Casterman : La bronca des auteurs

13 novembre 2012 36 commentaires
  • La démission de Louis Delas, PDG de Casterman, laisse ses auteurs dans le désarroi. Ils ont réagi vivement par une lettre ouverte à Antoine Gallimard signée des plus grands noms de la maison (Hergé, Pratt, Geluck, Tardi, Bilal, Schuiten, Loisel...) dans laquelle ils expriment leur surprise devant l'absence de contact de l'éditeur depuis l'acquisition de Flammarion en juin dernier. Un signe de mépris, selon eux...
Casterman : La bronca des auteurs
Gallimard a racheté le groupe Flammarion, maison-mère de Casterman en juin dernier.

Antoine Gallimard devra s’y faire. Les auteurs de BD ne se traitent pas comme du bétail. Le rachat de la maison Casterman par le Groupe Gallimard, officialisé en juin dernier, et la démission surprise de son PDG Louis Delas, le 8 novembre dernier, ont provoqué une véritable bronca de la part ses créateurs-maison. Et pas n’importe lesquels : ceux qui font le chiffre d’affaires de l’entreprise : Les ayants-droits de Hergé et de Pratt, Enki Bilal, Philippe Geluck, Jacques Tardi, Frank Margerin, Régis Loisel, Jacques de Loustal... Bref, les stars de la maison.

La situation est sérieuse : on se souvient que dans des circonstances similaires (la démission de Dimitri Kennes en mars 2006), 112 auteurs des éditions Dupuis avaient haussé le ton face au nouvel acquéreur de leur maison d’édition. Cela avait déclenché une crise aigüe qui avait duré quelques semaines.

Casterman est une des pépites du groupe Flammarion racheté récemment par Gallimard. La bande dessinée, par ailleurs, depuis près de vingt ans, tire le chiffre d’affaires et les marges de l’édition, un secteur qui fait grise mine depuis quelques décennies, mais qui a permis à un groupe comme Gallimard de croître en dépit de la crise.

Ce qui inquiète en particulier les auteurs, c’est leur avenir. Que leur propose-t-on comme perspective ? La "gaffe" d’Antoine Gallimard dans un entretien aux Échos en en juillet dernier, parlant de Casterman : " J’aimerais le garder, même si, dans un contexte de crise, je pourrais être contraint de le vendre pour faire face à mes échéances" n’est pas passée inaperçue, en conséquence de quoi, ils demandent des gages à leur nouvel interlocuteur.

Même Fanny Rodwell, ayant-droits d’Hergé, a signé cette lettre ouverte

Il faut dire que la gestion désastreuse qui avait précédé la cession de la maison Casterman à Flammarion leur a laissé de mauvais souvenirs.

Ils réclament simplement de Gallimard qu’ils soient pris en compte dans les stratégies qu’il entend élaborer dans l’avenir. Ne fut-ce que pour suggérer l’une ou l’autre idée qui dynamiserait le groupe plutôt que de le laisser sous l’éteignoir.

LA LETTRE OUVERTE DES AUTEURS CASTERMAN

SANS AUTEURS, PAS D’ÉDITEUR !

Lettre ouverte à Antoine Gallimard.

Monsieur,

Nous, auteurs des Éditions Casterman avions accueilli avec intérêt, voici quelques mois, l’idée d’un rachat de Flammarion/Casterman par Gallimard. Cette solution, venant d’un éditeur respectable, ne pouvait que nous séduire.

Le 6 juin, c’est avec beaucoup d’inquiétude que nous avons découvert dans “Les Échos” votre déclaration annonçant que, même si Casterman était “un joli joyau”, Gallimard pourrait être contraint, “dans un contexte de crise”, de le vendre pour faire face à ses échéances.

Pendant les semaines et les mois qui ont suivi, rien n’a été fait pour nous rassurer. Aucun contact n’a été pris avec nous, ni individuellement ni collectivement. Aucun projet éditorial ne nous a été présenté.

