Beau graphisme et dérision au programme du festival « Formula Bula » de Saint-Ouen

2 mai 2011 7 commentaires
  • La ville de Saint-Ouen en proche banlieue parisienne a décidé de lancer un festival de bande dessinée qui ouvre ses portes le 12 mai prochain. Un festival comme un autre ? Non ! Présidé par Blutch, il a comme directeur artistique l’équipe de la revue Ferraille. Beau graphisme et dérision seront au menu.
Beau graphisme et dérision au programme du festival « Formula Bula » de Saint-Ouen
L’équipe de Ferraille assurera la direction artistique du festival : qualité graphique et humour garantis.

On ne pouvait rêver meilleur parrainage. Formula Bula qui se revendique comme un évènement associant « bande dessinée et arts associés » ouvrira ses portes à Saint-Ouen (banlieue parisienne) du 12 au 15 Mai prochains. Les organisateurs ont eu l’intelligence d’en confier la direction artistique à l’équipe de la revue Ferraille.

La revue Ferraille est l’émanation d’une structure éditoriale d’inspiration « underground », collectif d’auteurs de bande dessinée originaire d’Albi cornaquée par Marc Pichelin et Pierre Druilhe, les Requins marteaux. Elle voit le jour en 1996 et réunit quelques-unes des meilleures signatures de la bande dessinée alternative œuvrant notamment dans le registre de l’humour. Elle devient Ferraille Illustré à partir de janvier 2003, diffusée en kiosque de façon un peu aléatoire. c’est un peu le laboratoire d’une nouvelle génération qui participe au renouveau de la bande dessinée des années 2000 au même titre que d’autres labels alternatifs comme L’Association, Ego comme X, Atrabile ou Cornélius.

On y retrouve un peu les mêmes ferments que ceux de la BD Underground des années 1960 : un graphisme innovant, d’humour et d’humeur, marqué par un refus des schémas consuméristes, mais aussi en référence (et non révérence) par rapport à certains classiques de la bande dessinée populaire, si possible de « mauvais genre » : les petits formats, Strange, Pif Gadget, etc.

Il n’y a pas aux Requins marteaux la volonté d’inscrire des œuvres au patrimoine de l’humanité mais bien de rester dans la création en dehors de toute contingence. La manœuvre est payante puisque l’un de leurs albums, le magnifique Pinocchio de Winshluss a emporté le Prix du Meilleur album à Angoulême en 2009.

Blutch sera le président de cette édition
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Ferraille, ce sont aussi ces happenings-canulars découverts à Angoulême en 2003, les « supermarchés Ferraille » qui tournent en dérision la grande distribution en donnant « un coup de boule dans les prix », ces faux documentaires de télévision (M. Ferraille), des expositions éphémères et improbables, des productions musicales décoiffantes, etc.

C’est précisément ce qui a intéressé les promoteurs de Formula Bula qui font ce constat : « La bande dessinée indépendante a trouvé sa source dans les années 70/80 avec des auteurs tels que Carlos Giménez ou Pierre Christin ayant pris leurs distances avec ce qu’on appelle la bande dessinée franco-belge. Des thèmes jusque-là réservés à la littérature, comme l’autobiographie, le roman graphique ou la politique ont été développés tout en utilisant des techniques d’expressions graphiques très diverses. […] Ces artistes vont décomplexer et faire éclater les cloisons qui enfermaient, jusque-là, la bande dessinée. Issus de formations très diverses, ils vont multiplier l’utilisation des médiums pour s’exprimer. C’est ainsi qu’on voit Blutch, Riad Sattouf, Marjane Satrapi ou Winshluss s’investir dans le cinéma ou la musique… »

