Le Belem, tome 2 : Enfer en Martinique - Par Jean-Yves Delitte - Glénat

13 juillet 2008 0
  • Dans ce second tome des aventures du {Belem}, Delitte fera définitivement taire ses détracteurs grâce à un formidable coup de pinceau et un scénario qui emprunte à la fois à la tragédie et au film catastrophe. Une réussite pour l'auteur récemment auréolé du titre de Peintre Officiel de la Marine.

Mars 1902 : Julien Chavelon, capitaine du Belem, se réjouit : il appareille pour la Martinique, cette île si accueillante ! À l’arrivée à Saint-Pierre, constatant avec agacement que son poste habituel est déjà pris, il est contraint d’aller mouiller dans le port du Robert, sur la côte est de l’île… Mais le 8 mai 1902 : la Montagne Pelée explose… Saint-Pierre et ses 40.000 habitants sont rayés de la carte. Des nombreux voiliers sur rade, seuls un trois-mâts italien et le Belem échappent au désastre. Récit bouleversant d’un drame qui aurait pu être évité sans l’aveuglement des autorités.

Le Belem, tome 2 : Enfer en Martinique - Par Jean-Yves Delitte - Glénat

Après le succès de l’aventure du Belem, le temps des naufrageurs, nous vous avions annoncé la prolongation du one-shot en une série de 4 tomes. Jean-Yves Delitte a donc repris ses crayons et pinceaux pour notre plus grand bonheur. On ne peut effectivement qu’apprécier sa vision du monde de la mer, et son talent à dépeindre la Belle Époque qu’il apprécie tant [1]. Que les paysages évoquent la campagne en mer, la rade de St Pierre ou les superbes visions martiniquaises, on appréciera son trait réaliste, souvent même durs dans sa description des hommes de la mer et les moments forts de l’explosion, le tout superbement rehaussé par les couleurs de Patricia Faucon.

Je dois vous l’avouer, quand Jean-Yves Delitte m’avait donné les grandes lignes de ce second opus, je m’étais interrogé sur la qualité du scénario qui nous serait proposé, craignant une lassitude dans l’unicité du thème évoqué. À mon grand plaisir, j’ai été positivement surpris du suspens et de l’épaisseur des personnages proposés par cet Enfer en Martinique. Dans un cadre global mieux établi que dans le premier opus, le lecteur se place aisément dans ce récit de catastrophe annoncé qui n’a rien à envier aux grandes tragédies grecques : sortant du piège de faire du bateau un héros de bois et de toile, Delitte nous décrit des hommes aussi différents qu’intéressants, et on se prend à comprendre tantôt les détracteurs du futur séisme, tantôt leurs ’bouillants’ défenseurs. Si l’éruption est le cœur même du scénario, elle n’occupe que quelques pages du récit, et on comprend alors que, loin de vouloir réaliser un album catastrophe, ce sont bien les raisons de cette opposition qui intéressent cet auteur emporté et enthousiaste.

Récemment élevé au titre de ’Peintre de la Marine’, Jean-Yves Delitte accompagne désormais sa signature d’une petite ancre, qu’on voit apparaître sur la couverture et les dernières planches de l’album. Comme le chantier de la rénovation de l’Hermione a pris du retard, c’est sans doute avec Black Crow que l’auteur reprendra prochainement les chemins du large avec, nous l’espérons, autant d’inspiration que pour cet très bel album-témoignage. Par contre, vu le grand nombre de projets initiés, il a (définitivement ?) tiré un trait sur le cinquième tome du Neptune. Toutefois, l’intégrale des 4 tomes qui paraîtra fin de l’année comportera une série de planches inédites, comme Glénat l’avait déjà fait pour Beatifica Blues, Santiag, Avel et les enfants de la Salamandre entre autres.

(par Charles-Louis Detournay)

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Toutes les illustrations sont © Jean-Yves Delitte/Glénat.

[1Sans compter le Neptune qui se déroule un peu plus tôt, d’autres de ses séries comme Tanâtos et les Brigades du Tigre prennent place également au début du vingtième siècle.

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