Marché de la BD 2021 - Anatomie d’un malaise 1/3 : le triomphe international des mangas

  • Les chiffres de vente de la bande dessinée aux USA en 2021 viennent de tomber, et là, surprise : les mangas ont explosé sur ce marché avec une progression en volume de +171,1% par rapport à l’année précédence, soit une avancée plus forte encore qu’en France (+107%). Dans l’hexagone, les mangas, c’est une BD vendue sur deux (55%) ; aux USA, c’est trois BD sur quatre (76,71%) ! Tsunami, c’est un mot japonais ?

Ce qui est intéressant quand on examine les chiffres produits par la société d’études de marché NPD Group, Inc., c’est de voir à quel point les chiffres de la BD aux USA ressemblent à ceux de la France, si on les considère d’un point de vue macroéconomique, avec plusieurs points de ressemblance.

Un marché qui progresse depuis plus de dix ans

Le marché de la BD aux USA progresse depuis plus de dix ans avec une belle régularité, comme en France. Différence notable : le numérique a aussi grandement progressé, notamment grâce aux webtoons coréens (15 millions d’abonnés aux USA contre 1 en France), et occupe une place plus importante qu’en France. [1] Mais là aussi, c’est en train de changer.

Le CA de la BD aux USA est de 8,5 milliards d’euros [2] contre 889 millions en France. Nous sommes donc dans une proportion de 1 à 10 où tous les segments ont progressé en 2021. Au passage, dire que le marché étranger du manga en France est le premier au monde comme on peut le lire ou l’entendre parfois, est ici contredit par les chiffres : les USA sont bien devant (et probablement les marchés asiatiques comme la Chine et la Corée aussi…)

Marché de la BD 2021 - Anatomie d'un malaise 1/3 : le triomphe international des mangas
La marché de la BD aux USA en 2021

Manga super star

Le triomphe du manga est une évidence qui s’impose comme un format mondial. Ce qui doit nourrir notre réflexion, c’est que l’on pensait que le Passe Culture était le principal moteur de la croissance « anormale » des mangas en France. On voit bien aux USA qu’elle est bien plus forte sans cet incitatif à la lecture. C’est donc un phénomène mondial qui vient contredire certaines analyses.

La part des mangas dans le marché US en 2021

Cette progression est raccord avec celle de la consommation des dessins animés en Amérique du Nord.

Le marché des animes aux USA

L’embellie du roman graphique

Le roman graphique pèse de plus en plus lourd. C’est devenu le genre littéraire à part entière faisant un chiffre dix fois supérieur à celui des comics. En somme, Maus supplante Superman, ce qui doit contrarier l’électorat trumpiste des « Make America Great Again ». Chez nous aussi, ce type de BD (cf. Riad Sattouf) est devenu un segment majeur.

Le Graphic Novel en forte progression en 2021

Les super-héros en berne

Ce qui frappe, c’est l’écroulement des comics de super-héros en dépit de leur présence massive sur les plateformes de VOD. Mais sur Hulu, Netflix, ou Crunchyroll, les mangas y sont également, et majoritairement, présents…

En dépit des milliards de dollars investis par Hollywood, le genre est à bout de souffle. À cause, sans doute, de son narratif répétitif, alors que les mangas comme les Graphic Novels s’adressent à une clientèle bien plus diversifiée où le public féminin notamment a toute sa place.

Le phénomène est le même en France où en dépit de la présence des super-héros dans les cinémas et sur les écrans, les comics ne pèsent plus que 4% du marché français contre 2,3% aux USA.

Conclusion, les mangas sont bien plus universels que les héros testostéronés en collant…

Toute la Gaule… Toute ?

Il faut en convenir, la BD « hors-mangas » résiste mieux chez nous : 45% en France contre 27% aux USA. Avec seulement 21 titres dans le Top 50 cependant, la BD franco-belge s’en sort grâce à… Astérix et son outsider Mortelle Adèle.

Seules cinq séries en dehors de ces méga-best-sellers tirent leur épingle du jeu : Blake & Mortimer de Jean Van Hamme, Peter Van Dongen & Teun Berserik , Le Jeune Acteur de Riad Satouff, Blacksad de Canale & Guarnido, Les Ptits Diables d’Olivier Dutto et Titeuf de Zep.

