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Ever Meulen : un livre pour Vuitton, une exposition sur et à Bruxelles.

C’est jusqu’au 9 octobre prochain que vous pouvez, dans la galerie Huberty & Breyne, à la place du Châtelain à Bruxelles, découvrir les nombreux dessins qu’Ever Meulen a consacrés à sa ville, Bruxelles, une cité qu’il réinvente tout en lui restant fidèle.

Ever Meulen est de ces artistes dont on a vu fleurir les œuvres, au fil des années, un peu partout à travers le monde. Certes, il n’est pas auteur de bande dessinée… Et pourtant, on le rattache bien souvent (trop souvent…), dans les critiques et chroniques qui lui sont consacrées, à la « Ligne claire » chère à Hergé. Cette référence est en partie vraie, mais elle est surtout extrêmement réductrice ! Au neuvième art, Ever Meulen a préféré l’art, tout simplement. Un art sans discipline !

S’il fallait définir qui est Ever Meulen, je pense qu’il n’y a qu’une seule manière de le présenter : il est la somme de ses rencontres, de ses admirations, de ses passions, de ses mille regards se glissant aux horizons de ses balades ! Et s’il est vrai que, il y a bien longtemps, il a d’abord voulu faire de la bande dessinée, il y a trouvé des influences, sans aucun doute possible, mais des influences qui, très vite, se sont mêlées à d’autres découvertes.

Ever Meulen : un livre pour Vuitton, une exposition sur et à Bruxelles.

Chez Ever Meulen, aucune « école » artistique n’est à trouver, loin s’en faut ! Chez lui, il n’y a en fait qu’une seule règle : le plaisir… Et le temps pris à faire de ce plaisir ressenti au gré de ses pérégrinations un dessin, une illustration, une invitation à d’immobiles voyages tout en sensualité.

Il y a un style Ever Meulen, c’est vrai ! Mais un style indéfinissable parce qu’il est celui de ses envies du moment, de sa manière tellement personnelle à mélanger d’autres styles, sans jamais les assimiler. La BD, oui, mais le Modern Art, aussi, l’art de l’illustration d’après la guerre 1940-45, également, l’Art déco, évidemment, voilà les trames de son œuvre, des trames toujours changeantes, toujours libres.

Je parlais de plaisir… Et c’est incontestablement ce qui transparaît dans le livre qu’il vient de faire pour Vuitton… Un livre de croquis de voyages, aux côtés d’autres « Travel Books » dus à des artistes variés, de Miles Hyman à Icinori, pour des destinations tout aussi variées, de Tokyo à Venise, en passant par Saint-Pétersbourg ou l’Arctique. Et par Bruxelles, aujourd’hui, avec un livre qui doit donner envie d’aller se perdre dans les rues et les ruelles d’une des capitales européennes.

Bruxelles… Une ville simple, finalement… Une ville dont Ever Meulen a découvert les beautés il y a plus de soixante ans, une ville qu’il a faite sienne, et qu’il réinvente, dans ce livre, au feu de ses perspectives éclatées, de ses lieux d’art et d’artistes découverts au hasard de promenades non organisées, au feu aussi de ses propres obsessions, en quelque sorte, les artistes, oui, les architectures, oui aussi, les voitures, bien entendu, et les personnages qui, chez lui, ne sont jamais de simples silhouettes.

Ever Meulen est bruxellois, profondément, même si ses racines se trouvent ailleurs. C’est un peu comme si, en 1967, il avait choisi lui-même de se planter dans le béton et le bitume d’une cité qui lui fut séduisante. Et qu’il réussit, aujourd’hui, dans ce livre, à rendre toujours désirable !

Dans ce livre, oui, et aux cimaises de la galerie bruxelloise où ses originaux sont accrochés, avec simplicité, sans ostentation, tant il est vrai que seule compte, aux murs de chez Hubertry & Breyne, l’envie du visiteur de se promener à son aise dans un univers original, dans un monde graphique qui va lui montrer Bruxelles, mais un Bruxelles sans cesse revisité par Ever Meulen, revisité, oui, réinventé, mais, malgré tout, d’une véritable et profonde fidélité.

Cette exposition et ce livre sont habités par l’amour presque sensuel qu’un artiste voue à la ville qu’il a choisi d’habiter. Et, à ce titre, elle est l’occasion de rencontrer, au-delà d’une expo, au-delà d’un livre, au-delà d’une capitale, un homme, un artiste, tout simplement !

Voir en ligne : Galerie Huberty & Breyne

(par Jacques Schraûwen)

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Code EAN : 9782369832232

- Travel Book Bruxelles - par Ever Meulen – Éditions Louis Vuitton

- Exposition chez Huberty & Breyne, place du Châtelain à Bruxelles, jusqu’au 9 octobre 2021.

- Ever Meulen est l’invité d’honneur des Rencontres Chaland de Nérac, les 2 et 3 octobre 2021

LIRE AUSSI SUR ACTUABD :

- Les exceptionnelles 14e Rencontres Chaland 2021 : Ever Meulen, le moderniste de la Ligne claire, en invité d’honneur (13.09.2021)
- Ever Meulen automotivé (23.02.2014)
- Ever Meulen For Ever (26.07.2006)
- Une interview d’Ever Meulen : "J’aime jouer avec la réalité" (26.07.2006)

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11 Messages :
  • Un livre incroyable !
    C’est l’artiste qu’il fallait pour exprimer de manière cubiste et graphique le chaos d’une ville qui s’autodétruit et cherche à renaitre avec constance.
    Il y a eu Brueghel et maintenant il y a Ever Meulen.
    Profitons-en !!

