Hautes Œuvres – Par Simon Hureau – La Boîte à Bulles

11 juin 2008 1 commentaire
  • « Petit traité d’humanisme à la Française », tel est le sous-titre, avec une faute d’orthographe assumée, du dernier opus de Simon Hureau, qu’il signe ici Simon Hache, puisqu’il s’agit d’un épisode à peine romancé de la vie de Charles-Henri Sanson, le bourreau attitré de l’ancien régime, le propre exécuteur de Louis XVI et de Marie-Antoinette !

Il fait rester attentif aux travaux des petits labels et en particulier à ceux de la Boîte à bulles qui, avec opiniâtreté, saison après saison, bâtit un catalogue d’une qualité remarquable, tant par la forme que par le choix des auteurs et des récits. On en a une nouvelle preuve avec la dernière livraison du très talentueux Simon Hureau, issu des Arts Déco de Strasbourg, et que l’on avait déjà remarqué chez Ego Comme X (Palaces, Colombe et la horde, Bureau des prolongations) puis chez Delcourt (L’Empire des hauts murs) et Futuropolis (Tout doit disparaître) .

Ici, Hureau s’attaque à la mémoire de Charles-Henri Sanson, « exécuteur des Hautes Œuvres » (bourreau) de Paris, un personnage considérable qui vit défiler sur son échafaud rien moins que Louis XVI, Marie-Antoinette, Danton ou Robespierre. Ce charmant garçon avait tenu un cahier pendant la Révolution et son petit-fils en établit les mémoires. Cela donne l’occasion à Hureau de nous conter, dans une version très décalée, la chronique drolatique du crépuscule de l’Ancien régime et de ses horreurs jetées en pâture au bon peuple qui s’en repaissait avec frisson.

L’horreur comme friandise, tel est le point de vue de Hureau sur cette histoire qui ne manque pas de souligner qu’en bon mécanicien, Louis XVI a lui-même conçu le principe de la guillotine dont il sera la victime. Si le graphisme est inventif et sans façon, la narration est quant à elle élégante et sophistiquée, pleine d’esprit comme au Grand Siècle.

Hautes Œuvres – Par Simon Hureau – La Boîte à Bulles
Hautes Œuvres – Par Simon Hureau – La Boîte à Bulles

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Illustrations : © Simon Hureau / La Boîte à bulles

 
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1 Message :
  • Le XVIIIe n’est pas le Grand Siècle
    3 janvier 2014 12:45, par Simon

    la narration est quant à elle élégante et sophistiquée, pleine d’esprit comme au Grand Siècle.

    L’esprit déployé est celui du siècle des Lumières, ce XVIIIe où se passe l’action du livre : l’ironie tranchante de Sade et Voltaire. Le Grand Siècle, c’était le précédent : l’esprit plus gentillet de La Fontaine et Molière.

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