Comme on dit dans Astérix et la Zizanie (pl. 30), alors que le village est cerné par les Romains et que nos Gaulois n’ont plus de potion magique : « - Faudrait surtout pas leur montrer combien nous sommes !  »

Voir en ligne : Le rapport de NPD Group sur Comicsbeat.com

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Lisez la suite de notre enquête :

- Marché de la BD : Anatomie d’un malaise 2/3 : Un modèle économique bloqué pour l’édition alternative ?

- Marché de la BD : Anatomie d’un malaise 3/3 : les auteurs, variable d’ajustement de l’édition ?

LIRE AUSSI :

- 60% de croissance pour la BD en 2021 : le triomphe de la jeunesse

En médaillon : Photo DR

[1Nous reviendrons prochainement sur cette question dans quelques jours.

[2Ce chiffre comprend le marché à l’export des BD américaines, marché bien plus important que le marché francophone.



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Source : Datalib
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31 Messages :
  • est-ce la rapidité de production (qui colle parfaitement à l’époque où les gens ne savent plus attendre un an pour un volume suivant) qui a fait le succès des manga ? ou c’est leur segmentation très poussée ?

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    • Répondu par mmarvinbear le 10 février à  16:30 :

      Aucune idée. Au Japon, les auteurs travaillent en général en studio, avec du personnel dédié aux décors, d’autres au lettrage avec juste le nom de l’auteur en avant, ce qui laisse croire avec juste la couverture qu’il est le seul à travailler dessus. De plus, les studios s’arrangent pour avoir des chapitres en avance pour pallier un problème de maladie ou d’accident. Cela explique en partie leur présence massive en librairie au fil de l’année. Il ne faut pas aussi oublier que souvent ici les éditeurs achètent aussi des séries déjà terminées qu’ils écoulent au fil des mois.

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  • Bonjour Didier,

    est-on sûrs que les chiffres du Direct Market (les comic-shops spécialisés) sont bien pris en compte, et donc que les ventes unitaires de comic-books soient intégrées à ce total ? J’ai l’impression que NPD comptabilise les ventes d’albums en librairie, ce qui expliquerait cette croissance énorme du manga, mais pas le gros de la production U.S. passant par le réseau spécialisé, ce qui représente de mémoire 1/3 à 40% du C.A. des comic-books en local.

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    • Répondu par Michel Dartay le 8 février à  17:11 :

      Ayant lu l’article dans sa version originale, il apparait que les comics-shops sont bien pris en compte, mais uniquement pour ce qui est des graphic novels puisque c’est le sujet de l’étude.. Les comics simples à 4 ou 5 $ ne sont donc pas pris en compte, et continuent leur long déclin en terme de volumes vendus par. titre. Vendre cent mille exemplaires d’un comics destinés aux publics de langue anglaise (USA, Canada, UK, Australie, plus importations en boutiques spécialisées comics européennes) relève désormais de l’exploit....
      Le rapport 2020 précise les différents canaux de distribution : https://www.comicsbeat.com/report-comics-had-their-biggest-year-ever-in-2020-despite-the-pandemic/

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      • Répondu par Seb le 9 février à  17:47 :

        Merci pour cette réponse Michel, c’est ce que je me disais : entre le numérique et les mensuels, le super-héros représente encore bien 1/3 du marché, sans compter ce qui se vend en albums reliés vendu aussi bien dans les librairies traditionnelles que spécialisées.

        Ce que Didier met ici en avant est donc uniquement l’aspect librairies traditionnelles, et on doit donc relativiser grandement ces chiffres, qui s’ils sont certes impressionnants, pas autant qu’annoncé quand on ajoute le total BD vendu dans le pays.

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  • Bonjour,
    J’aimerais savoir si les japonais vont ouvrir leur marché aux productions "franco-belge" et de ce fait, créer un échange culturel équitable ? L’apport d’une nuance dans une culture est mille fois souhaitable, en revanche, sa disparition (commercialement programmée) au profit d’une autre est infiniment triste.

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    • Répondu le 8 février à  20:21 :

      Pourquoi les japonais ouvriraient-ils leur marché aux productions franco-belge ?! Avant 1980 et l’arrivée des dessins animés japonais, avant 1989 et l’arrivée d’Akira, vous étiez curieux des excellents auteurs japonais des années 40, 50, 60 etc ? Vous pensez vraiment que la jeunesse japonaise des années 2020-2030 aura envie de lire les aventures de personnages franco-belges créée pour la plupart en 1950-60, voire avant ?

