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Le restaurant du bonheur T1 - Par Nakanishi Yasuhiro - Doki-Doki

  • Se basant sur une expérience personnelle, le mangaka veut avec cette série partager son attirance pour la cuisine française raffinée. Exagéré mais appétissant.

Kôsuke, jeune chef cuisinier, est un amoureux de la grande cuisine française et ne jure que sur sa "Bible" : le cahier de recettes légué par son père. À son grand malheur, sa belle-mère est plutôt adepte d’une cuisine abordable et n’hésite pas à créer d’audacieux mariages de gastronomie japonaise et française. Aidés par leur serveuse, Aï, ils tiennent le Doll House, établissement fondé par le père de Kôsuke et réputé pour être le "restaurant du bonheur". De l’avis des clients, faire un bon repas au Doll House vous apporte le bien-être ainsi qu’un regard nouveau sur le monde. Quel est donc le secret de ce restaurant ? Et pour quelle raison Kôsuke rejette-t-il si farouchement la moindre marque d’affection de sa deuxième mère ?

C’est désormais bien connu, le Japon aime la France et les rayons manga de nos librairies s’enrichissent de titres s’intéressant aux plaisirs gustatifs. Là où les éditions Glénat nous initient à l’œnologie avec Les gouttes de Dieu, le label manga de chez Bamboo nous a d’abord offert les services d’une conseillère culinaire nommée Aya avant de se pencher sur la cuisine française vue par les Nippons. Des thèmes assez originaux qui peuvent donner lieu à d’agréables surprises quand ils contiennent de bons ingrédients et qu’ils sont mitonnés avec amour.

Le restaurant du bonheur T1 - Par Nakanishi Yasuhiro - Doki-Doki
© NAKANISHI Yasuhiro / Shônen Gahôsha / DOKI-DOKI

Yasuhiro Nakanishi veut donc à son tour nous prouver que les plus grands plaisirs sont aussi généralement les plus simples. On ne cherchera pas à le contredire. Toutefois, à trop vouloir en faire certains chapitres de ce restaurant du bonheur perdent de leur crédibilité. En effet, l’enthousiasme débordant des clients et les réactions quasi miraculeuses que provoquent les plats concoctés par nos deux chefs prennent parfois un ton trop caricatural pour être honnête. Malgré tout, la joie de vivre ambiante se révèle assez communicative et de page en page l’auteur sait nous mettre en appétit. Le dessin quant à lui remplit correctement son rôle, mais il lui manque une pincée de sel pour lui donner plus de personnalité et de caractère.

Le restaurant du bonheur n’a donc pas encore trouvé la recette idéale pour valoir la carte d’un 4 étoiles, mais il se laisse déguster avec un certain plaisir, en salivant devant une gastronomie qui, il faut bien le reconnaitre, s’avère de moins en moins accessible.

(par Baptiste Gilleron)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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