dBD n°44 : À la guerre comme à la guerre !

18 juin 2010 0 commentaire
  • Encore un numéro très rempli pour cette nouvelle livraison de dBD, placée sous le thème de la guerre en BD.

L’étonnante couverture réalisée par François Boucq, de retour d’une expérience carnavalesque à lire en détails, ne doit pas faire illusion : l’essentiel de ce 44e numéro est davantage consacré à la folie guerrière que celle du carnaval !

Non, la bête n’est pas morte ! Dans une enquête fournie et documentée la revue prend le contre-pied du titre de l’album bien connu de Calvo pour nous démontrer comment la BD s’est emparée de ce thème remis au goût du jour pour cause de commémoration du 18 juin. Toujours érudit, le travail d’Henri Filippini apporte un éclairage sur ce qui relève du genre de la « BD de guerre ».

La guerre est déjà bien loin pour les héros des "Petits ruisseaux". Ce n’est pas là, la préoccupation majeure de ces personnages qu’on n’ose traiter de vieillards tellement leur rage de vivre reste intacte. En s’intéressant à ceux que l’on appelle plus ou moins pudiquement les personnes z’âgées (ou le troisième âge) Pascal Rabaté avait déjà bousculé pas mal d’idées reçues, l’adaptation au cinéma de son album publié en 2008 chez Futuropolis donne l’occasion de revenir vers cet auteur si singulier et attachant à travers un bel entretien.

La guerre sert aussi de toile de fond à l’album Tranquille Courage de Tefenkgi et Merle. Ce dernier, scénariste du diptyque relate dans le magazine comment est né ce projet éditorial original. Une histoire de famille, une histoire vraie, un travail de mémoire revisité par ces deux jeunes auteurs.

En guerre, Henri Filippini l’est aussi ! Mais lui se bat pour défendre une certaine conception de la bande dessinée, la sienne. Conception joliment illustrée par le bel hommage rendu au créateur d’Arthur le Fantôme, Cézard injustement oublié aujourd’hui et dont il rappelle le magnifique parcours graphique. Conception qu’il défend bec et ongles dans un texte où il fustige avec vigueur la politique éditoriale de fuite en avant menée sans vergogne de certains acteurs du monde de la BD.

Résister ? La posture en ce mois de juin reste de saison !

(par Patrice Gentilhomme)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

dBD n°44 en kiosque et en librairie, 8,90€

  Un commentaire ?