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      • Répondu le 8 février à  21:16 :

        La BD franco-belge ne va pas disparaître ! Simplement, elle n’occupe plus la position dominante. C’est ce qui est arrivé à la musique rock. Longtemps dominante, elle a été supplantée par le hip-hop. Mais elle n’a pas complètement disparu. D’ailleurs la chanson française revient très fort aussi. Et le hip-hop actuel se nourrit de chanson et incorpore des mélodies. Les marchés s’opposent commercialement mais les cultures se nourrissent les unes des autres et s’enrichissent.

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      • Répondu par Milles Sabords le 9 février à  06:20 :

        Il n’y a pas que des héros des années 50-60 à proposer au marché asiatique. Des séries telles que Alpha, Il était une fois en France, Carthago, Jérôme K. Jérôme, Rio, Legend, Les vieux fourneaux, Les beaux jours, Le rédempteur, Murena, la très belle collection Les reines de Sang, Wanted, Bouncer, Gill St André, Tramp, bref, toute une richesse du franco-belge des années 90-2000 pourrait très bien conquérir des marchés à l’international. Alors, on continue à se regarder le bout du nez, pendant que le seuil de pauvreté des auteurs n’arrête pas de descendre ? Même les éditions JYB, pourtant pas un gros éditeur, à réussi le placement en Chine de sa série Missions Kimono. Un vêtement Nippon en Chine, bravo ! Il n’y a pas que des mangas à succès que l’on déverse sur le marché francophone, alors pourquoi nos éditeurs ne proposent que de l’Asterix ou du XIII... la voilà la vraie question.

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        • Répondu par Capitaine Kérosène le 9 février à  12:34 :

          Aucune chance que les séries que vous citez réussissent sur le marché japonais ou américain. C’est trop franchouillard, dans le dessin, le découpage, la narration, la présentation, le rythme de parution, la pagination. Tout en fait.
          Vives, de Crécy, et Satouff sont ceux qui s’en sortent le mieux au Japon, mais de manière très relative. Bilal par exemple n’a aucun succès. Astérix a fait une brève apparition il y a fort longtemps qui s’est soldé par un bide colossal. Le menhir s’exporte mal hors de l’Europe.

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          • Répondu par Milles Sabords le 9 février à  14:57 :

            Franchouillard... je n’irais pas jusque là. Je cites quelques exemples, mais il y en a bien d’autres. Si un éditeur a réussi à grappiller des parts de marché au Japon avec ce qu’il y a certainement de plus classique en matière de BD, les avions de combats, nul doute que des éditeurs plus gros peuvent faire mieux. Le Japon (comme la Corée du Sud) est un pays très nationaliste, pour ne pas dire, protectionniste, c’est sûrement là que se trouve la clé du problème plus qu’une histoire de rythme de parution ou de format. Il aura fallu qu’un manga nous parle de vin (Les gouttes de Dieu), pour prendre conscience de l’intérêt commercial du sujet, ce qui a donné lieu à Châteaux Bordeaux et à d’autres déclinaisons du même tonneau. Pourquoi l’inverse ne serait pas possible ? Nos BD sur le vin sont tout aussi vendeuses, alors que nos cépages passionnent le monde entier. Même chose pour l’antiquité, Mari Yamazaki et Tori Miki réalisent un très beau travail sur cette époque et Murena ne pourrait pas marcher au Japon ? Pas logique. Ne serait-ce pas aussi notre exception culturelle vantée à l’internationale, qui fait que nous nous asseyons un peu trop sur nos lauriers en estimant que ça se fera tout seul ? Les meilleurs promo des Gobelins sont vite accaparées par les studios à l’étranger, ont vante la French Touch en matière de dessin, de 3D, de créativité et on ne sait pas vendre nos BD, un comble. Même le gouvernement Coréen a décidé d’un plan d’investissement massif dans la K-Pop, le Manwha et leur industrie du cinéma, pour déferler sur les marchés mondiaux avec leur culture et leurs produits dérivés. Mais il est vrai qu’en France les politiques ont autres choses à faire que de s’occuper de culture, et comme la BD n’est pas considérée comme de la culture à part entière...

