La bande dessinée, Eldorado des pipoles

24 juillet 2007 34 commentaires
  • Le point commun entre Laurent Gerra, Mimie Mathy, Pierre Palmade, Bruno Solo, Hubert Félix Thiéfaine, Adeline Blondieau, Jean-Jacques Beineix, Frédéric Beigbeder,.. ? Ils sont tous devenus ces dernières années des auteurs de bande dessinée. Ils y gagnent une image sympathique mais parfois aussi de substantiels bénéfices. Enquête sur un phénomène.
La bande dessinée, Eldorado des pipoles
Camera Cafe, best-seller du genre BDTV
Ed. Jungle

Vente publique à Drouot en février dernier. L’expert Roland Buret propose à la vente des bandes dessinées. Des vieux albums, mais aussi des dessins originaux devenus très à la mode dans la décoration des appartements modernes. Le marteau du commissaire-priseur tombe sur un dessin signé Reiser, le célèbre dessinateur de Pilote et de Hara Kiri. La salle se tourne vers l’acquéreur : il s’agit de Josiane Balasko accompagnée ce jour-là de Fabrice Lucchini. L’héroïne des Bronzés n’est pas la seule à aimer la BD. Avant elle, Dick Rivers est allé jusqu’en Belgique compléter à prix d’or sa collection de Chick Bill, Pierre Arditi sa collection de Tintin… D’autres célébrités comme les entrepreneurs Michel-Edouard Leclerc, Vincent Bolloré ou la chanteuse Brigitte Fontaine, venue chanter au dernier Festival d’Angoulême, ne font pas mystère de leur goût pour le neuvième art. Même le primat des Gaules, Monseigneur Philippe Barberin avait déclaré dans Gala : « J’ai appris la vie dans Tintin ! ».

Renaud, le précurseur
Ed. Delcourt

De la musique à la télé

Le pionnier de cette mouvance est sans doute le chanteur Renaud dont l’intérêt pour la BD suscita la publication chez Delcourt d’un album tiré de ses chansons : La Bande à Renaud. Ce fut le premier best-seller de ce petit éditeur qui en a vendu plus de trois-cent mille exemplaires. Depuis, on ne compte plus les BD tirées de chansons : Eddy Mitchell, Gainsbourg, Patrick Bruel, Bernard Lavilliers, Pascal Obispo (chez Soleil), Francis Cabrel, Jean-Jacques Goldman (chez Delcourt) ont tous vus leurs textes traduits en dessins. « Chacun des dessinateurs qui ont travaillé sur mes textes, témoigne Hubert Félix Thiéfaine, qui vient de publier son album aux éditions Soleil, a apporté une touche de poésie bien à lui. »

Bruno Solo. Fan de BD, il s’est impliqué dans sa mise en cases.
Photo DR

La télé n’est pas en reste. De plus en plus, les grands succès de la télévision se retrouvent sur le papier. En pionnier, Bruno Solo a répondu favorablement à la demande de Moïse Kissous, le patron des éditions Jungle qui publie avec succès les albums de Caméra Café. Mais il ne peut physiquement réaliser lui-même les scénarios car, au moment où il lance ses BD, il doit assurer la réalisation de la série télé : 700 sketches au total, vingt par semaine, qu’il faut écrire et puis jouer !Mais ce fan de BD ne lâche pas l’affaire : « Tous les scénarios, je les revoyais. Dans ce contexte, c’était un véritable luxe, mais j’ai grandi avec les comics américains de Marvel, la BD belge de Hergé et de Franquin. Mon maître absolu, c’est Jacobs, l’auteur de Blake & Mortimer. » En connaisseur, il explique ce qui différencie l’humour de la BD de celui du théâtre : « Sur les planches, quand une réplique est moins bien sentie, vous pouvez la faire passer avec l’énergie du mouvement et la dynamique du jeu. En BD, ce n’est pas possible. En revanche, vous pouvez passer en une case de la planète mars à la jungle équatoriale et ça, c’est formidable ! » Cet investissement est payant : en deux ans et demi et cinq albums, plus de 600.000 exemplaires vendus.

Tous en BD !

Devant ce succès, toutes les stars de la télé se voient potentiellement adaptables en bande dessinée : Joséphine Ange Gardien, les aventures de Bigard, de Pierre Palmade, de Chevallier et Laspalès, d’Elie Semoun, de Desproges, du patineur Philippe Candeloro (tous aux éditions Jungle), ou encore, récemment Kaamelott d’Alexandre Astier (Casterman) qui réalise un score de 190.000 exemplaires vendus dès la parution du premier tome ! En janvier dernier, la série Samantha Oups sortait chez Carabas au grand étonnement de Doudi et Pépess, les deux copines venues signer leurs albums au festival d’Angoulême sur le stand de Carabas : « C’était fou ! Il y avait des dessinateurs connus à côté de nous. Nous, on avait la file et eux ne signaient rien. C’était un peu les boules… ». Au point de porter ombrage aux vrais créateurs ? « N’exagérons rien, nous dit Doudi, nous ne sommes qu’un élément de plus dans le monde de la BD. Nous n’allons pas les remplacer ! »
C’est aussi l’avis de Patrick Gaumer, historien et l’auteur du Larousse de la BD : « Symbole de la contre-culture jusqu’aux années 80, la bande dessinée est devenue, aujourd’hui, un élément important de l’industrie du divertissement. Tant que la bande dessinée se portera bien, on verra sans doute ces « pipoles » apporter leur caution au genre. En cas de crise du secteur, le soufflé pourrait très vite retomber. La bande dessinée devrait y survivre, s’orienter vers d’autres directions dans les prochaines années. »

Doudi et Pépess de Samantha Oops. Naguère vedettes de la télé, aujourd’hui stars de la BD
Photo : Nicolas Anspach

Jackpot

Pour certains éditeurs, le « joker » qui consiste à marier un dessinateur de BD avec un « pipole » constitue un jackpot. Un jour, Laurent Gerra eut l’idée d’utiliser le personnage de Lucky Luke pour son spectacle. Comme il en parle au journaliste du Figaro Jacques Pessis, éditeur chez Dargaud, celui-ci lui propose carrément d’en reprendre le scénario à la suite de Morris, décédé quelques temps plus tôt. Gerra hésite. Ce grand connaisseur de BD a un peu le trac de succéder à Morris et surtout à Goscinny, l’homme qui porta le succès de cette série au zénith. Ayant finalement décidé de se jeter à l’eau, il décroche le jackpot : 1,2 millions d’exemplaires vendus en deux tomes !

