Le Dessableur – Un nouveau trimestriel, celui du Centre Belge de la Bande Dessinée

20 mars 2021 5
  • Le Centre Belge de la Bande Dessinée, comme tous les lieux culturels, souffre incontestablement des mesures imposées actuellement. Et pourtant, il a choisi ce moment difficile pour lancer une nouvelle revue, bilingue qui plus est.

« - Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère viendra à toi ! » C’est là sans doute une des raisons de la création de cette revue : garder un pied dans le réel, en ces heures où la virtualité semble vouloir prendre le pouvoir au détriment de la rencontre, au sens le plus large du terme.

Et c’est vrai que dans ce numéro un, il y a quatre pages qui parlent du CBBD, du lieu, de ce qui s’y est passé récemment. Mais le contenu de cette première livraison est également éditorial. Avec pour commencer un article qui nous replonge dans l’âge d’or de Pif Gadget, bien avant sa triste reprise récente… Qui nous fait redécouvrir une bande dessinée loufoque, presque surréaliste, de Jean-Claude Poirier, « Super Matou ». C’était l’époque où Mordillo enchantait, en pleine page, les lecteurs, jeunes et moins jeunes, de ce magazine dans lequel, ne l’oublions pas, Corto Maltese a fait ses premiers pas en noir et blanc et en français.
Sans être fan de ce super matou, je dois avouer que l’article est intéressant, bien documenté, bien illustré, aussi.

Le Dessableur – Un nouveau trimestriel, celui du Centre Belge de la Bande Dessinée
Les BD muettes de Quino...
© Quino, Agence littéraire Caminito S.A.S.

Ensuite, on a un article de fond, consacré à la bande dessinée muette. Muette, oui, sans bulles, sans phylactères, sans légendes… Comme ces strips en trois dessins, qu’on a vu fleurir pendant des années dans les journaux de toutes sortes, et qui étaient notés : sans parole.

Shaun Tan...
© Shaun Tan, "Là où vont nos pères", Dargaud 2014

Il y a dans cet article un vrai travail de recherche, incontestablement. Historiquement, puisqu’on y parle autant de Benjamin Rabier que de Caran d’Ache, de Breccia que de Quino, de Steinlen bien entendu, mais aussi de Masereel, graveur belge dont les œuvres pouvaient aussi se lire comme une BD… On peut regretter, dans cet article, l’accumulation des noms… Avec comme corollaire la déception de ne pas voir être plus traités certains qui nous tiennent à cœur, nous, lecteurs… Comme Barbe, bien trop oublié, à peine cité…
Mais force est de reconnaître que l’auteur de cet article, en quelque dix pages, réussit à nous montrer que la BD muette appartient totalement à l’Histoire du neuvième art, de par son passé, certes, mais aussi de par son présent, avec des auteurs comme Midam ou Marc-Antoine Mathieu.

Au total, un premier numéro qui, bien évidemment, essuie les plâtres… Mais qui, au-delà d’une « apparence » un peu trop « fouillis » peut-être, au niveau de la mise en page, tout comme pour le choix des polices de caractères, est plein de promesses et, ma foi, bien intéressant à lire… Donnant l’envie, en tout cas, de découvrir ou de redécouvrir certains des noms cités. Et illustrés… Le tout dans une revue bilingue, français et flamand, dans une ville, Bruxelles, qui est encore toujours capitale pour les deux communautés, culturellement parallèles quand on parle de bande dessinée !

... et Nicolas Presl.
© Nicolas Presl, Atrabile, 2020

Voir en ligne : le dessableur

(par Jacques Schraûwen)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Une revue disponible au CBBD, 20 rue des Sables, 1000 Bruxelles.

 
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5 Messages :
  • Ça commence mal, la couverture donne l’impression d’un vieux fanzine retrouvé au fond d’un garage.

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    • Répondu par jacques schraûwen le 21 mars à  18:26 :

      En ayant lu ma chronique, vous aurez remarqué que c’est en effet ce que je dis... Mais je dis bien autre chose, aussi... Donc, non, ça ne commence pas mal, ça commence, simplement... Et c’est déjà pas mal, non ?...

      Jacques

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    • Répondu par Frédéric HOJLO le 21 mars à  21:26 :

      Bonjour,
      1 / Qu’y aurait-il de mal dans un "vieux fanzine" ?
      2 / Connaissez-vous le travail de Nicolas Presl ?

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      • Répondu par jeanphi le 22 mars à  06:05 :

        Qu’y aurait-il de mal dans un "vieux fanzine" ?

        l’originalité !

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        • Répondu par Milles Sabords le 22 mars à  15:28 :

          Je connais le travail de Nicolas Presl, le "Guernica" de la bd, là n’est pas le problème. Mais lorsque l’on voit les très belles couvertures de magazines dans la presse, leur conception typographique, il y avait peut-être autre chose à faire, du moment que le travail de Nicolas se retrouve dans le magazine.

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