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La Rose blanche : Des étudiants contre Hitler – Par Vivier, Delvecchio, Rizzato – Éditions Plein Vent

  • Période de tous les extrêmes, la Seconde Guerre mondiale a été le témoin des pires horreurs et des gestes les plus généreux. Pour autant, aujourd'hui encore, elle n'est pas exempt de préjugés. S'il est admis que tous les Français et les Belges ne furent pas des Résistants et que la réalité est beaucoup plus complexe, il est encore très fréquent de faire l'amalgame entre Allemands et Nazis. Pourtant, le peuple allemand fut la première victime de ce régime et nombre d'hommes et de femmes ont tenté de s'élever contre cette doctrine suprémaciste et raciste. Au cœur de la gueule du loup, "La Rose blanche" est l'un de ces éclats de lumière.

Été 1942. Le Grand Reich semble invincible. Il a lancé ses armées contre l’URSS et après être arrivé aux portes de Moscou, la grande bataille de Stalingrad commence. À l’Ouest, il s’apprête à envahir la zone française non occupée (le 11 novembre). Et il a lancé son plan d’extermination totale de la population juive d’Europe...

Les Allemands, tous collabos ? Non. Certes, beaucoup partagent les rêves de gloire et de revanche d’Hitler. Mais plus nombreux sont ceux terrifiés par les groupes paramilitaires et endoctrinés depuis l’arrivée du dictateur au pouvoir en 1933. Et certains décident de résister, au cœur même du Reich. Comme Georg Elser, qui confectionne une bombe à retardement qui manque de tuer Adolf Hitler le 8 novembre 1939. Il finira sa vie à Dachau.

Ou comme ces étudiants de l’université de Munich qui ont compris la folie et l’antihumanisme sous-jacent à la doctrine nazie. Par la distribution de tracts et la peinture de slogans antifascistes sur les murs de la ville et de l’université, ce groupe de six jeunes gens menés par Hans et Sophie Scholl, frère et sœur, vont tenter d’éveiller les consciences. Ils se font appeler La Rose blanche. Mais leur audace sera leur perte. Arrêtés, le frère, la sœur et leur ami Christoph Probst sont guillotinés le 22 février 1943 après un jugement expéditif.

La Rose blanche : Des étudiants contre Hitler – Par Vivier, Delvecchio, Rizzato – Éditions Plein Vent
Une résistance artisanale et intellectuelle
© Delvecchio, Rizzato / Plein vent

Les auteurs des éditions Plein Vent, Jean-François Vivier au scénario, Beniamino Delvecchio et Francesco Rizzato au dessin, Luc Perdriset et Christian Lerolle à la couleur, ont réalisé plusieurs albums sur la Seconde Guerre mondiale et de grandes figures de cette période. La Rose blanche est l’un des meilleurs, avec un dessin et un découpage très (trop) classique, certes, mais avec un réel sens de la narration. Et la force de l’histoire et de l’exemplarité de ces jeunes gens se suffit à elle-même.

Malgré leur temps d’activité limité, la résonance de l’action de la Rose blanche a été immense et leur héritage très important. Au-delà de leur action, ils sont devenus des symboles, en particulier Sophie Scholl, seule femme et plus jeune membre du groupe. La flamme qu’ils ont allumée a brûlé trop vite et a été soufflée par une machine implacable. Pourtant, la moindre lumière au milieu de la nuit la plus sombre a permis à d’autres de s’allumer, aujourd’hui encore.

L’éveil d’une conscience... trop rare
© Delvecchio, Rizzato / Plein vent
Le seul cliché connu de l’équipe de la Rose blanche. De gauche à droite : Hans et Sophie Scholl et leur ami Christoph Probst. La photo est prise au moment du départ obligatoire de Hans et de Christoph pour le front de l’Est en juillet 1942. Leur conviction anti-hitlérienne en sera renforcée à leur retour, quelques mois plus tard.
Anonyme - Photo libre de droits

(par Jérôme BLACHON)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

La Rose blanche : Des étudiants contre Hitler. Par Jean-François Vivier (scénario), Beniamino Delvecchio et Francesco Rizzato (dessin). Éditions Plein Vent. Sortie le 6 octobre 2021. 24 x 32 cm. 48 pages couleur. 14,90 €.

 
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