« Ghost in the Shell N° 4 : Man Machine Interface 2 » par Shirô Masamune - Editions Glénat

7 octobre 2003 1 commentaire
  • Mokoto fusionnée avec le Marionnettiste a monté sa propre entreprise de sécurité dans laquelle elle dispose d'énormes moyens. Elle peut ainsi se télécharger dans un de ses multiples avatars dormants disséminés dans toute l'Asie ; ou encore profiter de l'assistance de nombreuses I.A. de combats.

Ce qui ne l’empêche pas de devoir faire face à un piratage de grand envergure. La recherche du criminel responsable de ce forfait tourne vite à la filature numérique, puis à la course-poursuite par piratage de cyber-cerveaux, où le monde physique et les réseaux informatiques mélangent leurs réalités respectives pour mieux embrouiller l’adversaire.

Graphiquement, l’interface graphique paume littéralement le lecteur. Brouillage du réseau ? À la différence de Ghost in the shell, Man Machine Interface est une histoire complète intégralement en couleurs réalisées entièrement par l’auteur, fait rare pour un mangaka qui travaille seul. Prenant son temps, Shirô a pu aussi profiter de largement plus de temps pour le produire. De même qu’il a su tirer parti des progrès techniques de la mise en couleurs. Cela donne une infographie 3D omniprésente, parfois insupportable, car souffrant d’une intégration bâclée. Les textures sont largement moins travaillées que dans les deux premiers tomes. De même, les incessants changements de morphologie de Mokoto demandent une attention de chaque instant pour ne pas perdre sa trace dans la traque. Bref, les deux tomes de Man Machine Interface sont encore plus sollicitants que les deux premiers tomes de la saga de Ghost In The Shell, qui pourtant étaient déjà considérés comme peu accessibles. A-t-il voulu mêler les thèmes d’Appleseed et d’Orion ?

Segfault, core dumped

Face à la trame nébuleuse et cryptique de cette histoire, j’en arriverais à la conclusion que les traducteurs, comme le lecteur, se sont trouvés largués par les explications ésotériques de Shirô... Mais à la réflexion, sans égard à mon ego, je soupçonne plutôt une traduction de Glénat faite à partir de l’édition américaine. Plusieurs indices signalent de possibles erreurs cumulatives de traduction (du japonais à l’anglais et de l’anglais au français) : par exemple, dans les deux premiers tomes, "physician" (chirurgien) est traduit par "physicien" . Dans certains cas, cela frise l’absurde : Certains ouvrages scientifiques donnés en appui par Shirô ont gardé comme référence leur éditeur japonais, alors que l’original était... français ! On laissera donc cette version aux fans inconditionnels, qui peuvent aussi se jeter sur le troisième artbook pour complèter la collec, en attendant la nouvelle série télé qui vient de sortir au Japon est qui est annoncée comme décevante.

(par Xavier Mouton-Dubosc)

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1 Message :
  • La traduction de Glénat ne peut avoir été faîte à partir de l’américaine vu que cette dernière (chez Dark Horse) n’est même pas encore fini alors que Glénat à bouclé l’édition de MMI depuis quelques mois déjà. De plus quand on compare les 2 versions on constate bien les divergences dans les termes et de sens entre les deux tra. sur plusieurs points... LA version anglaise est réalisé par le studio Proteus (Lone Wolf and Cub version anglaise entre autres...) dont la réputation n’est plus à faire, surtout concernant Shirow dont ils sont les "spécialistes". De plus quand on lit la version américaine on se rend compte que leur trad. est plus "précises" que la française, notamment dans l’interprétation des concepts techniques et scientifiques... Enfin l’édition américaine propose un court avant-propos de l’auteur pour expliquer et s’excuser des changements de ton par rapport au premier GITS...

    Sinon graphiquement, malgré les problèmes d’intégration 2D/3D et des textures encore trop digitale, il reste que ce manga est une tuerie, d’autant que la recherche graphique sur la représentation des interfaces et leur utilisation à outrance dans le manga sont en grande partie le "concept" à l’oeuvre dans Man Machine Interface : le mariage 3D/2D n’est pas que du style -et c’est là où Shirow fait fort et laisse tous le monde sur la route- c’est aussi la représentation visuelle de l’environnement hyper-informationnelle d’une entité comme le perso principal : chaque planche de MMI se lit aussi en "profondeur", dès que se superpose le regard "cyber" sur des actions dans le l’espace virtuel et/ou réel les "interfaces" en rendent compte, comme dans lorsque Motoko se saisit du câble de connexion dans les première planches -sur son bateau- où on voit la trajectoire calculée du câble tel que perçu par l’interface de Motoko se superposer à l’image "réelle"...

    La version française est graphiquement supérieure à l’américaine mais pas cool pour la traduction...

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