Au CBBD, "L’Union fait la Schtroumpf" !

19 juin 2008 0 commentaire
  • Les Schtroumpfs ont 50 ans cette année ! On est loin d’avoir atteint l’âge du grand schtroumpf, mais cela se fête quand même ! Bruxelles schtroumpfait donc mardi soir au Centre Belge de la BD à l’occasion du vernissage de l’exposition qui est consacrée à l’œuvre de {{Pierre Culliford}}, plus connu sous le nom de {{Peyo}} !

Le slogan de l’évènement, « L’Union fait la Schtroumpf », a été ironiquement emprunté à la devise nationale belge, « L’union fait la force », en rappel de la crise politique qui risque d’ "effriter" le pays. Le Centre Belge de la BD et la famille de l’artiste ont décidé de mettre l’accent sur l’un des messages les plus forts portés par les créations de Peyo : l’universalité. Peyo confiait à Jean Auquier, aujourd’hui directeur et responsable de la communication du Centre : « Les personnages que j’ai créés ne sont pas, au départ, des costauds. La force qu’ils expriment n’est pas spontanée. Pirlouit est un débrouillard, par exemple. Quant aux Schtroumpfs, ils sont constamment en danger. C’est ensemble, en étant solidaires, qu’ils deviennent forts. L’union fait la Schtroumpf ! ». Sans doute fédérés par la symbolique du slogan, les visiteurs ont oublié les querelles linguistiques belges dès les premières marches du CBBD. Un serveur les attendait avec un cocktail bleuté. Celui-ci était légèrement alcoolisé, mais heureusement pas assez pour nous faire vaciller et rater la marche cassée de l’imposant escalier en marbre, clin d’œil volontaire au Château de Moulinsart d’Hergé.

Au CBBD, "L'Union fait la Schtroumpf" !
Peyo
Photo (c) DR.

La salle principale de ce joyau architectural, dessiné par Victor Horta que sont les Magasins Waucquez, était remplie. Les planches du grand auteur qui a fait carrière aux côtés de la "bande des quatre" de l’école de Marcinelle : Franquin, Jijé, Morris et Will, dans le journal de Spirou, est sans doute celui qui est arrivé à assurer la plus grande renommée à ses personnages grâce au développement audiovisuel et l’exploitation des licences. Tous étaient donc venus pour admirer les originaux de Peyo l’enchanteur, comme le surnommait Hugues Dayez dans la biographie qu’il lui consacra en 2003 aux éditions Niffle.

La pièce majeure était sans nul doute la demi-planche marquant la première apparition des Schtroumpfs dans La Flûte à Six Schtroumpfs, une aventure de Johan et Pirlouit parue le 23 octobre 1958. Cette exposition présente d’autres planches intéressantes comme la première BD de Peyo, une planche du Châtiment de Basenhaut, la première aventure de Johan et Pirlouit, l’apparition de la Schtroumpfette, l’épisode poignant de la Faim des Schtroumpfs ou encore une étude pour la couverture des Schtroumpfs et le Cracoucas. On remarquera des traces de pliure prononcées sur ce dernier, preuve qu’à l’époque on n’accordait pas beaucoup d’importance aux originaux. Les autres séries de Peyo sont également évoquées comme par exemple, leBenoît Brisefer des Taxis Rouges.

Photographie de l’écran présentant le dessin animé réalisé en 1959 !
(c) Peyo - IMPS.

Un des éléments les plus étonnants de l’exposition est incontestablement l’extrait du premier dessin animé des Schtroumpfs réalisé en 1959 par Eddy Ryssack pour le compte de la filiale audiovisuelle de Dupuis, le studio TVA. Raoul Cauvin en était le caméraman. Il avait été réalisé artisanalement à partir de silhouettes en papier découpé. Une sorte de consécration pour Peyo qui fit ses débuts dans le studio de dessin animé CBA au sortir de la Seconde Guerre mondiale dans les studios de Paul Nagant à Liège puis à Bruxelles. Les autres aventures audiovisuelles sont également abordées, dont celle qui a assuré un succès mondial aux petits lutins bleus : l’adaptation des Schtroumpfs en près de 250 épisodes par les studios Hanna & Barbera.

La famille de Peyo était présente. Nine, son épouse, accompagnait leurs deux enfants qui gèrent aujourd’hui l’œuvre. Véronique et Thierry Culliford. Après un discours chaleureux des représentants du CBBD et du Ministre Van Engel, Thierry Culliford ne manqua pas de saluer les différentes personnes qui ont accompagnés la création des Schtroumpfs depuis le décès de son papa. Ils étaient nombreux, ancien ou actuel collaborateur du studio à avoir fait le déplacement. François Walthéry, bien sûr, mais aussi Bernard Swyssen, Diaz Vizoso, Ludo Borecki, Luc Parthoens ou encore Pascal Garray. Des représentants du Lombard (François Pernot, Pôl Scorteccia, Gauthier van Meerbeeck) et de Dupuis (Sergio Honorez, Frédéric Niffle) étaient présents. On comptait également de nombreux auteurs : de Dino Attanasio à Yves Sente, en passant par Jean-Luc Cornette, Bob de Groot, Marc Hardy, Hermann, Frédéric Jannin, Karo, Catheline Langendries, François Maingoval, Mazel, Rudi Miel ou encore Pierre-Paul Verelst. Isabelle Franquin, la fille du grand André, avait fait le déplacement. Tout comme le biographe de Peyo, Hugues Dayez.

Véronique, Thierry et Nine Culliford, au Centre Belge de la Bande Dessinée.
Photo : N. Anspach.

Cette exposition visible jusqu’au 16 novembre prochain n’a qu’un seul défaut : ce tour d’horizon du travail de Peyo l’enchanteur réjouira les néophytes, mais les connaisseurs auront un goût de trop peu. La qualité des planches exposées les étonneront et les séduiront, mais cette exposition survole la carrière de Peyo un peu trop rapidement. À quand une rétrospective aussi intéressante que l’exposition de Uderzo ou Franquin qui ont égayé Bruxelles en 2005 et 2006 ? Ce géant discret de la bande dessinée le mérite amplement !

(c) Daniel Fouss

(par Nicolas Anspach)

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Exposition visible jusqu’au 16 novembre au CBBD
20, rue des Sables
1000 Bruxelles
Belgique

Téléphone : +32 (0)2 219 19 80
Fax : +32 (0)2 219 23 76
E-mail : visit@cbbd.be

Photo (c) Nicolas Anspach - Sauf mention contraire.

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