L’autrice finlandaise Tiitu Takalo Prix Artemisia 2021

9 janvier 2021 49
  • Le Prix Artémisia récompense chaque année une autrice de bande dessinée afin de rendre plus visibles les femmes du 9e Art. L’Association Artémisia œuvre depuis maintenant quatorze ans pour la représentativité des femmes et de leurs œuvres, dans les métiers de la bande dessinée. Douze de ces créations avaient été sélectionnées cette année pour leurs « qualité, originalité et créativité. » C’est « Moi, Mikko et Annikki » (Rue de l'échiquier) de l’autrice finlandaise Tiitu Takalo, dont c’est le premier album traduit en français, qui remporte la palme.

C’est un anniversaire un peu tristounet que ce quatorzième anniversaire frappé par la pandémie mais aussi mis sous le boisseau par une gouvernance qui a entraîné pas mal de remous au cours de l’histoire de l’association Artemisia depuis 14 ans, son Lider Maximo Chantal Montellier conduisant l’esquif d’une façon très personnelle. Néanmoins, bon an mal an, c’est un choix original de lectures qui nous est proposé, qui sort des sentiers battus d’une série de prix « officiels » où les femmes sont en général peu représentées.

C’est donc à huis clos et sans cérémonie que le prix est remis cette année sur un choix de 12 titres dont nous vous redonnons la liste :

L'autrice finlandaise Tiitu Takalo Prix Artemisia 2021 Anaïs Nin de Léonie Bischoff (Casterman)
- Baume du tigre de Lucie Quéméner (Delcourt)
- Corps en grève de Valentine Boucq et Amandine Puntous (Steinkis)
- Les Croques de Léa Mazé (Éditions de la Gouttière)
- La déesse requin de Lison Ferné (CFC éditions)
- Hippie Trail de Séverine Laliberté et Elléa Bird (Steinkis)
- La mécanique du sage de Gabrielle Piquet (Atrabile)
- Melvina de Rachele Aragno (Dargaud)
- Moi Mikko et Annikki de Tiitu Takalo (Rue de l’Échiquier)
- Sauf imprévu de Lorena Canottiere (Ici même)
- Sourvilo d’Olga Lavrentieva (Actes Sud)
- Vent Mauvais de Cati Baur (Rue de Sèvres)

Le jury du Artémisia 2021 a décidé de distinguer cette année l’autrice finlandaise Tiitu Takalo pour Moi, Mikko et Annikki (Rue de l’échiquier), une BD déjà été distinguée par le prix Cartoonia en 2014 en Finlande, la plus haute distinction pour une BD dans ce pays. Sa traduction avait été publiée en France le 16 janvier 2019.

BD aux accents autobiographiques, Moi, Mikko et Annikki raconte l’installation d’un jeune couple dans une maison du quartier historique de Tampere et son combat contre les promoteurs immobiliers qui tentent de mettre à terre ce quartier de maisons de bois datant du XVIIIe siècle.

Joliment illustré d’aquarelles, dans un trait qui rappelle celui de la dessinatrice anglaise Posy Simmonds, cet album pose la question d’une marche forcée vers la modernité consumériste qui détruit non seulement notre habitat naturel, avec le drame écologique qui s’ensuit, mais aussi vers une acculturation mondialisée dans laquelle notre culture sera celle, quasi exclusivement, des produits et des marques que nous consommons au détriment de nos propres racines sociales et culturelles.

Le patrimoine et sa préservation comme clé de nos identités collectives et de nos avenirs possibles, tel est l’enjeu de ce livre. Un choix pertinent.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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En médaillon : Tiitu Takalo au Festival de BD d’Helsinki en 2017. Photo : Emilia Anundi / Helsingin sarjakuvafestivaaleja

 
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49 Messages :
  • Vivement le prix "Gros Naze" de la bande dessinée masculine. C’est d’une imbécilité ce prix sexiste.

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    • Répondu le 9 janvier à  15:03 :

      Eh bien créez-le votre prix de la bd masculine, rien ne vous l’interdit.

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      • Répondu le 9 janvier à  17:36 :

        Ca serait suicidaire de faire ça, par contre l’inverse est acclamé, alors que c’est tout aussi idiot.

