Snoopy & les Peanuts, L’Intégrale 1971-1972 – Par Schulz – Editions Dargaud

10 juillet 2011 5 commentaires
  • Ceci est déjà le onzième volume d’une intégrale du plus grand "comic strip" américain de tous les temps. Courant de 1950 à 2000, totalisant 17.897 strips et 2.056 pages du dimanche, cette saga, dirait Lucy Van Pelt, est "un échantillon assez unique du sur-moi de la société américaine".

Onze volumes sont déjà disponibles chez Dargaud et il reste encore trente ans à se cogner, pourrait-on se dire, la fonction de lecteur confine parfois à l’apostolat.

Pas dans ce cas-ci. Vous pouvez offrir (ou vous faire offrir) cette édition sans qu’il soit nécessaire d’investir dans les autres tomes. Le travail de Schulz permet cela : ce sont des petites perles de sagesse, des haïkus graphiques au dessin simple, épuré, ascétique, sans vraiment d’affect.

« - On dirait que les problèmes me suivent partout où je vais. Impossible de les éviter. » se plaint Charlie Brown lors d’une de ses célèbres séances de psychanalyse à cinq cents. « - Où que je sois, les problèmes finissent par me trouver » poursuit-il. « - Ce qu’il te faut Charlie Brown, lui répond Lucy, c’est une vie sur liste rouge… »

Au-delà de l’exemplaire schématisme qui caractérise la bande dessinée américaine (une typologie déjà perçue par Thierry Martens dans son mémoire de 1966 et qui rappelle qu’une véritable étude comparative entre les grandes séries d’humour américaines et européennes reste à faire), on remarquera à quel point l’intemporalité de Schulz vient de ce que quasi rien ne le rattache à l’actualité, alors même que ses pages sont publiées dans les plus grands quotidiens du monde (2.600 journaux, dans 75 pays différents et dans 21 langues au moment de la mort de l’artiste, nous dit sa fiche Wikipedia).

Une société en écho, en quelque sorte, comme dans la caverne de Platon, que l’on devine par ce qu’elle impose comme contraintes aux protagonistes.

Tout au plus voit-on apparaître un camarade de classe noir dans ces pages des années 1970. Actualité en mineure encore dans ce dialogue entre Linus Van Pelt et Charlie Brown : « - Bob Dylan aura trente ans ce mois-ci… ». Réponse de Charlie Brown : « - C’est la nouvelle la plus déprimante que j’ai jamais entendue. »

Déprimante encore aujourd’hui.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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5 Messages :
  • Chef-d’œuvre, chef d’œuvre, chef d’œuvre, chef d’œuvre, chef d’œuvre... Un monument de la seconde moitié du vingtième siècle.
    J’ai juste un regret pour cette traduction : le titre. En France et peut-être aussi en Belgique (?), c’est Snoopy qui est le personnage le plus connu de la bande. Alors, pour quoi ne pas avoir mis en gros Snoopy et en petit les Peanuts. En plus, Charles Monroe Schulz avait horreur de ce titre (cacahuètes...)

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    • Répondu le 10 juillet 2011 à  23:29 :

      Parce qu’on y voit plus souvent les Peanuts (la bande d’enfants) que Snoopy lui-même, alors pour une fois qu’on ne nous trompe pas sur la marchandise, pourquoi râler ?

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      • Répondu par jpa le 11 juillet 2011 à  08:40 :

        et aussi parce que c’est sous ce titre que la série a été créée (en tout cas les premières traductions en français : voir les mini-récits parus dans Spirou en 1962 et les "Gags de poche" parus aussi chez Dupuis en 1965. Yvan Delporte avait l’habitude de respecter au mieux les versions originales)

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        • Répondu le 11 juillet 2011 à  11:05 :

          Dans le cas présent il s’agit plutôt de Maurice Rosy

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      • Répondu par Bakounine le 11 juillet 2011 à  08:48 :

        Je ne râle pas. Cette édition française est excellente. C’est juste que Snoopy est plus connu ici que sa bande de copains. Le titre de l’édition originale chez Fantagraphics est The complete PEANUTS. LA maquette de ce titre a été conservés mais mettre le nom de Snoopy en plus petit est un drôle de choix éditorial.

        Par contre, dire "pour une fois qu’on ne nous trompe pas sur la marchandise"... c’est râler parce qu’on ne nous trompe pas si souvent que ça. Il y a quand même une foultitude de belles choses publiées toutes les semaines...

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