Women in Art chez Christie’s : Florence Cestac, Catherine Meurisse et Pénélope Bagieu aux enchères

  • Les grandes ventes aux enchères, et donc les cotes les plus élevées, sont surtout le fait des hommes : Hergé, Uderzo, Bilal… Changement d’époque : les femmes s’y mettent aussi et, facétie du sort, ce sont deux des nominées et une lauréate du Grand Prix d’Angoulême qui occupent l’actualité chez Christie’s dans une vente qui aura lieu le 16 juin prochain et dont l’exposition commence aujourd’hui.

Elles occupent l’actualité et ce n’est que justice. La maison Christie’s met pour la première fois en France, une vente publique dédiée aux femmes artistes, scientifiques, écrivaines, créatrices… dans disciplines artistiques : tableaux anciens et modernes, sculptures, livres, manuscrits, photographies, gravures, design, bijoux, mode - sur cinq siècles de création depuis le XVIe s à nos jours. La bande dessinée n’en est pas absente puisque Pénélope Bagieu, Florence Cestac et Catherine Meurisse figurent au catalogue.

Florence Cestac, qui a déjà participé à Angoulême à une réunion de la rédaction d’ActuaBD, est la première femme à avoir obtenu le Grand Prix d’Angoulême en 2000, bien avant l’une de celles qui lui succéderont peut-être le 27 juin prochain. Son style rond, « disnéyen », lui a valu longtemps une forme de mépris de tenants de l’art, « avec un grand H », comme disait Hergé. Depuis, elle a exposé à la très sélect Galerie Martel, galeriste de Crumb, de Spiegelman, de Chris Ware (autre futur « Grand Prix » ?) ou Lorenzo Mattotti. C’est ce qui s’appelle être bien accompagnée. Mais elle n’avait jamais été confrontée, à notre connaissance, à une salle d’enchères où le rapport à l’œuvre est très différent. L’estimation de la planche exposée (La Vie en rose, ou l’obsessionnelle poursuite du bonheur), est modeste (400-600€) mais elle est susceptible de faire la surprise car l’œuvre de la dessinatrice, qui a travaillé avec Teulé ou Pennac, est plus profonde qu’elle n’en a l’air.

Women in Art chez Christie's : Florence Cestac, Catherine Meurisse et Pénélope Bagieu aux enchères
Pour Cestac, une estimation de 400 à 600€ (hors frais)

Catherine Meurisse, que nous connaissons depuis longtemps et que nous avions désignée comme la « personnalité BD de l’année » dès 2016 a occupé l’actualité de 2020 en devenant la première autrice de BD à l’Académie des Beaux-Arts. Elle aussi se retrouve dans cette vente avec une estimation de 1000-1500€ pour une parodie de Rembrandt (La Leçon d’anatomie du docteur Tulp) parue dans son album sur Delacroix (Dargaud, 2019). Rembrandt-Delacroix-Meurisse, quel trio et quel brio !

Enfin, Pénélope Bagieu, récipiendaire d’un Eisner Award pour la très féministe série Culottées, qui en propose la couverture de la deuxième intégrale avec son portrait de Nellie Bly (1864-1922), de son vrai nom Elizabeth Jane Cochrane, journaliste américaine, pionnière de ce que l’on appelle aujourd’hui le journalisme d’investigation. Sans doute en raison de son rayonnement international et le fait qu’elle soit suivie par des centaines de milliers de followers sur la toile fait qu’elle atteint une estimation de 2500-4000€.

Quels seront leur score au final ? Verdict le 16 juin 2021.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Christie’s : Women in Art
9 avenue Matignon, 75008 Paris
Vente : 16 juin, 17h
Exposition : du 12 au 15 juin

Illustrations : Christie’s / © Dargaud et © Gallimard.