Le 8 novembre, nous avons appris brutalement, et avec consternation, par une dépêche AFP, la démission de Louis Delas et la situation qui l’y avait contraint. Depuis plus de douze ans, il était l’artisan du redressement et du développement de la maison Casterman. Chacun de nous avait appris à lui faire confiance, ainsi qu’aux équipes qu’il avait su réunir autour de lui.

Aujourd’hui, devant le mépris dont les auteurs Casterman font l’objet de votre part, nous avons le triste sentiment d’avoir été instrumentalisés en vue d’un transfert purement capitalistique. Nous n’avons, ni l’envie de nous compromettre dans un projet qui ne nous ressemble pas, ni l’intention de servir de “vaches à lait” à une quelconque trésorerie.

Si par hasard vous avez oublié que sans auteurs, il n’y a pas d’éditeur, nous vous le rappelons aujourd’hui. Et c’est sous d’autres cieux éditoriaux plus amicaux que certains d’entre nous publieront sans doute leurs prochains albums.

À moins que…

Enki BILAL, Jean-François et Maryse CHARLES, Didier COMES, Philippe GELUCK, Dominique GRANGE, Benjamin LEGRAND, Régis LOISEL, Jacques de LOUSTAL, Franck MARGERIN, Benoît PEETERS, François SCHUITEN, Fanny RODWELL (Ayant droits d’HERGE), Benoît SOKAL, Jacques TARDI, Bernard YSLAIRE, Patrizia ZANOTTI (Cong/Ayant droits d’Hugo PRATT),...

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

LIRE AUSSI : LA RÉPONSE D’ANTOINE GALLIMARD

En médaillon : Antoine Gallimard

Photos : D. Pasamonik (L’Agence BD)

 
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36 Messages :
  • Casterman : La bronca des auteurs
    13 novembre 2012 10:30

    Aucun de ces auteurs n’aura de mal à trouver un autre éditeur, qui sera ravi de faire un pont d’or à certains d’entre eux. Les éditeurs oublient parfois que les auteurs ne sont ni leurs salariés, ni leurs obligés.

    La crise qui a frappé Dupuis lors de son rachat par Media Participation n’a pas seulement provoqué une crise de quelques semaines, elle a surtout provoqué le départ d’auteurs stars (je ne crois pas que Patrice Pellerin se plaigne de la façon dont Soleil fabrique et vend ses albums).

    Si Gallimard ne comprend pas très vite qu’un auteur ça se respecte, il va provoquer la mort de Casterman d’une hémorragie, il ne l’aura pas volé !

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    • Répondu le 13 novembre 2012 à  11:50 :

      Si Gallimard ne comprend pas très vite qu’un auteur ça se respecte, il va provoquer la mort de Casterman d’une hémorragie

      Mouais, là ce sont des auteurs connus alors on en parle, mais dans l’édition, en général, combien d’auteurs ne sont pas respectés, traités comme de simples fournisseurs corvéables à merci ??

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    • Répondu le 13 novembre 2012 à  12:05 :

      Pourquoi ce serait différent d’ailleurs ? C’est toujours celui qui paye qui choisit la musique non ? Ni salariés ni obligés, certes, mais qu’est-ce qui peut bien les empêcher de les bazarder. Ils vont faire leur petits comptes entre eux et si c’est plus intéressant, bah, après moi le déluge...

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    • Répondu le 16 novembre 2012 à  09:57 :

      "Si Gallimard ne comprend pas très vite qu’un auteur ça se respecte"

      C’est sûr que chez Gallimard, les auteurs, ils ne connaissent pas et non pas l’habitude. Ils débutent dans le métier d’éditeur.

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  • Casterman : La bronca des auteurs
    13 novembre 2012 11:22

    Bah, visiblement les ayants droits de Martin et ses repreneurs ne sont pas solidaires : tout n’est pas perdu.

