Punisher : Soviet – Par Garth Ennis & Jacen Burrows – Panini Comics

27 octobre 2020 0 commentaire
  • La mort inexpliquée de nombreux malfaiteurs russes sur le sol américain va pousser le célèbre antihéros à s'intéresser à l'héritage de l'ancienne U.R.S.S.

Frank Castle, le Punisher, a un nouveau problème sur les bras : un grand ponte du crime organisé russe pense que l’antihéros s’en prend à lui et à ses activités ces derniers mois. Même mode opératoire, même résultats : les cadavres tracent de leur sang la route qui mène au Punisher. Léger hic : bien qu’il aurait aimé s’occuper de ce dossier, le Punisher n’a pas tué ces malfrats. Craignant des problèmes plus importants, il jette un regard plus attentif à la situation.

Ce qu’il va découvrir va très vite le rassurer : un anonyme russe, au style identique à celui du Punisher, répand la mort au sein du crime organisé russe au fil des derniers mois. Loin d’être hostile envers le Punisher, il lui explique ses motivations, intimement liées à la guerre en Afghanistan. En tant qu’ancien soldat de l’U.R.S.S, il lui raconte bien évidemment son expérience de la guerre qui s’est déroulée entre 1979 et 1989 ; un des nombreux marqueurs de la fin de la Guerre froide.

C’est là que réside une très large partie de notre intérêt pour cet album : en nous racontant une guerre peu évoquée dans ce genre d’intrigues, le scénariste Garth Ennis nous rappelle une nouvelle fois qu’un conflit n’est jamais propre et n’a rien d’héroïque. Ainsi, en nous racontant la guerre d’Afghanistan à travers le point de vue d’un soldat soviétique, le scénariste nous dépeint un tableau très sombre de la guerre, que ce soit des traumatismes sur le corps des soldats ou dans les esprits de ceux qui ont survécu. Un long récit inattendu et bienvenu.

Punisher : Soviet – Par Garth Ennis & Jacen Burrows – Panini Comics
Même s’il n’est finalement pas le héros principal de cette intrigue, le Punisher n’en oublie pas pour autant d’assurer le spectacle !
© Marvel

Pour le reste, cet album est avant tout un intrigue en miroir pour le Punisher : n’allant pas jusqu’à la sympathie profonde pour son homologue russe, Frank Castle comprend les tourments du soldat car il a vécu un enfer similaire lors de la guerre du Viêt-Nam. En aidant cet homme, le Punisher fait d’une pierre deux coups : il poursuit sa quête sans fin contre le crime et essaye d’apaiser la culpabilité qui hante ce camarade soldat.

Ce qui est aussi agréable avec cette intrigue, c’est que les personnages qui gravitent autour du Punisher sont davantage que ce qu’ils paraissent a priori : c’est en écoutant leurs histoires que l’antihéros, et les lecteurs, comprennent qu’ils ont plus d’épaisseur que cette classique histoire de criminalité pourrait le laisser supposer. Des ressorts plus intimistes qui font ici mouche.

Il nous serait aussi difficile de ne pas souligner le très beau travail du dessinateur Jacen Burrows, qui croque avec violence l’horreur de la guerre : sous son trait, les balles font des ravages sur les corps des victimes et les traumatismes de la guerre ont de quoi faire frissonner plus d’un lecteur. Assurément, le travail de l’artiste vient ici sublimer le récit du scénariste.

Punisher : Soviet est un album que nous pouvons vous conseiller, tant ses qualités évidentes permettent d’obtenir un agréable moment de lecture. Au-delà des lecteurs réguliers des aventures du Punisher, nous recommandons cet album aux lecteurs qui apprécient les récits de guerre.

(par Romuald LEFEBVRE)

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Punisher : Soviet. Par Garth Ennis (scénario) et Jacen Burrows (dessins). Traduction de Jérémy Manesse. Panini Comics, collection 100% Marvel. Sortie le 12 août 2020. 136 pages. 18,00 euros.

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