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        • Répondu le 9 janvier à  21:20 :

          Ce ne serait pas suicidaire mais simplement ridicule. Nous vivons un patriarcat. L’homme domine déjà partout.

          _

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          • Répondu le 9 janvier à  22:04 :

            Il faut donc dénoncer une domination en écartant, stigmatisant et... dominant. C’est dommage de tomber dans ce piège, c’est tout aussi ridicule. Il serait tellement plus positif de montrer que l’union est plus forte que l’ostracisme.

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          • Répondu le 10 janvier à  09:59 :

            Vous avez raison, le matriarcat doit remplacer le patriarcat et tomber dans les mêmes travers binaires, c’est la solution qui saute aux yeux. Les hommes roulent trop vite, les femmes doivent faire pareil pour dénoncer ce travers dangereux. Logique.

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            • Répondu le 10 janvier à  19:02 :

              Le prix Artemisia ne propose pas un matriarcat. Il récompense une BD faite par une femme. Il s’agit d’une initiative privée. On pourrait également récompenser une BD faite par un homme, ou un transgenre, ou un sourd-muet, ou un blond à taches de rousseur. Tout est permis. On est libre.

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              • Répondu le 11 janvier à  07:52 :

                Sauf que proposer un prix de la bd masculine ferait un tollé absolu, mais celui-ci ne gêne personne. Et vous parlez vous-même de patriarcat pour objectiver votre vision du monde et la place de ce prix dans le paysage éditorial qui n’est plus du tout tel que vous voulez bien le présenter.

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                • Répondu le 11 janvier à  10:42 :

                  Mais le prix Artemisia déclenche de fait un tollé tous les ans. Comme toutes les initiatives de discrimination positive. Sauf que : 1. C’est une initiative privée et on ne peut pas d’un côté être pour la liberté et de l’autre vouloir interdire ce type de prix. 2 : Lionel Jospin à l’époque s’était rallié à la notion de discrimination positive en instaurant la parité, parce qu’il avait compris que sinon, rien n’évolue jamais et la domination masculine n’est jamais remise en cause. De la même façon, si on veut l’égalité salariale homme-femme, il faudra bien en venir à une loi.

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                  • Répondu le 11 janvier à  12:18 :

                    Personne ne parle d’interdire quoi que ce soit, ne mélangez pas tout pour noyer le poisson, ce prix est sexiste, c’est un fait, je pense qu’on ne dénonce pas une situation en la recopiant maladroitement, c’est aussi ça la liberté, pouvoir dire ce qu’on pense. Je suis le premier à m’insurger contre les inégalités homme-femme, et je suis bien d’accord avec vous, sans loi, pas d’avancées majeures. Mais vous savez bien que la mise en place de la discrimination positive c’est aussi l’émergence de quotas, qui entraînent des inégalités relatives, c’est ce qui pose problème dans le système anglo-saxon universitaire, entre autre.

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                    • Répondu le 11 janvier à  13:34 :

                      Oui appelez ça du sexisme si vous voulez. Le sexisme dans ce sens-là reste assez peu pratiqué. En l’occurrence c’est en effet de la discrimination positive.

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                      • Répondu le 12 janvier à  07:01 :

                        Alors non, là, il ne s’agit pas de discrimination positive, ça serait le cas s’il y avait une mise en avant égalitaire des groupes visés. A partir du moment ou un traitement inégalitaire est instauré dès le départ, il s’agit bien d’une vision sexiste de la société en écartant, de fait, une égalité des droits des hommes et des femmes. C’est assez maladroit. Pour éviter cela, il faudrait une parfaite égalité des chances à concourir pour les hommes et les femmes, afin d’éviter toutes formes de stigmatisations.

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                        • Répondu le 12 janvier à  08:21 :

                          Mais on s’en fiche. Ce prix a le droit d’exister. Tous les prix ont le droit d’exister. Ce sont des médailles en chocolat.

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                          • Répondu le 12 janvier à  14:33 :

                            Vous avez raison, le chocolat a le droit d’exister !