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  • Casterman : La bronca des auteurs
    13 novembre 2012 11:30

    Et c’est sous d’autres cieux éditoriaux plus amicaux que certains d’entre nous publieront sans doute leurs prochains albums.

    Effectivement, les auteurs ne peuvent pas récupérer leurs droits des albums qui sont au catalogue Casterman, mais ils peuvent publier ailleurs leurs nouveautés. Il devient alors cocasse de voir les ayant droits d’Hugo Pratt et Hergé signer cette lettre.

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    • Répondu par Oncle Francois le 13 novembre 2012 à  13:19 :

      Sauf Boucq dont les albums parus chez Casterman vont réapparaitre au Lombard. En voila un qui a bien anticipé !

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    • Répondu par PPV le 13 novembre 2012 à  13:43 :

      pas d’accord sur l’impossibilité de publier ailleurs les anciens albums. Les exemples sont légion (déjà, Bilal est publié chez casterman avec les anciens albums réédités depuis la quasi faillite des Humanos). Avec un bon avocat - et Moulinsart a déjà prouvé qu’il en avait un, de bon avocat - l’affaire serait vite règlée.

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      • Répondu par Frencho-ID le 14 novembre 2012 à  12:23 :

        Pourtant il est fréquent que des auteurs signent un contrat les engageant sur plusieurs albums (récemment on a pu lire dans Zoo que Lambil s’est affranchi de ce genre de contraintes, mais c’est qu’il en avait acquis le pouvoir).

        Par ailleurs en principe les droits engagés chez un éditeur y restent, à moins que l’auteur (ou les composantes de l’entité auteur, ce qui complique vite les choses) accepte de les racheter (ce qui ne fait pas pour autant de lui automatiquement le propriétaire du stock, à ma connaissance, ledit stock étant lui aussi rachetable).

        Sans parler du fumeux "droit de préférence" (dont j’avoue ignorer s’il se pratique toujours).

        En conclusion il n’est sûrement pas aussi facile qu’on le pense pour un auteur sans grands moyens (y compris juridiques, ces juristes-là (non plus) ne bradant pas leurs connaissances) de reprendre sa liberté.

        Si on peut m’apporter contradiction ou eau à mon moulin, qu’on n’hésite pas, je reconnais trouver le sujet passionnant !

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  • SANS AUTEURS, PAS D’ÉDITEUR
    13 novembre 2012 11:36, par Kasperl

    SANS AUTEURS, PAS D’ÉDITEUR !!
    C’est tout simple, mais bcp trop d’éditeurs ont tendance à oublier ce vieil adage
    en traitant leurs auteurs comme du bétail, voire pire, mais force restera toujours à SANS AUTEURS, PAS D’ÉDITEUR !

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    • Répondu le 13 novembre 2012 à  23:54 :

      L’inverse est également vrai ; sans éditeurs, pas d’auteurs.

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      • Répondu par Vincent le 14 novembre 2012 à  11:24 :

        Non, ça c’est faux. Il y a l’auto-publication, par exemple. C’est peut-être plus laborieux mais ça marche (et ça marche bien). Renseignez-vous (entendu parler des éditions Albert René ?)

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        • Répondu le 14 novembre 2012 à  13:52 :

          Si vous faites de l’auto-édition, c’est de l’édition ; vous êtes vous-même l’éditeur et c’est un métier. C’est autant de temps que vous ne passez pas à dessiner. Bon courage ! Pas d’auteurs sans éditeur(s) donc.

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          • Répondu par Vincent le 15 novembre 2012 à  09:59 :

            Je maintiens, surtout parce que votre formulation me fait tiquer, parce qu’elle me rappelle les propos débiles de notre ministre de la culture.

