Le drôle d’écho d’Antoine Gallimard à propos de Casterman

13 juillet 2012 4 commentaires
  • "Gallimard pourrait vendre Casterman", voilà ce que l'on a retenu d'[un entretien accordé par Antoine Gallimard aux Echos->http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/actu/0202154176941-je-reflechis-a-ouvrir-le-capital-du-groupe-a-hauteur-de-10-341329.php]. Le propos de l'éditeur de Saint-Germain des Prés ouvre bien des pistes de réflexion.

C’est juste une hypothèse, à ce stade, inutile de s’agiter. Mais aussitôt la rumeur a rebondi : Media-Participations rachèterait Casterman.

C’est faux évidemment. Qu’a dit Antoine Gallimard en substance à la question d’une revente hypothétique de Casterman : "Casterman est un joli joyau, qui s’accorderait bien avec nos activités en bandes dessinées, notamment dans Futuropolis. Je vois un bel ensemble, qui permettrait aussi de mettre un pied dans l’audiovisuel. J’aimerais le garder, même si, dans un contexte de crise, je pourrais être contraint de le vendre pour faire face à mes échéances."

Qu’est-ce que cela signifie ? Que Gallimard a racheté Flammarion à RCS pour 230 millions d’euros dont il ne peut financer jusqu’à présent que 25%, le reste étant emprunté aux banques.

Rien d’inquiétant, les taux d’emprunt sont bas en ce moment et des opérations d’ouverture de capital viendront consolider l’édifice. Mais la fusion des entités du nouvel ensemble aura forcément un coût, même si des économies sont attendues. Le fait que Casterman soit considérée comme cessible en cas de difficulté économique la désigne comme une activité non-stratégique, un peu comme Flammarion chez RCS... La différence, c’est que Casterman, comme Flammarion, ne perd pas d’argent. Mais il suffirait un ou deux trimestres dans le rouge pour que la question se pose.

L’autre information à retenir dans cette conversation, c’est l’attachement personnel d’Antoine Gallimard au label Futuropolis, ce qui démontre son intérêt pour la bande dessinée.

Le drôle d'écho d'Antoine Gallimard à propos de Casterman
Claude de Saint-Vincent, PDG de Média-Participations et Louis Delas, PDG de Casterman. Alors, on discute ?

Mais au cas où Casterman serait à vendre, reviendrait-elle à Média-Participations ? Rien n’est moins sûr. La Commission Européenne commencerait à regarder ce qui pourrait peut-être constituer un abus de positon dominante. Et puis, il y a un certain nombre de candidats potentiels à l’entrée dans le domaine de la BD qui paieraient plus cher que Média pour un catalogue qui n’est pas vraiment complémentaire à la trilogie Dupuis-Dargaud-Lombard.

Qui serait l’acheteur ? Certainement pas Delcourt qui a encore à digérer Soleil, ni Glénat qui a d’autres chats à fouetter. Hachette, propriétaire de Astérix et Pika ? C’est une hypothèse sérieuse. Tintin et Astérix comme prodits d’appel, ça le ferait...

On peut y ajouter un possible rachat par les cadres, eux qui ont quand même pas mal mené la barque de l’entreprise jusqu’ici. On suppose que, dans tous les cas de figure, Moulinsart aura son petit mot à dire...

Ce qui est certain, c’est que le personnel de Casterman qui se faisait une joie de rejoindre le groupe Gallimard doit avoir un drôle de goût dans le café ce matin.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Photos : D. Pasamonik (L’Agence BD)

 
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4 Messages :
  • Le drôle d’écho d’Antoine Gallimard à propos de Casterman
    13 juillet 2012 10:27, par jacques langlois

    Ce serait dommage en effet et confirme ce que j’écrivais l’autre jour en regard de commentaires qui laissaient à penser que la prise de Casterman avait été un élément déterminant du deal : juste une cerise sur le gateau !
    Si cette pure hypothèse se concrétisait dans les prochains mois, nul doute que Moulinsart regarderait la chose de près : Hachette, certes, pour sa dimension internationale, serait une option. Il faudrait voir aussi ce qui est prévu -ou non- dans le contrat liant l’ayant droit de Tintin à son éditeur "historique". Moulinsart voudrait-il, pourrait-il reprendre les droits, voire les gérer en direct ? Cela supposerait des moyens de diffusion autrement dimensionnés que ceux si chichement mis en oeuvre par l’avenue Louise pour ses productions propres !
    A suivre...

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    • Répondu par Frencho-ID le 13 juillet 2012 à  13:05 :

      Moulinsart voudrait-il, pourrait-il reprendre les droits, voire les gérer en direct ?

      Voilà quelques années "Acid" Nick avait laissé entendre que c’est ce dont il s’apprêtait à menacer Casterman, il me semble. Depuis il s’est bien calmé (depuis qu’on lui a retiré son blog il faut vraiment chercher pour entendre encore parler de lui), mais en effet on imagine ici certaines perspectives, n’est-ce pas...?

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      • Répondu le 13 juillet 2012 à  18:31 :

        S’ils reprennent les droits c’est pour les refiler à quelqu’un d’autre. La diffusion c’est un autre boulot, surtout pour un catalogue aussi conséquent ; qu’a fait Uderzo quand il a récupéré les droits des albums Dargaud d’Astérix après le procès ? On pensait qu’il rééditerait le tout sous bannière Albert René, mais il a refilé le bébé à Hachette (conservant les nouveautés) pour une coquette somme. Parce que oui, mêmes pour les gros c’est plus intéressant financièrement de faire monter les enchères que de s’auto-éditer.

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  • Il me semble que Claude de Saint Vincent n’est que DG.

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