Astérix - Le Ciel lui tombe sur la tête - par Albert Uderzo - Éditions Albert René

14 octobre 2005 21 commentaires
  • On doit à Alexandre le Grand cette information concernant la peur qui terrifie les irréductibles Gaulois : celle que « le ciel leur tombe sur la tête. » Dans cette nouvelle aventure d'Astérix lancée comme à l'accoutumée avec un battage extraordinaire, certains lecteurs se demanderont si ce n'est pas cette fois sur la tête de l'auteur que le ciel est tombé !

Le succès a cette sale habitude : à chaque nouveauté, l’auteur d’une œuvre de grande notoriété est attendu au tournant. Goscinny n’en revenait pas. Il constatait déjà à la fin des années soixante, au début avec amusement, ensuite avec agacement, que la plupart des « critiques » considérait que son nouvel album était moins bon que le précédent : « À chaque nouveauté, disait-il , je baisse ! ». Il ne lui avait pas échappé que le scepticisme croissant des critiques semblait indexé sur la courbe de ses ventes. Le discret Uderzo sait cela. Il lui revient cette sentence de Georges Dargaud, prononcée aux obsèques parisiennes du scénariste : « Goscinny est mort, Astérix est mort ! » Or, Astérix n’a jamais été aussi sollicité, aussi vivant. Alors il reste cet argument, que l’on ressort à chaque fois, puisque « Goscinny est mort » : « il est moins bon que le(s) précédent(s). »

On peut dire que, dans cet album, Uderzo donne même un bâton pour se faire battre : il transforme une BD qui a fait sa réputation en parodiant l’histoire en un étonnant récit de science-fiction. Cette fois, la Gaule n’est pas envahie pas les Romains, mais par les extra-terrestres ! Et quels extra-terrestres ! Ni plus ni moins des parodies de superhéros et de mangas ! Un sympathique petit personnage violet est accompagné d’une cohorte de clones du Monsieur Muscle austro-californien Schwarzenegger déguisé en une sorte de Superman ; face à lui, un méchant Yoda qui aurait choisi la force stupide vole dans une fusée dont les atours font penser à Goldorak [1] et dont les sbires sont ici nommés « Goelderats », « Gueules de rats ? » interroge Astérix, peut-être par allusion à un sketch de Guy Bedos.

Pourtant, si l’on dépasse les préventions suscitées par ces surprises incongrues, l’album se laisse lire. Il est correctement ficelé et plutôt bien dessiné, les séquences s’enchaînent sans heurt dans un récit peut-être un peu trop linéaire. On regrette, comme à chaque fois, de ne pas retrouver le travail sur la langue qui était la marque de fabrique de Goscinny, mais on en conclut qu’Uderzo nous a produit là, pour le moins, un album honnête.

Les bédéphiles que nous sommes sont néanmoins interpellés par la parabole : en clair, les super-héros américains et les héros bariolés japonais ne doivent pas nous impressionner, malgré la puissance de leurs gadgets. Si nous restons nous-mêmes, nous serons irréductibles. Cela, Astérix nous le prouve chaque année depuis quarante ans !

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

[1On se rappelle que l’éditeur d’Astérix de l’époque, Georges Dargaud, était également l’éditeur français de Goldorak à la fin des années soixante-dix.

 
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21 Messages :
  • Je n’ai pas acheté l’album (j’attends un hypothétique SP), mais France 2 vient d’en révéler la teneur dans son 20h. Le moins que l’on puisse dire, c’est que... ça fait peur ! Je reviendrai argumenter la semaine prochaine, si ça en vaut la peine ;-) [-O-]

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    • Répondu par Jérôme Ligeti le 15 octobre 2005 à  18:54 :

      Je serai moins sévère que nos deux intervenants précédents.

      Je crois que le problème réside dans le fait que beaucoup de gens s’attendent à voir le dessinateur d’Astérix reprendre ce qu’ils ont aimé dans les précédents albums, notamment ceux écrits par Goscinny. Sans doute ces lecteurs, habituels déçus, s’attendent-ils à chaque nouveauté à un remake de Astérix Gladiateur ou Astérix Légionnaire ou autre titre mythique ?

      En tout cas, concédons à Uderzo, qui est quand même l’auteur légitime de ces aventures, anciennes et nouvelles, le droit de faire les oeuvres qui lui plaisent.

