Passeur d’âmes - Golo Zhao - Cambourakis

9 octobre 2014 0 commentaire
  • Ce recueil d'histoires doit son titre à la dernière nouvelle, qui fait le lien avec toutes les autres. Si Golo Zhao parvient à nous emmener au cœur de la Chine contemporaine grâce à un travail de forme très soigné, on demeure plus circonspect sur le fond.

Lorsque l’on se retrouve avec Passeurs d’âmes entre les mains, on reconnaît rapidement les qualités que nous avions soulignées pour les précédents ouvrages du jeune auteur chinois Golo Zhao  : une qualité graphique évidente, vue en couleurs dans La balade de Yaya, puis en noir et blanc dans le premier volume de Entre ciel et Terre. Golo Zhao reprend ici la formule en couleurs, avec une colorisation à l’aquarelle mettant en valeurs des paysages et des ambiances contrastées. Les décors, dans l’ensemble, fourmillent de détails et permettent de situer assez facilement les milieux sociaux dans lesquels évoluent les personnages aux traits doux et plutôt enfantins. De plus, Cambourakis propose une édition très soignée grâce à une épaisse couverture cartonnée et des pages agréables à manier.

Passeur d'âmes - Golo Zhao - Cambourakis

On découvre dans ce recueil diverses histoires : un même carrefour où Junjun échappe à plusieurs reprises à un accident ; un photographe qui vend systématiquement des appareils de la même vieille marque ; un soldat qui se remémore ses amours adolescentes et ses choix de vie ; ou un groupe d’enfants attiré par la boutique d’une vieille femme un brin inquiétante aux faux airs de Gargamel, qu’ils finissent par voler. Ces aventures offrent des tranches de vie dans lesquelles les personnages, des enfants adolescents, ou jeunes adultes, sont amenés à prendre des décisions, faire des choix, en faisant appel à l’amitié, l’amour, la vie, la mort, l’au-delà, des thèmes déjà abordés précédemment par Golo Zhao. Réalistes d’un côté, elles ont un autre point commun d’un autre, qui les relient à une dimension fantastique : elles font intervenir des « passeurs d’âmes », sortes d’anges gardiens qui se donnent pour mission que chaque défunt puisse réaliser une dernière volonté.

Si ce fil rouge est attirant de prime abord, l’ensemble manque finalement de surprise. Le découpage des histoires est assez maladroit et donne aux récits une dynamique hachée. Les dialogues sont assez prévisibles et manquent singulièrement de la part de mystère à laquelle l’auteur nous avait habitués. Les sentiments éprouvés par les personnages semblent parfois naïfs, sans doute en raison de formats de récits qui ne permettent pas de suffisamment pénétrer leur esprit. Au final, entre réussite de la perception des ambiances et déception sur l’approche quelque peu superficielle des intrigues, l’ouvrage laisse l’impression d’une idée originale sous-exploitée.

(par Damien Boone)

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