            Un auteur peut complètement faire une œuvre sans avoir un éditeur derrière lui (une autre personne). D’ailleurs beaucoup d’éditeurs BD ne font pas leur boulot de suivi des projets, des auteurs. Ils se contentent de recevoir les planches, de corriger les fautes (et encore) et d’imprimer. Je pense qu’il n’y a pas besoin d’éditeur. Mais quand celui-ci est intelligent et intéressant, ça ne peut qu’être enrichissant.

            Quant à la question de savoir s’il peut y avoir œuvre sans édition, je ne suis pas sûr d’être de votre avis... Mais si on commence ce débat on est pas sortis.

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            • Répondu le 16 novembre 2012 à  11:30 :

              Posez vous des questions, ce sont peut-être vos discours à vous qui sont "débiles".

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          • Répondu par Bardamor le 15 novembre 2012 à  12:06 :

            Non, ce n’est pas aussi simple que "chacun fait son métier", l’éditeur d’un côté, l’auteur de l’autre. Hormis les cas d’auteurs asservis à une production de type industriel, en BD comme en littérature, l’histoire des rapports entre auteurs et éditeurs est très conflictuelle.
            La correspondance de Gallimard (Gaston) lui-même révèle qu’en devenant éditeur, celui-ci a perdu ses amis écrivains. Le commerce et la confiance sont pratiquement aussi incompatibles que l’amour et le mariage, comme ce nouveau différend nous le rappelle.

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    • Répondu le 14 novembre 2012 à  20:42 :

      "Comme du bétail"... Bah voyons. Vous n’en faites pas un peu trop, là ?

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  • Casterman : La bronca des auteurs
    13 novembre 2012 12:35, par Jaco

    Et pourquoi ce n’est pas signé par les "petits" auteurs ? Pourquoi ces castes ?

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    • Répondu par Oncle Francois le 13 novembre 2012 à  13:20 :

      Dans un contexte troublé et mouvant, les petits auteurs à la rentabilité incertaine évitent de se faire remarquer par le nouveau patron. Vous n’aviez pas compris ??

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      • Répondu le 13 novembre 2012 à  15:09 :

        Exact, un petit auteur, loin de ces auteurs star a intérêt à la jouer discret.
        De toute manière, rien ne dit qu’ils aient été contacté pour signer, car en ce milieu on ne mélange pas les torchons et les serviettes

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    • Répondu le 13 novembre 2012 à  14:54 :

      Oui pourquoi ? Tout ce panel de grands auteurs pourrait peut être AUSSI se mobiliser pour l’ensemble de la profession d’auteurs. Pour défendre l’ensemble de la profession qui, généralement, rame, même après des années dans le métier, et dont beaucoup sont en train de crever à petits feux ces temps-çi !!!
      Mais ce serait rêver !!!

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      • Répondu le 13 novembre 2012 à  15:17 :

        absolument !

        Adhérer au Snac BD et le dire ne leur coûterait rien.

        (Fort heureusement pour le Snac, des contentieux pour de jeunes auteurs ont pu être réglés grâce à l’appui discret de quelques grands auteurs)

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        • Répondu par St Loup le 14 novembre 2012 à  09:02 :

          Certes, mais il y a encore, à ce qu’on lit sur les différents forums assez de litiges et violations de leurs droits, ou l’on voit que les auteurs - pas affiliés au snac - baissent les bras très vite dés la première lettre menacante d’avocat de l’éditeur.
          Par exemple l’utilisation du maintenant fameux "faux contrat Belge 1886" chez une dizaine d’auteurs Français n’a, à ce jour, soulevé aucune contestation.
          Messieurs, vous avez choisi de vous taire, mais vous oubliez le proverbe : qui se bat peut être vaincu, mais qui ne se bat pas est déjà vaincu !!!

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          • Répondu par CREW le 15 novembre 2012 à  10:18 :

            Les pays ont décidé chacun d’instaurer une législation sur la propriété littéraire et artistique qui doit s’exercer dans un cadre fixant les conditions dans lesquelles l’exploitation d’une oeuvre peut être cédée par un auteur à un diffuseur.
            Si votre éditeur est hors de ce cadre bien défini, avec son utilisation d’une ancienne loi abolie, soit il connait bien mal son métier, pour ne pas avoir utilisé la loi en vigueur soit il s’agit de malversation avec utilisation d’une loi beaucoup plus souple et donc, plus intéressante pour lui.