      Que ses nouveaux albums plaisent ou déplaisent, le fait est qu’ils sont l’oeuvre de l’auteur lui-même (aidé par des assistants, certes, car il souffre d’un handicap qui ne lui permet plus d’encrer et surtout de tenir son crayon comme autrefois).

      Pour revenir à l’album lui-même, j’ai été assez agréablement surpris. Les deux précédents ne m’avaient guère inspiré, mais ce nouvel album m’a bien plu, à la première lecture. L’article de Didier Pasamonik m’a fait prendre conscience ensuite du sens de l’album. La réflexion de M. Pasamonik est réellement éclairante !

      Rien n’est gratuit dans cet album, qui est, à mon sens, une belle réflexion sur la bande dessinée française (européenne), américaine et japonaise. J’ai personnellement pris beaucoup de plaisir à une relecture, avec ce nouveau prisme.

      J’évoquais une "belle" réflexion, une réflexion personnelle, mais après tout, au pays de la "politique des auteurs", comment refuser à Uderzo - qui est un auteur au même titre que n’importe quel auteur publié par des éditeurs indépendants - de publier ce qu’il pense, ce qu’il veut, de la manière dont il le souhaite ?

      Bref, j’ignore ce que chaque lecteur attend de la nouvelle édition d’une série mythique. Sans doute projette-t-il consciemment ou non, toute la part de nostalgie, de plaisir, pris lors de lectures passées, toute la part de rêve et de fantasmes d’histoires nouvelles ? Une chose est sûre, la réalité ressemble rarement aux rêves.

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      • Répondu par Jean-Marie Prudhon le 16 octobre 2005 à  04:06 :

        Oui monsieur Ligeti, la réalité ressemble rarement au rêve.

        Mais ceci peut-il excuser le partis que monsieur Uderzo a pris de se servir de la série Astérix comme tribune pour exposer des idées en opposition totale avec la teneur du discours des albums scénarisés par Goscinny ? : des idées de partages, de découvertes de l’autres et une critique intelligente de notre monde contemporain. Au fil de ses scénarios Goscinny nous donnait à réfléchir sur les sujets abordés, il pouvait parodier de manière certes parfois moqueuse, mais toujours en gardant un certain recul dans son propos. En bref il nous proposais une vision intelligente qui encourageait à l’ouverture d’esprit. Ce qui est à peu près le contraire de ce que la lecture du dernier Astérix nous offre. Mon avis seras peut-être biaisé par l’affection que je porte à la bande dessinée japonaise, mais je crois tout de même juste de dire que de simplifier ainsi une rivalité nippo-américano-française sur le terrain de la BD (théorie qui reste à étayer) revient à réduire le champs d’observation de la bande dessinée mondiale en nommant les bons et les méchants, faisant entrer Asterix sur le terrain d’une pseudo-guerre culturelle nourrie d’incompréhension et d’a priori.

        Attention, je ne dis pas que Uderzo n’as pas le droit d’exprimer ses idées, je ne voudrais surtout pas être taxé d’idées fascisantes, je pose simplement la question suivante : un album d’Astérix est-il le meilleur endroit pour tenir ce genre de discours ? Pourquoi ne pas écrire un article dans la presse, j’imagine qu’il y aurait quantité de publications qui accepterais volontier de publier un texte d’Uderzo sur le paysage de la bande dessinée actuelle.

        Pour finir, je dirais que plus qu’une attaque en règle contre la bande dessinée japonaise, ce que monsieur Uderzo a réussit à faire dans ce 33éme album, c’est détruire l’univers de sa série, une création sur laquelle il avait oeuvré avec brio durant de nombreuses années, tout ca pour en arriver là. Alors voilà, je suis aussi triste pour nos sympathiques gaulois que pour les "nagmas", victimes encore une fois d’incompréhensions et de clichés à la peau dur.

        La réalité ressemble rarement au rêve, mais il n’est nul besoin de détruire les rêves d’autrui.

        Voir en ligne : Le ciel lui tombe sur la tête, ou “Astérix et les mangas” : une charge gratuite contre la culture populaire japonaise

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        • Répondu le 24 octobre 2005 à  12:42 :

          merci pour ce texte c genial.
          je pense que l’album ne doit pas nous surprendre.l’aventure n’a rien a voir avec les 32 précédentes,c’est pourquoi elle surprend.
          cela deplaira a beaucoup de monde,mais "alea jacta est",et on verra la reaction a l’echelle mondiale.enfin bref je n’ai pa encore lu l’album,mais meme si il est,allez disons le,naze(je di sa,je di rien je lai pa lu als je peu pa juger sur les reactions des autres),ce n’est pas sa qui menlevera la passion et le plaisir davoir dans les mains un village plin dumour,de geros attachants et de sangliers rotis pour la fin !

