Universal War One T6/6 : Le Patriarche - par Denis Bajram - Soleil

18 juillet 2006 0 commentaire
  • La boucle est bouclée, la mécanique infernale de Denis Bajram ne se grippe pas. L'Humanité est bien condamnée par elle-même.

Résumé des épisodes précédents : la Terre a été détruite. Le berceau de l’Humanité fut incinéré tout comme vingt milliards d’âmes par un trou noir apprivoisé, dans un chantage financier de multinationales... pardon multiplanétaires. Et donc l’ensemble de la race humaine a été mise en esclavage par ses propres pairs, devenus maîtres d’un conglomérat d’entreprises, concessionnaires exclusifs de la conquête spatiale. Privée de ses origines, celle-ci ne peut que se soumettre. Oui, mais le reste de l’escadrille Purgatory a peut-être une chance de remettre les choses en ordre, ayant fortuitement découvert le voyage instantané dans l’Espace... et peut-être le Temps.

Après avoir détruit la base du trou noir, d’où les Compagnies Industrielles de Colonisation ont explosé la Terre, l’escadrille Purgatory s’est enfuie vers “Terre III”, anciennement “Mars”. Kalish a fait une tentative de suicide, reste à le sauver. Mais comment trouver un médecin qui acceptera de soigner un fugitif dans un univers où tout est tracé, DRM-isé, où tout le monde est fliqué et aucune contestation possible ?

Mêlant hard-science et politique-fiction, graphisme ultra-réaliste et dessin satirique, l’album est à lecture multiple. Et sa conclusion donne une irrésistible envie de se refaire à la loupe l’ensemble des six tomes de cette histoire complète. Car les détails comptent énormément.

Denis Bajram termine ici son chef-d’œuvre. Et c’est au dernier tome qu’on mesure l’incroyable travail de préparation qu’il a mené dans son scénario pour que tout se tienne de bout en bout. Huit années d’un travail titanesque pour une bande dessinée appelée à devenir un classique du genre. Car mener une histoire de science-fiction en longueur, quand le voyage dans le temps en est un élément important, est un travail loin d’être évident. Ceux qui ont lu « Le voyage dans le temps », ou vu par exemple « Les Maîtres du Temps » ou la trilogie « Retour vers le futur », savent que la cohérence des évènements et de leurs conséquences en rendent l’écriture extrêmement périlleuse. Denis Bajram a tenté d’en faire une production millimétrée, une mécanique infernale où le lecteur n’aura aucune chance de trouver une faille. C’est réussi. Et c’est glaçant. Argh... Moi qui croyais avoir foi en l’Humanité...

Réussite critique et commerciale dès le premier tome, un fan a repris le début de cette série pour en faire une animation en flash. Un signe du succès, et qui sait, peut-être d’une adaptation.

Ce dernier tome est le premier à être publié dans la structure éditoriale qu’a créée Bajram avec les éditions Soleil, Quadrant solaire, et dont sa compagne scénariste, Valérie Mangin, est directrice de collection. Consécration pour quelqu’un qui n’avait pas caché son désir de tutoyer les étoiles depuis qu’il était allé à Kourou.

(par Xavier Mouton-Dubosc)

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