Kaamelott d’Alexandre Astier. Une série télé devenue une bonne BD
Ed. Casterman

Cette intrusion des célébrités dans la BD n’est pas forcément bien ressentie par les puristes. Jean-Jacques Beineix en sait quelque chose, lui dont les albums ont été traînés dans la boue dans certains forums alors même qu’ils n’étaient pas encore en librairie : «  J’ai le sentiment qu’il y a une partie des fans, très petite mais très dynamique, qui est extrêmement sectaire, raconte le réalisateur de 37°2 le matin et de Diva. Laurent Gerra, Frédéric Beigbeder, même Georges Lautner, en ont pris plein la tronche ! » Mais il ne se décourage pas pour autant, car la BD lui a rendu d’immenses services : « Elle m’a apporté un supplément de compréhension du cinéma lui-même. Je me posais souvent la question face à une image ou une scène : Où est sa force ? La bande dessinée propose un dessin qui est juste et qui résume l’action ou la signification d’une séquence. Ca m’a permis d’aller à l’essentiel, de faire passer de façon simple des choses complexes avec une infinité de nuances. La BD m’a ouvert de nouvelles perspectives ! »

Joséphine Ange Gardien. Mimie sait se faire petite pour les petits.
Ed. Jungle

Il arrive que célébrité rime avec qualité

On le voit avec cet exemple, la motivation des « stars » vis-à-vis de la BD n’est pas seulement pécuniaire. Elle traduit un enthousiasme face à une culture générationnelle. Ainsi, dans Joséphine, Ange gardien, Mimie Mathy qui s’adresse volontairement aux enfants dans des aventures qui lui font faire le tour du monde ne cache pas combien les BD l’avaient fait rêver. Nicolas Cage, quant à lui, ne se contente pas d’enfourcher sa cylindrée pour rouler à tombeau ouvert dans les aventures de Ghost Rider, le film (très moyen) de Mark Steven Johnson tiré d’un comic-book de la Marvel : il a donné au fils qu’il a conçu avec son épouse Alice Kim le doux prénom de… Kal-El, le nom que porte Superman sur la planète Krypton !

Cauet, la voix de Garfield, va devenir une BD
Photo DR

Cette passion d’une génération d’acteurs pour le 9ème art ne produit pas seulement de simples dérivés de leur « marque ». Ainsi, récemment, nous soulignions à quel point Vincent Pérès avait réussi, en tandem avec Tiburce Oger, une création originale en signant La Forêt (Éditions Casterman) : « Pérez y révèle un indéniable talent d’écriture où y a de la verve, de la fantaisie, de l’invention et finalement bien du talent dans cette fable qui revisite certains aspects inédits de la généalogie de Merlin », écrivions-nous alors.

Vingt ans après le premier album de Renaud chez Delcourt, la tendance ne faiblit pas. Prochainement, c’est l’animateur de télé Cauet qui devrait décliner ses talents de vendeur de hamburger aux éditions Jungle ou encore le chanteur Henri Dès qui fêtera ses trente ans de chanson chez Delcourt. Qui pourrait s’en plaindre ? Après tout, comme le reste, cette activité nourrit la filière industrielle du livre – de l’imprimeur, des auteurs au libraire.

Albert Uderzo et Laurent Gerra, au top des ventes.
Photo : D. Pasamonik

Le Top 10 des meilleures ventes pipoles
(Exemplaires vendus en cumul)

1. Laurent Gerra (Lucky Luke - Dargaud)  : Plus de 1.200.000 ex
2. Bruno Solo – Yvan Le Bolloc’h (Camera Café -Jungle) :Plus de 600.000 ex
3. Renaud (La Bande à Renaud – Delcourt) : Plus de 320.000 ex
4. Alexandre Astier (Kaamelott – Casterman) : Plus de 190.000 ex
5. Bigard (Les aventures – Jungle) : Plus de 190.000 ex
6. Coluche (Soleil) : Plus de 80.000 ex
7. Luc Besson (Arthur – Soleil)  : Plus de 80.000 ex
8. Gainsbourg (Chansons – Soleil) : Plus de 70.000 ex
9. Mimie Mathy (Joséphine Ange Gardien –Jungle) : Plus de 58.000 ex
10. Doudi et Pépess (Samantha Oups – Carabas) : Plus de 50.000 ex

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

En médaillon : Laurent Gerra, le people le mieux vendu dans le milieu de la bande dessinée. Photo : D. Pasamonik.

 
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34 Messages :
  • La bande dessinée, Eldorado des pipoles
    25 juillet 2007 09:59, par Laurent Queyssi

    Nicolas Coppola doit d’ailleurs son pseudonyme à Luke Cage, le héros de la Marvel...

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  • La bande dessinée, Eldorado des pipoles
    25 juillet 2007 12:45, par Ras du crayon

    Moi ce qui me ravirait, c’est une BD qui serait non pas cette fois scénarisée (ou inspirée par), mais dessinée par un "pipole"...

    A raison de 8h par jour pendant 6 à 12 mois, ils découvriraient (émerveillés) ce qu’est réellement ce métier lorsqu’on le vit "au cœur de la planche"...

    Mais vous me direz que ce vœu traduit une vision "au ras du crayon" et qu’on ne va pas s’attarder à des détails aussi bassement matériels.

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  • La bande dessinée, Eldorado des pipoles
    25 juillet 2007 17:49, par Aglaé

    "Qui pourrait s’en plaindre ?"

    Tous ceux qui aiment la bande dessinée originale, sensible, inventive, audacieuse ... et qui en ont mare de voir les rayonnages des librairies envahis par des albums tout pourris qui enlèvent toute visibilité au reste de la création.

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 25 juillet 2007 à  19:44 :

      Tous ceux qui aiment la bande dessinée originale, sensible, inventive, audacieuse ... et qui en ont mare de voir les rayonnages des librairies envahis par des albums tout pourris qui enlèvent toute visibilité au reste de la création.

      Je crois que si votre libraire devait se limiter aux BD que vous aimez, il devrait très vite mettre la clé sous le paillasson. C’est normal qu’il ait l’offre la plus large possible.

      En outre, ce type de production est plutôt en grandes surfaces ou dans des espaces culturels qu’en librairie. Aucun risque de brouter de l’herbe à des petits labels indépendants.

      En ce qui me concerne, je connais des librairies qui font nettement le tri entre les différentes productions et qui n’enlèvent pas la visibilité à la création. Peut-être devriez-vous vous trouver un libraire approprié.

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  • La bande dessinée, Eldorado des pipoles
    25 juillet 2007 20:28, par Jean-no

    C’est peut-être égoïste mais en tant que lecteur j’ai du mal à me réjouir du succès de livres médiocres et opportunistes. Je ne sais pas si toutes les bds "télé" sont médiocres (Beigbeder par ex., pas géant, mais c’est malgré tout de la bande dessinée, contrairement à d’autres choses que j’ai lu dans la liste évoquée ci dessus).
    La santé du secteur, on s’en fiche finalement non ? Est-ce qu’un gastronome averti débouche la champagne chaque fois qu’un macdo ouvre ? Est-ce qu’un mélomane sérieux se réjouit quand un acteur sort son disque ? Je comprends que pour les acteurs du marché tout ça ait son intérêt, mais franchement, du point de vue des amateurs, c’est même absurde, et du point de vue de la qualité générale de la bd, savoir que les libraires tournent sur ce genre de stocks ineptes, ça n’a rien de vraiment rassurant : plus de 10 bds sortent chaque jour, on en rate sans doute plein, et en plus il faut fouiller dans une jungle de "Caméra café" et de "Samantha" qui sont des produits dérivés plutôt médiocres et qui n’ont d’ailleurs pas l’intérêt, quand il existe, des séries qui les inspirent. Au passage j’ai été très déçu de Kaamelot, car Alexandre Astier a du talent et s’intéresse apparemment à la bd, mais c’est pas ça.

