Le Sabre et l’Epée - T1 : La Yesha - par Chauvel & Boivin - Delcourt

21 janvier 2006 0 commentaire
  • "Le Sabre et l'Épée", ou quand les auteurs de BD franco-belge s'attaquent à la BD asiatique. Chauvel s'atelle à un nouveau genre, entre contes chinois et récits de sabre.

Le jeune Wu Gang est en charge de la protection des habitants de son petit village. Tout voyageur de passage armé doit l’affronter en combat. 26 hommes ont déjà succombé au tranchant de sa fine lame.
Mais l’arrivée d’un étranger nommé Erlang va bouleverser la vie du jeune homme. Le duel est annulé face à l’épée cassée du vieux guerrier. Wu Gang, dont la fierté lui interdit de tuer un homme sans défense, le laisse partir. Mais sous la pression des villageois, il se ravise et s’engage à ramener la tête du vieil homme...

David Chauvel se lance avec Le Sabre et L’Épée dans une série d’aventure avec moult combats à l’arme blanche. Il situe son action dans une Chine médiévale. Réaliste pendant 11 planches, le récit prend des accents fantastiques un peu déroutants. Pour le scénariste, le lieu et l’époque semblent propices aux démons et légendes. La suite, prévue en 7 autres albums, confirmera ou infirmera ce parti pris, car après ce premier volume, on reste dubitatif...
Au jeune et fougueux Wu Gang, Chauvel oppose le calme et sage Erlang. Le récit laisse entrevoir une relation maître/élève dans la pure tradition des films d’arts martiaux. L’auteur n’hésite pas à introduire un peu d’humour et d’autodérision autour du personnage principal, ce qui est somme toute assez prévisible.

D’un trait énergique et réaliste, Hervé Boivin restitue les chorégraphies des combats. Le découpage cherche à être cinématographique, en référence sans doute aux films de Hong Kong dont les auteurs revendiquent l’influence. Les couleurs de Christophe Araldi sont, dans l’ensemble, plutôt réussies mais les puristes noteront, ici ou là, quelques erreurs (sans importance) d’ombre d’une case à l’autre.

Délaissant le road movie à l’américaine (Les Enragés), la mafia pendant la prohibition (Ce Qui Est À Nous) ou l’épopée celtique (Arthur), David Chauvel s’attache aujourd’hui à développer des projets de nature différente. Laissons-lui publier quelques épisodes de cette nouvelle série avant de juger ses qualités en la matière.

(par Laurent Boileau)

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