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        • Répondu le 9 février à  13:08 :

          Encore un de vos raccourcis. Quel rapport entre les auteurs de plus en plus souvent sous le seuil de pauvreté et le très hypothétique succès de quelques séries qui pourraient peut-être marcher à l’étranger (ça tiendrait du miracle, il suffit de voir la part de marché du cinéma français aux USA et en Asie par exemple.) Vous pensez qu’un auteur gagne de l’argent quand ses albums font l’objet de traductions à l’étranger ? Vous pensez que c’est à cause de la part de marché croissante du manga que les auteurs français et belges sont sous-payés ? Et vous pensez que les auteurs japonais sont richissimes grâce à leurs ventes à l’étranger ? Vous donnez votre avis sur tous les sujets sans jamais en connaître la réalité.

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          • Répondu par Milles Sabords le 9 février à  15:47 :

            Les bons raccourcis valent bien quelques mauvaises caricatures : si un éditeur vend correctement à l’étranger, ce sont toujours des fonds qu’il peut réinvestir auprès de ses auteurs. Les problèmes de traduction d’une œuvre et de leurs dérivés pécuniaires à l’étranger relèvent de la négo entre les différentes parties d’un contrat, donc, entre l’éditeur et l’auteur. C’est aux mangakas de régler leurs problèmes avec leurs éditeurs, je n’ai jamais dit qu’ils étaient fautifs du sort de nos auteurs, mais il est clair que nos éditeurs misent plus sur la manne du manga. Contrairement à vous je lis du manga et je dis simplement que les tendances d’un marché ça se renverse ou ça s’équilibre.

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            • Répondu le 9 février à  17:11 :

              Vous n’avez aucune idée de ce que je lis. Figurez-vous que j’achète régulièrement du manga aussi mais que je me lasse généralement assez vite, tant y est grande l’accumulation de clichés déjà vus en mieux dans des films de SF, des polars, des films de tueurs en série, des comédies sentimentales… la qualité n’est pas en cause : c’est simplement que j’ai 53 ans et je ne suis pas du tout dans la cible. Une énorme proportion de la production importée en Europe s’adresse aux ados, tout simplement. Pour quelqu’un qui a un peu de culture populaire, ça tient tout simplement de la redite. Ce n’est pas un problème en soi, les BD italiennes qu’on lisait dans les années 80 étaient le plus souvent aussi des décalques de western ou de films d’aventures américains sortis 20 ou 40 ans avant. Je pense que la production européenne de BD n’a quasiment aucune chance de s’imposer en Asie, pas plus qu’aux USA, pour des raisons de narration, de découpage, de dessin et de rythme de parution qui la rendent inexplortable sur ces marchés. Par contre je m’explique assez mal que ce créneau de la BD populaire jeunesse et ado soit délaissé par les éditeurs franco-belges, lesquels éditeurs préférent surproduire sur le secteur des romans graphiques pour adultes, vendus chers (et produits pour peu cher) : c’est tout simplement plus rentable à court-terme. Mais en laissant les mangas occuper tout le créneau de la BD jeunesse et ado, les éditeurs se condamnent à moyen-terme, car, devenus adultes, ces ados n’iront sûrement pas vers le roman-graphique franco-belge, leurs habitudes de lecture (narration, découpage, dessin) étant désormais très différentes.

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              • Répondu par Milles Sabords le 11 février à  20:19 :

                Vous oubliez juste une chose, la vague manga, comme toutes les autres vagues, durera le temps d’un cycle même si elle ne se retirera pas complètement. Et comme toutes les autres générations qui ne lisaient pas la même chose que leurs aînés, la génération manga va changer par rapport aux aléas de la vie et ses goûts avec, pour aller vers d’autres lectures. Peu importe ce que les jeunes lisent, du moment qu’ils lisent.

                Répondre à ce message

                • Répondu le 12 février à  10:33 :

                  Bien sûr tout finit par lasser mais il est impossible de savoir à l’avance combien de temps va durer une vague. La domination des USA sur la culture populaire (littérature, BD, musique, cinéma) a duré 70 ans, de la fin de la seconde guerre mondiale à aujourd’hui. Une bonne part de ce qu’on appelle la BD Franco-belge était largement sous influence des auteurs américains, tout comme la BD italienne, espagnole, sud-américaine. Aujourd’hui, l’influence principale est asiatique. Ça peut durer aussi longtemps ou beaucoup moins, qui le sait ?

                  Répondre à ce message

            • Répondu le 9 février à  17:14 :

              "C’est aux mangakas de régler leurs problèmes avec leurs éditeurs"
              Sympa, merci pour eux. C’est pas grave, c’est des auteurs asiatiques, ceux-là on peut les mépriser.
              " les tendances d’un marché ça se renverse ou ça s’équilibre."
              Bien sûr, et les doigts dans le nez. Vous êtes vraiment plus malin que tout le monde.