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            • Répondu par St Loup le 16 novembre 2012 à  09:35 :

              Nous sommes, bien entendu, arrivé à cette même exacte conclusion que vous.
              Preuve que malgré des lois bien établies, certains éditeurs s’en affranchissent pour naviguer illégalement en eaux bien troubles !

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              • Répondu par CREW le 16 novembre 2012 à  14:22 :

                F...... moi donc ces éditeurs devant un tribunal, qu’au moins la justice leur remette en mémoire qui si il y a des lois ce n’est pas pour les merles !!! P’tain !!!

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  • Casterman : La bronca des auteurs
    13 novembre 2012 16:29

    C’est donc la même histoire qui se perpétue.
    Si on veut connaître la suite, il n’y a qu’à demander à Dimitri Kennes, non ?

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  • Casterman : La bronca des auteurs
    13 novembre 2012 20:14

    Je ne comprends pas bien.

    1. Casterman, propriété de Flammarion, est vendu par la maison mère, le groupe Rizzoli. Gallimard achète l’ensemble. casterman passe donc dans le giron de Gallimard, maison extrêmement prestigieuse, l’un des éditeurs les plus réputés au monde, toujours indépendant, toujours familial, contrairement à tous les grands groupes d’édition. Les éditeurs devraient d’abord s’en réjouir.

    2. C’est Louis Delas qui quitte le navire pour reprendre l’affaire familiale. Il sera patron, au lieu d’être l’employé d’Antoine Gallimard : voilà une bonne raison à ses yeux d’abandonner "ses" auteurs, qui lui sont tant attachés. Mais ce n’est pas à lui qu’ils s’en prennent.

    3. Louis Delas est toujours patron de Casterman, jusqu’en janvier. Il n’a pas jugé utile de parler de ses intentions avec "ses" auteurs. Mais ce n’est pas à lui qu’ils s’en prennent, alors qu’il aurait été plutôt mal vu, je pense, qu’Antoine Gallimard s’adresse aux auteurs en passant par-dessus la tête de Louis Delas.

    4. Antoine Gallimard, qui vient d’acheter Casterman avec tout le groupe Flammarion, a refusé une quasi "OPA" de Louis Delas. C’est son droit. Cela veut surtout dire qu’il ne veut pas fragiliser la maison Casterman en l’éclatant entre deux "patrons" et deux groupes (Gallimard et L’Ecole des loisirs). C’est plutôt sage. La solution de Louis Delas était périlleuse pour l’intégrité de la société Casterman et donc pour le bien-être des auteurs. Mais ce n’est pas à lui qu’ils s’en prennent.

    Tout cela ressemble plutôt à une opération de déstabilisation fomentée par Louis Delas, vexé de n’avoir pas obtenu gain de cause, comme un enfant capricieux.
    Attendons la suite, la nomination d’un nouveau patron pour Casterman. Les humeurs de ces quelques auteurs sanguins retomberont bien vite...

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    • Répondu par Henscher le 13 novembre 2012 à  21:29 :

      Cela se tient, sauf qu’en l’espèce, les auteurs réagissent à la déclaration assez maladroite d’Antoine Gallimard dans la Tribune ou les Echos (je ne sais plus bien), où il évoquait la possibilité de revendre Casterman pour faire face à ses propres besoins de trésorerie.

      C’est être considéré comme de simples actifs, qui a particulièrement courroucé les auteurs. Et ils estiment que Delas avait un projet éditorial, contrairement au nouveau propriétaire.