 
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51 Messages :
  • Les originaux de Meurisse et surtout Bagieu paraissent considérablement surévalués, mais il est hélas bien connu que l’exposition médiatique remplace la vraie valeur des oeuvres d’artistes... Curieux de voir, tout de même, s’ils trouveront preneur pour des sommes pareilles. Surtout qu’ils perdront vite de la valeur, une fois que Meurisse et Bagieu ne seront plus à la mode.

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    • Répondu le 13 juin à  11:31 :

      Sur quels critères vous basez-vous pour estimer que leurs œuvres sont surévaluées ? Ça ressemble fortement à la condescendance habituelle envers les femmes auteures. Par ailleurs pourquoi reprocher au marché de l’art de suivre les modes ? C’est le propre du marché depuis toujours d’être aligné sur les tendances. Avoir de la valeur sur le marché signifie qu’on est à la mode du moment, ça n’est pas un brevet d’importance artistique intemporelle.

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      • Répondu le 13 juin à  12:55 :

        Entre 1500 et 2500 pour des planches de Meurisse ou Bagieu, c’est pas si cher, par rapport à leur rayonnement. C’est un prix normal.

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      • Répondu le 13 juin à  12:57 :

        Et Cestac pour le coup, c’est donné. Très sous-estimée, à mon avis.

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        • Répondu par Jack’s le 13 juin à  17:58 :

          Mais non ce n’est pas sous-estimé, c’est un marché de l’offre et la demande, la notoriété ne fait pas tout, loin s’en faut.
          Il faut toujours avoir à l’esprit que les planches originales ce n’est jamais que du papier avec de l’encre dessus, ce n’est pas ça qui a de la valeur.

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          • Répondu le 13 juin à  19:26 :

            Oui et la Joconde c’est de la toile et du pigment. Où voulez-vous en venir ?

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            • Répondu par Laurent Colonnier le 13 juin à  22:08 :

              La Joconde ce n’est pas de la toile, le tableau est peint sur bois (du peuplier 77 × 53 cm).

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  • 2500 à 4000 euros ??????
    sérieux c’est très surévalué le dessin de Bagieu. C’est juste un dessin à l’encre qui lui a pris quoi, une demi heure, une heure ?

    pour Meurisse, je trouve les prix corrects, c’es une planche complète. Pour Cestac, 400 euros pour une planche euh... c’est juste à peine plus que le prix que tu reçois quand t’es édité chez un éditeur qui a les moyens !!! donc oui c’est donné.

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    • Répondu le 14 juin à  18:13 :

      Un Picasso, ça vaut des millions et c’est fait en deux minutes. Rappelons une évidence : il n’y a aucun rapport entre le temps passé et la valeur d’une oeuvre, ni sur le marché de l’art, ni sur le plan de la qualité artistique ou de l’importance historique.

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      • Répondu par mine cassée le 17 juin à  15:31 :

        comparer picasso avec bagieu et les autres... vous rigolez j’espere

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        • Répondu le 17 juin à  16:13 :

          Non. On parle de rapidité d’exécution. Pas de l’importance dans l’histoire de l’art. Par ailleurs Picasso aimait la BD, si l’on en croit l’exposition qui a eu lieu l’an passé. Y a pas d’antinomie.

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          • Répondu par Sergio Salma le 17 juin à  20:37 :

            Alors si le temps consacré au travail est en rapport avec la valeur, les pages de Tuuuuut ( cet auteur injustement méconnu ) devraient valoir des milliers d’euros il y passait un temps fou.

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  • Les résultats sont disponibles sur le lien suivant :
    https://www.christies.com/en/auction/auction-19614-par?filters=&page=3&searchphrase=&sortby=lot_number&themes=

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    • Répondu le 17 juin à  13:15 :

      P. Bagieu = 4000 € (estimation : 2500/4000)
      On est au maximum de la fourchette estimée.
      C. Meurisse = 1250€ (estimation : 1000/1500)
      On est au milieu de la fourchette estimée.
      F. Cestac = 750 € (estimation : 400/600)
      On dépasse la fourchette estimée.
      Résultat : les estimations de Christie’s ne sont pas hasardeuses, elles sont très pros !