              Répondre à ce message

              • Répondu par Milles Sabords le 10 février à  21:57 :

                Je ne sais pas si je suis plus malin que tout le monde, mais sûrement moins naif que vos arguments ; vous comptez faire quoi, tirer l’oreille des méchants éditeurs japonais pour qu’ils traitent mieux leurs auteurs ? Acheter plus de manga en espérant rétablir l’équité au pays du soleil levant ? Déjà que nos auteurs crèvent la dalle, on a d’autres chats à fouetter que de sauver le reste du monde, et d’ailleurs le reste du monde ne nous a rien demandé. Vous êtes-vous déjà poser la question du protectionnisme Japonais, Américain, Coréen, Australien, Canadien, Chinois, etc, ces pays qui ne veulent pas que leur marché soit envahit par productions étrangères ? Lisez plus de bulletins économiques et vous comprendrez mieux les enjeux des stratégies commerciales. Je ne suis pas plus malin que tout le monde, je m’informe, c’est tout.

                Répondre à ce message

                • Répondu le 10 février à  22:19 :

                  Justement ce que je vous reproche est de mal
                  vous informer et de répéter toujours les mêmes préjugés sur les mêmes sujets à longueur de commentaires. C’est fâcheux mais vous avez visiblement beaucoup de temps libre pour le consacrer à polluer ce forum de vos considérations oiseuses et souvent bêtement réactionnaires ou xénophobes. Quand vous ne vous faites pas le défenseur des pauvres auteurs précaires que par ailleurs vous assassinez souvent dans vos commentaires -surtout les jeunes - sur la foi des seuls extraits publiés dans l’article au-dessus et sans avoir lu leurs livres. En effet pour donner des leçons, vous êtes très fort.

                  Répondre à ce message

                  • Répondu par Milles Sabords le 11 février à  09:11 :

                    Vous pensez réellement que si mes propos étaient d’une bêtise crasse à l’encontre d’auteurs et d’autrices (jeunes ou moins jeunes d’ailleurs), mes sources invérifiables, que je me bornais seulement à commenter ce que je vois à l’écran ou que mes propos étaient injurieux et xénophobes (désolé de vous l’apprendre, mais le protectionnisme économique ça existe, si, si...), l’équipe d’Actua BD me laisserait encore sévir sur ce site ? On voit la paille dans l’œil de son voisin, mais pas la poutre dans le sien. Oups, je viens encore de commenter sur mon temps libre...

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                • Répondu le 11 février à  08:10 :

                  Vous ne connaissez pas grand chose au affaires culturelles internationales. Quelle est la différence fondamentale entre la politique culturelle de la France et celle des USA ou du Japon ?
                  Réponse : notre rayonnement à la Louis XIV. C’est-à-dire, la séparation entre la défense des intérêts des industries culturelles privées et la rayonnement de nos institutions publiques qui montrent une vitrine de notre excellence : une culture élitiste pour un petit nombre de connaisseurs. Le mépris des cultures populaires. Nos institutions font la promotion non pas de nos auteurs et artistes mais d’elles-mêmes. L’intelligence serait de miser sur la bande dessinées, le dessin animé et le jeu vidéo. Mais ça ne colle pas avec l’image que la France s’est forgée depuis Versailles. La mode, la cuisine, le Luxe, ça, elle sait faire.

                  La séparation du public et du privé, en France, c’est tout un savoir-faire et le jacobinisme en a rajouté une couche.
                  Les USA et le Japon n’ont pas la même lecture, pas le même rapport à la marchandisation de leurs cultures. Leurs institutions publiques servent plus et mieux les intérêts de leurs entreprises privées. Il y a une porosité entre public et privé qui est impossible ici.
                  La question est plus que politique, elle est historique donc culturelle. Nous ne savons pas nous vendre parce que notre rayonnement reste celui de l’Étiquette. Pour nous, l’argent et le commerce restent sales. Aux arts appliqués à l’industrie et au commerce, nous préférons l’hermétisme des Beaux-Arts.
                  Les belges, plus libéraux, ont moins de préjugés sur ces questions. Ils n’hésitent pas à imprimer des images de bandes dessinées sur leurs passeports.