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      • Répondu le 14 novembre 2012 à  00:21 :

        Si je vous suis bien, les auteurs réagissent donc mi-novembre à une déclaration de mi-juillet ? Les auteurs de BD toujours en retard, ce n’est donc pas une légende...

        Il faut croire qu’en juin ils n’avaient pas vu autre chose que ce que cette déclaration était sans doute : un coup de bluff dans la négociation - qu’on imagine âpre - pour l’achat du groupe Flammarion. Maladroit peut-être, mais nous voyons bien que Gallimard ne vend pas Casterman, qu’il n’en a pas besoin : il refuse même l’offre d’achat de la moitié de la maison par L’Ecole des loisirs, qui lui aurait pourtant certainement apporté une bouffée d’oxygène dans sa trésorerie.

        Quant au projet éditorial, c’est un peu tôt pour juger, non ? Louis Delas n’est pas encore parti. Son successeur se chargera du projet éditorial, insufflé par le Gallimard, qui n’est pas un groupe d’édition pêchant par manque de projet éditorial. Même en matière de bande dessinée : Futuropolis, Denoël Graphic, Bayou, c’est pas de la gnognotte, quand même...

        Non, décidément, il y a là un mauvais procès d’intention, sans doute même une manipulation.

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      • Répondu par Albator le 14 novembre 2012 à  08:33 :

        Hors ces quelques stars de la BD, la plupart des auteurs, ailleurs, dans d’autres maisons, sont aussi tout simplement considérés comme de simples actifs, ou fournisseurs. Sauf que si ils se risquent à une lettre ouverte pareille, il n’y aura pas d’albums suivants pour eux, et nul n’en parlera !!!

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        • Répondu le 14 novembre 2012 à  11:38 :

          Surtout que beaucoup des auteurs signataires de cette lettre ouverte sont déjà ailleurs. Quelle menace...

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    • Répondu le 13 novembre 2012 à  22:02 :

      Tout à fait d’accord avec vous !

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  • Vente !
    14 novembre 2012 08:22, par Corell

    J’aimerais le garder, même si, dans un contexte de crise, je pourrais être contraint de vendre

    Ceci, je l’ai entendu de la part de 2/3 petits éditeurs assez englués dans la crise,
    et ça a pas généré une levée de boucliers générale et surtout qu’on en parle si vite et si largement !!
    Les auteurs desdits éditeurs n’ont, il est vrai, pas moyen de faire un buzz pareil,
    donc on en parle pas, mais ils sont un max inquiets quand même à ce que j’en vois, et sans pouvoir de "se parachuter (doré) " chez un autre éditeur.
    Il y a vraiment 2 poids 2 mesures dans ce p..... de métiers !

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  • Casterman : La bronca des auteurs
    14 novembre 2012 10:14, par Géraud

    Sous votre titre :

    Ils ont réagi vivement par une lettre ouverte à Antoine Gallimard signée des plus grands noms de la maison (Hergé, Pratt, Geluck, Tardi, Bilal, Schuiten, Loisel...)

    Ca fait plaisir de voir que pour cette occasion, Hergé et Pratt reprennent du service.

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  • Casterman : La bronca des auteurs
    16 novembre 2012 08:21, par Jacques Langlois

    Cette lettre ouverte courroucée des "poids lourds" de Casterman me laisse perplexe, pour ne pas utiliser un mot plus désagréable à leur égard : ils reprochent donc à Gallimard de ne pas exclure de vendre leur maison d’édition, alors que c’est le démissionnaire Delas, qui, pour concilier ses intérêts personnels, a cherché à détacher Casterman de son nouvel actionnaire... pour le raccrocher à son affaire familiale !
    Le copinage rend aveugle ou de mauvaise foi...Enfin, quand je dis "copinage", il faut nuancer : trouver parmi les signataires l’ayant-droit d’Hergé, quand on sait (voir sur ce site ) les reproches et les menaces dont l’avenue Louise a accablé son éditeur tout au long du mandat de Delas, est pour le moins cocasse.

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