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      • Répondu par vous avez de la monnaie le 17 juin à  15:34 :

        avec 4000 balles t’as plus rien.....

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      • Répondu le 17 juin à  17:21 :

        Oui...enfin...il y a aussi de trucs estimés à 250 000 ( fourchette haute ) partis à 400 000 ou estimés à 3000 et partis à 12500 donc les estimations parfois...
        Ceci dit, c’est vrai que sur l’ensemble c’est dans la fourchette ou pas loin.

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        • Répondu le 18 juin à  04:59 :

          Je n’aurais pas mis 4000 euros pour un simple portrait n&b, Bagieu est rurestimée, tout comme Meurisse, 1250 euros pour sa planchounette, on marche sur la tête ! Ce qui me surprend c’est le tarif modique pour Cestac, beaucoup plus installée dans le métier que les deux autres autrices...

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    • Répondu le 18 juin à  07:13 :

      Bilan des courses : des résultats très moyens pour les oeuvres bds comparées aux autres artistes contemporaines, modernes ou classiques.

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  • Une fois la vente passée il est oiseux de parler de surestimation et de surévaluation, on connait maintenant la valeur de ces dessins, n’en déplaise aux vieux cons que les autrices ulcèrent. Si le Bagieu est parti à 4000 € c’est qu’il vaut 4000 €, le Meurisse 1250€ et le Cestac 750 €, ce sont les acheteurs qui font les prix et la valeur des originaux, pas les commentateurs de forum.

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    • Répondu le 18 juin à  15:35 :

      C’est la première fois que je vous vois poster un commentaire intelligent.

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    • Répondu par Autrice le 18 juin à  20:10 :

      Les acheteurs font ce qu’ils veulent et mettre un prix dans une œuvre ne fait pas de vous le maître du bon goût ou le phare qui éclaire le monde parmis les ténèbres. Une femme est tout aussi mauvaise qu’un homme, ce n’est pas une question de sexe. En l’occurrence, ces 3 autrices sont hyper-médiatisé, tendance, hype, à la mode, très magazine féminin, mais pas forcément représentatives du foisonnement d’énergie créatrice de tout un vivier féminin de la BD, plus discrètes, talentueuses et dont les journalistes ne parlent jamais. Ce pays reste foncièrement parisianiste, élitiste et peu enclain à dépoussiérer ses codes sociétaux dont l’ascenseur est en panne.

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      • Répondu par kyle william le 18 juin à  21:39 :

        Oh la la si même les filles ici se mettent à virer réacs et à proférer les mêmes sempiternels couplets anti-élites et anti-soi-disant-parisianisme. Vous êtes jalouse, c’est tout. Bagieu et Meurisse ont du succès en librairie et sont donc médiatisées, c’est ainsi que ça marche. Quant à Cestac, elle est largement au dessus des modes depuis des décennies. Les trois ont du talent. Et au passage, Christie’s est une entreprise anglaise, et des trois dessinatrices, seule Bagieu est parisienne, les deux autres viennent des régions. Il est où le parisianisme ?

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        • Répondu par Autrice le 19 juin à  06:10 :

          Parce-que je suis une femme qui donne son opinion, je suis forcément jalouse... raccourci misogyne. Le succès n’est pas qu’une histoire de talent, sinon tous les gens talentueux réussiraient. Londres n’est pas un argument, car Christie’s a des points de relais dans toutes les capitales. La mondialisation, vous en avez entendu parler ?

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          • Répondu le 19 juin à  06:52 :

            Non non je ne suis pas misogyne, les hommes aussi sont très envieux du succès des autres. Ce n’est pas un trait masculin ou féminin, c’est simplement humain.

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        • Répondu le 19 juin à  08:50 :

          "Vous êtes jalouse, c’est tout. Bagieu et Meurisse ont du succès en librairie et sont donc médiatisées, c’est ainsi que ça marche."

          Ou peut-être l’inverse : parce qu’elles se sont médiatisées ou ont été médiatisées, elles ont du succès en librairie. C’est aussi ainsi que ça marche.

