District 77 – T1 : « Lili » - Par Denys & Dugand – Le Lombard

4 décembre 2006 0
  • {District 77} fait sans nul doute partie des meilleures surprises de cette fin d’année. Le dessinateur des {Comptines d’Halloween} et de {[Dans La Nuit->2551]} s’est associé à {{Jean-Philippe Dugand}}, un scénariste qui se partage entre sa collaboration à {Ferraille} et à l’écriture de films ({Atomik Circus}). Ils signent ici un polar bien corsé !

L’histoire est simple : « Une jeune flic débarque dans un commissariat où la moitié des policiers est à la solde d’un mafieux. Elle se rebelle en découvrant cette situation ». C’est du déjà vu me direz-vous ? Effectivement, mais les auteurs jouent sur les ambiances et la personnalité du personnage principal, Lili Lafayette, pour amadouer le lecteur et surtout pour rendre le récit original !

A peine sortie de l’école, la jeune flic qui débarque au Commissariat 77, de Downtown-East Side est directement mise à l’épreuve par son supérieur qui, lors d’une discussion, va lui faire un « coup de pute » et tenter de lui balancer un coup de matraque pour lui apprendre à ne se fier à personne, histoire de montrer ses bonnes manières. Lili esquive, et experte en arts-martiaux, balance son supérieur à l’autre bout de la pièce. Dès sa première journée, Lili comprendra que le District 77 sera semé d’embûches. Rapidement humiliée, elle va attendre d’avoir l’occasion de faire front à ses collègues ripoux, et œuvrer pour que le mafieux Big Boss, auquel tout ce beau monde prête allégeance, se retrouve hors d’état de nuire ! Les circonstances l’aideront puisqu’il est bientôt la victime d’une vendetta sanglante…

En refermant se livre, on s’étonne de la discrétion éditoriale de Jean-Philippe Dugand tant son potentiel est grand ! Même si l’intrigue contient de nombreux clichés, la manière dont le scénariste a assaisonné la sauce est intéressante et prenante. L’histoire, véritablement portée par la personnalité de l’héroïne principale, est servie par des dialogues tranchants…

On regrette que Denys ait succombé à la tentation d’utiliser un trait légèrement plus épais que celui de Comptine d’Halloween. Il s’est égaré dans un encrage excessif alourdissant le noir sans pour autant être maître des effets de lumière. Mais ne soyons pas trop exigeant, le dessinateur doit trouver ses marques. La mise en scène et les cadrages nous font oublier ces imperfections. Les auteurs n’ont pas à rougir de rejoindre la collection Troisième Vague, le talent est là.

(par Nicolas Anspach)

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