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        • Répondu par JC Lebourdais le 24 octobre 2005 à  13:37 :

          Il suffit de se rendre compte qu’Aterix a cesse d’exister en 1977 et que le concept marketing homonyme dont on peut lire les albums aujourd’hui n’a aucun rapport avec lui, si ce n’est une vague ressemblance physique.
          L’occasion de relire les aventures du heros de notre enfance et de passer un bon moment.

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          • Répondu par philkou le 25 octobre 2005 à  18:35 :

            Je trouve un peu consternant et facile de dire qu’ Asterix est mort avec Goscinny.Depuis qu’il est mort, il est encensé au dela de toutes considerations artistiques. Je ne dénigre pas ses qualités de conteur mais je trouve excessif la sacralisation autour de lui.

            Il ya certains albums scénarisés par Goscinny qui sont completement nuls (La grande traversée , le cadeau de César) et d’autres entierement réalisés par Uderzo qui sont supers (Le fils d’Astérix, l’Odyssée d’Asterix).

            Ceci dit pour moi, tous les albums publiés depuis le Rose et le Glaive sont nuls.

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            • Répondu par Valérie Lahaie le 26 octobre 2005 à  20:08 :

              "Le Ciel lui est tombé sur la tête", comme je l’ai dit dans un autre site, n’est pas un album nul, bien au contraire. Seulement, le punch ne se situe pas dans l’histoire elle-même, mais dans les images. L’indice se retrouve dans le mot de la fin : Walt Disney. Le nom de l’étoile est en fait un anagramme de son nom et Toune, une reprise des shémas de Mickey Mouse (contours de sa figure, boutons de culotte placés verticalement au lieu de latéralement). Les superclones sont une caricature d’Arnold Schwarzenegger et le combat auquel les Gaulois assistent en rang, une parodie des films bruyants et sans objet des films d’Hollywood. D’ailleurs, la réaction d’Obélix, nullement impressionné par le spectacle, illustre NOTRE réaction vis-à-vis ces films. Ainsi, aux côtés de Mickey Mouse, Super-Man, Goldorak (Gueules de rats) Astérix, pour la première fois, fait face à sa dure réalité de personnage de BD.Voilà pourquoi le ciel lui tombe sur la tête.

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            • Répondu par djeffix le 26 octobre 2005 à  22:33 :

              je ne suis pas d’accord seul le dernier opus m’a deçu , les autres m’ont satisfait .

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  • Une fois l’albm refermé qu’en penser ? Il se laisse lire(enfin, regarder) en 10 minutes.Le manque d’imagination est total et absolu.C’est une daube intégrale.Je ne vois rien à retenir.On peut juste espérer qu’avant d’acheter la chose les futurs pigeons ouvriront le truc,regarderont et comprendront.Uderzo n’a plus rien à prouver,plus rien à dire,plus rien à vendre.Il faut souhaiter que ce soit VRAIMENT le dernier de la série.La seule certitude de cette gigantesque opération, c’est que le fric va lui tomber dans les poches.Alors, faisons en sorte qu’il en tombe le moins possible.

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 15 octobre 2005 à  12:29 :

      Encore le même discours : "c’est une daube" et "Uderzo s’en met plein les poches". Il passe en boucle dans les forums depuis hier, repris en tout ou en partie par certains médias.

      Cela vous arrive de produire une opinion plus nuancée, moins "daubesque" ?

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      • Répondu le 16 octobre 2005 à  17:24 :