          Bagieu a su être omniprésente sur les réseaux sociaux dès le début de sa carrière, avec son blog et avec ses nombreux dessins publicitaires. Elle est exceptionnellement habile en communication et a su se médiatiser. Son vrai talent, il est là.

          Meurisse a été médiatisée à cause de Charlie Hebdo. Avant l’attentat de Charlie, elle faisait déjà de bons livres et de chouettes dessins mais elle n’était pas une reine de la com comme Bagieu.

          Cestac est là depuis longtemps et elle n’est pas et n’a jamais été à la mode. Elle a son truc à elle et son regard sur le monde. Sa popularité médiatique débute avec l’adaptation au théâtre de "Le Démon de Midi" : un grand succès populaire. C’est plus ce qu’elle raconte qui intéresse le public et les médias plutôt que son dessin.

          Les ventes chez Christie’s sont le reflet à un instant T du succès médiatique plutôt que purement artistique de ses trois autrices.

          Après, oui, il y a des tas d’autrices plus confidentielles qui racontent des choses plus intéressantes et ont un dessin plus inventif ou/et plus habile. Mais c’est le succès médiatique aujourd’hui qui fait le succès commercial plus que l’inverse. Notre époque reste ultra-consumériste et les médias classiques restent des prescripteurs puissants.

          La jalousie, c’est autre chose. Une autrice qui sait qu’elle fait un travail de meilleur qualité et qui n’a pas de reconnaissance a le droit de ressentir non pas de la jalousie mais un sentiment d’injustice : plus vaut moins et moins vaut plus.
          La jalousie, c’est quand quelqu’un d’autre à ce que vous n’avez pas. Pour un auteur ou une autrice, ce n’est pas une question de "plus d’argent" mais "plus de talent" ou un talent que vous n’aurez jamais.

          Personnellement, j’aime bien les dessins de Meurisse mais ceux de Bagieu et Cestac ne retiennent pas mon attention. Mais Meurisse vaut moins cher sur le marché de l’art que Bagieu. Cela ne veut pas dire que mon goût est moins sûr que celui de Christie’s mais que Christie’s estime la valeur d’un objet d’art à un instant donné en fonction de sa popularité auprès des collectionneurs et surtout, en fonction de la popularité médiatique. Mon goût est savamment éduqué et je n’ai ni besoin d’une salle des ventes, ni d’un journaliste, ni d’un éditeur pour faire le tri pour me dire ce que je dois apprécier.

          Par conséquent, les estimations de Christie’s sont justes puisque les dessins se sont vendus à ces prix. Mais rien ne dit que dans le futur, ces dessins vaudront la même chose. Peut-être moins ou peut-être plus. Ce qui est intéressant, c’est que le marché d’originaux de bandes dessinées est récent et essayer de comprendre s’il est un phénomène de mode ou une véritable reconnaissance par le marché de l’art, là est la question. Actua BD est un des rares endroits où il se discute de ce phénomène.

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          • Répondu le 19 juin à  11:53 :

            Quand vous avez du succès en librairie, les médias s’intéressent à vous. Quand les médias parlent de vous, votre succès en librairie augmente. Quand vous n’avez ni succès ni média, vous êtes jaloux.

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          • Répondu par Autrice le 19 juin à  15:46 :

            Malheureusement, la BD n’est pas prête d’atteindre la reconnaissance des autres disciplines artistiques. Lorsque l’on voit que la BD jeunesse affiche une croissance sans faille et tire vers le haut tout le secteur, on est en droit de faire ce constat : les parents achètent de la BD à leurs enfants, ce qui donne toujours une image infantile de notre métier. Comme notre statut professionnel... qui stagne dans les limbes de l’administration ! Dès lors, comment prendre au sérieux la BD en tant qu’œuvre d’art ? Quant au genre roman-graphique (mes principaux albums), l’hypocrisie des conditions de contrat ne nous fera pas grandir. La vente chez Cristie’s (n’en déplaise à la testostérone de Kyle Williams) n’est qu’un épiphénomène pour éblouir le chaland, une sorte de MeToo bon teint.