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    • Répondu par schraûwen le 17 septembre 2021 à  07:37 :

      Merci pour cette appréciation, tellement vraie... Ever Meulen est un artiste complet, quoi que puissent en dire d’aucuns qui le cantonnent à n’être qu’un représentant d’une ligne claire modernisée...
      Jacques Schraûwen

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      • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 17 septembre 2021 à  11:29 :

        Je vous invite à Nérac pour le rencontrer. Il vous en parlera lui-même. L’article est sur le lien suivant.

        En attendant, on peut lire sur ActuaBD des articles mais aussi des interviews de l’artiste qui viennent contredire ces affirmations un peu péremptoires.

        - Ever Meulen automotivé (23.02.2014)
        - Ever Meulen For Ever (26.07.2006)
        - Une interview d’Ever Meulen : "J’aime jouer avec la réalité" (26.07.2006)

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        • Répondu par jacques Schraûwen le 18 septembre 2021 à  06:33 :

          Des affirmations péremptoires ?.... Didier, tu n’as pas, me semble-t-il, la vérité absolue, comme personne, d’ailleurs... En écoutant les sons de ma chronique, tu aurais pu constater que mes propos correspondent à ceux d’Ever Meulen... IL ne nie nullement ses "héros" de la ligne claire, bien entendu, mais il définit lui-même son style comme s’en éloignant par la grâce d’autres "héros"... Ma chronique n’a rien d’un éditorial, mais elle est le reflet d’une vraie rencontre, d’une vraie culture bd aussi, ne t’en déplaise. Je ne suis pas un "expert", et je ne le serai jamais. Je suis un amateur, au sens premier du terme... Et j’aime les artistes pour ce qu’ils sont, pour ce qu’ils disent, pour ce qu’ils partagent lorsque je les interviewe. Alors, parler de propos péremptoires à mon sujet me semble pour le moins déplacé !

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          • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 19 septembre 2021 à  06:30 :

            ...quoi que puissent en dire d’aucuns qui le cantonnent à n’être qu’un représentant d’une ligne claire modernisée...

            Ceci est une affirmation péremptoire, dan le sens qu’elle est gratuite. Vos sons n’y changent rien. Personne ne le cantonne à une ligne claire modernisée. Sur ce site, où on l’évoque régulièrement, de même que dans le dossier de presse des Rencontres Chaland, on évoque Bruegel, Escher, Chirico, la New Wave... On est bien loin de le "cantonner" dans de la Ligne claire.

            Mais il est une part significative de ce mouvement depuis "Les Héritiers d’Hergé" de Bruno Lecigne (1983), et c’est pourquoi on cite souvent cette référence quand in s’adresse à un public de bande dessinée. Ce que doit faire sans doute son galeriste bruxellois.

            Pour éviter ce ton péremptoire, il faudrait une citation précise pour appuyer cette affirmation. Qui le cantonne à la ligne claire ? Le "d’aucuns"que vous utilisez est bien commode. Citez des noms, des extraits.

            Ce n’est pas un débat de spécialiste, juste un problème de méthode.

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            • Répondu par philippe le 19 septembre 2021 à  15:29 :

              Et une manière de couper un peu les cheveux en quatre, cher Didier...
              Selon moi, le "d’aucuns" renvoie à certains journalistes (et vous n’êtes pas visé) qui, pour se simplifier la vie, font des grandes catégories de styles et ne vont pas chercher plus loin.
              On peut critiquer cette manière de s’exprimer de certains journalistes à travers le "d’aucuns", me semble t’il ?

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              • Répondu par jacques schraûwen le 20 septembre 2021 à  05:57 :

                Je n’ai qu’un mot à vous dire : Merci !....

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              • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 21 septembre 2021 à  09:16 :

                Il n’est pas question ici de personnaliser le débat.

                La Ligne claire est avant tout un mouvement esthétique des années 1970-1980 dont Ever Meulen fait pleinement partie et ceci a été documenté de longue date. Ce qui importe, ce n’est pas son appartenance à l’histoire de l’art, incontestable, mais ce qui le distingue. Et sa Ligne claire en est la principale distinction. Comme pour Swarte, comme pour Chris Ware, qui ne sont pas eux non plus réduits à cette appartenance.

                On en revient sur l’interprétation des commentateurs (qui ne sont pas tous journalistes). Inutile de généraliser : il y a une multitude d’attitudes journalistiques. Je suis simplement rebuté par des affirmations universelles qui ne s’appuient pas sur des éléments concrets. Cela n’éclaire pas le lecteur et cela ne fait pas avancer le débat.

                On trouve beaucoup sur ce forum ce genre d’affirmations péremptoires, sur tous les sujets. Je n’attaquais pas Jacques Schrauwen, juste une des ses affirmations.

                C’est une expression comme

                Au neuvième art, Ever Meulen a préféré l’art, tout simplement. Un art sans discipline !

                qui me semble péremptoire. Comme si l’art pouvait être sans discipline dans le cadre du dessin d’Eddy qui est tout en références (il les signale lui-même) et en technicité.Ouvrons les guillemets, citons précisément, et on comprendra de quoi l’on parle, sans invective ni haussement de ton.

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                • Répondu par jacques Schraûwen le 21 septembre 2021 à  09:25 :

                  Cher Didier, si tu avais écouté les sons, tu aurais entendu Ever Meulent dire lui-même ce que tu appelles une déclaration péremptoire de ma part ! Dont acte !

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                  • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 21 septembre 2021 à  13:22 :

                    Inutile de monter au cocotier. J’avais dit "un peu péremptoire". Et Ever Meulen se trompe en l’occurrence.

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                    • Répondu par schraûwen le 26 septembre 2021 à  08:18 :

                      Giono allait à la Sorbonne écouter ce qu’on disait de son oeuvre, et il se marrait ouvertement !...Mais sans doute se trompait-il, lui aussi !!!!!!

                      Répondre à ce message

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