Espagne : Divorce entre Editores de Tebeos et Shueisha

21 septembre 2012 0 commentaire
  • La maison dirigée par Joan Navarro, rachetée à Glénat fin 2011, essuie un sacré revers : l'éditeur japonais Shueisha vient de décider de ne pas renouveler le contrat-cadre qui le lie à l'éditeur catalan qui publiait en Espagne des énormes succès comme Dragon Ball et Naruto. Signe avant-coureur de ce qui nous attend en France?
Espagne : Divorce entre Editores de Tebeos et Shueisha
Le logo EDT (Editores de Tebeos = éditeurs de BD) remplace progressivement celui de Glénat sur les couvertures

On se souvient que le bouillant créateur de Glénat España, Joan Navarro (photo en médaillon), avait racheté à sa maison-mère, fin 2011, avec quelques associés cette filiale de Glénat créée en 1993. Le nom de Glénat devait d’ailleurs disparaître des couvertures à partir de 2013 au profit du label Editores de Tebeos (EDT).

La version espagnole de Naruto
(c) Shueisha

Est-ce cela qui a motivé la décision de Shueisha d’arrêter de lui accorder la licence ? Joann Navarro l’annonce sur son blog : sa maison d’édition va perdre la faculté d’éditer les titres de la maison japonaise, et ce n’est pas rien puisqu’il s’agit de Dragon Ball, Naruto, Death Note, Bleach, Gantz, Chocomimi...

Le coup d’arrêt aura lieu le 30 novembre prochain en ce qui concerne les nouveautés, et le 30 mai 2013 en ce qui concerne le fonds du catalogue. Le stock excédentaire devra être détruit.

L’éditeur catalan n’avait pourtant pas démérité et il fait les comptes, pour l’histoire : depuis la publication en 1999, sous le label Glénat, de Kenshin le vagabond, dans le sens de lecture japonais -un succès immédiat, cette structure a publié 695 titres de la maison Shueisha (573 en espagnol castillan, 122 en catalan), pour un total de 4.006.000 exemplaires vendus.

Une nouveauté récente de EDT : un magnifique album d’Esteban Marotto
Ed. EDT

Heureusement, le manga n’est pas la seule activité de ce valeureux éditeur qui publie de nombreux auteurs franco-belges et près de 150 auteurs espagnols. Mais c’est incontestablement un coup dur...

Dépité par ce "divorce", Joan Navarro souhaite bonne chance à ses successeurs.

Quels seront-ils ? Panini Comics, depuis longtemps en embuscade ? Planeta qui a besoin de se refaire depuis la perte de ses licences américaines au profit de la maison italienne ? Ou une filiale espagnole de Viz Europe dans la droite ligne du "Pearl Harbor" français ?

Affaire à suivre...

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

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