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            • Répondu par Henri Khanan le 19 juin à  18:03 :

              Bon, les gens qui avaient les moyens ou l’envie de se les payer se les sont offerts. Oui, c’est le principe d’une vente aux enchères, quel que soit le prix final ! Oui, ces autrices ont au moins le talent d’avoir vendu pas mal de livres, et d’avoir eu une exposition médiatique .Bagieu pour le net, Meurisse pour Charlie, Cestac pour le théâtre.
              Maintenant, comme vous, je déplore la sélection limitée à ces trois "autrices" (quel horrible mot !). Oui, il y a plein de femmes qui dessinent bien et mieux, et qui auraient pu être mises à l’honneur dans cette vente. La faute aux gens qui ont validé la liste des lots proposés, mais si ça se trouve, ils ont juste envoyé un mail aux fameuses autrices pour leur demander si elles voulaient participer à cette vente !

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            • Répondu par kyle william le 19 juin à  18:03 :

              Ma testostérone ? C’est vous qui faites du sexisme là. « Me Too-bon teint » qu’est-ce que c’est que ses salades ? Moi ce qui me désole ce sont ces guerres de chapelle perpétuelles dans le métier. Peace and love !

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            • Répondu le 19 juin à  20:07 :

              Ce n’est pas parce que vous produisez une œuvre qui s’adresse en priorité aux enfants que vous produisez un art infantile et infantilisant.
              En revanche, vous pouvez produire un art pour des adultes immatures, des adulescents ou young adults. Je ne crois pas que la reconnaissance d’un art soit indubitablement lié à la réception de son public. Quand vous lisez Alice au Pays des Merveilles ou Winnie l’ourson, vous lisez des livres qui s’adressent d’abord à des enfants mais aussi à des adultes et des adultes très cultivés. Leurs auteurs ont joué sur leur langue et l’ont poussée vers des sommets. PAs de surréalisme sans Lewis Carroll et le nonsense de Milne est une mine d’or. Je peux vous citer des tas d’autres exemples dans la littérature, la musique, le cinéma… Je crois plutôt très adolescent de toujours croire qu’il faut faire adulte pour obtenir une reconnaissance sincère et durable.

              Pour ce qui est de la valeur d’une œuvre, elle est multiple. Sa valeur financière ne correspondant pas toujours à sa valeur esthétique ou historique. Le marché de l’art est un commerce. Pas un musée, un conservatoire ou une bibliothèque.

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              • Répondu par auteur le 20 juin à  05:18 :

                Que vous le vouliez ou non, dans le conscient collectif, la BD reste un truc "de gosse". La proportion de personnes rien qu’en France, jeunes ou moins jeunes, toutes classes sociales confondues, qui ne lit pas ou ne lira jamais de la BD, est effarante. Si la gâteau éditorial devient de plus en plus petit, c’est par manque de lectorat, alors que le nombre d’auteurs, d’éditeurs, de publications, est devenu exponentiel. On compense par la surabondance un marché qui existe de moins en moins. Tout le monde se la raconte devant la diversité du médium, pour ne pas voir le précipice qui s’annonce. La question n’est plus de savoir quant la crise de la BD va arriver, mais plutôt, combien vont rester debout. Touts ces ventes aux enchères ne sont qu’un leurre, qui ne rayonne rien du tout. Cela profite juste aux gens les plus introduits dans le sérail.

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                • Répondu le 21 juin à  06:32 :

                  Il n’y pas de sérail. Seulement une foule d’auteurs qui servent une industrie où seul le succès commercial compte. Et le succès est hasardeux.

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                  • Répondu le 21 juin à  08:01 :

                    Il y a des sérails dans toutes les professions, mais pas dans la BD, univers pur de gens qui s’adorent... allons, allons, à d’autre !