C’est cette bande dessinée désenclavée que l’on retrouvera à Saint-Ouen le 12 mai prochain avec des invités prestigieux (auteurs de BD : Blutch, Carlos Gimenez, Riad Sattouff, Emmanuel Guibert, Jens Harder, Nine Antico, Guillaume Bouzard, Pierre Christin, Cizo, Émile Bravo, Rémi, Guillaume Dumora, etc…, acteurs : Sabine Azema, Michel Piccoli, Irène Jacob…, musiciens, etc.), sept expositions qui resteront visibles pendant un mois (Gimenez, Jens Harder, Emile Bravo, Histoires de chemins : El Emigrante, Guillaume Bouzard ; Football, football, le « Panorama » de Rémi, les « Contes nocturnes » de Boris Hurtel) des rencontres, des ateliers ouverts à tous, une sélection de films, des lectures-spectacles (notamment avec Blutch) ainsi qu’une soirée-concert de rock intitulée « Je hais les dédicaces »...

Chaudes journées en perspective !

La magnifique affiche signée Cizo
DR

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Pour en savoir plus, LE SITE DE FORMULA BULA

 
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7 Messages :
  • Pourtant ça commençait bien.Le terme "bandes dessinées et arts associés"laissait entendre que pour une fois on ne la confondait pas avec des arts,des domaines, qu’elle n’est pas.

    Et puis ensuite pour positionner et crédibiliser on fourgue le mot intelligence:ayayaïe.

    Suivent l’argumentaire/panégyrique habituel sur un mouvement indépendant/underground -qui serait une qualité en soit-avec sont lot d’approximations, contrevérités ,usurpations dont il est de coutume, avec, le lyrisme ad hoc(c’est étonnant de la part de l’auteur de l’article-quoique le lyrisme-).

    Le coup de grâce est donné par l’expression"les cloisons qui enfermaient,jusque-là,la bande dessinées".Ben "les cloisons qui enfermaient la BD (aïe LA bande dessinées pardon)"étaient justement celles que les beaufs et les curés de la culture fabriquaient à coups de commissions de contrôles et de censures.Il est toujours délicieux de les voir regretter en parallèle son incurie,et, nous expliquer en sus laquelle est la bonne ;eux,qui semblent avoir découvert qu’elle existait il y a 20 ans.Voir aujourd’hui comment ils dominent/annexent le débat -et le reste-est insupportable.L’imposture a assez durée.

    Et puis....

    La peinture est enclavée ?

    La littérature est enclavée ?

    La musique est enclavée ?

    La danse ,la cuisine,la sculpture sont enclavée ?

    Pourquoi l’art de la BD devrait il se désenclaver !Il existe par lui même en toute indépendance,et n’a besoin de rien pour le légitimer.

    Pas grave,un coup de chaud de monsieur Pasamonik certainement.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 2 mai 2011 à  14:03 :

      Toujours aussi lourd, M. La plume.

      Pourtant ça commençait bien.Le terme "bandes dessinées et arts associés"laissait entendre que pour une fois on ne la confondait pas avec des arts,des domaines, qu’elle n’est pas.
      Et puis ensuite pour positionner et crédibiliser on fourgue le mot intelligence:ayayaïe.

      Il est caractéristique que vous fustigez le mot "intelligence" quand je l’associe à Ferraille. Pour qui roulez-vous vraiment, M. La plume au culte ?

      Suivent l’argumentaire/panégyrique habituel sur un mouvement indépendant/underground -qui serait une qualité en soit-avec sont lot d’approximations, contrevérités ,usurpations dont il est de coutume, avec, le lyrisme ad hoc(c’est étonnant de la part de l’auteur de l’article-quoique le lyrisme-).

      L’underground, puisqu’il faut vous l’apprendre, n’est pas une qualité, mais un mouvement.Dans l’approximation, la contrevérité et l’usurpation (occulte), vous vous posez un peu là.

      Le coup de grâce est donné par l’expression"les cloisons qui enfermaient,jusque-là,la bande dessinées".Ben "les cloisons qui enfermaient la BD (aïe LA bande dessinées pardon)" étaient justement celles que les beaufs et les curés de la culture fabriquaient à coups de commissions de contrôles et de censures.