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          • Répondu le 9 février à  18:28 :

            Nous faisons des films d’auteurs franco-français, ou des comédies, pas du tout calibrés pour l’export, faut pas s’étonner de la part minuscule de nos films à l’extérieur. Et notre bande-dessinée, idem.

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        • Répondu le 9 février à  13:15 :

          Ah oui Il était une fois en France, les Vieux Fourneaux, Jérôme K Jérôme Bloche (que j’admire), on sent tout de suite que les petits américains, les petits coréens et les petits japonais vont se ruer dessus…

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    • Répondu par Capitaine Kérosène le 9 février à  12:27 :

      Pourquoi le marché culturel devrait-il être équitable ?
      Est-ce qu’il l’est concernant le cinéma, la littérature ou la musique ?
      D’un côté un manga coûte au Japon entre 400 et 1200 yen pour les plus chers avec des parutions très rapprochées et un petit format souple que l’on peut ranger dans les tout petits appartements japonais en centres urbains.
      De l’autre des productions grands formats (qui ne rentrent pas dans les rayonnages des librairies japonaises), du carton inutile, de la couleur, une pagination réduite et un rythme de parution d’une telle lenteur que chaque volume de traduction doit regrouper plusieurs tomes. Pour un prix au minimum deux fois plus élevé que le plus cher des manga. En plus, comme les éditeurs japonais doivent réduire le format de nos BD, certains albums chargés en détails sont carrément à la limite du lisible (exemples de Blueberry ou de Lone Sloane). Et enfin, les codes narratifs et les références culturelles sont tellement différents que le public jeune ne s’y intéresse pas, déjà rebuté par le prix élevé. Par conséquent, la BD européenne est au Japon un marché de niche, peu rentable, à tirage réduit qui ne séduit que les dessinateurs et quelques amateurs.
      Mais, je vous rassure, ce n’est guère mieux pour les comics. Ils ont néanmoins pour eux d’être dans un format qui ne nécessite pas de réduction et d’être soutenus par les films. Mais les rayons dans les librairies, quand ils existent, sont à peine mieux fournis. Et, pour le coup, les surhommes individualistes sont aux antipodes de la culture japonaise.

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    • Répondu par mmarvinbear le 10 février à  16:34 :

      Allons plus au fond du problème de base.

      Donnez dix millions à un américain et il fait Rencontres du Troisième type.

      Donnez dix millions à un français et il fait Trois types qui se rencontrent.

      C’est toujours valable.

      Répondre à ce message

  • je ne suis pas sur que le marche americain du manga soit superieur au marche francais.

    24.4 millions de mangas(chiffres NPD) ont ete vendus aux Etats Unis en 2021 contre 47 millions en France( chiffres gfk pour la France).
    Meme si on inclue l’offre digital plus difficile a mesurer le marche francais doit rester en tete...

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  • A titre personnel ( je vis aux Etats Unis) je peux confirmer que la taille des rayons manga dans les librairies a explose alors que celle des rayons comics traditionels est en train de baisser apres avoir augmente dans la period 2015-2019.

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  • "Le CA de la BD aux USA est de 8,5 milliards d’euros [2] contre 889 millions en France".
    Serait-il possible de savoir d’ou viennent ces chifres ?
    Meme en incluant les exports ils me semblent tres suspect ou alors ca inclu les produits derives...

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  • Bonjour Didier et merci pour cet article !
    Je pense que si les ventes de comics de super-héros sont en berne aux USA, c’est aussi parce que la stratégie qui consiste à les faire connaitre à un nouveau public via le cinéma n’a pas fonctionné, les gens qui ont apprécié "Avengers : Endgame" ne sont pas pour autant devenus des lecteurs de comics...
    Finalement c’est un peu la même chose pour DC, ils font de mauvais films certes, mais depuis les années 90 ils produisent des séries animées parfois de grande qualité ; résultat : les ventes d’issues continuent de baisser aussi pour eux.

    Je pense que le fond du problème c’est que depuis plus de vingt ans les comics avec des super-héros ne s’adressent plus aux enfants mais à un public adulte ; super histoires, scénarios bien solides, j’adore hein, mais où est le renouvellement des générations ? Automatiquement le genre se ringardise.
    Quand j’étais petit chez le marchand de journaux je voyais les derniers numéros de BLEK ou AKIM et j’avais pas envie de les ouvrir ; j’ai peur que ça ne devienne bientôt le cas pour les comics, des trucs de vieux qui ne font plus rêver les enfants...
    Merci encore beaucoup pour vos articles !
    Pierre

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