La Liste 66 - T1 : Illinois - par Eric Stalner - Dargaud

1er août 2006 1
  • À raison d'un épisode par état traversé, {La Liste 66} se déroulera sur huit albums. La célèbre route américaine du même chiffre sert de décor à ce road movie palpitant et plus convaincant que {[Blues 46->3179]}.

Le 25 avril 1961, Alex Poliac enterre sa femme décédée dans un mystérieux accident de voiture. La nuit suivante, il s’enfuit de son domicile avec son fils Rob et prend la route 66 pour rejoindre un certain Sacha en Californie. Par ailleurs, un serial killer baptisé "le clown" vient de faire une quatrième victime...

Pour apprécier à sa juste valeur le scénario développé par Eric Stalner, mieux vaut en connaître le strict minimum sur l’histoire. La révélation de la dernière planche donne une saveur particulière à l’album pour celui qui a su rester hermétique aux chroniques ou résumés trop bavards... Il est donc délicat de chroniquer Illinois sans déflorer l’intrigue...
Avec cette nouvelle saga, Eric Stalner (Fabien M, Le Boche, Le Fer et le Feu, Le Roman de Malemort, La Croix de Cazenac...) allie intelligemment récit d’espionnage et road movie. Le personnage d’Alex Poliac est suffisamment complexe pour être intrigant voire attachant.

Côté dessin, Stalner conserve le style graphique réaliste qui le caractérise. De grandes cases donnent de l’ampleur à certaines scènes et une "voix off" contextualise le récit. La route 66, une légende construite dans les années 20, prête ses décors de cinéma à cette chasse à l’homme. Cadillacs, Tuckers, vieux pick-up nous rappellent le visage de cette Amérique en pleine guerre froide.

Soulignons également l’excellent travail de Jean-Jacques Chagnaud. Le coloriste contribue par sa touche très personnelle à donner du relief à ces ambiances des sixties. Il donne du grain à l’image comme le ferait un cinéaste tournant en 16mm. Le résultat est là : le lecteur est véritablement happé par cette épopée.

Huit épisodes peuvent sembler un peu ambitieux. Mais si l’histoire tient la route (avec la 66, il y a de quoi...), cette série confirmera une fois de plus le talent de conteur et de dessinateur de Stalner.

(par Laurent Boileau)

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1 Message :
  • Je passerai sur le fait que j’ai été déçu à la fois par le dessin de Stalner(moins en forme que sur certaines de ses séries) mais aussi son scénario(qui met trop de temps pour nous informer, gardant trop pour les dernières pages, mauvais conteur sur le coup) et je trouve que Chagnaud s’en est beaucoup mieux sorti sur des séries comme Le romand de Malemort et Où le regard ne porte pas.
    Sinon franchement, je cite : "Huit épisodes peuvent sembler un peu ambitieux. Mais si l’histoire tient la route (avec la 66 il y a de quoi...), cette série confirmera une fois de plus le talent de conteur et de dessinateur de Stalner."
    Vous êtes sûr que si l’histoire tient la route, ça va confirmer aussi le talent de dessinateur de Stalner parceque moi j’ai un doute...

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