Amnesia – Tomes 1 et 2 – Par Yoichiro Ono – Glénat Manga

20 septembre 2012 0
  • Une extraordinaire bombe a explosé en plein cœur de Tokyo, causant en un instant des millions d'amnésies. Elle contraint ses victimes à vivre sous terre en attendant l'espoir d'une rédemption.

Tokyo, 2038, aux premières heures du jour, un gigantesque rai de lumière subtilise la mémoire d’une partie de la ville. Afin d’éviter au Japon de totalement sombrer dans le chaos, le nouveau régime militariste expurge la société tokyoïte de ses éléments considérés comme malsains en cantonnant les victimes de ce cataclysme, les KID’z, sous la mégalopole japonaise.

La raison de ce phénomène est inconnue de tous et ceux qui y ont été soumis doivent tout réapprendre. Leur vie réduite à néant, ils se retrouvent parqués dans cet antre de l’oubli sans aucune porte de sortie. La rencontre entre une explosive jeune fille et le talentueux Nao sera-t-elle la porte de sortie de cet enfer ?

Amnesia – Tomes 1 et 2 – Par Yoichiro Ono – Glénat Manga
Amnesia – Tome 2
Yoichiro Ono – Glénat Manga ©

Après une amorce assez improbable, l’auteur s’appuie sur une trame commune au manga : un apocalypse entrant en résonance avec l’histoire de l’archipel. Ce Neo-Tokyo, ville souterraine nommée Geofront, reprend cette figure consacrée comme d’autres : ainsi cette immense tour centrale et nourricière. Yoichiro Ono adjoint au personnage principal deux « adjoints », l’un masculin, l’autre féminin, aux talents se complétant et à la relation saccadée. Les moments humoristiques et le dessin des personnages ne sont pas le point fort d’un manga qui se sent obligé de rester dans les clous astreints au genre.

La mise en place de l’intrigue se révèle plutôt floue que ce soit sur l’activation de la solution de confinement ou dans les informations données, trop disjointes, pour créer un enchaînement logique. Le génie du brillant Nao le rend attachant mais entraîne une tendance à la démobilisation de la part du lecteur car on pressent qu’il va réussir tout ce qu’il entreprend. Cependant, malgré des temps de latence et des difficultés à équilibrer tension dramatique et intensité du récit, le fil conducteur du scenario s’avère solide et prenant.

Cet État hyper-concurrentiel, rêve libertarien tyrannique, exploite les corps des amnésiques : « On dirait des robots qui se minent à la tache pour les humains ». Ces enfants perdus, séparés des gens « normaux », n’ont plus de droit,et, tel du bétail, sont corvéables à merci. Sans référence en matière de comportement social, ils sont considérés comme un danger. L’ossature du récit se monte sur cette situation d’exclusion sociale fondée sur l’exploitation de l’homme.

Le questionnement des KID’z sur leurs possibilités d’avenir s’adosse à cette première phase :« En quoi pouvons-nous croire ? » Pour ces « Reborn  », tout est provisoire, ils n’ont plus de références, le passé disparu ne leur permet plus de se projeter dans le futur. Or, comment vivre dans un présent perpétuel ?

Noa, petit génie au quotidien.
Yoichiro Ono – Glénat Manga ©

Avec ces deux premiers tomes, le mangaka ouvre beaucoup de pistes à explorer. Il manque cependant une once de brutalité qu’aurait pu apporter une touche « steam punk ». La conclusion intense du deuxième volume crée tout de même une forte attente du grand final attendu dans le dernier volume.

(par Vincent GAUTHIER)

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