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                      • Répondu le 12 janvier à  09:55 :

                        Ce n’est pas "appelez ça du sexisme si vous voulez". C’est la définition même du sexisme : une attitude discriminatoire fondée sur le sexe.
                        C’est le sexe de son autrice (et pas de son auteur) qui détermine qu’on puisse être nominé à ce prix.
                        Le féminisme, quand il désigne le masculin comme adversaire, c’est du sexisme. Quand le féminisme prône l’égalité, le masculin à sa place dans le dialogue.
                        Quand le féminisme vire à la misandrie, il n’y a pas d’issue possible.
                        La discrimination positive est un mal nécessaire pour rééquilibrer la société. La discrimination positive, c’est choisir l’équité pour parvenir à l’égalité. Mais si cette discrimination positive devient une institution perpétuelle, c’est la preuve d’un échec et tout le monde est perdant.
                        Les communautarismes des campus américains. C’est la sécurité du ghetto plutôt que la liberté. Cette américanisation a gagné l’Europe mais elle n’augure rien de bon.
                        Quand je lis cet article et que je regarde les dessins présentés, ce n’est pas le sexe de son autrice qui m’intéresse. Je ne me dis pas que c’est un dessin de fille et un sujet pour femmes. Je me dis que c’est un dessin et un sujet qui peuvent intéresser tout le monde. Après, on aime, on aime pas les dessins, on est d’accord ou pas avec le propos. Peu importe du moment que ça fait réfléchir. C’est à ça que servent les livres : faire réfléchir. Peu importe le sexe de l’artiste.

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                        • Répondu le 12 janvier à  13:43 :

                          Mais les livres sélectionnés au prix artemisia ne sont pas réservés à des femmes. Ils sont créés par des femmes tout simplement.

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    • Répondu par Fred le 9 janvier à  22:59 :

      Vous êtes sévère, cette pauvre Autrice médiocre n’avait que ce prix pour se faire un peu connaître. On ne va quand même pas lui donner le Grand Prix d’Angoulême.

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      • Répondu par Anne Teuf le 10 janvier à  22:32 :

        Avant d’affirmer que cet album est médiocre, je vous invite à le lire !

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        • Répondu par Fred le 11 janvier à  10:51 :

          Relisez moi, je n’affirme pas que l’album est médiocre, mais que l’auteuse est médiocre.

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          • Répondu par Anne Teuf le 12 janvier à  19:00 :

            Ah, ben c’est un très bel album réalisé par une autrice (que vous considérez, ce serait intéressant à savoir pourquoi, comme) médiocre.

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    • Répondu par Pascal Guichard le 11 janvier à  10:32 :

      Gros naze ne brille pas par son intelligence...
      peut-être qu’un jour nous n’aurons plus besoin de Prix Artemisia ?
      en attendant une parité normale il faut un peu forcé les chose d’ailleurs l’année prochaine il y aura un Prix Artémixte : une dessinatrice + un scénariste....

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      • Répondu le 11 janvier à  12:26 :

        Et un dessinateur et une scénariste, non, ça passe pas ? Vous poussez le bouchon de plus en plus loin, là, c’est magique...

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  • L’autrice finlandaise Tiitu Takalo Prix Artemisia 2021
    11 janvier 10:40, par Pascal Guichard

    Il est dommage mais remarquable que ce prix déchaine une discussion oiseuse sur le patriarcat et le reste... Il y a donc bien un problème, messieurs... J’aurais préféré que l’on ergote sur les qualités, les défauts et le propos du livre...

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    • Répondu par Laurent Colonnier le 11 janvier à  15:32 :

      « J’aurais préféré que l’on ergote sur les qualités, les défauts et le propos du livre... »

      Je veux bien me lancer : Le dessin est dégueulasse, les couleurs à gerber, les paquets de texte à l’ordi repoussants. Pour le scénario il faudrait le lire, je ferai peut-être un effort si je le trouve en biblio, mais il y a des chances que je passe mon tour (ce type de lettrage informatique est souvent rédhibitoire pour moi).

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      • Répondu le 11 janvier à  17:54 :

        Le dessin est juste et intéressant, les couleurs réussies. Le prix attire l’attention sur cet auteure que je ne connaissais pas. ça donne envie d’en savoir et d’en voir davantage.

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        • Répondu le 11 janvier à  20:47 :

          Le prix c’est 22€, c’est comme même assez cher.

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      • Répondu le 11 janvier à  19:42 :

        propos complétement deplacés quand on connait votre production plus que médiocre. mais bon on ne se refait pas surtout quand on n’a pas lu la bd.

