Segments T1 : Lexipolis – Par Richard Malka et Juan Gimenez – Glénat

19 novembre 2011 8 commentaires
  • Richard Malka (L’Ordre de Cicéron, La Face kärchée de Sarkozy, Les Pieds Nickelés…) s’allie avec le maître argentin Juan Gimenez (La Caste des Méta-Barons) dans une ébouriffante saga de science-fiction philosophique qui donne à réfléchir sur la marche du monde.

La jeunesse est décidément incorrigible. Alors que les sept guides, piliers immortels de l’univers, s’échinent depuis près plus de 3000 ans à maintenir l’ordre dans sept secteurs répartis suivant une catégorie de personnalité déterminée par un test à l’âge de sept ans, que cette organisation déterministe maintient l’harmonie depuis trois millénaires, voici que deux jeunes jean-foutres viennent bousculer cette stabilité perpétuelle et fascisante. Foncièrement, nos immortels devraient s’en ficher un peu puisqu’en raison d’une épidémie de stérilité inexplicable et subite, toute espèce humaine aura disparu de l’univers dans 14 ans et des poussières…

En maturation depuis quinze ans, cette aventure de science-fiction est en fait la première création de Richard Malka, ci-devant médiatique avocat à la cour (il avait défendu Charlie Hebdo dans l’Affaire des caricatures danoises de Mahomet). Incorrigible et « multifonctionel » comme ses héros, il refuse comme eux de se laisser enfermer dans la seule catégorie des légistes (galaxie du Secteur de l’ordre) : il se revendique également de celle des arts et de la culture (galaxie du Secteur de la créativité) et, à le lire, on n’est pas sûr qu’il ne relève pas non plus du Secteur de la jouissance, l’un des sept pôles que les maîtres de l’univers s’ingénient à séparer en vertu d’une théorie « segmentiste ».

Segments T1 : Lexipolis – Par Richard Malka et Juan Gimenez – Glénat
Segments T1 : Lexipolis – Par Richard Malka et Juan Gimenez
Ed. Glénat

Dans cet hymne à la liberté, nous sommes frappés, avec Claude Lanzmann, par le savoir-faire éprouvé de son scénariste dans la construction de l’architecture de son système. Un peu comme s’il voulait prouver le caractère inhumain de la logique. C’est ce qui fascine d’ailleurs dans l’apparente harmonie universelle du monde : elle semble obéir à un ordre dont nous ignorons la finalité. Rien de plus angoissant.

Juan Gimenez illustre avec brio ce scénario à la fois linéaire et touffu. On lui reprochera seulement quelques visages indifférenciés qui brouillent parfois la reconnaissance des personnages. Pour un scénario qui milite pour l’individualisation et la liberté individuelle, c’est presque un péché.

Bonne surprise en tout cas que cette nouvelle série de SF qui s’annonce passionnante.

Segments T1 : Lexipolis – Par Richard Malka et Juan Gimenez
Ed. Glénat

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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8 Messages :
  • Richard Malka, ci-devant médiatique avocat à la cour (il avait défendu Charlie Hebdo dans l’Affaire des caricatures danoises de Mahomet)

    Il est surtout l’avocat de la banque d’affaire Clearstream et cette semaine passée de DSK.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 19 novembre 2011 à  08:41 :

      Il est surtout l’avocat de la banque d’affaire Clearstream et cette semaine passée de DSK.

      Pourquoi surtout ? Ces gens-là n’ont pas le droit d’être défendus, ni représentés ? Malka est un avocat reconnu du droit de la presse.

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      • Répondu le 19 novembre 2011 à  09:50 :

        Malka est un avocat reconnu du droit de la presse.

        En l’occurence il est maintenant du côté qui attaque la presse, pas qui la défend, en tant qu’avocat de DSK il attaque le Figaro et l’Express.

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        • Répondu le 19 novembre 2011 à  10:04 :

          Parce que la presse ne fait pas d’erreur, ne désinforme pas, n’est jamais partisane ?

          Vous oubliez que la loi de la presse de 1881 est faite pour protéger la liberté d’expression, pas la presse. Elle n’a pas non plus empêché la publication de La Libre Parole, le journal de Drumont, le théoricien de l’antisémitisme politique.

          Personnellement, je comprends que la banque luxembourgeoise Clearstream, dont le nom a illustré une affaire qui ne la regardait pas -les faux listings mettant en cause Sarkozy- ait voulu contrôler ce qui se racontait sur elle. Et qu’elle fasse appel à un technicien de talent. Notez au passage qu’elle n’a pas obtenu complètement gain de cause, que l’enquête de Denis Robert a été reconnue comme légitime.

          Quant à DSK, la profusion de détails sordides à son sujet que l’on peut voir publiés dans L’Express alors même qu’il n’a pas encore entendu par le juge me rend suspecte toute accusation à son encontre dans le dossier lillois.

          Les manipulations d’un côté comme de l’autre justifient qu’il y ait des avocats de la défense pour que la justice, et finalement elle seule, distingue la vérité du mensonge.

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          • Répondu le 19 novembre 2011 à  18:40 :

            Notez au passage qu’elle n’a pas obtenu complètement gain de cause, que l’enquête de Denis Robert a été reconnue comme légitime.

            Et ce n’est pas faute de s’être acharné sur lui, d’avoir tenté de le détruire, journalistiquement, financièrement et personnellement.

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  • Personne pour parler de Gimenez qui est un des plus grands dessinateurs vivants ?
    En voilà un qui mériterait le Grand Prix à Angoulême, bien plus que beaucoup qui l’ont eu. Et qui mérite que l’on s’attarde sur son dessin, bien plus que les petits jeunes à la mode du bâclé.

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    • Répondu par Tom le 19 novembre 2011 à  21:34 :

      bien plus que les petits jeunes à la mode du bâclé.

      C’est qui vos "petits jeunes à la mode du bâclé" qui sont Grand prix ? Muňoz, Baru, Spiegelman, Dupuy, Berberian, Blutch ?

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  • je l´ai lu d´une traite. Intrigue assez classique, mais l´univers qu´il a crée est très abouti. Dans la ligné de dune.A relire pour les dessins, même s´il est vrai que la reconnaissance des visages est parfois perfectible. Je recommande.

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