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                  • Répondu par Auteur-trice le 21 juin à  10:34 :

                    Indépendamment du succès, il y a des auteurs qui ont la carte et d’autres non. Ceux qui ont la carte trouvent toujours un éditeur, sont toujours primés et invités dans les festivals, participent à des jury (du CNL, de prix etc) et ont l’oreille des médias, ils peuvent n’avoir qu’un noyau de lecteurs de 1000 ou 1500 personnes mais ça suffit pour enchainer les bouquins et vivre de leur métier.

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                    • Répondu le 21 juin à  12:16 :

                      Non. Les auteurs qui ont « la carte » comme vous dites ne sont qu’une poignée. Effectivement c’est un peu toujours les mêmes parce qu’il y a une forme de paresse intellectuelle aussi bien dans les médias que dans les institutions. Mais je peux vous garantir qu’ils vendent plus que 1000 ou 1500 albums. Je le sais parce que je vends leurs livres toute l’année. Quand vous ne vendez que 1500 albums, à moins d’être un génie hyper-influent, vous n’intéressez ni les médias, ni les jurys des festivals. Et vous ne pouvez pas vivre de la Bd.

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                      • Répondu le 21 juin à  16:21 :

                        N’importe quoi, Dargaud et Glénat font plus de tirage à 1500 exemplaires que vous ne le pensez, et ce n’est pas pour autant qu’ils virent tous leurs auteurs. Et je sais de quoi je parle, j’ai déjà travaillé avec leur imprimeur...

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                        • Répondu le 21 juin à  18:24 :

                          Les tirages à 1500 exemplaires ça n’existe pas chez Dargaud ni Glenat. Vous confondez visiblement les tirages et les ventes. Chez un gros éditeur, le tirage minimal est 4000.

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                      • Répondu le 21 juin à  16:33 :

                        "Effectivement c’est un peu toujours les mêmes parce qu’il y a une forme de paresse intellectuelle aussi bien dans les médias que dans les institutions."

                        Oui, ça c’est vrai. Mais ce n’est pas de la faute des éditeurs. Peut-être qu’il y aurait quelque chose à améliorer ou à inventer parce que les grands médias nationaux sont prescripteurs.

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                    • Répondu le 21 juin à  12:32 :

                      La carte ? Mais quelle carte ? Il existerait une loge secrète avec des rituels initiatiques et des réseaux invisibles ?
                      Vous avez trop lu de bandes dessinées !
                      Un auteur qui n’a qu’un noyau de 1000 ou 1500 lecteurs n’a aucune chance de vivre de son art. Les éditeurs n’ont pas pour vocation à être philanthropes. Participer à des prix ou avoir des prix ne permet pas de vivre de son art. Ce sont les ventes et seulement les ventes qui font qu’un auteur peut intéresser plusieurs éditeurs. Si vous avez eu un prix mais que vous ne vendez rien, à la rigueur, pour la vitrine, un éditeur vous donnera une seconde ou troisième chance mais il ne deviendra pas votre mécène.

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                    • Répondu le 21 juin à  14:13 :

                      Il faut arrêter de fantasmer. Si vous vendez 1500 albums seulement, vous ne gagnez pas un sou, vous faites perdre de l’argent à votre éditeur, il vous met à la porte très vite, et vous ne faites partie d’aucun sérail.

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                      • Répondu par Auteur-trice le 21 juin à  16:45 :

                        Apprenez à lire, je parle d’un noyau de lecteurs de 1000 ou 1500 personnes, ça veut dire qu’ils vendent au minimum ce chiffre, mais parfois plus, et bien-sûr qu’ils en vivent puisqu’on vit de ses à-valoir, pas de ses ventes, je ne parle pas dans le vide, j’en connais plusieurs des auteurs et autrices dans ce cas de figure, ils font de bons bouquins d’ailleurs et plusieurs par an.