    Voir en ligne : Savantsamericains

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 26 juillet 2007 à  01:04 :

      C’est peut-être égoïste mais en tant que lecteur j’ai du mal à me réjouir du succès de livres médiocres et opportunistes. Je ne sais pas si toutes les bds "télé" sont médiocres (Beigbeder par ex., pas géant, mais c’est malgré tout de la bande dessinée, contrairement à d’autres choses que j’ai lu dans la liste évoquée ci dessus).

      Il y a le même pourcentage de médiocrité que dans toute production culturelle. Cher Jean-Noël Lafargue, vous qui faites des sites qui se moquent de la crédulité du public, ce n’est pas bien de tenter de faire passer un article qui prend simplement la mesure d’un phénomène pour une défense et illustration de la bande dessinée médiocre. C’est malhonnête. Mesurée à l’aune de la qualité de la BD franco-belge "tout public", je ne vois pas pourquoi les auteurs de Caméra Café auraient à rougir de leur travail. Personnellement, je ne suis pas fan des scénarios de Gerra, mais j’ai beaucoup apprécié celui de Pérez et aussi, contrairement à vous, celui d’Astier.

      La santé du secteur, on s’en fiche finalement non ? Est-ce qu’un gastronome averti débouche la champagne chaque fois qu’un macdo ouvre ? Est-ce qu’un mélomane sérieux se réjouit quand un acteur sort son disque ? Je comprends que pour les acteurs du marché tout ça ait son intérêt, mais franchement, du point de vue des amateurs, c’est même absurde, et du point de vue de la qualité générale de la bd, savoir que les libraires tournent sur ce genre de stocks ineptes, ça n’a rien de vraiment rassurant : plus de 10 bds sortent chaque jour, on en rate sans doute plein, et en plus il faut fouiller dans une jungle de "Caméra café" et de "Samantha" qui sont des produits dérivés plutôt médiocres et qui n’ont d’ailleurs pas l’intérêt, quand il existe, des séries qui les inspirent. Au passage j’ai été très déçu de Kaamelot, car Alexandre Astier a du talent et s’intéresse apparemment à la bd, mais c’est pas ça.

      Où avez-vous vu que l’on débouchait une bouteille de champagne ? Je suppose que lorsque McDo s’est implanté en Europe, on a du écrire des articles sur le phénomène. C’est exactement le sens de notre article. Je pense que chacun de ces livres est sincère et qu’il trouve son public. L’objet de notre article était juste de prendre la mesure d’un fait éditorial étonnant, surtout quand on voit les chiffres (des N°1 à 50.000ex, on croit rêver).

      Maintenant, personnellement, je n’achèterais jamais un album de Bigard. Mais nous sommes un site généraliste, on s’intéresse à tout, dans la mesure de nos moyens, sans aucun mépris, c’est le principe.

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      • Répondu par Jean-no le 26 juillet 2007 à  02:20 :

        Très cher Didier : je rebondissais sur les deux dernières phrases :

        Qui pourrait s’en plaindre ? Après tout, comme le reste, cette activité nourrit la filière industrielle du livre – de l’imprimeur, des auteurs au libraire.

        ... Qui me semblent clairement être celles d’un acteur du marché de la bd, ce que vous êtes du reste. Pour moi, la médiocrité en art est potentiellement créative (et l’excellence, potentiellement sclérosante), mais dans une situation de sur-abondance, il est dommage de donner autant de place à la médiocrité. Car en attendant, les librairies ne grossissent pas et une partie de l’information sur les sorties - les premiers albums par ex. - est occultée par l’omniprésence de ces bandes dessinées aux succès importants puisque ce sont des produits dérivés des grands médias. J’avoue même que j’ai été déçu de constater que ça se vendait : je pensais à une mode stupide, un truc lancé par hasard, sans avenir (il y a eu des précédents : Collaro, Dorothée, les horreurs adaptées en France des séries d’Anime japonaises comme Astro Boy ou Candy, Charlot (par Forest !), Rintintin, Les mystères de l’ouest...), mais non, apparemment ça marche très bien. Ce qui me frappe avec ces albums, c’est qu’il n’y a pas de tentative de s’adapter au médium, alors que les séries de formats courts du genre Camera Café sont souvent assez réussies, et elles rappellent justement les comic-strips d’humour par leur efficacité. Le dessin est juste une matière traitée sans intérêt particulier, tout ce qu’on demande au dessinateur c’est que les têtes de ses personnages rappellent celles des modèles. Les auteurs de ces séries ont souvent un vrai talent, je trouve dommage qu’ils n’aient pas la politesse élémentaire de faire des bandes dessinées qui méritent ce nom.

        Voir en ligne : Savantsamericains

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        • Répondu par François Boudet le 27 juillet 2007 à  00:37 :

          Jean-No :

          (...), je trouve dommage qu’ils n’aient pas la politesse élémentaire de faire des bandes dessinées qui méritent ce nom.

          Bande dessinée (BD) : histoire racontée par une série de dessins. (Le Larousse de poche)

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      • Répondu par Didier Pasamonik le 26 juillet 2007 à  09:47 :

        Très cher Didier : je rebondissais sur les deux dernières phrases... Qui me semblent clairement être celles d’un acteur du marché de la bd, ce que vous êtes du reste.

        J’avais bien compris, mais le fait est là : vous détournez le sens de l’article.

        Pour moi, la médiocrité en art est potentiellement créative (et l’excellence, potentiellement sclérosante)...

        Je suis d’accord avec cette proposition.

        ..., mais dans une situation de sur-abondance, il est dommage de donner autant de place à la médiocrité. Car en attendant, les librairies ne grossissent pas et une partie de l’information sur les sorties - les premiers albums par ex. - est occultée par l’omniprésence de ces bandes dessinées aux succès importants puisque ce sont des produits dérivés des grands médias.

        Une observation objective du marché contredit vos affirmations.

        1/ Ce que vous appelez "la sur-production", j’y reviendrai un jour, est un facteur favorable au marché, comme aux créateurs. Voici ce que répondait Delcourt au magazine Suprême Dimension en septembre 2006, je trouve son analyse très juste :

        Dans tous les domaines, on publie trop de livres ! Nous sommes dans un secteur où il y a une large part d’expériences, de tentatives, et donc d’échecs. C’est logique parce qu’ il y a des livres qui ne fonctionnent pas aussi bien qu’on aurait aimé, que ce soit en terme de qualité ou parce que l’on ne sait pas d’avance quel sera le résultat. Or, si on perd ce côté expérimental, cette possibilité de donner la chance à de nouveaux projets, à de nouveaux auteurs, je pense que l’on va se racornir et faire notre métier sur des valeurs sûres, sans chercher le renouvellement, la curiosité, la surprise, qui sont au cœur même du métier de l’éditeur. Cela implique un taux de réussite et un taux d’échec. Après, je n’ai pas honte de publier beaucoup de livres. On les fait encore une fois pour des raisons sincères, pas par souci de noyer le marché. On croit dans ces projets-là. L’offre qualitative est aujourd’hui plus abondante que jamais.