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    • Répondu le 11 janvier à  17:01 :

      Cet ouvrage fait de la publicité pour un Prix et non l’inverse. Ce n’est pas l’ouvrage qui est primé pour ses qualités mais parce qu’il est l’œuvre d’une femme. L’objectif est manqué. La discrimination positive ne fonctionne pas comme elle le devrait.
      Peut-être que si le prix Artémisia récompensait une autrice pour l’ensemble de son œuvre plutôt que pour tel ou tel de ses ouvrages, la communication serait plus efficace.
      Après tout, le but est de mettre en avant les autrices. Un bon livre, peu importe le sexe de la personne qui se cache derrière. Madame de La Fayette n’a pas attendu que des hommes lui donnent l’autorisation d’inventer le roman moderne.

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      • Répondu par Milles Sabords le 11 janvier à  20:21 :

        Pourquoi un tel déchaînement contre cette autrice ? Son travail est agréable à regarder et donne envie de lire l’histoire. La couverture est très réussie et la mise en couleur me fait penser au style de celles de Griffo. Il y a des albums bien plus déroutants à lire, comme par exemple MIND MGMT (Matt Kindt), Citéville/Citéruine (Jérôme Dubois) ou encore "Le Fils du roi" (Stanislas Moussé), dont les graphismes n’apportent rien.

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      • Répondu le 11 janvier à  20:45 :

        C’est vrai que récompenser des livres qui n’en valent pas la peine juste sous le prétexte que l’auteur est une femme n’est un service à rendre ni à l’auteurice ni au livre ni à la bd en général.

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        • Répondu le 11 janvier à  22:00 :

          Vous n’avez rien compris. Ici en l’occurrence tous les autres candidats étaient des femmes. C’est le concept.

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          • Répondu le 12 janvier à  07:02 :

            Un concept sexiste pour dénoncer le sexisme. Bienvenu en Absurdistan.

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          • Répondu le 12 janvier à  07:43 :

            Ce concept est une erreur de communication puisque le but est de récompenser une autrice avant son ouvrage puisque c’est son sexe qui fait que son ouvrage peut être nominé. Un ouvrage n’est pas toujours sexué. Récompenser une autrice pour toute son œuvre serait plus cohérent.
            Le truc qui m’amuserait serait qu’un homme sorte un livre avec un pseudonyme féminin, qu’il soit nominé à ce prix et qu’il le remporte.

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            • Répondu le 12 janvier à  08:22 :

              C’est un concours réservé aux femmes. C’est pas difficile à comprendre quand même.

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              • Répondu le 12 janvier à  14:31 :

                Un concours réservé aux femmes qui ne s’adresse qu’aux femmes. C’est effectivement pas difficile à comprendre.

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                • Répondu le 12 janvier à  15:26 :

                  Ça, c’est du sexisme.

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                  • Répondu le 12 janvier à  17:19 :

                    Le sexisme n’est pas le monopole des hommes. Ce serait trop facile.

                    Ce que j’espère, c’est que cet album sera lu grâce à ses qualités et pas parce qu’il a obtenu un prix X ou Y ou XX ou XY.

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                    • Répondu le 13 janvier à  06:57 :

                      Mais un prix qui se veut contre le sexisme et se prend les pieds dans le tapis, c’est quand même ballot. Pour l’an prochain, il faudra passer du sticker prix de la bd feministe -sick- à prix de la bd sexiste, ça sera plus juste.

                      Répondre à ce message

                      • Répondu le 13 janvier à  09:18 :

                        Ce n’est pas non plus un prix féministe, c’est un prix qui récompense une femme. Tous les ans c’est la même polémique. Ça rend les hommes chatouilleux voilà tout.

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                        • Répondu le 13 janvier à  10:08 :

                          Le prix de la bd féminine, c’est encore plus sectaire, mais vous ne semblez pas vouloir comprendre l’erreur grossière de ce concours de genre.

