quelque part été plus sexy et vendeur que d’affubler le personnage principal du film de son costume d’origine qui aurait certainement été jugé ringard. Peu importe la cohérence vis à vis du scénario. Ce serait la réponse que je vous donnerais si votre question ne se rapportait qu’au film.

          En revanche, si l’on prend en compte le comic-book dont il est question, je pourrais expliquer cette tenue vestimentaire en prétextant... que Peter Quill n’a pas été enlevé enfant et a été élevé sur Terre avant de rejoindre l’espace par l’intermédiaire d’un poste au sein de la NASA, des années après le meurtre de sa mère par des extraterrestres. Comme c’est le cas de nombreuses adaptations, les Guardiens de la galaxie a également droit à son lot de divergences par rapport au matériel de base.

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          • Répondu par Oncle Francois le 28 septembre 2014 à  20:07 :

            Merci pour ces utiles précisions, Monsieur Zanini !

            J’essaie de rester jeune d’esprit, et de me mettre aux super-héos, il n’est pas facile de prendre le train en marche. Certains personnages ont cinquante ans, voire plus (Batman, Superman, Captain America, notamment). Spirou avait publié la traduction de Superman à ses débuts (le grand Jijé l’a même dessiné brièvement, pendant l’occupation nazie de la Belgique, et Batman s’appelait l’Aile Rouge dans une autre revue en couleurs de l’âge d’or de la BD.

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