        2/ Par ailleurs, les points de vente de la BD se sont multipliés. La librairie traditionnelle a fait une place aux éditeurs de romans graphiques, la grande distribution a un peu élargi la place de la BD, notamment en accompagnant l’explosion des mangas, des librairies spécialisées se sont ouvertes dans des villes de petite et moyenne taille.

        3/ Comme le souligne bien Delcourt, ces nouveaux produits sont autant de rampes de lancement pour de jeunes auteurs. Après tout, puisque vous le citez, Forest a commencé en faisant (plutôt bien) pour les frères Offenstadt et la SPE (les Glénat de l’époque) une adaptation en bande dessinée des aventures de Charlot. S’il n’avait pas eu cela pour croûter, raffermir son talent, il n’y aura au ni Barbarella, ni Ici Même.

        4/ Ce qui est vrai, c’est que les éditeurs n’ont pas compris qu’ils devaient accompagner cette mise sur le marché par une communication plus adaptée. Les Américains par exemple ont un outil marketing "Previews" qui donne exhaustivement les sorties plusieurs mois à l’avance. Cet outil existe en Allemagne. Cela n’existe pas en France.

        Par ailleurs, en France, les éditeurs ne soutiennent pas assez la presse BD, quelle qu’elle soit, papier ou internet. Or, c’est un moyen de créer un effet communautaire autour de certains tendances du marché (comme la télé le fait si bien avec les BD pipoles). Ceux qui ont raison, à mon sens, c’est Tchô, Lanfeust, voire Suprême Dimension et par dessus tout Panini. Au lieu de cela, tout repose sur des attachés de presse sous-staffés (les pauvres) qui disposent d’un minimum de moyens et surtout de supports inadaptés pour toucher efficacement les lecteurs potentiels.

        C’est vrai aussi pour les petits éditeurs. Il est caractéristique qu’un organe comme L’éprouvette consacre plus de pages à régler d’absconses polémiques, à se poser comme un organe "critique" dispensateur de la vérité vraie à l’aide d’une érudition artificielle (et pas forcément inintéressante d’ailleurs) au lieu de mettre en avant toute cette création contemporaine de qualité qui fait que nous vivons aujourd’hui, grâce à la sur-production notamment, un véritable âge d’or.

        J’avoue même que j’ai été déçu de constater que ça se vendait : je pensais à une mode stupide, un truc lancé par hasard, sans avenir (il y a eu des précédents : Collaro, Dorothée, les horreurs adaptées en France des séries d’Anime japonaises comme Astro Boy ou Candy, Charlot (par Forest !), Rintintin, Les mystères de l’ouest...), mais non, apparemment ça marche très bien. Ce qui me frappe avec ces albums, c’est qu’il n’y a pas de tentative de s’adapter au médium, alors que les séries de formats courts du genre Camera Café sont souvent assez réussies, et elles rappellent justement les comic-strips d’humour par leur efficacité. Le dessin est juste une matière traitée sans intérêt particulier, tout ce qu’on demande au dessinateur c’est que les têtes de ses personnages rappellent celles des modèles. Les auteurs de ces séries ont souvent un vrai talent, je trouve dommage qu’ils n’aient pas la politesse élémentaire de faire des bandes dessinées qui méritent ce nom.

        Moi je trouve les caricatures de Caméra Café plutôt réussies. C’est une vieille habitude réthorique que de généraliser excessivement. Soyez plus précis dans vos critiques, cela facilitera la compréhension.

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        • Répondu par Didier Pasamonik le 26 juillet 2007 à  10:32 :

          J’ajoute ceci : un article comme celui-ci est à notre sens utile car il peut pousser le libraire à regrouper cette production. Or, c’est précisément la structuration de l’offre qui en améliorera la visibilité. Le pire qu’il puisse arriver à un livre, c’est de se retrouver dans un environnement qui lui est étranger, comme on le constate parfois sur les étalages des Fnac ou dans les grandes surfaces.

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        • Répondu par Jean-no le 26 juillet 2007 à  17:57 :

          Bon, je ne vais pas rebondir sur chaque point car on n’est pas couchés. Mon point de vue est celui d’un lecteur de bande dessinée. Quand je parle de la surproduction, c’est simplement en constatant que personnellement, il m’arrive de plus en plus souvent de passer à côté de choses. Par exemple tout à l’heure je me trouvais dans la fnac Saint-Lazare (qui a un assez gros rayon bd à présent) avec pour projet d’acheter l’album de Julien Neel aux éditions Gallimard/Bayou. On m’en avait dit grand bien, je pense que je ne l’ai pas beaucoup croisé. Eh bien là tout bêtement il ne se trouve plus en rayon, bien que Gallimard soit un gros éditeur, que les "Bayou" soient bien rangés et bien placés (je dirais qu’il y avait une cinquantaine de "Bayou", mais presque tous les mêmes : Klezmer, Aya de Youpogon, Capucin et puis un plus récent par Frederik Peeters et je-ne-sais-plus-qui). Résultat, je suis allé dans un autre rayon acheter d’autres livres qui me faisaient envie et tant pis pour celui-ci.
          Que les éditeurs ne soient pas inquiets, c’est bien pour eux, je vois juste que j’ai, moi, de plus en plus le sentiment de rater des choses, y compris chez de gros éditeurs bien distribués, car je ne peux pas suivre la rotation des stocks, les albums qui sont distribués le plus longtemps n’étant pas forcément ceux qui m’intéressent le plus. Rater le Julien Neel cité plus haut parce que les rayons sont saturés de "Samantha oups", oui je trouve ça un peu dommage (pour moi, lecteur) même si c’est super pour le marché (mais je ne suis pas actionnaire du marché de la bd).

          Voir en ligne : Savantsamericains

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          • Répondu par Didier Pasamonik le 26 juillet 2007 à  19:39 :

            Par exemple tout à l’heure je me trouvais dans la fnac Saint-Lazare (qui a un assez gros rayon bd à présent) avec pour projet d’acheter l’album de Julien Neel aux éditions Gallimard/Bayou. On m’en avait dit grand bien, je pense que je ne l’ai pas beaucoup croisé. Eh bien là tout bêtement il ne se trouve plus en rayon, bien que Gallimard soit un gros éditeur, que les "Bayou" soient bien rangés et bien placés (je dirais qu’il y avait une cinquantaine de "Bayou", mais presque tous les mêmes : Klezmer, Aya de Youpogon, Capucin et puis un plus récent par Frederik Peeters et je-ne-sais-plus-qui). Résultat, je suis allé dans un autre rayon acheter d’autres livres qui me faisaient envie et tant pis pour celui-ci.

            C’est l’argument bateau : on ne trouve plus le livre. Sauf que,votre livre est paru il y a 9 mois, qu’il est donc un peu normal que le librairie ne l’ait plus en stock, surtout les FNAC qui ont pour ordre de ne pas garder en stock les livres qui n’ont pas une rotation suffisante. Je ne suis pas sûr qu’une librairie spécialisée comme Album soit dans la même situation.

