Vampyres, tomes 1 & 2 - Collectif - Dupuis

4 janvier 2010 0 commentaire
  • Vampyres est un ensemble de six adaptations de nouvelles sur le thème du vampirisme. Avec la même idée de départ : on profite de six aventures complètes de 24 pages chacune. Il y en a pour tous les goûts...

Un collectif, c’est comme une parade de Noël.

De prime abord, on émet toujours des réserves : "Ce ne sera pas original", "Ce seront des trucs vus déjà des dizaines de fois", etc. Mais, se laissant finalement entraîner, on s’aperçoit en définitive qu’on y prend beaucoup de plaisir. Bien entendu, on préférera certains chars à d’autres, et ce sera sûrement l’avis inverse de votre voisin. Mais chacun y retrouvera son compte, et c’est l’occasion de découvrir des artistes dont vous n’auriez sans doute pas acheté l’album personnel.

C’est exactement le cas pour Vampyres. L’histoire de ce collectif sort pourtant des normes. Le point de départ est une phrase et un thème, le vampirisme, donnés à six grands noms du roman noir et fantastique. De là, six films ont été tournés, pendant que six couples d’auteurs de bande dessinée se sont appropriés ces récits. En fin de chaque volume, un petit dossier présente les liens entre ces diverses interprétations.

Vampyres, tomes 1 & 2 - Collectif - Dupuis
Pour ces deux jeunes filles, le monde de la nuit va recéler plus de dangers que de réels plaisirs ... ou peut-être un mélange des deux !
© Thirault - March - Dupuis

Chacune de ces adaptations comprend vingt-quatre planches, soit plus de la moitié d’un album ‘standard’. Cela permet réellement d’entrer dans chaque histoire, plutôt que de papillonner de l’une à l’autre.

- Nous vous présentions déjà l’adaptation des âmes meurtries par Matteo et Alcante dans une précédente interview. Si le récit faisant le lien entre deux époques est assez standard, sa transposition ne manquera pas de troubler le lecteur, sans doute une des meilleures du collectif.

- Dans la peau : Philippe Thirault nous entraîne dans le sillage de deux jeunes modèles, qui brûlent la vie par les deux bouts. Elle tombe sur une congrégation de jet-setteurs noctambules qui semble mener un drôle de manège. Le dessin de Guillem March donne un très bel aperçu des sentiments des personnages, tout en collant bien au monde de la nuit. Encore une belle réussite.

- Parti sur une bonne idée de départ, un écrivain en mal d’inspiration, le vrai du faux peine à réellement décoller. Heureusement, la conclusion, emplie de doute, sauve le récit de cette histoire aussi comique que sarcastique, et plus décalée que les cinq autres. Par Krassinsky, Védrinnes, Durand et Schwendinmann.

- De sang frais est également d’excellente facture. Denis-Henri Filippi campe aussi bien ses personnages que son ambiance progressivement intenable. Les dessins et couleurs de Patrick Laumond donnent toute la puissance à ce récit. Si on dépasse les quelques invraisemblances, on profitera pleinement de ce huis-clos contemporain dans lequel on tente de discerner les humains des immortels.

Arrivé depuis peu dans un village, un ancien paparazzo est confronté à une série de meurtres
© Filippi - Laumond - Dupuis

- La Maison sur la colline met en scène une jeune fille qui semble avoir mal supporté les visites nocturnes d’un personnage éthéré. Tout en psychologie, ce récit profite intelligemment du trait haché de Tommy Redolfi. Mais, on aurait pu rendre la même ambiance avec quelques pages de moins. (Adaptation scénaristique : Sylvain Ricard)

- Enfin, si Alizarine présente la version solitaire et polyforme du vampire comme il est couramment accepté, c’est surtout l’excellente composition du personnage principal qui est à remarquer : cet ancien boxeur est poussé par un ami à sortir de la semi-retraite dans lequel il s’est installé, au grand dam de son épouse et de son enfant. Attention au rebondissement final qui pourra effrayer ou choquer. (Par Filippi, Lieber et Gérard)

Que cela soit dans la littérature, avec la ‘suite’ du Dracula de Bram Stoker ou au cinéma, avec Twilight, on remarque le personnage du vampire continue de fasciner. Les lecteurs férus du genre trouveront peut-être que certains de ces récits enfreignent quelques unes des régles vampiriques les plus élémentaires, mais il faut dépasser ce stade pour se laisser entraîner dans les divers univers proposés. Deux cents pages de découvertes, dont le diptyque est d’ailleurs proposé à 25 € au lieu de 32 €. Les couvertures de Dave McKean nous poussent d’autant plus à y succomber !

Les superbes couvertures de Dave McKean

(par Charles-Louis Detournay)

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