Black Joke T1 - Par Masayuki Taguchi et Rintaro Koike - Ankama Editions

15 mai 2011 0 commentaire
  • Une île artificielle, paradis pour adultes et mafias du monde entier, voit défiler des femmes aussi belles que vénéneuses, et les boucheries les plus violentes. Du manga mafieux trash, par le dessinateur de Battle Royale.

Dans un futur proche, le Japon est devenu le 51ème état des États-Unis. Afin de nettoyer le pays de sa criminalité, les casinos et attractions pour adultes ont été relégués sur l’ïle artificielle de Neon Island, devenue le territoire des organisations mafieuses de tous bords et origines.

Dans l’hôtel Onsen, mieux vaut ne pas faire de vague, au risque de se frotter au duo de choc chargé des besognes du patron : le calculateur Kira, collectionneur de femmes, et le bourrin Kodama, obsédé par la castagne et doté d’un vrai talent pour broyer la "concurrence".

Difficile de trouver plus outrancière que cette nouvelle série du label Kuri d’Ankama. Les affrontements entre gangsters sont tous prétextes à une violence gratuite parfaitement jubilatoire, et une galerie de personnages tous plus barjots les uns que les autres. Les clichés sont légion, les Italiens sont fins et élégants, les Russes sont costauds, et les Hispaniques moustachus.

Chaque chapitre est indépendant du reste (hormis un semblant de fil rouge consacré à Runover, le parrain italien local), et l’enjeu de chaque histoire réside dans le moyen choisi pour supprimer les briseurs de tranquillité de l’hôtel.

Toutefois, cette série n’est pas entièrement un huis-clos, et quelques missions en extérieur permettent au dessinateur de varier les décors et de se faire plaisir sur des voitures bien rutilantes (toutes destinées à des sorties de route bien douloureuses pour ses malheureux occupants, évidemment).

Black Joke T1 - Par Masayuki Taguchi et Rintaro Koike - Ankama Editions
L’apparition de l’italien Runover.
©Taguchi/Ankama Editions

Les (a)mateurs de découpages et démembrements se régaleront devant tant d’exubérance, raconter ici comment finissent certains corps gâcherait le plaisir des yeux et la surprise de l’originalité des coups de grâce. Sachez juste que certaines bottes secrètes défient toutes les lois de l’apesanteur, et que le soupçon d’humour noir et les blagues pinces sans rire de ces malfrats en costumes garantissent une lecture amusée.

Masayuki Taguchi, déjà responsable des tueries sur la série gore Battle Royale, s’en donne à cœur joie tant dans la violence que dans la galerie de têtes patibulaires. Ses ambiances aux multiples dégradés de gris dépeignent moins une mégalopole rongée par le vice qu’un amas de chair bonne à finir massacrée.

Bon appétit !

(par Thomas Berthelon)

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