            Ici, ce n’est pas la surproduction qui est en cause, c’est le libraire, et en partie, l’acheteur. Vous avez choisi un libraire qui n’a pas la collection Bayou en stock (A vérifier : ils ont peut-être vendu le livre une minute avant votre arrivée). Trouvez-en un qui connait vos habitudes et qui vous le mettra de côté. En même temps, je ne trouve pas foncièrement dégradant de devoir commander un livre et d’attendre 3 jours pour le recevoir. Dans une pharmacie, tout n’est pas non plus de stock et cela ne dérange personne.

            Votre argumentation n’est donc pas plus solide.

            ... les rayons sont saturés de "Samantha oups",...

            Alors là, vraiment, ça m’étonnerait. Mais quels libraires fréquentez-vous donc ?

            ... je ne suis pas actionnaire du marché de la bd)

            Moi non plus, je vous l’assure. Mais je ne suis pas comme vous. Quand un secteur va bien, j’en suis content, surtout quand il diffuse des choses que j’aime.

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            • Répondu par Jean-no le 26 juillet 2007 à  22:09 :

              C’est l’argument bateau : on ne trouve plus le livre. Sauf que,votre livre est paru il y a 9 mois, qu’il est donc un peu normal que le librairie ne l’ait plus en stock, surtout les FNAC qui ont pour ordre de ne pas garder en stock les livres qui n’ont pas une rotation suffisante.

              Eh bien dans ma fnac, on trouvait Krazy Kat chez Futuropolis il y a encore peu. Rotation tranquille pour le coup. Mais admettons : 6 mois, c’est beaucoup aujourd’hui, mais ça ne l’était pas il y a quelques années.

              En même temps, je ne trouve pas foncièrement dégradant de devoir commander un livre et d’attendre 3 jours pour le recevoir. Dans une pharmacie, tout n’est pas non plus de stock et cela ne dérange personne.

              Je ne sais pas si cette image peut fonctionner sur moi, je n’aime pas trop la pharmacie en général, je n’y vais que par force et avec une ordonnance. Les livres, j’aime bien tourner autour, les feuilleter, alors la médiation du libraire (que ce soit Le Monte-en-l’air ou un Leclerc) a sa petite importance pour moi. Je ne dis pas que je raison mais je suis comme ça.

              Votre argumentation n’est donc pas plus solide.

              ... les rayons sont saturés de "Samantha oups",...
              Alors là, vraiment, ça m’étonnerait. Mais quels libraires fréquentez-vous donc ?

              Bon, peut-être pas de Samantha, mais de Caméra Café, déjà plus.

              Quand un secteur va bien, j’en suis content, surtout quand il diffuse des choses que j’aime

              Quand un secteur qui diffuse des choses que j’aime va bien, je ne me plains pas trop non plus. Je disais juste que je n’ai pas l’impression d’être dans cette situation.

              Voir en ligne : Savantsamericains

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    • Répondu par nono le 26 juillet 2007 à  13:25 :

      Et bla bla et bla bla...
      Puis-je rappeler que la BD à la base est un art populaire.
      Arrêtez de cracher sur la BD poulaire, il en faut pour tout les goûts !!!
      Autres remarques,il est bon de rappeler que les succés commerciaux financent aussi d’autres albums plus difficiles à mettre dans les mains de lecteurs lambdas...

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      • Répondu par Aglaé le 26 juillet 2007 à  19:54 :

        Mais qu’on arrête de confondre populaire et putassier !

        Est-ce que pour s’adresser au plus grand nombre, un auteur doit nécessairement produire de la merde ?

        Segar, Franquin, Reiser et aujourd’hui Marjane Satrapi sont des auteurs populaires. A l’inverse des "parvenus" évoqués dans l’article ci-dessus qui, dans leur écrasante majorité sont arrivés à la BD par opportunisme, il ont toujours respectés leurs lecteurs et ont faits preuve d’exigence vis-à-vis de leur créations. Leurs créations n’en sont que plus précieuses.

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        • Répondu par Didier Pasamonik le 26 juillet 2007 à  20:59 :

          C’est vous qui confondez tout en falsifiant l’histoire. Ce qui fait le prix d’un Franquin, d’un Reiser ou d’un Segar, c’est qu’ils ont survécu à leur époque "putassière", comme vous dites. A côté des premières pages de Franquin dans Spirou, il y avait les bondieuseries (de qualité) de Jijé, et combien de journaux médiocres dans les kiosques ! Goscinny a produit combien de scripts et pendant combien de temps avant qu’il ne devienne un "phénomène" ?

          Il est commode de sortir des individualités de leur contexte pour idéaliser une époque. Ce que vous faites là, c’est une fabrication pure et simple.

          Falsification encore que de partager les créateurs de BD entre faiseurs et artistes. Pratt s’affirmait comme un artisan. Ainsi donc, Forest animant Charlot est "un parvenu", Gir illustrant Gainsbourg ou Eddy Mitchell est un parvenu ? Ce débat est absurde !

          Quant à Marjane Satrapi, laissons le temps lui donner la place qui lui revient. Elle n’a pas besoin de votre canonisation. C’est une artiste vivante.

          De toute façon , on tourne en rond. On arrêtera là le débat.

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        • Répondu par nono le 27 juillet 2007 à  01:05 :

          Quelle est la frontière pour qualifier une BD de "merde" ?
          C’est trés subjectif.
          Pour ma part "fraise et chocolat" de Aurélia Aurita est une merde, pour d’autres du génie...
          On s’en fout.
          N’oubliez pas , que le niveau général du consommateur:lecteur est largement en dessous que les exigences de lectures des gens qui fréquentent ce type de site...
          Aussi, je crois que l’on est pas obligé de produire de la merde sur du populaire.
          beaucoup d’auteurs ont une démarche honnête même si le sujet est marketté...
          Il en faut que ça plaise ou pas.
          Si il n’y avait que des BD de JC Menu à lire, on se ferait chier !

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      • Répondu par Régis Réglisse le 27 juillet 2007 à  13:39 :

        Et bla bla et bla bla... Puis-je rappeler que la BD à la base est un art populaire. Arrêtez de cracher sur la BD poulaire, il en faut pour tout les goûts !!! Autres remarques,il est bon de rappeler que les succés commerciaux financent aussi d’autres albums plus difficiles à mettre dans les mains de lecteurs lambdas...

        La bande dessinée, c’est la bande dessinée, je ne vois pas pourquoi on édicterait que c’est "à la base" populaire ou pas... La base, d’ailleurs, c’est Rodolphe Töppfer, qui tirait à 100 exemplaires. Ensuite c’est la bd des grands quotidiens américains, avec des tirages incroyables. Et puis c’est aussi des petits éditeurs qui ont plus d’auteurs que de lecteurs. Réclamer qu’on écrabouille la diversité au nom de l’élite ou au nom de la plèbe, c’est également stupide.
        Le couplet sur les gros qui financent les petits est un cliché, avec sa part de vérité et sa part d’abus, du fait même de l’essence du succès financier : la vertu et la philanthropie sont souvent le meilleur moyen de couler avant ses concurents. Le clivage relatif qui existe entre les éditeurs rend votre description du marché un peu naïve : le succès de Caméra Café ne finance en rien les auteurs de la 5e couche ou du cri qui tue. En revanche il est vrai que Futuropolis sort de beaux albums, que c’est déjà arrivé à Casterman ou à Dargaud - et pas forcément sur un malentendu.