        Si certaines réactions au nouvel opus d’Uderzo peuvent sembler violentes, leur expression parfois outrancière n’est qu’à la mesure de la déception à laquelle il paraît difficile de trouver pareil précédent. Le dessinateur, dont les qualités humaines et la réelle gentillesse purent embarrasser mon esprit critique, parvint à porter seul le flambeau durant une douzaine d’années malgré les esprits grincheux et nécrophiles. Mais si "La galère d’Obélix" et "Latraviata" étonnaient par leur absence de propos (et déjà des faiblesses graphiques certes acceptables d’un vaillant septuagénaire), cette nouvelle escalade dans le superlatif (médias, hommages, tirages, ventes) inclut désormais une réelle médiocrité : cet "hommage" à des imageries US et nippones, classiques ou contemporaines, est bien plus bancal qu’hybride tant l’auteur-illustrateur échoue à crédibiliser son approche de ces univers, et surtout leur parodie qui rime désormais avec ennui. Car le décalage avec les 32 albums précédents est loin de n’être que thématique (Franquin, Hergé ou Tome et Janry purent décontenancer sans pour autant se saborder). Le vrai (?) "second degré" se manifeste ici bien trop peu pour retenir davantage qu’un manque flagrant d’inspiration (une relecture "analytique" ne me révélant qu’un certain esprit cocardier qui renvoie la série à sa réception plutôt qu’à son essence). Comment n’y pas voir essentiellement une tentative brutale d’élargir encore (jusqu’en quelles galaxies ?) un lectorat à la fidélité supposée infaillible ? Les 400 000 albums vendus en un peu plus de 24h semblent conforter la progresive indolence d’une superstar du Neuvième Art, dont l’imprudence pourrait pourtant porter ses fruits. Car si le succès commercial et mondial d’Astérix demeure, croissantes et cinglantes vont aussi les critiques - souvent radicales - envers le cynisme et la paresse du succès pérennisé. Et au-delà du classique rejet des pères, le peu d’attrait de l’actualité de certains "anciens" aide nombre d’adolescents et jeunes adultes - qui seront demain le pouvoir d’achat BD - à se détourner totalement d’un patrimoine au sein duquel toutes les perles ne connurent pas le destin du petit gaulois. Par sa déchéance confirmée et surtout obstinée (pourquoi ne pas s’être retiré dignement s’il ne souhaitait d’autre scénariste ?), la créativité d’Uderzo risque aujourd’hui d’entériner ce semblant de "gérontophobie", certes croisé dans tous les domaines artistiques mais dont les effets sont de plus en plus constatés dans les librairies spécialisées. S’il ne porte seul cette responsabilité, notre cher Albert descend hélas bien plus bas qu’aucun autre Hergé ou Cauvin...

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      • Répondu par Goliath le 16 octobre 2005 à  19:49 :

        Je suis d’accord avec Didier Pasamonik, ce que j’ai lu sur tous les forums depuis deux jours est lassant, et très convenu. il est facile dehurler avec les loups... Uderzo gagne de l’argent, c’est donc un péché, la BD ne pourrait donc qu’être une "m..." commerciale.

        Peut-être un peu par provocation, je vais vous dire que j’ai bien aimé le dernier Astérix, meilleur que les précédents à mon sens. L’esprit gaullien de la série est présent : les E.T. "américains" sont plus sympatiques que les "japonais", mais Astérix et Panoramix se méfient malgré tout du mickey sans oreilles (rappelons toutefois au passage l’admiration d’Uderzo pour Walt Disney). Et Schwartzy le clone (clown ?) gaffeur est assez "Bushjuniorien". Quand à la présence d’ET mangas, je l’ai prise comme un aimable clin d’oeil sans conséquences nauséabondes de la part d’Uderzo. N’en déplaise à certains fans de mangas (y compris parmi les auteurs, cf un autre site belge sur la BD dont le nom signifie Paradis),Goldorak est cité car c’est sans doute le manga de SF le plus connu en France, et Astérix s’adresse à un vaste public...
        Tant pis pour les gardiens du temple qui crieront au sacrilège devant le cocktail SF / Astérix, comme leurs ancêtres ont pu crier devant le pantalon de golf abandonné par Tintin dans les Picaros... C’est de la BD, il n’y a pas mort d’homme. Gardez votre révolte pour des causes qui en valent la peine, le monde n’en manque pas !

        Uderzo aurait pu prendre une retraite dorée depuis longtemps, mais malgré sa main, il continue de dessiner, et quel dessinateur il reste à 78 ans ! Ses crayonnés en témoignent.

        Cela dit, rassurez-vous, je préfère les albums scénarisés par Goscinny. Mais quand un Astérix parait, je me dis "chouette, je vais lire l’album d’un des tous meilleurs dessinateurs de BD que je connaisse". Ne boudons pas notre plaisir.

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        • Répondu le 25 octobre 2005 à  01:48 :

          Vous avez aimé cet album !!??!! mais vous aimez aussi lire le bottin non ??!!

          Je l’ai lu, en 10 minutes, et n’y ai trouvé absolument aucun intérèt. J’ai ADORE tous les Asterix produits par Uderzo et Gossini, beaucoup moins les derniers depuis la mort de G, et pas du tout celui la.
          Le scénario est tout simplement inexistant, l’histoire se traine tellement que l’on a pas envie de la relire une 2e fois pour y déceler des jeux de mots et autres références ’subtiles’.

