City Hunter : Le retour mythique d’une série culte !

20 février 2019 0 commentaire
  • Magistralement orchestrée, City Hunter est une série qui tient la cadence, sans perdre une once d’efficacité ! Sans égaler le talent de Tsukasa Hojo, Sokura Nishiki reprend le flambeau et offre néanmoins une histoire pleine de ressources qui s'inscrit dans le genre Isekai.

Le genre Isekai, tourne autour d’une histoire ou un personnage est transporté dans un univers parallèle, bien souvent imaginaire. Un schéma narratif que l’on retrouve dans des mangas comme Dragon Ball Extra : Comment je me suis réincarné en Yamcha chez Glénat ou Final Fantasy Lost Stranger chez Mana Books, mais aussi des oeuvres plus classiques comme le Magicien d’Oz et Alice aux Pays des Merveilles.

À quarante ans, Kaori vit exclusivement dans ses rêves. Cette femme célibataire depuis toujours, travaillant en tant qu’intérimaire, n’en mène pas large avec le sexe opposé. Discrète et peu sûre d’elle, elle voue cependant un amour sans vergogne pour les héros de son manga préféré, City Hunter. Quelle est donc sa surprise, lorsque suite à un accident, elle rajeunit et se retrouve propulsée dans une autre dimension, là où existent les véritables protagonistes de City Hunter.

City Hunter : Le retour mythique d'une série culte !
©Sokura Nishiki / Ki-oon

À l’heure où les cinémas affichent l’adaptation en film de la série animée Nicky Larson, les éditions Ki-oon lancent la nouvelle saga City Hunter - Rebirth, dans un spin-off officiel validé par Tsukasa Hojo. Voici enfin le grand retour de l’un des héros mangas les plus charismatiques.

Shônen composé de 35 tomes initialement prépublié dès 1985 dans le magazine "Weekly Shonen Jump" et considéré par beaucoup comme un monument incontournable, révolutionnant totalement le genre, mêlant action tonitruante et un humour volontairement décalé. Ryô Saeba, alias City Hunter est considéré comme le plus redoutable des détectives privés. Son unique point faible ? les femmes. Plus celles-ci sont jeunes et jolies, plus il perd ses moyens. Grâce à son succès triomphant, une série télévisée d’animation de 140 épisodes a vu le jour à la fin des années quatre-vingt. Une décennie plus tard, le grand Tsukasa Hojo revient avec une série parallèle du nom de Angel Heart. Reprenant les mêmes ingrédients que la série originale, elle ne parvient toutefois pas à égaler City Hunter.

©Sokura Nishiki / Ki-oon

C’est donc avec grand intérêt que l’on pourra s’interroger sur la qualité de ce nouveau spin-off. Bien qu’évoluant sur deux dimensions, l’aspect réussi de l’auteur est d’avoir injecté une foule de protagonistes mémorables tels que le fameux Umibozu, Miki du célèbre café Cat’s Eye ou encore la sublime Saeko, ancienne partenaire de Ryô Saeba, présente depuis le 1er tome. Des personnages fidèles à eux-mêmes qui n’ont rien perdu de leur panache. Un résultat qui sonne juste en dépit d’une intrigue, qui par moments semble téléphoné.

Concernant la récente adaptation cinématographique "Nicky Larson et le parfum de Cupidon", les avis risquent de balancer. Là où la nouvelle génération n’y verra que du feu, il n’est pas certain que cela plaise à tout le monde, en particulier à la "vieille génération" sachant qu’il ne s’agit nullement d’une réalisation nippone mais européenne. À Noter d’ailleurs que le même problème s’était posé pour le film Ghost in the Shell, adapté par les studios américains "Paramount Pictures", et qui sortit en salles de manière presque anecdotique en 2017. Il faut cependant différencier les deux projets, là où Ghost in the Shell adaptait littéralement le manga et se déroulait au Japon avec un casting américain, Nicky Larson et le parfum de Cupidon adapte plus librement le matériaux original, en situation l’action en France, avec des acteurs français et les références qui vont avec. Mais cela reste difficile, voire impossible pour les véritables puristes de l’accepter, et pose avant tout la question d’une représentativité encore loin d’être acquise dans le monde du cinéma. Il ne suffit pas de revêtir un pull rouge et un veston bleu pour prétendre ressembler à Ryô Saeba...

Le manga City Hunter-Rebirth, quant à lui, ravira autant les nombreux fans que les néophytes, et permet de (re)découvrir la série sous un autre angle. Fidèle au chef-d’œuvre de Tsukasa Hojo, Sokura Nishiki prend brillamment la relève avec un récit dynamique, quoique manquant d’un méchant marquant. Entre les éternels coups de massue de Kaori et les tentatives maladroites de Ryo à vouloir désespérément tripoter la première venue, ce manga régalera les lecteurs.

La qualité graphique de Sokura Nishiki demeure constante avec un trait particulièrement soigné, jusque dans les moindres détails, que dire de chaque mèche de cheveux, travaillée à la perfection. Même les expressions de joie, d’angoisse et de larmes sont amenées sous leur meilleur jour.

Un 1er round réussi !

{{À l’aube de ses quarante ans, Kaori, une femme seule, sans réelle attache, rêve en permanence de son manga favori {City Hunter}.}}
©Sokura Nishiki / Ki-oon

(par Marc Vandermeer)

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City Hunter Rebirth T. 1. Œuvre originale : Tsukasa Hojo. Auteur : Sokura Nishiki. Éditeur : Ki-oon. Collection Shônen. Traduction : Jean-Benoît Silvestre. Sortie : le 7 février 2019. Prix : 7,90 euros.

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