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        • Répondu par nono le 27 juillet 2007 à  22:46 :

          En substance Régis :
          Stop à l’élitisme à deux balles.
          La caricature est plutôt celle-ci :
          On trouve qu’un Mathieu Sapin est talentueux alors que les auteurs des Blondes font de la merde.
          Au nom de quoi ?
          Simplement parce que les blondes c’est un gros tirage et que les chiffres de ventes sont au sommet...Mais en substance, le travail des uns et des autres est similaire : volonté de faire un album qui amuse le lecteur, volonté de s’investir dans un projet.
          Il ne faut pas confondre la haine d’un marché qui explose avec l’honnêteté des auteurs à faire un album populaire.
          Il y a une armée d’ayatollah qui voudraient que l’on est comme seul référence L’association, lapin, Ferraille pour pouvoir parler de de "bande dessinée" (coucou Jean-No).
          Mais la BD est vaste, les gouts sont multiples et à ce titre, rien n’est méprisable.
          Ce qui est méprisable c’est les gens qui ont une vision absurde de la BD , élitiste...

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          • Répondu par Jean-no le 28 juillet 2007 à  16:29 :

            Il y a une armée d’ayatollah qui voudraient que l’on est comme seul référence L’association, lapin, Ferraille pour pouvoir parler de de "bande dessinée" (coucou Jean-No).

            Euh. Coucou. Qu’est-ce que je viens faire dans cette histoire d’Ayatollahs encore ? Je crois très fort à la diversité de la bd et ça m’ennuierait qu’il y ait écrit quelque part ce qui mérite d’être lu et ce qui ne le mérite pas. En revanche, contrairement à toi apparemment, je ne confonds pas "les blondes" et "supermurgeman", ni l’un ni l’autre ne réclament d’être docteur es littérature, mais il y a une série objectivement plus drôle que l’autre (et pas franchement "élitiste" : Supermurgeman vient du Psiko).

            Mais la BD est vaste, les gouts sont multiples et à ce titre, rien n’est méprisable. Ce qui est méprisable c’est les gens qui ont une vision absurde de la BD , élitiste...

            La bd "ambitieuse" ne saurait être la seule voie (elle permet de belles choses, mais pas Tezuka, Macherot ou Vandersteen), mais pourquoi toujours ce mot "élitiste" ? Je pense que les gens ne sont pas plus cons, s’ils parviennent à lire du Astérix, ils arriveront aussi à lire du Matthieu Sapin, mais aussi du Dan Clowes, pourquoi faudrait-il leur fourguer de force "Les blondes", sous prétexte de démocratie ? Prendre tout le monde pour des imbéciles par sens démocratique me semble une idée louche au fond. Comme disait Antoine Vitez : "élitaire pour tous !".

            Voir en ligne : Savantsamericains

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            • Répondu par nono le 30 juillet 2007 à  15:07 :

              Jean-No,

              tu sais, on n’est pas obligé de lire les blondes, comme on n’est pas obligé de lire supermurgeman.
              Perso, Supermurgeman c’est pas la BD de siècle.

              Par contre il commence à être trés saoulant de voir que l’on mette sur un bucher tout ce qui a un succès commercial.
              Il y a évidement à boire et à manger.
              Mais dans les succés, il y a des choses bien faites et honnêtes.
              J’en ai pour ma part ras le bol de voir que la clique à Sfar, soit toujours là pour nous dire ce qui est bon de lire.
              Petite confidence, je suis auteur de BD. Tu ne peux pas savoir à quel point ça me sort par les yeux de lire dans un des derniers Inrock une interview de Sapin (encore un à qui on fabrique une belle aura, mais bon c’est les inrock.
              A part Blain Sfar Sattouf ou bien tout les bédéistes undeground, le reste c’est caca) qui remercie ses amis Sattouf et Sfar de ne pas être tombé dans la "commande"....
              Ouh la la quel honte de céder à la commande !
              Pour ma part j’ai fait le choix de ce métier par passion de la BD et il m’arrive parfois de faire de la commande pour palier les passages creux. C’est bien pratique pour faire bouffer sa famille tu sais.
              j’en ai pas honte pour autant.
              Et puis soyons réaliste, quand tu es auteur de BD, tu as toujours le souhait que ta Bd soit un succès commercial.
              Premièrement parce qu’il est agréable de percevoir des droits d’auteurs (eh oui et je pense pas que MENU, SFAR,Sattouf et consort, s’en plaignent...) et aussi pour voir une série vivre et évolué.
              Je peux te garantir que même dans une commande d’un éditeur, tu peux faire un travail honnête.

              Tout ça pour dire, qu’il y a des bédés et pas une seule qui soit valable à lire.

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              • Répondu par Didier Pasamonik le 30 juillet 2007 à  17:00 :

                J’en ai pour ma part ras le bol de voir que la clique à Sfar, soit toujours là pour nous dire ce qui est bon de lire.

                On se calme là. La prochaine mise en cause de cet ordre et le post ne passe plus. En l’occurrence, si Sapin est responsable de ses propos, je ne vois pas pourquoi vous devez accuser Sfar et les autres.

                Je comprends votre position mais votre façon de l’exprimer n’est pas digne. D’autant plus que, si l’on en croit ce que vous dites, vous êtes vous-même un auteur.

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                • Répondu par nono le 30 juillet 2007 à  22:02 :

                  En l’occurrence, si Sapin est responsable de ses propos, je ne vois pas pourquoi vous devez accuser Sfar et les autres.

                  C’est tout simplement Sapin qui remercie Sfar et Sattouf de l’avoir dissuadé de céder aux commandes...
                  Ce n’est pas moi qui le dit !

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                  • Répondu par Jean-no le 2 août 2007 à  00:04 :

                    C’est tout simplement Sapin qui remercie Sfar et Sattouf de l’avoir dissuadé de céder aux commandes... Ce n’est pas moi qui le dit !