          Je suis si déçu que je regrette de l’avoir acheté et l’idée qu’il s’en vend autant me choque en effet : c’est de l’argent gaché pour tous ces gens qui vont être déçus comme moi ; il auraient mieux fait d’acheter n’importe quel manga (et Dieu sait aue je ne suis pas fana de ces BDs la !!).

          Tant mieux pour ceux qui ont apprécié, Uderzo et la maison d’édition vont surement continuer à les satisfaire. Moi, je tourne la page...

          Luc

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      • Répondu par sebastien le 18 octobre 2005 à  16:11 :

        Oui, bien sûr, il est facile de traiter le nouvel Astérix de daubesque, comme tous les albums réalisés par Uderzo depuis...disons la galère d’Obelix....trop ? Hélas non.
        Car si le graphisme d’Uderzo tient toujours (très) bien la route, la platitude du scénario, l’absence d’une seule case drôle et le plaquage systématique des éléments de la série (les pirates ? Une case ! la bataille de poissons ? une case ! ) en fait non seulement le pire album de la série, mais surtout et tout simplement une très très mauvaise bande dessinée qui se lit sans aucun plaisir. (et on passe sur la stigmatisation réac des mangas, sacrés français ! ;-))

        Uderzo est malin et parfaitement lucide sur son travail. Peut être a t’il tout simplement décider d’arrêter là et de tuer sa série...comme tous les grands empereurs ?

        C’est triste, pathétique. On aurait tellement aimé avoir un petit peu de plaisir, même sans Goscinny, à lire cette nouvelle aventure.

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      • Répondu par R Gorau le 18 octobre 2005 à  21:42 :

        Comme je sens comme une invitation à répondre dans votre courte mais agréable prose,à défaut de nuancer ou d’être moins "daubesque", je vais un peu m’expliquer.J’ai acheté deux albums (un pour le lire, l’autre pour ne pas l’user)sans avoir lu ou entendu quoi que ce soit et sans ouvrir ou parcourir.Je me le suis gardé au chaud pour le lire et pour le déguster quelques heures aprés pour bien le laisser reposer.Et je n’ai pas aimé.Je suis allé sur ce site, ai lu la présentation critique de l’ouvrage et ai rebondi sur le dernier paragraphe de son auteur.Malgré toute l’admiration que je voue à Uderzo, je ne trouvais RIEN de ce que j’aimais...Et quelques facilités comme la page 8,26,27,34 et 35 m’ont donné à penser que ça dépassait un peu les bornes.Je me suis ennuyé et je n’ai pas ri et je me suis donc servi du forum pour exprimer ma déception.Je n’ai pas fait référence au passé, n’ai pas écrit que c’était mieux avant etc...J’étais décu, j’avais envie de le faire savoir. Et je suis allé voir si mon petit mot était accepté ...Voilà. Aujourd’hui, j’ai acheté Le Figaro hors série (parce que j’achète tout ce qui s’écrit sur Astérix) et j’ai trouvé bien faite la critique de Raphaël Stainville.Je serais donc passé à côté du "scénario d’apocalypse"...Aprés tout c’est possible. En tous cas ,j’ai beaucoup de mal à ne pas penser que cet album est le dernier de la série et c’est bien triste...J’ai 54 ans et ce constat est sans doute un refus de l’inéxorable...(Je vais prendre rendez vous avec mon psy pour qu’il m’explique tout cela.)
        Cordialement,
        Richard

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  • A la lecture de cet album, la déception est légitime : le pitch de départ est très décevant (et ne semble se justifier que pour la création de nouvelles attractions au parc Asterix), le scénario inexistant (succession de séquences sans grand interêt) et la métaphore sur la culture grossière. Ne reste que les dessins, plutôt bons, et une envie irresistible de se replonger dans les "vieux" tomes qui pour le coup paraitront infiniment plus modernes dans leur discours.

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  • Tout simplement dessus, rien à dire de plus....

    Ce tom n’a rien à voir avec les autres

    Serai-ce un extraterrestre qui a écrit cette BD ?

