Les Godillots, T1 : Le Plateau du Croquemitaine - Par Olier et Marko -Editions Bamboo

19 juin 2011 0 commentaire
  • On ne compte plus les albums ayant pour cadre la guerre de 1914-1918. Avec cette nouvelle série assiste-t-on à un renouvellement du genre ?

1914-1918, deux soldats chargés de ravitailler leurs camarades ne sont pas revenus de leur tournée à travers les tranchées ; Bourhis et Palette vont devoir les remplacer pour une mission pas si anodine qu’elle en a l’air. En effet, pour accomplir ce travail les deux soldats devront traverser un vaste No Man’s Land, le champ de Croquemitaine, zone à découvert régulièrement arrosée par les mitrailleuses allemandes.

Les Godillots, T1 : Le Plateau du Croquemitaine - Par Olier et Marko -Editions Bamboo

Bien entendu, l’expédition des deux hommes sera surtout ponctuée d’anecdotes plus ou moins drôles, plus ou moins dramatiques dont une rencontre inattendue dans un tel contexte, avec un troisième jeune personnage qui influencera durablement un récit mêlé d’humour et de jeux de mots enjoués en dépit de la gravité du sujet En associant vision historique et romancée de la « grande histoire » avec un ton humoristique et décontracté, les auteurs nous livrent un récit original, tranchant avec une certaine dramatisation parfois un peu extrême du "genre 1914-18 ».

Le procédé utilise une progression narrative classique qui n’est pas sans rappeler celle d’illustres prédécesseurs. On pense notamment aux Tuniques bleues de Lambil et Cauvin, la profusion de « Rogntudju » rappelle bien évidemment « quelque chose » aux admirateurs de Franquin ! Mais il serait injuste de rester sur ces détails et de ne pas apprécier la qualité d’un récit bien mené.

Olier n’en est pas à son coup d’essai puisqu’on lui doit déjà plusieurs histoires publiées aux éditions Le Téméraire comme Le Portail (dessins :Alain Henriet) et Le rouleau de Kraân (dessins : Mauricet).

Venu du dessin de Presse, le dessinateur Marko s’acquitte efficacement de sa tâche grâce à un graphisme souple et très lisible qui donne chair et humanité à ses personnages. La qualité de la mise en couleur contribue à rendre la lecture de cette histoire agréable et attrayante. Suite à sa rencontre avec Olier pour L’Agence Barbare, puis El’z’avintures ed’Biloute, (une BD en ch’ti),ce jeune dessinateur poursuit avec cette nouvelle série.

Le ton humoristique et décontracté allège un récit qui pourrait sombrer dans une dramatisation excessive ou provocatrice. Par son traitement original cette série adopte un ton résolument nouveau ; loin des excès de dramatisation ou de militantisme pacifiste d’un Tardi, les Godillots (le titre faisant explicitement référence aux célèbres chaussures des Poilus) s’annoncent comme une série honnête, bien faite techniquement, appelée à s’inscrire dans la durée.

(par Patrice Gentilhomme)

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