                        (et en ne vendant que 1500 exemplaires d’un bouquin l’éditeur peut ne pas perdre d’argent s’il sait gérer le placement)

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                        • Répondu le 21 juin à  18:28 :

                          Gérer le placement ça veut dire quoi ? Un éditeur peut se permettre le luxe de garder des auteurs-vitrines qui vendent peu s’il a des best-sellers par ailleurs. Mais si 15 ans d’affilée, vous ne décollez jamais des 1500 exemplaires vendus, votre carrière s’arrête. Vous ne vivez pas toute votre vie sur vos avances sur droits si vos ventes ne s’améliorent pas à un moment donné. Bagieu et Meurisse vendent beaucoup plus que 1500 exemplaires.

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                  • Répondu le 21 juin à  15:16 :

                    Non, tout le monde ne s’adore pas. Il y a, comme le dit Kyle William, pas mal de jalousies, et de guerres de chapelles. Mais pour avoir travaillé dans la pub, à la télé et dans l’édition au sens large, je peux témoigner que le milieu de la bd n’est pas le pire et qu’il règne toujours entre les auteurs, femmes et hommes, un certain respect et une vraie confraternité, quelques soient les styles et le succès des uns et des autres. Ce qui est vrai, c’est que le contexte est de plus en plus tendu, les auteurs sont de plus en plus nombreux alors que marché se resserre, ils sont mal payés, beaucoup prennent un autre job et la compétition est dure.

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                    • Répondu par auteur bd le 21 juin à  15:56 :

                      J’en lis des bêtises sur ce site, mais là, c’est énorme ; beaucoup de "sachant" qui interviennent sur Actua BD, en fait, ne savent rien du tout. Bien sûr qu’il y a des connivences, du piston et du sérail dans la BD. Comme partout dans la société. La moyenne d’un tirage en ce moment se situe entre 1500 et 3000 exemplaires. Par-contre, à 1500 exemplaires, un éditeur va signer 10 projets, plutôt que deux projets avec un tirage à 10000. Il est vrai aussi que des auteurs et autrices qui ne vendent qu’à 3000 ou 4000 exemplaires par album, signeront plus souvent des contrats que quelqu’un qui fait 12000 ventes sur un album. La notoriété est devenue plus importante que tout le reste pour une raison très simple : l’exposition médiatique de l’éditeur. L’illogisme éditorial est l’une des constantes de la BD. Je bosse dans la com et le milieu de la BD n’a rien à lui envier en matière de coups tordus, d’hypocrisie et de lâcheté. Hé, ho, faut sortir du carcan "petits mickeys", la BD, comme toute activité à profits, broie des carrières tant que la ligne comptable tient la route.

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                      • Répondu le 22 juin à  07:44 :

                        Et votre seuil de rentabilité sur un premier tirage à 1500, vous le placez à où ?
                        Et si vous tirez à 1500, vous arrivez à en placer combien et combien faut)il en garder en réserve en cas de réassort ?
                        Des réimpressions à 1500 voire 500, je veux bien mais de grands éditeurs qui tirent des livres en couleur à 1500 et qui arrivent à faire des bénéfices avec, faut qu’on m’explique le prix de fabrication et la ventilation des coûts divers et variés.

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                        • Répondu par auteur le 22 juin à  09:20 :

                          Album de 46 pages, coût de fabrication : 90 centimes d’euro ! Sur un roman-graphique, le coût de fab est moindre et c’est vendu plus cher qu’un 46 pages !

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                          • Répondu le 22 juin à  10:14 :

                            Ce n’est pas la fabrication la charge principale d’un livre pour un éditeur. C’est la diffusion. 60% du prix de vente d’un livre revient au diffuseur.

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                          • Répondu le 22 juin à  10:31 :

                            Coût moyen de la diffusion-distribution ?
                            Coût de l’équipe éditoriale (éditeur, correcteur, maquette, service de presse, marketing, comptabilité…) ?
                            Coût moyen du stockage ?

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                          • Répondu le 22 juin à  22:05 :

                            Non. Un roman graphique en couleur coûte plus cher à imprimer qu’un album couleur 48 pages.

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