Câline et Calebasse - L’Intégrale T.1 (1969-1973) - Par Mazel & Cauvin - Ed. Dupuis

30 juillet 2013 5 commentaires
  • Saluons les éditions Dupuis qui rééditent avec une telle qualité les incunables de la BD belge. Vénérons-les surtout pour leur travail historique sur ces géants modestes de la bande dessinée populaire dont nous ignorons tout le plus souvent. Un précieux travail de mémoire, mais aussi d'histoire.
Câline et Calebasse - L'Intégrale T.1 (1969-1973) - Par Mazel & Cauvin - Ed. Dupuis
Cauvin et Mazel au tournant des annés 1970
Photo : Dupuis

1969, Raoul Cauvin est en pleine ascension. L’année précédente, il vient de créer Les Tuniques bleues, les portes du Journal de Spirou lui sont enfin ouvertes. Cette année-là, il passe du western militaire au récit de cape et d’épée, Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas en référence, si l’on peut dire, cardinale...

Mazel (Luc Maezelle de son vrai nom), comme Cauvin avant lui, s’était cogné à l’intransigeance fantasque de son rédacteur en chef Yvan Delporte à peine modérée par un directeur artistique discret mais talentueux : Maurice Rosy.

Mazel ira faire ses débuts chez Tintin, le temps que la rédaction en chef du journal passe du barbu rouquin et hirsute à un colosse blond avaleur de bières du nom de Thierry Martens. C’est pourtant Charles Dupuis himself qui a l’idée de la série et de la confier à Raoul Cauvin, non sans recommander Mazel à André Franquin, car Mazel ne le plagie pas, contrairement à une pléiade de suiveurs. Lorsque paraît le premier épisode de la série, Franquin commenta l’arrivée de son confrère dans un dessin qui surplombe la couverture du journal :"Mazel ? Un pinceau vif comme une épée !"

Câline et Calebasse valent le détour grâce à l’excellente caractérisation de ses personnages : La jument irascible à la chevelure à la Brigitte Bardot et au staccato de mouette rieuse et son vaillant cavalier dont l’expression favorite est : "mille cloportes !", le cardinal de Richelieu qui cherche à tout prix à l’embastiller, et le roy qui protège le mousquetaire de sa bienveillance ; mais aussi à un dessin vif, clair, expressif qui s’inscrit parfaitement dans la tradition de l’école de Marcinelle. Un classique d’un bon cru, incontestablement, et qui inaugure une collection intégrale en trois volumes.

On soulignera l’excellent travail de Patrick Gaumer dans le dossier introductif de l’ouvrage. Non seulement on découvre un Mazel dont on ne sait rien : ses origines, son écolage, son entrée dans le métier, son compagnonnage avec la World Press, son entrée au Journal de Tintin, la sympathie que lui portait Hergé, son "impair" vis-à-vis de Raymond Leblanc,... Mais tout cela nous est livré avec un luxe de détails et d’informations de première main vraiment admirable.

Encore une intégrale réussie !

Câline et Calebasse - L’Intégrale T.1 (1969-1973) - Par Mazel & Cauvin - Ed. Dupuis

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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5 Messages :
  • non sans recommander Mazel à André Franquin qui ne le plagie pas.

    C’est peut-être moi mais je ne saisis pas votre pensée ici...

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 30 juillet 2013 à  14:44 :

      Vous avez raison, j’ai précisé mon propos.

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  • Tu as raison, cher Didier,Patrick Gaumer a réalisé un imposant travail de compilation d’informations jusque-là inédites sur un auteur fort discret, et c’est le principal intérêt de cette intégrale. En dépit de quelques albums publiés par Dupuis (qui n’avait pas pris la peine de tout reprendre à l’époque)ou de petits labels belges qui impriment à mille exemplaires, Mazel était peu connu, car peu harcelé par les journalistes BD. A l’arrêt de Câline et Calebasse, il embraiera sur les Jungles perdues, avec un trait aussi personnel que sympathique. Ses séries n’ont jamais rencontré le succès qu’elles méritaient, cette intégrale vient donc à point nommé réparer une injustice.

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    • Répondu par Sergio SALMA le 30 juillet 2013 à  22:59 :

      Et il a continué avec Cauvin le temps de 10 albums sur la série les paparazzi jusqu’en 2004 .

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    • Répondu par OW le 31 juillet 2013 à  00:11 :

      Excellente série que Bouloumbouloum et Guiliguili (aka Les jungles perdues), c’est là qu’on peut voir que le succès n’a rien à voir avec le talent, et ça marche dans les deux sens.

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