Bakuman. T13 – Par Tsugumi Ohba et Takeshi Obata – Kana

30 janvier 2013 0
  • Crise en perspective: rien ne va plus entre Shûjin et Saikô ! Et pourtant: voilà un nouveau volume de {Bakuman.} placé sous le signe de la passion amoureuse!

Comme toujours Bakuman. s’impose graphiquement, grâce au trait de Takeshi Obata et on éprouve un même plaisir à découvrir les planches des mangas inventés pour les besoins de l’histoire. Par ailleurs, la mise en abyme conserve cette évidente efficacité qui sert grandement la série.

Mais on a parfois le sentiment qu’elle devient un pur procédé, permettant aux auteurs, par la variation des styles et récits offerte, de se passer d’un réel développement de l’intrigue au profit d’un allongement artificiel du titre. C’est un peu ce qui se produit avec ce tome 13.

Les péripéties se multiplient dans un volume qui apparaît comme un moment de détente. Certaines dispensables, d’autres plaisantes voire franchement drôles. Mais les personnages secondaires éclipsent une fois encore les héros.

Ainsi, la "Super Leaders Love Festa" est l’occasion de mettre en scène les différents membres de la team Fukuda dans un exercice improbable au résultat évidemment cocasse : chacun doit produire un one-shot sur le thème de l’amour. Au final, là où Saikô ennuie à se prendre au sérieux, Eiji réjouit à nouveau par le contre-emploi auquel il est soumis.

Bakuman. T13 – Par Tsugumi Ohba et Takeshi Obata – Kana
Surtout, la fin du volume poursuit sur ce thème en l’intégrant à la fiction : l’hilarant Hiramaru décide de court-circuiter les plans de son éditeur et prend en main sa propre romance. Le manga atteint là un sommet comique et émouvant à la fois.

Ces développements sympathiques ne masquent cependant pas l’impression que le manga se perd en partie, que son centre de gravité évolue, échappant peu à peu aux protagonistes. Si l’intrigue s’appuie sur des dissensions à l’intérieur de couple Muto Ashirogi pour progresser, les conflits ou incompréhensions entre les héros sont amenés de manière un peu maladroite.

En outre, le lecteur a déjà découvert dans ce manga des situations assez similaires à celles proposées dans ce volume, aux enjeux trop anecdotiques pour engendrer une réelle tension dramatique. On n’y croit guère, et, plus grave, on ne s’y intéresse pas vraiment. Il est temps pour les héros de reprendre la main, et l’antagoniste introduit à la fin du volume nous permet d’espérer.

(par Aurélien Pigeat)

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