      Dommage que le coup de grâce ne soit que virtuel. La BD, ou la BéDé si vous préférez (ah, vous ne préférez pas ?) continue de subir la mesquinerie des uns et des autres, dont vous-même, dont la tolérance a déjà montré souvent ses limites dans ce forum. À curé, curé et demi, car pour le prêchi précha, on dirait que vous savez faire.

      Il est toujours délicieux de les voir regretter en parallèle son incurie,et, nous expliquer en sus laquelle est la bonne ;eux,qui semblent avoir découvert qu’elle existait il y a 20 ans.Voir aujourd’hui comment ils dominent/annexent le débat -et le reste-est insupportable.L’imposture a assez durée.

      Déjà, pour qu’il y ait débat, il faudrait que vous vous exprimiez clairement dans un français qui ne soit pas pollué par votre rage à invectiver. Quel dommage que vous ne puissiez dialoguer sereinement.

      Et puis....

      La peinture est enclavée ?

      La littérature est enclavée ?

      La musique est enclavée ?

      La danse ,la cuisine,la sculpture sont enclavée ?

      Mais, bien entendu !

      Pourquoi l’art de la BD devrait il se désenclaver !Il existe par lui même en toute indépendance,et n’a besoin de rien pour le légitimer.

      L’art de la BD (bande dessinée ?), comme vous dites n’est pas déconnecté du monde. Sur ActuaBD, nous le prouvons chaque jour en donnant des éclairages sur sa production sous toutes les formes.

      Pas grave,un coup de chaud de monsieur Pasamonik certainement.

      Je pense qu’il est plutôt de votre fait, comme le prouve votre volonté de personnaliser le débat pour régler je ne sais quel compte. Pas étonnant avec vos idées étriquées. Sortez un peu, regardez avec curiosité, désenclavez-vous, que diable ! Une ballade à Saint-Ouen vous fera le plus grand bien.

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      • Répondu par Alex le 3 mai 2011 à  00:56 :

        Comme tous les populistes La Plume défend le populaire. Ce qu’est le "populaire" n’appartient qu’à lui et correspond à une vision verticalement chrétienne, directement janséniste et absolument paranoïaque de l’histoire des arts graphiques (ps:je tente de mimer Dali, je connais mes classiques et peut aligner aussi comme l’Occulte des diatribes qui ne font aucun sens).

        Je poursuis...Doublé d’une réaction infantile qui isole la bd des courants majeurs de l’art contemporain - par simple refus adolescent ("tout ce qui se fait en art est à mettre à la poubelle, scrogneugneu") l’intervenant trépigne sur place. Aucune référence historique, aucun cadre culturel -ces mots déjà le paralyse.

        Mr l’Occulte il serait bon que vous descendiez de vos grands chevaux- ou votre poney- et qu’en dehors de vos soliloques qui n’impressionnent plus vraiment personne vous puissiez enfin discuter. Dans l’attente de lire enfin un commentaire constructif, Cordialement.

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        • Répondu par la plume occulte,l’infantile neuneu le 3 mai 2011 à  10:48 :

          Merci de penser pour moi,et de me faire le catéchisme monsieur Alex.Quand on sait tout,et mieux que les autres(forcément)on se doit d’infliger la vérité aux âmes égarées.Les impies -ce que je suis-, se convertissent ou on leur coupe la tête.La méthode à fait ses preuves !Le conformisme scolaire et bourgeois ou rien !.Pas d’alternative.Et après on se réclame de la pensée underground ?Quel encanaillement.

          Encore merci de penser à ma place monsieur le preux chevalier du savoir sur votre fier destrier.Je ne défend qu’une vision égalitaire ;des mots qui doivent vous faire frissonner encore plus que le mot underground.

          cordia(b)lement

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        • Répondu par Alex le 4 mai 2011 à  23:37 :

          Cher Occulte,

          J’apprécie vos interventions sur les comics-book "moderne". Un genre qui m’est cher mais que, par manque de temps, je n’ai pu approfondir ces dernières années.

