Suprême Dimension HS n°4 : Spécial Manga

15 juillet 2007 3 commentaires
  • L'événement Japan Expo était une bonne occasion pour {Suprême Dimension} d'éditer un Hors-Série "Spécial Manga".

Tiré par cet événement phare qu’est Japan Expo (55000 m², près de 80.000 visiteurs), le manga est à l’honneur en cette première quinzaine de juillet. Comme pour le "Spécial Coluche" édité l’an dernier, Suprême Dimension quitte ses habits de magazine, le temps d’un Hors-série, pour endosser ceux d’un journal quotidien.
Mis en kiosque le 4 juillet dernier, il contient quatre pages consacrés au 8ème impact de Japan Expo avec notamment les interviews de Sandrine Dufour, responsable exposants éditeurs et amateurs, et de Pierre-Yves Devroute, responsable communication. Une fois la manifestation présentée, le journal propose vingt autres pages d’interviews, de portraits, de chroniques, de jeux et de posters.
Barbara Canepa, Kara, Joanna Ardaillon (éditrice chez Soleil Manga) et l’incontournable Jean-David Morvan témoignent de leur passion pour le pays du Soleil Levant. Yuji Ywahara se déclare ravi de la colorisation de sa série Le Roi des Ronces tandis qu’Aki Shimizu (Qwan, Suikoden) s’affiche grande lectrice et admiratrice de Mignola (Hellboy), Frazetta (Conan le Barbare) et Bilal.

La grande tendance aujourd’hui est de vouloir mélanger cultures européennes et asiatiques. Ange, du côté français, et Mook, du côté coréen, évoquent la collection Fusion chez Soleil qui compte deux albums à son actif (Chevaliers Dragons et Rage). Cette passerelle entre deux mondes, hypothétique Eldorado des prochaines décennies, passionne également l’anthropologue Alain Leclerc, organisateur d’une exposition à Corbeil-Essonnnes (France) consacrée à Azi Shimizu.

Un article est consacré au young, un style au confluent des genres. La classification des titres en Shônen, Shôjo et Seinen deviendrait-elle obsolète ? En tout cas, elle est sans doute appelée à exploser. Death Note (éditions Kana) est un exemple éloquent du young qui se caractérise par "des scénarios et des personnages moins idéalistes qu’ailleurs, un dessin parfois plus riche et des thèmes explicites, avec un degré de violence prononcé ou une forte proportion à voir les héroïnes en tenues légères"…

En dernière page, Didier Pasamonik évoque l’arrivée du manga en France. La méconnaissance totale des créations japonaises a prévalu pendant de longues années. La venue d’Osamu Tezuka à Angoulême en janvier 1982 s’est faîte dans une relative discrétion. Manifestement le manga a subi "le poids des stérétotypes dégradés des Asiatiques dans la culture européenne". Il faudra bien sûr attendre le succès des dessins animés japonais puis des jeux vidéo diffusés en France pour inverser la tendance. En 1990, Glénat lance Akira et une quinzaine d’années plus tard les mangas occupent près de 30% du marché français.

Ce Hors-Série ne se limite pas à glorifier auteurs et séries maison. Du coup, sa lecture devient plus pertinente, lui permettant ainsi d’élargir son spectre de lecteurs.

(par Laurent Boileau)

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