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    • Répondu par FRAN 6 le 19 octobre 2005 à  19:31 :

      Pour beaucoup, leur opinion sur cet album sera la phrase figurant à la case 1 de la page 46 :
      "Afin de faire oublier cette aventure grotesque, je vais faire en sorte que les gaulois n’en gardent aucun souvenir !".
      Pour moi, il ne s’agit pas vraiment d’une aventure d’Astérix mais d’un album où figure Astérix.
      Uderzo termine une carrière glorieuse par cette pochade, dans le ton des parodies de feu Pilote. La BD française résistant aux assauts de la BD américaine et japonaise.
      L’idée n’est d’ailleurs pas originale, car dans l’album "Uderzo croqué par ses amis", paru en 1996 aux éditions Soleil, sur la carte de la Gaule de la première page, la mention "conquête romaine" était remplacée par la mention "conquête manga", les armes de Rome, plantées dans la Gaule étaient remplacées par des symboles du Japon (sabres de samouraï, drapeaux japonais, tête de manga...), les camps romains entourant le village étaient remplacés par des temples japonais, les soldats romains par des personnages de mangas. Le texte en bas de page parlait de la Gaule occupée par les mangas...
      La dernière aventure d’Astérix, dans l’esprit Goscinny, était "la rose et le glaive".
      A partir de là, Uderzo, en bon grand-père, a conçu deux albums pour un très jeune public, qu’il a d’ailleurs dédiés à ses petits enfants (la galère et Latraviata). Le 32ème, qui n’avait d’ailleurs pas de numéro à sa sortie, étant une compilation de petites histoires pour enfants.
      Le 33ème (qui devrait être le 32ème si c’était vraiment une aventure d’Astérix !) a une couverture presque identique à celle du 1er. Astérix ne tape plus sur les envahisseurs romains mais sur la BD niponne qui tente de tout envahir. Uderzo tire sa révérence avec cet ultime pied de nez.
      Je me trompe diront certains. Il ne s’agit que d’une affaire de gros sous, destinée à remplir un peu plus le chaudron à sesterces d’un mauvais scénariste (a-t-il payé des droits d’auteur à celui à qui il a emprunté l’idée ?) et de son entourage.
      Je préfère ma version, même si elle est fausse, pour ne pas gacher tant de bons souvenirs !.

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    • Répondu par Baywin le 19 octobre 2005 à  22:51 :

      Ce tome hybride, détruit le côté culte et historique d’Asterix...

      Je crois qu’Uderzo commence vraiment à manquer.

      Voir en ligne : http://www.baywin.net/Forum/portal.php

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  • Encore une fois, M. Pasamonik fustige "le même discours [... qui ] passe en boucle dans les forums depuis hier" (cf. les articles concernant "l’Affaire du Siècle" et "Rester Normal"). Pourtant, ce discours - qui reste minuscule par sa portée - me semble salutaire en contre-poids de la campagne médiatique pharaonique dont dispose ce nouvel Astérix.

    Si le dessin reste solide sur cet album, que dire en effet du scénario dont la minceur n’est égalée que par la maladresse de sa construction ? Relisez à titre d’exmeple les 10 dernières pages qui rallongent artificiellement la sauce sans autre objectif que de permettre d’atteindre péniblement le compte des pages.

    De toute façon, ce discours "daubesque" n’a pas grand impact puisque 800 000 exemplaires ont été vendus dans les 3 jours qui ont suivi la sortie.

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  • Je tire mon chapeau à cet article, je n’ai jamais vu un texte aussi consensuel sur Astérix. A croire que même un auteur et un des plus grands dessinateurs de BD franco belge ne peut absolument pas rater un album d’astérix. Malheureusement c’est possible ! la preuve ! Au vu des remarques d’autres auteurs de BD qui ont enormément appris de nos ainés dont uderzo et dont je fais partie, ainsi que des lecteurs sur de nombreux forums et dans la rue ; forcé de constater que cet album est raté. On peut faire du pastiche mais on ne peut pas tuer astérix de
    la sorte et se moquer de ses lecteurs à grand coup de marketing pour nous faire avaler n’importe quoi.
    Car astérix appartient au lecteur il est devenu un mythe j’espére sincérement que Uderzo se remettra en question et que le 34 eme Album sera un vrai album d’astérix.
    Je n’aurais jamais pensé critiquer un grand car
    la critique est toujours facile gratuite et que souvent un critique de BD est un auteur de BD raté mais j’espére sincérement que cette critque sera constructive
    Longue vie à astérix et à uderzo !
    JAS

    Voir en ligne : Le Ciel lui tombe sur la tête et sa tête s’en remet difficilement

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