          Mais quand vous parlez d’une certaine bd underground -et d’ailleurs, l’Underground a moins à voir avec le contenu qu’avec les moyens de distributions, en ce sens Les R-Marteaux ne sont pas underground, mais alternatifs. Fin de la parenthèse. Donc quand vous parlez de la bd que vous ne connaissez pas vos messages tombent misérablement à plat.

          Je ne suis pas après votre tête (encore une figure bien connue des populistes martyrs), ni prêt à faire votre rééducation. Vous n’avez pas cette importance et franchement ce n’est pas mon style.

          Curieux toutefois comment chaque altercation avec Mr Pasamonik se finalise par une soumission inconditionnelle de votre part. Votre paranoïa a donc des limites. Vous vouliez simplement une validation, un tampon officiel... tiens, me voilà encore à penser pour vous. Tsss !

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      • Répondu par la plume occulte,l’étriquement enclavé. le 3 mai 2011 à  10:23 :

        Monsieur Pasamonik,ne voyez aucune attaque personnelle de ma part-pourquoi en ferais-je ?.J’apprécie votre travail et les positions courageuses que vous défendez avec opiniâtreté dans un milieu qui en manque prodigieusement de courage.Et puisque je vous lis attentivement,j’ai décelé dans votre article(de promotion)quelles "facilités"auxquelles vous ne pouvez vous même croire,et auxquelles vous ne nous avez pas habitué.D’où ma fine (si si)allusion au coup de chaud.Et puisque je vous lis attentivement,j’ai "senti" que ces "facilités" dépareillaient dans une vision globale de vos écrits.Alors a ne plus vous y reprendre Monsieur Pasamonik:on reste au niveau !

        J’ai beaucoup ri à la lecture de vos réponse ,et je promet de me suicider à la fin de ce commentaire...Il n’empêche,l’air de rien,dans vos réponses, quelques débats importants ont été soulevés.
        Restez au top monsieur Pasamonik:fuyez le conformisme !

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        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 3 mai 2011 à  10:46 :

          Et puisque je vous lis attentivement,j’ai décelé dans votre article(de promotion)quelles "facilités"auxquelles vous ne pouvez vous même croire,et auxquelles vous ne nous avez pas habitué.D’où ma fine (si si)allusion au coup de chaud.Et puisque je vous lis attentivement,j’ai "senti" que ces "facilités" dépareillaient dans une vision globale de vos écrits.Alors a ne plus vous y reprendre Monsieur Pasamonik:on reste au niveau !

          Je suis moi-même un peu trop donneur de leçons (parfois) pour vous jeter la pierre, mais les compliments que vous me faites n’effacent pas la perfidie de vos propos : vous croyez sincèrement que je n’adhère pas à la bande dessinée des Requins marteaux dont j’ai toujours trouvé le travail impeccable ?

          Si j’ai pris soin de citer le dossier de presse et de mettre ses propos entre guillemets, c’est parce que je n’adhère pas à la vision étriquée de son rédacteur. Beaucoup de choses sont écrites ici pour prendre acte.

          Mais c’est son opinion et, sur le principe, j’aime bien l’idée de confier la direction d’un festival à un éditeur aussi intègre que les Requins marteaux. Je suis pour l’intégrité et contre tous les intégrismes.

          On pourrait faire à cette proposition à d’autres : à Soleil ou à P&T Productions et, qui sait ?, on aurait peut-être des surprises qui nous sortiraient des étiquettes de médiocrité que certains esprits bas de plafond et bardés d’a priori veulent bien leur coller.

          Les Marteaux (dont il ne faut pas oublier qu’ils sont des requins, comme tous les éditeurs ;) ont prouvé qu’ils avaient le sens du spectacle et de la fête, sans cette croûte de prétention qui gâche d’autres labels. Je leur fais confiance : Saint-Ouen, ça va être bien.

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