                    Je ne connais pas le contexte, pas lu l’interview, mais d’un point de vue strictement professionnel, commercial quoi, un artiste qui se trouve subitement "à la mode" a tout intérêt à maîtriser ses apparitions, sinon il voit rapidement son trait se dévaluer et son œuvre se disperser. C’est arrivé aux meilleurs ! Un tel conseil n’est donc peut être pas, comme vous le craignez, une sorte de snobisme envers le travail de commande, mais une mise en garde vis à vis des à-côtés du succès. Par ailleurs quand vous dites "faut bien vivre", "faut bien remplir le frigo", etc., autant dire "l’eau mouille", car c’est une évidence que 100% des êtres humains (et des autres) savent bien : oui, il faut se nourrir. Mais évidemment, tout le monde n’a pas les mêmes critères, les mêmes limites ni les mêmes dispositions. Un mec comme Chaland arrivait à faire des tonnes de pubs, sans pour autant détruire son travail, parce qu’il y avait à la base un clin d’oeil dans son travail, tandis que si Cortomaltese ou Alack Sinner avaient été utilisés pour faire de la publicité à McDonalds ou à Marlborough, ça les aurait complètement sabordés. Bref, vos généralités ne me semblent pas très pertinentes. Pour finir, qu’un auteur ait besoin de faire des sacrifices artistiques pour remplir son frigo, c’est son problème : vous ne pouvez pas demander au lecteur d’être indulgent dans son jugement sur ces points qui ne regardent que l’auteur. De nombreux auteurs ont réussi à produire des choses exceptionnelles sous la pression de commandes (Bottarro par ex.) et d’autres ne se sont vraiment épanouis artistiquement que dans la totale liberté... Pour moi, il n’y a pas de règle, mais en tant que lecteur, seul le résultat m’intéresse.

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            • Répondu par KL le 20 octobre 2007 à  12:29 :

              mais il y a une série objectivement plus drôle que l’autre

              en vertu de quoi ?

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        • Répondu par nono le 27 juillet 2007 à  22:49 :

          ...Et dites moi, ce n’est pas les bénéfices que rapportent les ventes d’albums de Marjiane Satrapi qui permettent de faire vivre le catalogue de l’Association ?

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  • La bande dessinée, Eldorado des pipoles
    26 juillet 2007 09:09, par Gill

    Personnellement, je ne crois pas du tout que cette BD "pipole" fasse du tort au marché traditionnel de la BD. Quel sont leurs créneaux ?
    - le culte de la Personnalité : c’est l’esprit "fan" qui fait acheter le produit dérivé, pas l’amour de la BD (chanteurs, comiques...)
    - Déclinaison d’un "concept comique télévisuel" : les personnages et l’environnement trouvent une seconde vie un peu différente en changeant de support, mais cela reste dans un registre connu. "Les nombrils", par exemple, auraient très bien pu commencer comme un "sitcom jeunesse" avant d’être adaptées en BD.
    - Rares, finalement, sont les véritables récits de BD issus de l’audiovisuel, tels ceux de "Pif Gadget" en leur temps (Thierry la Fronde, Les Mystères de l’Ouest, Amicalement vôtre...) ou les comics (la Planète des singes, Star Wars...)
    - Il y a aussi ceux qui "cumulent", bien sûr : Gerra+Lucky Luke, c’est mêler deux esprits-fans (un comique ET une BD). Mais est-ce si différent, finalement que d’associer Van Hamme avec "Blake et Mortimer" ?

    Bref, l’esprit qui consiste à aimer retrouver quelque chose de connu n’a rien à voir avec celui qui consiste à découvrir un récit, un monde, un personnage nouveau et exceptionnel. C’est parallèle et non-invasif.

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  • Si Delcourt aime sortir beaucoup de nouveautés, il oublie que quelque part en agissant de la sorte il manque de respect aux auteurs des albums qu’il prétend défendre : il sait en effet très bien que bien souvent, si un série ne marche pas, ce n’est pas faute de qualité, mais faute de visibilité, point-barre : quand on dit "la série n’a pas trouvé son public", on peut paraphraser en disant plus justement "le public n’a pas trouvé la série" ! Guy Delcourt sait très bien que des tas d’albums passeront inaperçus dans ce flot, il le sait mais il utilise l’alibi de "l’expérimentation du métier d’éditeur qui doit tester".
    Il respecterait un peu plus les auteurs des albums en tachant de faire le maximum pour chaque série, en publiant moins (ce qui lui permettrait de mieux se concentre sur quelques séries et pas 50 !)
    Sortir autant de nouveautés à l’année, c’est parier sur la CHANCE par lesquelles certaines émergeront, parce qu’elles auront (indépedamment de leur contenu), par exemple séduit les libraire par une couverture attirante au niveau de la mise en place, etc etc... Le métier d’éditeur n’est pas une loterie, éditer c’est accompagner un album jusqu’après sa sortie pour faire le maximum pour qu’il marche, c’est y croire à fond. Delcourt l’oublie sans doute.

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 26 juillet 2007 à  15:38 :

      Si Delcourt aime sortir beaucoup de nouveautés, il oublie que quelque part en agissant de la sorte il manque de respect aux auteurs des albums qu’il prétend défendre : il sait en effet très bien que bien souvent, si un série ne marche pas, ce n’est pas faute de qualité, mais faute de visibilité, point-barre : quand on dit "la série n’a pas trouvé son public", on peut paraphraser en disant plus justement "le public n’a pas trouvé la série" ! Guy Delcourt sait très bien que des tas d’albums passeront inaperçus dans ce flot, il le sait mais il utilise l’alibi de "l’expérimentation du métier d’éditeur qui doit tester".

      Votre argumentation ne tient pas une minute. Elle suppose que l’édition est une science exacte et qu’un bon auteur (selon quels critères ? Les vôtres ou ceux du public, des libraires ?...) se vendrait forcément. Hélas, ce n’est pas le cas, et le succès d’un livre dépend d’une multitude de facteurs (force de vente, canal de diffusion, qualité de la distribution, environnement éditorial saisonnier, sans compter les emballements ou les évitements momentanés du public pour certains genres...). En outre, vous oubliez un paramètre : un livre coûte de l’argent à l’éditeur. Et la réputation de Guy Delcourt n’est pas de le jeter par les fenêtres. Vos arguments d’autorité sont fondés sur rien d’observable. C’est du vent.

      Il respecterait un peu plus les auteurs des albums en tachant de faire le maximum pour chaque série, en publiant moins (ce qui lui permettrait de mieux se concentre sur quelques séries et pas 50 !)

      Il faudrait peut-être respecter aussi le travail des éditeurs et de toute la chaîne commerciale : diffuseurs, représentants, libraires... Guy Delcourt n’est pas le maître de toute la filière. Votre vision eugéniste de l’édition (ne conserver que quelques auteurs... Sur quels critères ? La rentabilité ?) est justement ce que veut éviter Delcourt qui craint, que dans ce cas, j’utilise sa terminologie, l’édition ne se "racornisse". Votre vision de l’édition n’aura qu’un seul résultat : la faire crever.

      Sortir autant de nouveautés à l’année, c’est parier sur la CHANCE par lesquelles certaines émergeront,...

      Comment pouvez-vous imaginer que la chance ne joue aucun rôle dans la carrière d’un artiste ? Vous devez n’avoir aucune expérience pour oser affirmer cela.

      Le métier d’éditeur n’est pas une loterie, éditer c’est accompagner un album jusqu’après sa sortie pour faire le maximum pour qu’il marche, c’est y croire à fond. Delcourt l’oublie sans doute.

      Allons, bon. Vous allez apprendre à Delcourt le métier d’éditeur. La différence entre vous et lui, c’est que lui, il a fait ses preuves.