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                        • Répondu le 13 janvier à  10:14 :

                          Bien sûr que c’est un prix féministe !
                          Sinon, pourquoi récompenser une femme et ne nominer que des femmes ?
                          Le vrai problème n’est pas de récompenser une femme pour mettre en avant les autrices. Le problème est de primer un livre en particulier plutôt qu’un autre.
                          Qund il y a un Grand Prix à Angoulême, c’est pour mettre en avant la carrière d’un individu, pas un ouvrage en particulier.
                          Mettre en avant une autrice en particulier aurait plus de sens et plus de force. Que tel livre soit écrit et dessiné par un homme ou une femme, on s’en fiche. Ce n’est pas le sexe qui compte. Mais qu’une femme réussisse une belle carrière et soit distinguée pour, c’est plus fort. Niveau communication, ce serait plus efficace pour faire reconnaître le talent de cette autrice et ceux des autrices en général.

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                          • Répondu le 13 janvier à  11:51 :

                            Mettre en avant une personnalité, une autrice, une artiste marquante plutôt que mettre en concurrence des ouvrages qui n’ont rien en commun à part avoir été faits par des femmes.
                            S’il est question de sexe, il est question de personne, d’individu, pas de cervelle… même si les cerveaux sont formatés par nos sociétés et qu’il y a encore et il y aura toujours des progrès à faire. Quand vous comptez le nombre de jeunes femmes qui font des prépas littéraires et qui intègrent les grandes écoles littéraires, on ne peut pas dire qu’elles sont minoritaires. Il y a encore des tas de préjugés à combattre, mais les femmes dans la bande dessinée sont de plus en plus nombreuses et seront un jour majoritaires. Mettre en avant des autrices plutôt que tel ou tel ouvrage, je le répète, serait plus efficace et pertinent. Mettre les autrices en avant, devant leurs ouvrages. L’erreur de communication de ce prix est qu’il singe les autres prix. La spécificité de ce prix, c’est sa discrimination positive.

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                          • Répondu le 13 janvier à  11:51 :

                            Personnellement ce prix ne me dérange pas. Un prix pour la meilleure auteure de l’année, pourquoi pas ? Pour ce que ça vaut. Ce qui est amusant, c’est de voir tous les ans les mecs se dresser sur leurs petits ergots.

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                            • Répondu le 14 janvier à  06:38 :

                              Lorsque vous êtes un homme, blanc et hétérosexuel dans le monde occidental d’aujourd’hui, vous avez coché toutes les mauvaises cases. Faut forcément une case pour se prétendre victime de quelque chose, pour pouvoir lutter contre. C’est tellement manichéen que c’est niveau cour de récré de collège.

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                              • Répondu le 14 janvier à  07:08 :

                                Quand vous êtes un homme blanc hétérosexuel et occidental, vous avez accès à tous les leviers du pouvoir.

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                                • Répondu le 14 janvier à  07:59 :

                                  Une femme blanche, hétérosexuelle et occidentale a aussi accès à beaucoup plus de pouvoirs que les autres, vous allez créer un prix pour lutter contre ça, puisque ce prix semble être fait pour lutter contre et non unir ?

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                                • Répondu le 14 janvier à  10:17 :

                                  Allez dire ça à un blanc, hétérosexuel et occidental chômeur en fin de droit, viré d’une usine parce que des capitalistes ont décidé qu’il serait plus rentable de virer des gens pour sauver leur entreprise ou plutôt, leurs fesses. Il va apprécier.

                                  C’est un discours, de la rhétorique. La théorie fonctionne toujours jusqu’à ce qu’elle se heurte au réel. En réalité, tout dépend de votre environnement social et culturel. Ce qui est pratique avec l’opposition horizontale hommes/femmes, c’est qu’elle peut gommer l’opposition verticale riches/pauvres. La grande bourgeoise peut alors militer pour le droit de devenir chef d’entreprise en méprisant complètement la condition de la femme en bas de l’échelle sociale qu’elle exploitera, sous prétexte qu’elles se sont battues toutes les deux pour le droit au travail. Comme si l’ouvrière avait attendu Simone de Beauvoir pour aller gagner sa vie. Désigner un ennemi, c’est pratique, ça donne un sens à sa vie. Une question de foi et d’illusion et parce qu’illusion, de mauvaise foi aussi. Tout simplifier, permet de rassembler pour défendre une cause truffée d’angles morts.
                                  L’équité des droits me semble encore plus égalitaire que la simple égalité des droits.”

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