Dent d’ours, T3 : Werner - Par Yann & Henriet - Dupuis

24 juin 2015 8 commentaires
  • Fin d'un premier cycle de haut vol, Werner conclut cette histoire d'action, amour et d'amitié entre trois caractères forts, en pleine déliquescence de l'Allemagne. Malgré quelques invraisemblances, le spectacle et les rebondissements sont garantis !

25 avril 1945, un avion militaire allemand de reconnaissance arrive à se poser miraculeusement au cœur de Berlin, ville assiégée par les troupes russes. En émergent un haut gradé blessé et un pilote qui demandent à être conduits d’urgence au bunker d’Hitler. Ils en ressortent avec une mission aussi secrète que capitale pour le destin du IIIe Reich.

Pour ce faire, le pilote, qui n’est autre que le Flugkapitän Hanna Reitsch, devra piloter l’aile volante révolutionnaire HO 229. Comme copilote, elle choisit Werner, pilote presque aussi doué qu’elle et, accessoirement, membre de l’US Air Force et espion américain dont la mission consiste à tuer Hanna ! Mission d’autant plus délicate que quinze ans plus tôt, Hanna, Werner et Max, un juif polonais, formaient un trio inséparable dont le rêve commun était de voler et qui s’était juré une amitié éternelle.

Dent d'ours, T3 : Werner - Par Yann & Henriet - Dupuis
Dent d’ours, T3 : Werner - Par Yann & Henriet - Dupuis

Yann l’a prouvé avec Romain Hugault, il peut mêler son talent de conteur à des récits d’aviation. Derrière l’atrocité de l’époque développée (la fin du Reich et les extrémités auxquelles se livrent les derniers fanatiques), Yann parvient à glisser la poésie et la romance de la fin d’enfance des protagonistes. En faisant exception du talent des aviateurs à sauter d’un Wunderwaffen à l’autre, cette œuvre de fiction nous permet de mieux comprendre les dernières heures vécues par les Allemands, assaillis par les troupes russes.

Le récit est brillamment soutenu par le dessin d’Henriet. Outre l’application à dessiner les scènes d’aviation, le soin apporté dans les séquences psychologiques permet de ressentir adroitement les dilemmes vécus par les différents personnages. Même la froide héroïne Hanna laisse tomber un coin du voile pour mieux livrer sa personnalité. Le mélange de combats et d’expérience juvénile trouvent leur juste milieu dans ce troisième tome, livrant de façon convaincante un des meilleurs divertissements du moment !

La jeune Hanna trouble par sa détermination... et son grain de folie !
Dent d’ours, T3 : Werner - Par Yann & Henriet - Dupuis

(par Charles-Louis Detournay)

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8 Messages :
  • Comme d’hab, j’ai lu ce truc dans le journal de Spirou.
    Un truc toujours aussi cocasse : les anachronismes, en particulier, j’en est trouvé un d’énorme et visible.
    Les jeunes hitlériens se déplacent avec des motocyclettes. Cela n’a rien d’extraordinaire sauf, que ces motocyclettes sont des BMW de 750 cm3 neuves ! Filer des motocyclettes de luxe à des mômes ! Ils ne devaient avoir droit qu’au maximum des 200 cm3 Zündapp ou équivalent.
    Mais, comme au cinéma, dans la bande dessinée ce genre de truc passe au dessus des têtes du bon peuple, sans faire de courants d’air !
    Le maniaque du IIIème reich, comme je considère le scénariste Yann, n’a rien vu !

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    • Répondu par Peckart le 26 juin 2015 à  00:42 :

      Ce qui vous choque c’est que ces motos soient neuves, mais à l’époque c’est un modèle récent, elles ne peuvent qu’être neuves, il n’y a pas d’anachronisme, et quand on travaille dans SketchUp on fait avec ce qu’on trouve dans la base de données des composants 3D.

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      • Répondu par Liaan le 26 juin 2015 à  08:39 :

        Ce n’est pas que ces motocyclettes soient neuves ! Il est logique qu’elles viennent d’être construites.
        Ce qui me choque, c’est que des "gamins" puissent conduire ces grosses cylindrées, comme si l’Allemagne de l’époque ne fabriquait que des "motos de luxe" ! Trouvez vous normal de confier un véhicule de haut de gamme à des apprentis ?
        Ce qui me désole avec toutes ces histoires dite "historiques", c’est que l’on arrive à faire avaler n’importe quoi aux lecteurs. Le contexte sociologique et économique des années 1930, donc la circulation des véhicules à l’époque, n’a strictement rien à voir avec le nôtre.
        J’apprends que cette bande dessinée se sert d’une base de données qui se nommerait SketchUp, et cette base doit être donc pauvre en images documentaires. Car l’utilisateur ne doit pas trop avoir le choix en matière de motos, par exemple. C’est un peu comme une troupe de théâtre qui n’aurait que cinq acteurs pour jouer une pièce qui exige cinquante comédiens, on trouvera toujours les mêmes... Dans notre exemple de bande dessinée, tout motocycliste roulera avec une seule machine : celle de luxe. Point.
        Vous ne trouvez pas que cela fait, un peu beaucoup, misère culturelle ?
        Et ce qui me gène surtout : les lecteurs d’aujourd’hui vont prendre pour argent comptant et trouver tout cela normal. Lorsque l’on ne respecte pas la vérité historique, on falsifie l’histoire. Imaginez qu’un historien du futur n’ait que ce document pour se représenter le passé.

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        • Répondu par Oncle François le 26 juin 2015 à  12:42 :

          Que voulez vous, ma bonne dame, les temps changent, ce n’est pas à vous que je vais l’apprendre, même si je suis hélas votre ainé.
          Maintenant, je croyais que le scénariste Yann, passionné par cette période avait accumulé une imposante documentation sur le sujet qu’il transmettait à ses dessinateurs en cas de besoin. Serait ce une énième légende urbaine ? ou Henriet (à ne pas confondre avec la jeune Henriette du couple Dupuy-Berberian) aurait il voulu agir de façon autonome, sans se focaliser sur la réalité de l’époque, qui fait il le rappeler à vos jeunes lecteurs fut une des périodes les plus sombres de l’histoire de l’humanité ? Un peu pour montrer qu’il ne s’agit que d’une histoire imaginaire, un peu à la façon d’Inglourious Basterds de Mister Tarantino ?

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          • Répondu par Bergame le 27 juin 2015 à  22:02 :

            qui fait il le rappeler à vos jeunes lecteurs fut une des périodes les plus sombres de l’histoire de l’humanité ?

            Nos jeunes lecteurs doivent bien se rendre compte que notre période actuelle n’est pas des plus lumineuses non-plus.

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        • Répondu le 26 juin 2015 à  18:04 :

          Imaginez qu’un historien du futur n’ait que les romans d’Alexandre Dumas pour s’imaginer le passé...

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        • Répondu par Jocelyn Jalette du Québec le 28 juin 2015 à  23:05 :

          On peut aussi supposer que ces petites racailles nazies ont volé ces motos. Il y a pire comme anachronisme.

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      • Répondu par henriet le 11 juillet 2015 à  11:35 :

        MDR
        cette moto est le BMW R11 trouvé dans un musée Allemand, donc ne me parlez pas de ketchup sans savoir.

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