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      • Répondu par Poisson Radieux le 26 juillet 2007 à  17:51 :

        Juste un grain de sel, peut-être un peu hors sujet mais tant pis : le message non signé ci-dessus rappelle quand même un problème actuel, un peu rebattu mais bien réel, qui est celui de la surproduction et de la hausse continuelle du nombre de titres parus. Il ne me semble pas que votre réponse, un rien méprisante d’ailleurs, tienne compte de ce point précis.
        Delcourt se trouve finalement pris (de force ?) dans la même course que tous les autres gros éditeurs, et dans une logique qui veut que toutes les nouvelles sorties (hormis quelques blockbusters tête de gondole) se trouvent noyés dans la masse, avec une visibilité en librairie qui ne dépasse pas les deux semaines, indépendamment de leurs qualités réelles ou supposées. Et vous savez bien qu’aucun libraire ne peut tenir ce rythme et donner à chaque livre la chance qu’il mérite peut-être.

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        • Répondu par Didier Pasamonik le 26 juillet 2007 à  19:21 :

          Juste un grain de sel, peut-être un peu hors sujet mais tant pis : le message non signé ci-dessus rappelle quand même un problème actuel, un peu rebattu mais bien réel, qui est celui de la surproduction et de la hausse continuelle du nombre de titres parus. Il ne me semble pas que votre réponse, un rien méprisante d’ailleurs, tienne compte de ce point précis.

          Il n’y a pas de mépris, juste du dépit (et un peu d’énervement) face à des arguments qui ne reposent sur aucun fait et qui mettent néanmoins en cause l’honnêteté d’un éditeur, Guy Delcourt, en l’accusant de ne pas respecter les auteurs.

          La surproduction, ce n’est pas une histoire de respect, c’est affaire de marché. Il s’agit de proposer une multitude de livres pour des publics différents : enfants, femmes, hommes..., dans des genres différents : aventure, humour, SF, BD d’auteurs... Tant que la demande est là, l’offre a intérêt à suivre. Les éditeurs ne font que leur métier. De fait, les mangas, le graphic novel, ont élargi le public acheteur, il est normal que les éditeurs en profitent.

          Les éditeurs sont les premiers payer les conséquences d’un échec puisque, si le livre ne marche pas, les retours il se les bouffe. L’avance aux auteurs, elle est garantie. L’imprimeur, il est payé. Donc le risque économique de la surproduction, il le supporte pleinement.

          Croyez-vous les éditeurs assez maso pour investir au-delà de leur intérêt ? Un éditeur qui opèrerait ainsi est balayé en deux saisons ! Les plus productifs de 2006, Delcourt et Soleil, on produit ces nouveaux titres sur leurs fonds propres, sans emprunt. C’est donc qu’ils ont la marge pour le faire. Pourquoi voulez-vous les empêcher d’être dynamiques ?

          La plupart des libraires que j’ai rencontrés ne se plaignent pas de la surproduction. Certains d’entre eux se souviennent de mois de disette quand les éditeurs ne produisaient rien.

          Et puis il y a votre argument :

          Delcourt se trouve finalement pris (de force ?) dans la même course que tous les autres gros éditeurs, et dans une logique qui veut que toutes les nouvelles sorties (hormis quelques blockbusters tête de gondole) se trouvent noyés dans la masse, avec une visibilité en librairie qui ne dépasse pas les deux semaines,

          Comment expliquez-vous que ces éditeurs sortent des comptes d’exploitation positifs, opèrent une croissance sans équivalent dans le monde du livre et ce, depuis des années ? Aujourd’hui, avec l’optimisation des flux grâce à l’informatique, c’est le point de vente qui décide que le livre ne restera que 2 semaines, pas l’éditeur. C’est donc bien le point de vente qui n’est pas adapté à une nouvelle situation économique. S’il ne s’adapte pas, c’est simple, l’Internet le bouffera car Amazon ou BDNet, ils ont eux l’ouvrage en stock.

          indépendamment de leurs qualités réelles ou supposées. Et vous savez bien qu’aucun libraire ne peut tenir ce rythme et donner à chaque livre la chance qu’il mérite peut-être.

          Cela dépend de quel libraire on parle. Le libraire qui ne connaît pas sa clientèle, qui ignore son métier, lui oui, il aura des difficultés, puisqu’il ne sait pas choisir et qu’il se trouve donc obligé de tout accepter. Le libraire qui se contente d’être un réceptacle des mises en place des éditeurs, qui a renoncé au conseil et à la connaissance, celui-là disparaîtra et vendra sont point de vente à une grande surface, puisqu’il est comme elle dans la logique du scoring.

          Le libraire qui, au contraire, rendra lisible certaines lignes de force de cette surproduction en faisant des choix, en écartant certains titres, celui-là gardera sa clientèle car elle aura avec lui une relation de confiance. Là est l’enjeu.

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      • Répondu le 26 juillet 2007 à  23:28 :

        Guy Delcourt, voyant que ses pourtant excellentes séries de la collection Jeunesse (voilà où est la science exacte : OUI ces séries sont excellentes, tout le monde est d’accord là dessus, vous ne direz pas le contraire quand même) ne font pas de carton....en crée une (les blagues à toto), fait le forcing dessus, et prouve par là qu’il est capable d’accompagner jusqu’après la sortie une série afin qu’elle marche. Il ne fait donc pas son métier d’éditeur pour toutes ces séries excellentes qui ne marchent pas, CQFD. De deux choses l’une : ou on fait tout pour qu’une série marche, ou on ne la sort pas ! Delcourt sème à tout vent pour garder SA visibilté d’éditeur plus petit que médiaparticipations et Glénat, point. Voilà la raison. Mais qu’on ne nous bassine pas avec ces pseudos-alibis d’éditeur qui fait ça pour continuer à expérimenter, vous savez que c’est FAUX.

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        • Répondu le 30 juillet 2007 à  23:15 :

          "Guy Delcourt, voyant que ses pourtant excellentes séries de la collection Jeunesse (voilà où est la science exacte : OUI ces séries sont excellentes, tout le monde est d’accord là dessus, vous ne direz pas le contraire quand même) ne font pas de carton....en crée une (les blagues à toto), fait le forcing dessus, et prouve par là qu’il est capable d’accompagner jusqu’après la sortie une série afin qu’elle marche."

          c’est n’importe quoi, encore un qui croit détenir la vérité.
          ayant vécu de l’intérieur l’aventure toto, delcourt ( et moi-même) ne savions pas alors que la série allait rencontrer le public.
          delcourt n’a rien créé du tout, il m’a laissé entièrement libre vis-à vis de la série, ce que j’ai proposé vient de moi, point barre !
          cela n’enlève en rien la qualité des albums publiés sous le label jeunesse, en cela, je rejoins parfaitement l’avis de l’internaute.
          en fin, je ne vois pas en quoi la série "toto" a à voir avec le sujet people et la bd ?
          thierry coppée

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  • Une autre référence : l’actrice Amber Benson, qui joue Tara dans "Buffy" et qui a scénarisé plusieurs bds mettant en scène son personnage de sorcière, avec notamment Terry Moore au dessin.

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